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15/12/2009

TAMIFLU, VACCIN ET GRIPPE H1N1: DANS LE MUR EN KLAXONNANT

Dans mes cauchemars les plus fous, je n'aurais jamais imaginé la séquence d'évènements, de déclarations et de décisions grotesques qu'accumulent avec une désarmante constance dans le n'importe quoi la ministre, ses experts, et son directeur général de la santé.

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Jeudi 10 décembre, donc, la Direction Générale de la Santé adresse aux médecins un mail DGS-Urgent informant qu'à partir de dorénavant et parce que c'est comme ça, tenez-vous bien....

LA DEFINITION DE LA GRIPPE A CHANGE.

et que... ( non, attendez, asseyez-vous, un malaise est si vite arrivé, je m'en voudrais de surseoir au principe de précaution qui anime tous ces irréprochables professionnels de la profession)

TOUT GRIPPE SERA MIS SOUS TAMIFLU, DE MANIERE SYSTEMATIQUE.

Je vous la fais courte, mais en gros, cette directive est censée s'imposer à tout médecin.

Autrement dit, sur le plan médicolégal, cette directive met en danger tout médecin qui, au vu des données actuelles de la science, en son âme et conscience de soignant responsable, refuserait de s'y soumettre.

On est, soyons clair, dans la dictature de l'émotion, de la connerie, et du n'importe quoi.

Car cette décision est plus que discutable ( sauf si on est adepte de la Mélenchon-attitude, qui, je le rappelle, se résume à cette brève de comptoir ébouriffante : "DEVANT LES CAMPAGNES DE SANTE PUBLIQUE, ON FAIT D'ABORD LA CAMPAGNE ON DISCUTE APRES, PAS L'INVERSE").

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Cette décision est discutable et injustifiée ( au sens étymologique du terme: rien ne la justifie, le document fourni aux médecins ne contient pas UNE référence médicale expliquant la modification de la stratégie nationale de prise en charge). Sans m’étendre sur le sujet, je fournirai en fin d’article quelques-uns des très nombreux liens qui contredisent cette directive : il n’existe pas aujourd’hui de données scientifiques validées amenant à prescrire systématiquement du TAMIFLU au moindre signe de grippe. Il existe des données scientifiques, sujettes à controverse, laissant penser que le TAMIFLU peut être utile s’il est donné aux patients à risque, ou s’il est donné en cas d’apparition de signes respiratoires ou d’aggravation de l’état d’un patient.

Reprenons le premier diktat de la DGS:

La définition de la grippe a changé. Je cite:

« La grippe A(H1N1) ne se différencie pas du point de vue symptomatologique de la grippe saisonnière.


Un cas est défini par un malade présentant un syndrome respiratoire aigu à début brutal associant:

= des signes respiratoires (toux et/ou maux de gorge et/ou rhinite...);

ET

« des signes généraux (fièvre supérieure à 38°C et/ou myalgies et/ou asthénie.). »

 

Suivez-bien les et/ou et le ET, et vous verrez que le diagnostic de grippe est maintenant posé sur la seule association des deux symptômes suivants: une rhinite et une asthénie.

 

En français, cela signifie que pour gonfler les chiffres et poursuivre dans la politique de la terreur mise en place pour justifier une vaccination de masse à 1 milliard d'euros au bas mot et les vaccinodromes ministériels, il faut à tout prix pouvoir annoncer, alors même que l'épidémie s'essouffle, que la grippe A a ravagé le territoire...


En français, cela signifie que toute personne présentant, en ce début d'hiver, UN NEZ QUI COULE ET UNE FATIGUE, est UN GRIPPE QUI S'IGNORE!!!

 

Et qui, cerise sur le gâteau, DOIT ETRE SYSTEMATIQUEMENT MIS SOUS TAMIFLU...

 

Etrangement, les directives antérieures étaient diamétralement opposées, et la ministre l'avait écrit et souligné aux médecins dans un des inénarrables lettres que l'on commentera à l'envi lors de son procès: ( lettre du 15/07/2009 aux médecins, le soulignage est d’origine)

 

 

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« Il vous appartient, bien entendu, de déterminer les modalités de prise en charge médicale des patients présentant des symptômes évocateurs de la grippe. Pour autant, il me parait utile de préciser, s'agissant du virus A/H1N1, qu'elles peuvent actuellement s'apparenter à celles que vous mettez en œuvre pour traiter la grippe saisonnière. Ainsi, sur la base de l'avis des experts. la prescription systématique d'antiviraux n'est pas justifiée. Pendant la phase de contingentement, la prescription systématique d'Oseltamivir aux patients et à leurs contacts avait pour but de ralentir la progression du virus. A l'heure actuelle, comme je vous l'ai dit, il importe de réserver la prescription de ce médicament aux cas qui le nécessitent, afin de ne pas courir le risque de voir émerger des résistances. Je vous demande tout particulièrement de ne pas délivrer ce traitement à des patients qui en feraient la demande à des fins de précaution, sans que le besoin ne soit justifié d'un point de vue thérapeutique. J'ai par ailleurs demandé à la caisse nationale d'assurance maladie de surveiller le flux des prescriptions d'antiviraux. Je serai attentive à ce que le volume des prescriptions corresponde à la réalité de la situation épidémiologique sur le terrain. En revanche, la systématisation du port du masque anti-projections (ou masque « chirurgical ») par les malades est très importante pour limiter le risque de transmission du virus. Je sais pouvoir compter sur votre professionnalisme. »

 

(NDLR : Oseltamivir est le petit nom du TAMIFLU)

 

Depuis le 10 décembre, les syndicats de médecins généralistes, les sociétés savantes de médecine, le FORMINDEP, et bien d’autres, ont réagi à cette directive stupéfiante, aussi bien dans la forme que sur le fond. Je ne reproduis pas ici tous leurs arguments, mais l’absence de respect de l’indépendance scientifique des médecins, l’utilisation d’une procédure d’urgence pour imposer une conduite médicale inexpliquée et inexplicable sur le plan scientifique à ce stade de l’épidémie, et enfin l’absence consternante de toute référence médicale ou de toute publication scientifique cohérente, provoquent dans le milieu médical un émoi énorme, certains réalisant seulement maintenant qu’il n’existe pas de limite à l’amateurisme, à l’autoritarisme et à l’incompétence de ceux qui sont censés gérer cette pandémie.

 

Ah, j’oubliais un détail. Jusqu’au 20 décembre, nous apprend le communiqué de la DGS, les patients iront à la pharmacie se faire délivrer les boîtes de TAMIFLU avec l’ordonnance du médecin. A partir du 21 décembre ( je vous avais dit de vous asseoir, je n’accepterais aucune réclamation), le TAMIFLU délivré en pharmacie ne proviendra plus des laboratoires ROCHE mais directement des stocks mis en place par le gouvernement depuis 2005 en prévision de la grippe aviaire. Ces stocks dont on nous expliquait que la date de péremption était dépassée, mais qu’en fait le médicament restait encore efficace et actif. Il n’y a donc pas lieu de s’inquiéter, la santé publique en France est en de bonnes mains.

 

 

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Je vous laisse digérer cette information. Bientôt, un petit point sur l’épidémie, la manipulation des chiffres des décès, et une question à l’expert Antoine Flahault, car je suis nul en mathématiques : Si j’annonce au doigt mouillé en Septembre 2009 que la grippe A pourrait faire 100 fois plus de morts que la grippe saisonnière, et si au final cette grippe A fait à peu-près 4 fois moins de morts que l’estimation la plus basse possible de la grippe saisonnière, comment puis-je justifier un taux d’erreur de 400% ?

 

 

Liens :

Faut-il prendre du TAMIFLU en cas de grippe ?

http://www.atoute.org/n/article138.html

Influenza antiviral treatment and prophylaxis

http://hldemo.ebscohost.com/Influenza/dm/influenza_antivi...

TAMIFLU pour tous: la déraison ( communiqué du syndicat UNION GENERALISTE)

http://www.uniongeneraliste.org/communiques/tamiflu-pour-tous-la-deraison.html

 

 

COLLEGE NATIONAL DES GENERALISTES ENSEIGNANTS

http://www.cnge.fr/IMG/pdf/091213_Pandemie_grippale_A_CNG...

LETTRE OUVERTE-PETITION A DIDIER HOUSSIN, DIRECTEUR GENERAL DE LA SANTE ( cette pétition est réservée aux médecins)

http://www.formindep.org/Lettre-ouverte-petition-a-Didier

 

SOCIETE FRANCAISE DE MEDECINE GENERALE

http://www.sfmg.org/actualites/communiques/a_propos_du_me...

 

Message à caractère informatif: Vous êtes sous Internet Explorer? Je vous plains. Il vous manque la moitié de ce texte.

 

22/09/2009

Vaccins H1N1 et information du patient: le petit doigt sur la couture du pantalon

 

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A l’heure où j’écris ces lignes, le 22 Septembre 2009, , les vaccins H1N1 n’ont toujours pas obtenu en Europe leur Autorisation de Mise sur le Marché. Leur efficacité, leur sécurité d’emploi ne sont pas encore déterminés. Des inquiétudes se sont faites jour sur les conditions de fabrication de certains d’entre eux, certaines firmes ayant choisi d’utiliser des adjuvants pour « booster » l’efficacité des vaccins tout en diminuant la dose d’antigène viral, long et difficile à fabriquer en quantité suffisante eu égard aux promesses de doses « pré-vendues »… Experts, professionnels de santé sur le terrain, pharmacologues, participent de cette controverse, qui n’est pas une polémique, mais une démarche scientifique normale. Aucun médicament ne devrait être mis sur le marché, aucun article médical ne devrait être publié, sans qu’une critique honnête et argumentée n’en soit possible. Les arguments de ceux qui sont favorables à la vaccination, comme ceux des opposants, sont audibles. Les arguments des firmes pharmaceutiques aussi : les gouvernements les ont mis en demeure, en très peu de temps, de fabriquer un vaccin en très grande quantité… d’où leur demande d’immunité juridique en cas d’effet secondaire post-vaccinal ( octroyé au moins aux USA et au Canada, si je ne m’abuse)… mais cette immunité juridique pose évidemment quelque question quand les tenants de la vaccination expliquent que les conditions de fabrication du vaccin H1N1 sont en tout point similaires à celles du vaccin antigrippal saisonnier….

 

A l’heure où j’écris ces lignes, donc, il est impossible de se prononcer sur l’efficacité et l’inocuité des vaccins H1N1, puisque les données ne sont pas encore disponibles. Tout au plus notera t’on qu’il existe des vaccins avec ou sans adjuvants, et que les vaccins multidoses ( là encore dans le but de hâter la fabrication d’un nombre conséquent de doses) contiennent un conservateur anti-bactérien à base de mercure, le thiomersal, retiré des vaccins dans les années 2000 suite à un doute sur un lien avec l’autisme. Mais personne à l’heure actuelle n’est en mesure de déterminer si les vaccins anti H1N1, au-delà de la création d’anticorps, sont efficaces pour protéger la personne vaccinée contre le virus H1N1, ni, surtout, si une vaccination de masse n’amènerait pas à constater des effets indésirables neurologiques rares, comme ce fut le cas lors de la campagne vaccinale US de 1976. On en est réduit aux hypothèses, aux modèles mathématiques, et à l’incertitude.

D'autant que la gravité intrinsèque de la grippe pandémique H1N1 est encore aujourd'hui très difficile à déterminer, certains considérant qu'elle est moins dangereuse qu'une grippe saisonnière (  en se référant, par exemple, au faible nombre de décès déclarés aux USA par rapport au nombre de personnes atteintes par le virus), d'autres affirmant qu'elle serait à même de déclencher cent fois plus de syndrômes de détresse respiratoire aigûe que la grippe saisonnière ( voir note précédente sur l'estimation du Pr. Antoine Flahault). Et de la gravité réelle de la pandémie dépend bien évidemment le rapport "bénéfice-risque" du vaccin...

 

Or cette incertitude scientifique ne fait guère le jeu du politique. Ayant commandé 94 millions de doses de vaccin pour, semble t’il, près d’un milliard d’euros, la Ministre de la Santé ne peut se résoudre à payer le prix politique nécessaire si la campagne vaccinale s’avérait un échec. Notons d’ailleurs la prudence de loup du président de la République, qui ne s’est pas à ma connaissance exprimé sur ce sujet…

On a donc appris la semaine dernière que la France faisait don de 10 millions de doses vaccinales aux populations du tiers-monde… Charité bien ordonnée….

 

Interrogée à plusieurs reprises après la divulgation de sondages révélant qu’à l’heure actuelle, près de la moitié des professionnels de santé expriment des doutes sur leur décision de se vacciner éventuellement , Roselyne Bachelot s’est fendue de la déclaration suivante : « Je n'imagine pas qu'un professionnel de santé puisse ne pas se faire vacciner »

Singulier manque d’imagination, surtout lorsqu’on saisit aisément que ces sondages, ces prises de position, doivent bien être parvenus aux oreilles de la Ministre… qui recevait donc, en fin de semaine, les représentants des syndicats de médecins libéraux, afin de les exhorter à porter la bonne parole, comme le révèle Le Quotidien du Médecin le 21 Septembre 2009. On jugera de la pression qui a été mise sur ces confrères, on jugera aussi de la proximité de certains d’entre eux (grands perdants des dernières élections professionnelles mais maintenus en place par quelque tour de passe-passe législatif) vis-à-vis du pouvoir politique, ou de leur finesse, en fonction de leur réponse. Certains bottent en touche en attendant les conclusions des essais en cours (C’est bien le moins, et c’est une prudence minimale, médicale autant que politique), d’autres n’hésitent pas à se manifester comme champion du monde du petit doigt sur la couture du pantalon. Florilège…

 

 

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Dr Pierre Lévy (CSMF) : un problème d’information

« La ministre est très préoccupée par cette question de l’adhésion personnelle des médecins à la vaccination. Il faut que les médecins soient eux-mêmes convaincus pour mettre en œuvre le plan de vaccination de masse. Or, actuellement, le lobby antivaccinal se répand dans les médias pour susciter doutes et inquiétudes. Nous pouvons espérer que, lorsque l’Agence européenne du médicament publiera les conclusions des essais en cours, nous disposerons de tous les éléments pharmacologiques et scientifiques pour combattre les idées fausses qui circulent aujourd’hui, en particulier sur les adjuvants. Les malentendus seront alors dissipés. »

Dr Jean-Claude Régi (FMF) : une question évolutive

« Les médecins sont soumis, comme les autres, aux campagnes médiatiques qui entretiennent la confusion. Mais leur état d’esprit par rapport à la vaccination ne pourra qu’évoluer avec les données épidémiologiques qui montrent que l’on n’est pas en présence d’une simple "grippette". Le ministère sait qu’il pourra s’appuyer sur le sens des responsabilités des médecins. Leur adhésion à l’intérêt d’une vaccination de masse ne fait pas de doute, dès lors que conclusions sur les essais seront connus. »

Dr Martial Olivier-Kœhret (MG France) : la majorité des médecins recommandera le vaccin

« Les médecins sont sans doute troublés par les informations qui circulent au gré des événements et d’une certaine psychose ambiante. Ils restent demandeurs de données scientifiques et vérifiées. Ils réclament aussi la création dans les plus brefs délais d’une cellule d’aide à la décision ville-hôpital, ainsi qu’un retour d’information sur leurs patients vaccinés. Cela dit, nous n’avons aucun doute sur l’éthique personnelle des praticiens, qui va prendre le dessus. Quand bien même ils seraient personnellement dans l’expectative, les médecins, dans leur écrasante majorité, vont inciter leurs patients à se faire vacciner. »

Dr Christian Jeambrun (SML) : état de guerre

« Face à la pandémie, les médecins sont là pour prêter main-forte aux pouvoirs publics. Nous allons vivre un état de guerre. Les libéraux ne sauraient exprimer le moindre état d’âme personnel sur le vaccin, sauf à provoquer un effet démobilisateur sur les patients qui serait désastreux. Se faire vacciner est certes un choix individuel. Mais, compte tenu de l’exemplarité qui doit être la leur, les médecins qui refusent personnellement le vaccin devront avoir à cœur de ne pas en faire état auprès de leurs patients. »

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Le silence qui suit Mozart, c’est encore du Mozart...

 


 

PS: Un confrère consterné par cette dernière prise de position me rappelle utilement deux articles du code de déontologie médicale...

 

Code de Déontologie :

 

Article 14 (article R.4127-14 du code de la santé publique)

Les médecins ne doivent pas divulguer dans les milieux médicaux un procédé nouveau de diagnostic ou de traitement insuffisamment éprouvé sans accompagner leur communication des réserves qui s'imposent. Ils ne doivent pas faire une telle divulgation dans le public non médical.

 

Article 35 (article R.4127-35 du code de la santé publique)

Le médecin doit à la personne qu'il examine, qu'il soigne ou qu'il conseille une information loyale, claire et appropriée sur son état, les investigations et les soins qu'il lui propose. Tout au long de la maladie, il tient compte de la personnalité du patient dans ses explications et veille à leur compréhension. Toutefois, sous réserve des dispositions de l'article L. 1111-7, dans l'intérêt du malade et pour des raisons légitimes que le praticien apprécie en conscience, un malade peut être tenu dans l'ignorance d'un diagnostic ou d'un pronostic graves, sauf dans les cas où l'affection dont il est atteint expose les tiers à un risque de contamination.

Un pronostic fatal ne doit être révélé qu'avec circonspection, mais les proches doivent en être prévenus, sauf exception ou si le malade a préalablement interdit cette révélation ou désigné les tiers auxquels elle doit être faite.

 

 
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