17.10.2011
Jean-François Copé, responsabilisateur de macchabées depuis 2007
Sarkozy et Copé responsabilisent les patients. Même morts. C'est l'humanisme à la mode UMP, sans doute.
François Hollande serait "le champion de l'ambiguïté" et du "manque de courage".
Dixit Jean-François Copé, le sémillant chef de clique UMP qui martelait ses petits poings rageurs sur le veston des présentateurs télé en gémissant après cinq ans d'omniprésence médiatique sarkozyste qu'il n'y en ait plus que pour les socialistes, avec cette primaire.
Primaire remportée par François Hollande, l'un des seuls candidats à ne pas considérer que du fait même de mon métier, médecin généraliste ( je rappelle pour ceux qui suivent avec difficulté), je serais obligatoirement un ennemi de classe à rééduquer d'urgence dans le riant paradis des amours enfantines de Martine et Ségo, où l'hôpital ( 55% des dépenses, 1% des patients) doit être remis au coeur du système.
Mais bon, laissons là la liesse post-primaire, courbons l'échine, attendons mai 2012 et l'occasion de virer la droite. D'autant que nous allons maintenant voir squatter les plateaux télé par des perdreaux de l'année, des Roland Dumas, des Jack Lang... ( Apparté: Il paraît que le troisième volet de la Momie est nettement moins bon que les précédents, est-ce lié à la défection de Rachel Weisz?)
Une solution: ne jamais regarder la télé.
Je reviens à Jean-François Copé, champion international toutes catégories du parler vrai, puisque comme il le disait lui-même dans un ... livre ( enfin un objet rectangulaire en carton avec des pages dedans, c'est tout comme) "J'arrête la langue de bois".
Rappelons au sémillant Copé qu'il y a quatre ans à peine, le 26 Octobre 2007, il cornaquait le troupeau UMP, avec difficulté, ramenant le bétail dans l'enceinte de l'Assemblée Nationale pour leur faire voter les franchises sur les soins du président convulsif à lui qu'il a. Si les députés traînaient des pieds, énonça t'il alors sans ambiguïté... c'était "pour un tas de raisons pratiques". En clair, même les députés UMP renaclaient à voter la lubie du prince, tant elle apparaissait à l'évidence comme inutile et injuste. Il y aurait, avais-je écrit à l'époque, un prix politique à payer pour cette dégueulasserie. Le temps est long en politique. Enfin, ces quatre ans m'ont paru très long. Mais aujourd'hui, les députés UMP sont aux portes de l'abattoir, et ce n'est pas trop tôt. Pas trop tôt pour 30% des Français qui renoncent à des soins.
Tiens, mon petit Jean-François, spéciale dédicace pour toi. Pour toi et ton Président, qui réussissent à responsabiliser les patients, même au-delà de la mort. C'est l'humanisme à la mode UMP, sans doute. Chapeau bas!

Pour ceux et celles d'entre vous qui sous le quinquennat Sarkozy auraient dû renoncer à la lunetterie, il s'agit d'une lettre transmise aux héritiers d'un patient décédé pour récupérer les franchises sur les soins. Avec les sincères condoléances de la CNAM.
"Patients décédés, mais patients responsabilisés, c'est en changeant tous un peu qu'on peut tout changer!"
01.10.2011
Martine Aubry sur la santé? Plus "primaire" que socialiste...
2012 approche, et la dernière chance d'éviter à nos enfants et au pays cinq années de plus d'un régime où l'abject l'a disputé au ridicule.
Tout dépend donc, dans le rapport de forces actuel, du candidat "socialiste" qui émergera des primaires.
2012 approche, et la dernière chance d'éviter à nos enfants et au pays cinq années de plus d'un régime où l'abject l'a disputé au ridicule.
A cette heure, il n'est pas certain que l'actuel titulaire du poste ( le millionnaire coaché par Guaino et Guéant qui saluait la France des clochers en chaussant les bésicles de Jaurès, et commisérait sur la France des travailleurs pauvres en foulant du pied les cendres de Guy Moquet sur le chemin du Fouquet's) soit candidat, quoiqu'on imagine mal le ramassis de prébendaires qui l'ont mis en place avoir le cran, collectivement, de mettre à bas un homme à qui ils ont confié tous les pouvoirs...
Serait-il candidat, il n'est pas certain non plus qu'une Marine Le Pen, à qui lui et son clan ont servi d'idiots utiles, ne le devancerait pas au soir du premier tour.
Tout dépend donc, dans le rapport de forces actuel, du candidat "socialiste" qui émergera des primaires.
Comme l’écrivent les supporters de Martine Aubry: «Les 9 et 16 octobre prochain se jouent non seulement le choix d'une personnalité mais aussi et surtout une stratégie et un projet politiques. La future majorité présidentielle n'aura ni le même périmètre ni le même contenu selon que telle ou tel sera élu(e) le 16 octobre. »
Ayant vécu une fois déjà le naufrage de la candidate des médias Ségolène Royal, je n'ai pas envie de me retrouver dans la même situation une deuxième fois ( même si avec une bravitude confondante l'impétrante répète benoîtement que François Mitterrand a échoué deux fois avant d'être élu, sous-entendant donc que nous devrions la choisir pour son échec passé, se manger à nouveau cinq ans de Sarkozy, pour enfin vivre dans le royaume joli des enfants polis, et des policières à pantoufle de vair raccompagnées en calèche après leur service...)
Et donc... Martine Aubry ne passera pas par moi.
Je vais faire de la peine, j'en ai conscience, au-delà des habituels hiérarques cumulards à gauche le temps d'une élection, à des militants pour qui j'ai de l'estime, comme le courageux Gérard Filoche, inspecteur du travail; des militants qui voient en Martine Aubry une vraie socialiste, une vraie femme de gauche.
Je ne m'exprimerai pas ici sur ses prises de position dans des domaines que je ne maîtrise pas: la finance, les banques, l'éducation, mais dans mon seul domaine de prédilection, la santé. Et dans ce domaine, les annonces de Martine Aubry sont irrecevables, comme elles l'ont toujours été.
Irrecevables pour le médecin généraliste que je suis, et irrecevables, en dehors de ma "corporation", pour ce qu'elles révèlent d'un prêt-à-penser d'un autre âge, totalement déconnecté du réel, continuellement véhiculé par la même classe dérivante "socialiste", trop heureuse de pouvoir taper, -comme le fit le sénateur Mélenchon pendant la grippe H1N1 avec le talent et la vision scientifique qu'on lui imagine "Devant les campagnes de santé publique, on fait d'abord la campagne, on discute après, pas l'inverse..."- sur un ennemi de classe désigné, le médecin de ville.

Car chez ces gens-là, monsieur, si on aime et défend viscéralement ( ce qui est très bien) l'hôpital public ( et ses emplois ), il est de bon ton de fustiger la médiocrité présumée et l'absence de sens civique du médecin de ville, sa qualification de "libéral" conventionné aux ordres de l'Assurance-Maladie (dirigée depuis des années selon les normes du privé par un ancien cadre d'AXA) lui permettant de cumuler à la fois les brimades, le bench-marking et l'opprobre.
Au début des années 2000, alors Ministre aux Affaires Sociales, Martine Aubry, la dame des 35 heures, s'était illustrée, quelques années après s'être félicitée de la mise en place du repos compensateur à l'hôpital - permettant à un médecin ayant effectué une garde de 24 heures de ne pas travailler le lendemain- en menaçant, aux côtés d'un aéropage de pontes du Conseil National de l'Ordre des Médecins, les généralistes qui refuseraient de travailler jour et nuit d'affilée. Ce qui aurait valu les prud'hommes ou la paille humide des cachots à un patron d'entreprise de transport était benoîtement assumé par la Ministre, droite dans ses bottes. Le généraliste étant un sous-homme, pourquoi aspirerait-il à des conditions de travail plus humaines, voire simplement normales?
Dix ans plus tard, Martine Aubry n'a pas changé.
En visite de campagne dans un hôpital de Grenoble, elle lâche avec l'habileté, la sensibilité et l'exquis sens de la nuance qui la caractérisent quelques perles d'anthologie:
"On ne peut pas accepter que les urgences soient encombrées par des cas qui pourraient être traités par les médecins généralistes si le système de garde était mieux organisé."
" Les médecins ont la chance que les citoyens financent 11 ou 12 ans leurs études. Il y a des zones entières où il n'y a pas de professionnels de santé et le problème de réside pas seulement dans l'incitation financière."
Que du rude bon sens, on croirait entendre Nicolas Sarkozy... ( si ce n'est qu'à la rue, le locataire de l'Elysée fait actuellement moults moulinets de bras en direction de ceux qu'il considère à tort comme son électorat naturel parce qu'il compte de longue date sur les petits arrangements entre amis que concocte son "fidèle" Xavier Bertrand avec des syndicalistes médaillés qui feraient même honte à François Chérèque...)
Le même "bon sens", les mêmes platitudes démagogiques, la même inadéquation totale avec la réalité vécue par les acteurs sur le terrain.
Je passe, parce que je n'ai pas le verbatim exact, sur l'habituel couplet sur l'air de "Quand on fait médecine, ce n'est pas pour gagner de l'argent mais pour aider les gens", degré zéro de la réflexion, qui absoudrait les politiques de leurs erreurs répétées dans la gestion du système de santé en France en postulant un nécessaire et indispensable sacerdoce des professionnels.
On sent bien dans les annonces de Martine Aubry la tentation de la schlague. Le système de garde "mieux organisé", c'est le fantasme du retour aux gardes de nuit obligatoires... alors que toutes les études montrent que 80% des personnes se présentant aux urgences le font... aux horaires d'ouverture usuels des cabinets médicaux de ville, et que 80% des cas traités aux urgences n'ont pas grand chose à y faire.
Le problème n'est donc pas celui de l'organisation de gardes de nuit d'autant plus impossibles à remettre en place qu'en médecine de ville, outre le veillissement "normal" de la population des généralistes, nous vivons une véritable hémorragie liée aux conditions de travail et au mépris des politiques et des institutions.
Le problème, c'est justement cette disparition accélérée des médecins généralistes, les jeunes refusant de s'installer dans les conditions actuelles ( on est passé en 5 ans de 14% d'installations en ville dans les nouvelles promotions issues de la faculté... à 9% sous la férule de Roselyne Bachelot et Xavier Bertrand, qu'on applaudira bien fort) et les médecins plus âgés dévissant leur plaque avant l'heure de la retraite pour "fuir" vers des emplois salariés, moins contraignants en terme d'horaire et de pression.
La débâcle de la médecine de ville est en grande partie liée aux diverses conventions signées par les syndicats proches de l'UMP avec l'ancien dirigeant d'AXA mis à la tête de la vieille "Sécu" par Jacques Chirac en 2004. De celà, la gauche n'est pas responsable.
Elle est responsable, par contre, du mépris constamment affiché envers les généralistes, la même Martine Aubry s'étant illustrée par un cri du coeur dans les années 2000: "20 euros pour un généraliste, c'est beaucoup trop!" Elle est responsable de cette cécité volontaire, profondément pathologique, qui lui fait défendre l'hôpital, ses patrons -y compris les grands défenseurs du service public en public, adeptes des consultations privées en privé...-, et conchier complaisamment le clampin de base, jamais assez bien formé, jamais assez présent, et jamais installé "là où on a besoin d'eux". S'essuyer les pieds sur les médecins généralistes est un sport national chez les politiques.
Venons-en à cette tarte à la crème de la désertification médicale. La disparition de la médecine rurale est un corollaire du désengagement de l'Etat dans ces territoires. Dans ces conditions, imaginer qu'un professionnel de santé isolé pourra tenir le fort un peu comme le personnage joué par Kevin Costner dans "Danse avec les Loups", c'est se foutre du monde. Les adeptes de la coercition font montre d'une absence de sens politique consternante. En clair, ils ne veulent pas se poser la question du "pourquoi?" mais seulement imposer aux professionnels de santé des installations forcées dans des territoires que ceux-ci fuient parce que l'exercice tel qu'il est actuellement encadré et tarifé y est impossible.
Avec la petite remarque poujadiste sur ces médecins qui devraient déjà être bien contents que la collectivité finance leurs 11 ans d'étude, Martine Aubry se fout du monde. A t'elle la moindre idée des sacrifices que représentent 11 ans d'études médicales, surtout de nos jours, vu la condition lamentable de nos universités? Amphis bondés lors des premières années d'études, préparations privées payantes devenues indispensables pour avoir une chance de passer le concours, puis des années et des années de troisième cycle pendant lesquelles les jeunes médecins "remboursent" largement l'Etat en travaillant dans les hôpitaux publics et en faisant tourner les services sur une base horaire inférieure au SMIC pour 11 demi-journées hebdomadaires de temps de travail hors gardes, elles-mêmes rémunérées moins de 8,50 euros brut de l'heure ...
Soyons clair. Après avoir consacré 11 ou 12 ans à ses études ( payées par la collectivité, comme le sont les traitements des cancéreux à l'hôpital, mais à part Nicolas Sarkozy et sa clique, personne ne pense que ceux-ci doivent donc en être redevables ou responsabilisés...) , un jeune diplômé en médecine, ayant dépassé la trentaine, et majoritairement de sexe féminin, a le droit de ne pas avoir envie de s'installer avec un conjoint qui y trouvera difficilement du travail ( à la différence des énarques ou normaliens que cite Martine Aubry... qui bénéficient eux du statut de fonctionnaire et d'une aide à la mobilité accordée au conjoint qui suit un agent déplacé...) sur un territoire où l'Etat a fermé les hôpitaux locaux, la Poste, les maternités, les crèches et les écoles.
La question de la désertification médicale rurale est donc avant tout une question de courage politique, d'aménagement global des territoires, et ne peut être résolue avec la fausse solution de faire porter le joug aux jeunes générations.
Aujourd'hui seuls 9% des jeunes diplômés s'installent en ville... Martine Aubry veut-elle voir ce pourcentage tangenter le zéro? Les postes salariés libérés chaque année ( y compris, et c'est là le comble de l'ubuesque, les postes non-soignants, les postes de médecin contrôleur, etc...) pourraient aisément absorber l'intégralité des nouvelles promotions. Donner de la schlague, je veux bien, mais sur qui? La fille de Jacques Delors ne sait-elle pas qu'il existe de nombreux pays en Europe qui traitent leurs généralistes avec plus de respect, et les problèmes des soins de premier recours avec moins de démagogie?
Dans la volonté affichée d'imposer un "service civique" de deux ans à des jeunes hommes ou femmes ayant déjà consacré 12 ans à leurs études, se lit aussi clairement pour qui sait ce qu'est la médecine générale la crasse nullité de nos élites dérivantes sur ces sujets. En clair, la médecine générale, c'est la prise en charge de tout individu, quelle que soit sa pathologie, sur le long terme.
Quand je suis sur un point de garde locale un dimanche pour "rendre service" et "dépanner" les patients de la ville ou du secteur qui se retrouvent un dimanche ou un jour férié avec un enfant hyperfébrile ou une douleur abdominale ou une autre pathologie aigüe, je ne fais pas DE LA MEDECINE GENERALE, mais DES ACTES DE MEDECINE GENERALE.
La différence est essentielle, et ceux qui font le parallèle avec la prise en charge aux urgences et la prise en charge par les généralistes n'y prêtent jamais attention parce que cela les dépasse.
La médecine générale, c'est faire DES ACTES DE MEDECINE GENERALE, PENDANT DES ANNEES, sur une patientèle qui, malgré les déménagements, les malades perdus de vue temporairement ou définitivement, reste assez stable, ce qui permet de mettre en place une relation individualisée durable aussi confortable que profitable aux deux parties, médecin et patient. Et les patients en milieu rural, en milieu "désertifié" ( car le désert avance même aujourd'hui à la périphérie des grandes villes et à l'intérieur de celles-ci quand les tarifs immobiliers rendent impossible l'installation dans le contexte tarifaire actuel) ont LE DROIT A UN MEDECIN, un médecin qui restera sur place des années parce qu'il aura des conditions de travail décentes, et pas à un "commis d'office" qui subirait sa servitude avant de partir vers des territoires moins difficiles.
Députés et sénateurs de droite et de gauche ont ainsi copieusement étalé leur méconnaissance de ce qu'est la médecine générale et de ce qu'elle apporte à un patient suivi sur le long terme, en tentant ces dernières années d'imposer aux médecins installés dans des zones surdenses - qui n'existent plus depuis longtemps que dans l'esprit des politiques-, de consulter deux jours par semaine hors de leur cabinet pour résorber la pénurie et contenter momentanément l'électeur... Ainsi plus aucun patient, ni en zone de densité "normale" ( c'est à dire faible) ni en zone de désertification, ne pourrait plus "compter" sur son médecin traitant...

On me reprochera certainement de ne m'être intéressé qu'à un "infime" segment des propositions et annonces de la candidate Aubry. J'en conviens. A la différence des experts de plateaux-télé et autres Zemmour, je ne parle que de ce que je connais.
Dans le secteur santé, les prises de position de Martine Aubry sur la médecine de première ligne sont non seulement irrecevables et aptes à aggraver les problèmes actuels plutôt qu'à les résoudre, mais caractéristiques, selon moi, d'un mode de pensée et de gestion des humains archaïque et condamné à l'échec. L'intransigeance, la démagogie, le populisme et la brutalité font bon ménage, et mauvaise politique.
Comme le disait l'humoriste américain H.L.Mencken: "Pour chaque problème complexe il existe une solution simple, évidente, et fausse".
Martine Aubry? Plus "primaire" que socialiste. Elle ne passera pas par moi.
Christian Lehmann.
Médecin généraliste et écrivain, initiateur en 2007 de l'Appel contre la franchise sur les soins.
05.01.2011
Comment la santé devint rentable (16)
En 2012, la « redéfinition des critères d’affection longue durée », instaurée par Roselyne Bachelot en 2010, arriva à son terme sous l’égide de Xavier Bertrand.
Les pathologies chroniques ( diabète, hypertension, etc…) n’étant plus prises en charge avant le stade des complications, seuls les ménages les plus aisés pouvaient payer les soins, les malades les plus démunis renonçant à la prévention.

Dessin paru en 2008 sur le site www.alexiscartoon.com, lors de la précédente tentative menée par Frederic Van Roekeghem, ancien de chez AXA(R), de "redéfinir le champ des ALDs..."
© Alexis, reproduction avec l'accord de l'auteur.
( Le site d’un mec qui dessine parce qu’une infirmière gagne (au moins) 100 fois moins qu’un footballeur.)
12:24 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : ald, frederic van roekeghem, xavier bertrand, axa, roselyne bachelot, santé, sécurité sociale
30.12.2010
H1N1: Pandémie de la peur, le retour des experts la bave aux lèvres
J'interromps la série "Comment la santé devint rentable" pour reproduire ici ce message à caractère informatif, une nouvelle ALERTE URGENTE DE LA DIRECTION GENERALE DE LA SANTE, celle-là même dont le directeur, le Prrrrrofesseur Didier Houssin, s'est illustré l'an dernier par sa méritante roselynocompatibilité...

Didier Houssin et Roselyne Bachelot-Narquin
Mon commentaire, rapide: "Couverture vaccinale insuffisante en 2011?: conséquence directe du fiasco vaccinal Bachelot. Comme le disait Abraham Lincoln: on peut mentir à tout le monde un certain temps, on peut mentir à certains tout le temps, mais on ne peut pas mentir à tout le monde tout le temps"
Ce message est retransmis grâce à mon ami Dominique Dupagne, avec les commentaires ironiques et mordants d'icelui.
Bonjour
J'ai reçu ce jour ce message de la DGS :
---------------
Les dernières données épidémiologiques (franchissement du seuil épidémique, co-circulation des virus A(H1N1)2009, A(H3N2) et B, augmentation du nombre d’hospitalisations et de formes graves – majoritairement liées au virus A(H1N1)2009) conduisent la direction générale de la santé, sur la base des recommandations des experts formulées le 24 et le 29 décembre 2010, à actualiser les mesures de protection des personnes les plus à risque de formes graves de grippe :
1. Extension de la recommandation de vaccination rapide aux femmes enceintes et aux sujets présentant une obésité avec un indice de masse corporelle (IMC) supérieur ou égal à 30 ;
2. Confirmation de l’importance de la vaccination rapide des personnes ayant un facteur de risque habituel pour la grippe saisonnière et des professionnels de santé ;
3. Recommandation de mise sous traitement antiviral curatif, le plus précocement possible, des sujets présentant : un syndrome grippal caractérisé (si la forme clinique est jugée sévère par le médecin) ou des facteurs de risque particuliers, quelle que soit la sévérité clinique, ou une forme clinique grave d’emblée ou compliquée ;
4. Recommandation de mise sous traitement antiviral curatif par oseltamivir des femmes enceintes présentant un syndrome fébrile associé à des signes respiratoires, quel que soit le trimestre de grossesse et la présence ou non de facteurs de risque.
Enfin, en termes de prévention, l’importance du respect des mesures barrières (lavage des mains,…) mérite d'être rappelée aux patients.
Pour vos patients concernés par les recommandations vaccinales mais n’ayant pas reçu d’imprimé nominatif de prise en charge par l’Assurance maladie, vous pouvez vous procurer des imprimés vierges en les téléchargeant sur le site http://www.ameli.fr/professionnels-de-sante.php (rubrique « commande de formulaires ») ou en demandant à votre caisse d’assurance maladie de vous adresser le formulaire par messagerie ou un jeu d’imprimés par courrier. S’il le souhaite, un patient peut également se rendre à sa caisse primaire d’assurance maladie pour y retirer son imprimé.
Pour en savoir plus et consulter les documents suivants :
Avis du HCSP du 29 décembre 2010 relatif à l’actualisation de la stratégie vaccinale contre la grippe 2010-2011
Fiche pratique d’utilisation en ambulatoire des antiviraux en curatif en période de circulation du virus A(H1N1)2009
http://www.sante.gouv.fr/grippe-saisonniere (Informations destinées aux professionnels de santé)
http://www.invs.sante.fr/surveillance/grippe_dossier/ (Point épidémiologique)
------ fin de citation------------
Donc, des experts en santé publique ont attendu l'arrivé de l'épidémie pour se pencher sur l'intérêt d'étendre les recommandations de vaccination. Une telle décision ne pouvait elle pas être prise avant l'épidémie ? La rentrée universitaire a lieu généralement en octobre. En quoi l'épidémie actuelle est-elle surprenante ? Est-il vraiment judicieux de se vacciner en pleine période de contamination ?
Sur le fond lui même, tout a été dit l'année dernière. Il faut savoir que les experts qui prennent ce type de décision sont par exemple Catherine Olivier Weil si l'on en croit Carnets de Santé http://www.carnetsdesante.fr/Weil-Olivier-Catherine
Rappelons que COW a soutenu devant le Sénat que le taux de formes graves puis de mortalité de la grippe chez l'enfant était de 20%, surestimant ainsi la réalité d'un facteur 100.000. Elle le répète deux fois http://www.dailymotion.com/video/xdllyb_le-pr-weil-olivie... Une telle méconnaissance de la réalité par les experts explique peut-être mieux que leurs conflits d'intérêts l'absurdité des mesures préconisées.
Une chose amusante : France Meslé, dans un article publié par l'INED et non démenti malgré de nombreuses erreurs, avait prétendu que la vaccination avait divisé la mortalité par 10 en 40 ans. C'est faux http://www.atoute.org/n/article163.html et cela a malheureusement été repris partout. Mais ce qui est drôle, c'est que pour appuyer sa démonstration, elle affichait une mortalité réduite à environ 300 cas par an depuis 2000, ce qui est proche de la réalité. Mais dans le même temps, l'ineffable Bruno Lina nous réaffirme dans le Figaro http://www.lefigaro.fr/sante/2010/12/28/01004-20101228ART... que la grippe fait 7 à 8000 morts annuellement.
Le facteur dix évolue donc d'un mois à l'autre selon que l'on veut valoriser le vaccin ou faire peur avec la grippe. Après le KO debout de la dernière épidémie, les cassandre ont fait profil bas, attendant avec impatience les premiers morts pour reprendre du poil de la bête. Nous allons les voir monter en épingle la moindre hospitalisation. Heureusement, les médias traditionnels se laisseront peut-être moins manipuler que l'année dernière. Une suggestion marketing : regrouper tous les cas graves français dans un seul service pour faire un effet de masse avant de convoquer la presse. Ca avait bien fonctionné l'année dernière au niveau régional.
Nous avons une santé publique digne d'une république bananière car ces âneries sont proférées dans un silence universitaire assourdissant, que seuls quelques rebelles viennent troubler en réclamant un peu de rigueur dans les statistiques nationales.
Encore une fois, je n'ai rien contre le vaccin grippal, je voudrais juste que les autorités sanitaires arrêtent de justifier leurs choix par de la science falsifiée.

--
Dr Dominique Dupagne
10 mesures pour sauver l'assurance maladie :
http://www.atoute.org/n/article172.html
14:46 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : h1n1, grippe, vaccins, bachelot, vaccinodrome, bordel en gymnase, incompétence, crétins alpiques, santé
19.11.2009
VACCIN H1N1, LA FUITE EN AVANT: ROSELYNE BACHELOT INVOQUE LA CHAINE DU FROID POUR EVINCER LES GENERALISTES
H1N1, LA FUITE EN AVANT: ROSELYNE BACHELOT INVOQUE LA CHAINE DU FROID POUR EVINCER LES GENERALISTES
Où en sommes-nous de la pandémie H1N1, et du lourd plan de vaccination élaboré par la ministre et ses experts ?

Le Principe de Peter est un principe satirique imaginé dans les années 60 par Laurence Peter et Raymond Hull, relatif à l’organisation hiérarchique.
Il stipule que « tout employé tend à s’élever à son niveau d’incompétence », et il en découle, selon le corollaire de Peter, qu’ « avec le temps, tout poste sera occupé par un incompétent incapable d’en assumer la responsabilité. »
Enfant, je dévorais des livres, et j’ai volé le Principe de Peter dans la librairie proche de mon lycée pour le lire avidement, sans saisir l’ironie des deux auteurs. J’en ai expliqué les principes à mon père, qui en souriant m’a expliqué qu’il fallait prendre le livre au second degré, que Peter et Hull s’étaient livrés à un exercice de style certes réjouissant mais surtout destiné à faire rire.
Quarante ans plus tard, à chaque déclaration de la Ministre des Sports déléguée à la Santé, à chaque prise de position des ses principaux conseillers et experts, à chaque interview du Directeur Général de la Santé Didier Houssin, je repense à ce petit livre de Poche à couverture claire, et je mesure à quel point mon père s’est trompé.

Où en sommes-nous de la pandémie H1N1, et du lourd plan de vaccination paramilitaire élaboré par la ministre et ses experts ?
Un échec, je l’ai déjà écrit.
« 200.000 personnes vaccinées sur l’ensemble du territoire »… « La vaccination s’accélère », affirme la ministre…
Un petit calcul effectué par le docteur Xavier Tarpin mérite d’être ici évoqué :
200.000 vaccinés, dont 50.000 hospitaliers, et 150.000 Français « à haut risque » sur les 9 millions concernés…
Pour 1080 centres.
Réquisitionnant médecins, infirmières et personnels administratifs dans des centres dont les mairies doivent assumer la logistique.
Soit 140 personnes par centre en une semaine.
Pour mémoire, un médecin généraliste, seul dans son cabinet, reçoit en moyenne 140 personnes par semaine…
« La vaccination s’accélère », explique Roselyne Bachelot. Espérant peut-être que la méthode Coué la protège du coût politique du fiasco dont elle portera, avec son entourage, la responsabilité…
En début de semaine, des voix « autorisées » se sont enfin élevées, bien tardives, pour demander que le plan de vaccination soit intégralement revu, qu’y soient enfin associés les médecins généralistes, dépositaires de la confiance des patients.
C’est ainsi qu’Antoine Flahault, épidémiologiste, directeur de l’Ecole des hautes études en santé publique, est monté au créneau dans une interview au Figaro pour inciter la ministre à revoir sa copie.
Des parlementaires de tout bord ont fait de même, reconnaissant à mi-voix l’échec du plan gouvernemental.
Mais le même jour, alors que les journalistes s’emparaient du dossier, et, tels Monsieur Jourdain, se posaient enfin la question qui fâche : « Pourquoi les généralistes ne pourraient-ils pas vacciner dans leur cabinet ? Pourquoi serait-on obligé de les réquisitionner dans des gymnases déserts pour vacciner des patients dont ils ne connaissent pas les antécédents ? », Luc Chatel, le porte-parole que le monde entier nous envie, l’homme qui murmure à l’oreille des caddies, expliquait doctement dans un point-presse que l’éviction des généralistes était parfaitement cohérente : « Le gouvernement a fait un choix pragmatique, qui est de vacciner le plus grand nombre de Français dans un temps limité grâce à des vaccins multiples et à des centres de vaccination de proximité, qui permettent des vaccinations en grand nombre pendant une même journée" expliquait-il. « Si nous n'avons pas choisi les médecins généralistes et les cabinets médicaux privés pour procéder à la vaccination, c'est parce que nous avons un procédé de vaccination particulier qui sont des vaccins groupés", poursuit-il, "les flacons servent à plusieurs vaccinations, ils ne peuvent pas être utilisés au-delà de vingt-quatre heures (...) Si les vaccins multidoses étaient délivrés dans chaque cabinet médical (...) il y aurait eu un gâchis énorme de vaccins ».

Ainsi que je l’avais révélé trois jours plus tôt sur ce blog, Luc Chatel dit vrai. Il omet certes de préciser que le « procédé de vaccination particulier qui sont des vaccins groupés » résulte uniquement des choix politiques et industriels de la ministre, et de sa soumission aux diktats des firmes pharmaceutiques.
Je renvoie ceux qui le désirent à la lecture de ce post :
http://enattendanth5n1.20minutes-blogs.fr/archive/2009/11...
dans lequel sont analysées les conséquences médicales de ces choix industriels ayant privilégié l’achat de vaccins contenant des adjuvants dont l’inocuité n’est pas démontrée, et dont le conditionnement en multidoses nécessite l’adjonction d’un conservateur au mercure dont l’utilisation avait été stoppée en vertu du principe de précaution depuis une dizaine d’années.
Quand au « gâchis énorme de vaccins…si les vaccins multidoses étaient délivrés dans chaque cabinet médical », il suffit de lire les compte-rendus des personnels présents dans les centres de vaccination pour savoir que l’organisation paramilitaire démente mise en place entraîne chaque jour un gâchis considérable…
Mais ce Lundi 16 Novembre, un malheur n’arrivant jamais seul pour la ministre, un nouveau vaccin recevait son autorisation de mise sur le marché. Il s’agissait du PANENZA, de Sanofi-Pasteur, « le vaccin des femmes enceintes et des enfants », ainsi que le présentait une grande partie de la presse. Plus prosaïquement, le PANENZA, que la Revue Prescrire conseille en cas de vaccination ciblée, est un vaccin fragmenté sans adjuvant, et dont le conditionnement existe en multidoses ET en unidoses, même si, faisant preuve de cette immense clairvoyance qui la caractérise, la ministre a privilégié le conditionnement multidoses, avec les conséquences déjà analysées.
Qu’importe… Si la ministre décidait enfin de revoir son plan vaccinal, si, comme l’espéraient certains commentateurs sans oser taxer Roselyne Bachelot d’incompétence notoire, elle observait « un virage à 180° du plan vaccinal », il était peut-être encore possible de sortir de la crise actuelle, et de mettre en place, en lieu d’une vaccination de masse dans les gymnases, une vaccination ciblée pour les personnes à risque qui le désireraient, auprès de leur médecin traitant. NON PAS POUR ECOULER LES STOCKS DE L’EX VISITEUSE MEDICALE… mais en choisissant, en fonction des données actuelles de la science, le vaccin qui semblerait au médecin et au patient informé, le plus adapté.
( Au sujet du passé de Roselyne Bachelot, qui certainement devrait militer pour le droit à l’oubli sur Internet, cette petite trouvaille dûe au docteur Dominique Dupagne ( www. atoute.org) qui montre comment le CV de la ministre a été nettoyé au Karcher...)
AVANT:

APRES:

Pendant quelques jours, le doute plana. Une réunion était mise en place ce jeudi 19 Novembre 2009 au ministère avec les représentants des syndicats médicaux.
Parmi ces représentants, on trouve de tout ( revoyez les épisodes précédents), des zélateurs du plan vaccinal, doigt sur la couture du pantalon, exhortant les médecins au « devoir de réserve » cher à Eric Raoult …
( pour mémoire : « Face à la pandémie, les médecins sont là pour prêter main-forte aux pouvoirs publics. Nous allons vivre un état de guerre. Les libéraux ne sauraient exprimer le moindre état d’âme personnel sur le vaccin, sauf à provoquer un effet démobilisateur sur les patients qui serait désastreux. Se faire vacciner est certes un choix individuel. Mais, compte tenu de l’exemplarité qui doit être la leur, les médecins qui refusent personnellement le vaccin devront avoir à cœur de ne pas en faire état auprès de leurs patients. »

Christian Jeambrun, du SML
… Vous, je ne sais pas, mais moi, c’est comme l’eau ferrugineuse, je ne m’en lasse pas…)
…et des syndicalistes d’emblée beaucoup plus critiques, demandant que les ministres respectent l’indépendance scientifique des médecins :
« Le vaccin contre H1N1 n’arrêtera pas l'épidémie, c’est trop tard et ce n’est pas la faute du gouvernement. ll n’est pas certain que le rapport bénéfice-risque d’une vaccination généralisée soit favorable et les pressions exercées pour amener les professionnels de santé à soutenir à tout prix le choix du gouvernement de vacciner un maximum de français doivent cesser et être remplacées par une information sereine.
Pour la vaccination, la France a mis en place un dispositif technocratique disproportionné et hasardeux, négligeant l'expérience des médecins-traitants et leur raisonnement scientifique. L'organisation laisse de côté les médecins généralistes tout en envisageant de les réquisitionner !
Les pays qui nous entourent s’appuient sur les médecins traitants pour vacciner raisonnablement la population. ».

Claude Bronner et Jean-Paul Hamon, d’UNION GENERALISTE
Reste qu’au sein de la profession, les avis divergeaient, entre ceux qui y voyaient le moyen de pouvoir vacciner leurs patients à risque ( avec leur consentement) et ceux qui craignaient que la ministre ne fasse ensuite porter la responsabilité de son foirage vaccinal aux pelés, aux galeux dont elle n’avait pendant des mois écouté aucun conseil, aucune exhortation.
Avant même cette réunion du Jeudi 19 Novembre 2009, pourtant, la messe était dite. Car comme à leur habitude, ministre et conseillers ne convoquaient les représentants des généralistes que… pour leur annoncer les décisions qu’ils avaient prises seuls comme des grands, et sans aucune attention aux suggestions et retours du terrain.
Ainsi, sur le site web du JDD, d’Arnaud Lagardère ( le frère de l'Autre), le fond de la pensée gouvernementale était dévoilé avant même que la réunion ait eu lieu: « Roselyne Bachelot rembarre les médecins ».
Dans le Figaro, à la télévision, la sinistre Roselyne Bachelot livrait le fond de sa pensée, occasionnant probablement au cadavre de Laurence Peter une érection post-mortem du meilleur aloi. Car même mort, on aime voir validées des théories auxquelles on a consacré sa vie…

Commençons donc cette analyse de la pensée Shadock par cette information dûe à l’AFP :
"La ministre de la Santé Roselyne Bachelot a indiqué aujourd'hui qu'une fois achevée la vaccination contre la grippe H1N1 dans les centres spécialement mis en place, il serait possible que la vaccination se poursuive au printemps dans les cabinets médicaux"
Autrement dit: une fois la vaccination achevée elle se poursuivra.
C’est pas beau comme de l’antique ? C’est pas digne d’un Bernard Laporte, franchement ?

Poursuivons, donc:
"Je reçois à mon cabinet, nous recevons des médecins généralistes, ou leurs syndicats représentatifs pour voir si dans une deuxième phase de la vaccination, en 2010, on pourrait passer le relai aux médecins généralistes... On verra avec eux, parce qu'il faut qu'ils nous donnent des garanties de sécurité évidemment de cette vaccination"
Evidemment, hein…. Après avoir acheté des vaccins multidoses avec adjuvants et conservateurs douteux en quantité industrielle à des firmes qui ont obtenu l’immunité juridique en cas de pépin, la ministre va insister pour que les généralistes qui se prêteraient à la vaccination pour protéger certains de leurs patients lui offrent des garanties de sécurité…
Mais de quelles garanties pourrait-il s’agir ? Quels problèmes insurmontables poserait donc cette vaccination en cabinet de ville ?

" Nous sommes sur une campagne de vaccination en centres collectifs, parce que ce n'est pas possible autrement, ne serait-ce que la livraison des vaccins à 50.000 cabinets généralistes avec le respect de la chaîne du froid" a dit la ministre.
Ben oui. Comment n'y ai-je pas pensé plus tôt, crétin que je suis... Ca se voit que j'ai pas fait l'ENA... "la chaîne du froid, mon cher Watson, la chaîne du froid..." C'est parce qu'on ne peut garantir le respect de la chaîne du froid en cabinet de ville que les médecins généralistes ne vaccinent pas les patients contre le tétanos.
La diphtérie.
La poliomyélite.
La rougeole.
Les oreillons.
La rubéole.
La typhoïde.
L'hépatite A.
La grippe saisonnière.
Et j'en passe...
C'est sûr, les choses seraient plus simples s'il existait des pharmacies dans ce pays. Ou si Carl Paul Gottfried Von Linde avait inventé le réfrigérateur en 1876 au lieu de devenir pianiste virtuose aux Jeux Olympiques d'Helsinki en 1903 et premier astronaute allemand sur la Lune en 1911.
La chaîne du froid...

A ce stade, on ne sait plus ce qui domine, de la stupidité ou du cynisme.
Dans un cas comme dans l'autre, je ne peux que repenser au Principe de Peter de mes douze ans kleptomanes, qu'aujourd'hui j'énoncerai autrement:
" Voter pour des baltringues can be vachement dangerous to your health."

17:39 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : grippe h1n1, grippe a, vaccin, bachelot, généralistes, lobbies, santé, experts, grippe, pandémie, chatel
05.11.2007
« Déserts médicaux » : la politique du bouc-émissaire
« Il existe pour chaque problème complexe une solution simple, directe… et fausse », écrivait l’humoriste américain H.L.Mencken.
En ces temps de sarkozysme à courte vue, la maxime peut servir. Ainsi de la récente « victoire » des internes concernant la liberté d’installation.
Une majorité d’ex ou futurs patients se dira qu’encore une fois, le corps médical exagère, imaginant avoir à faire à la réaction corporatiste de jeunes nantis ingrats qui, leurs études une fois payées par la collectivité, rêvent de se délocaliser en masse sur la Côte d’Azur pour y faire tourner la planche à billets, plutôt que d’aller secourir les déshérités et les malades au fin fond des Ardennes.
La réalité est plus complexe, et la proposition initiale de Roselyne Bachelot dans le Projet de Loi de Financement de la Sécurité Sociale de refuser le conventionnement des médecins s’ils ne s’installent pas dans des zones déficitaires, est l’aboutissement logique d’une politique désastreuse menée en dépit du bon sens depuis plus de vingt ans.
Chacun aura fait la constatation d’une diminution du nombre de médecins et d’infirmiers, du délai grandissant pour obtenir une consultation, même dans les zones apparemment encore bien pourvues en personnel soignant. Le numerus clausus, limitant le nombre d’étudiants réussissant à passer l’écueil de la première année de médecine, a été instauré et aggravé pour des raisons purement économiques : chaque médecin installé étant alors considéré comme une bactérie ou un virus dont la seule apparition dans un bassin de population antérieurement sain suffisait à générer des dépenses de santé supplémentaires pour assurer sa survie. Il fallait agir sur l’offre, pour diminuer la demande. Portée à son comble, cette mesure obtient aujourd’hui le résultat escompté : les générations du baby-boom, diplômées vers 1968, arrivent en fin de carrière…75.000 médecins vont prendre leur retraite dans les dix ans à venir et seuls 30.000 nouveaux arrivants seront disponibles pour les remplacer... alors même que l’allongement de la durée de vie de la population augmente le recours au médecin.
De prétendues « mesures incitatives » à l’installation en milieu rural, dont la Ministre est censée aujourd’hui constater l’échec, n’ont en fait jamais même été mises en place. Et la politique coercitive envisagée était surtout une manière, une fois encore, pour l’Etat, de se désengager du problème de la désertification du territoire rural, de refuser de mettre en place une vraie politique d’aménagement du territoire, qui consisterait à renforcer la présence des services publics, des services au public, pour l’ensemble de nos concitoyens, quand l’heure est au démantèlement de l’Etat et de ses prérogatives, et au basculement vers le privé.
« La réforme de l'Etat supposera que chacun d'entre vous accepte qu'il y ait moins de services, moins de personnels, moins d'Etat sur son territoire » claironne François Fillon mi-Octobre 2007.
Et les jeunes médecins, seulement munis de leur stéthoscope, devraient s’installer seuls là où l’Etat ferme crèches et écoles, hôpitaux et maternités de proximité ?
Ou être désignés comme des boucs-émissaires, alors qu’ils demandent avant tout la création de maisons médicales afin de ne pas exercer dans des conditions d’un autre âge ? Alors qu’ils font, comme leurs aînés, le constat de la désorganisation du système de santé, de l’absence de toute réflexion sur les moyens et les missions de chacun des acteurs ?
La menace de déconventionnement des jeunes médecins, dans un contexte de baisse démographique programmée, avait deux buts : passer sous silence le désengagement de l’Etat, et ouvrir un peu plus le champ aux assurances privées, trop contentes de voir se rapprocher le jackpot à portée de main.
Christian Lehmann
Pas d’angélisme : je sais bien que certains internes, certains chefs de clinique, aujourd’hui certains syndicats médicaux que ne défrisait pas hier la « responsabilisation » financière des patients, se sont drapés dans le manteau de l’assurance-maladie solidaire pour faire avancer certaines revendications corporatistes. Certains rêvaient même encore récemment de relancer le mouvement… afin de combattre les mesures d’encadrement des dépassements tarifaires contenues dans le PLFSS…
Mais ayant participé à nombre de manifestations ces dernières semaines, en tant qu’initiateur de l’Appel contre la franchise, je ne peux pas laisser dire que les jeunes internes, externes, kinésithérapeutes, orthophonistes, ont « utilisé » le thème de l’assurance-maladie solidaire. Certains d’entre eux étaient présents dans les manifestations contre les franchises, au gymnase Japy le 29 Septembre, puis avec la FNATH et l’ANDEVA le 13 Octobre. Et comme ces photographies le montrent (Nicolas S. Président de la République, Guillaume S. Assureur Privé...) , nombre d’entre eux ne sont pas dupes des tentatives de l’Etat de se désengager de l’assurance-maladie solidaire. Nouveaux David Vincent, ils ont compris eux aussi que les Fossoyeurs ont débarqué. Que le cauchemar a déjà commencé.
00:05 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : médecins, santé, démographie, Sarkozy, Bachelot, internes
01.11.2007
Franchises sur les soins : bal tragique à l’Assemblée
Entre les consultations, j’ai suivi au cabinet médical, en direct sur Internet ce vendredi 26 Octobre, les discussions sur le Plan de Financement de la Sécurité Sociale.
L’atmosphère dans l’hémicycle était bizarre, et rares les députés UMP, au point qu’en matinée la gauche était en supériorité numérique.
Jean-François Copé, présent malgré sa lourde charge de maire de Meaux et président de la Communauté d'agglomération, député de Seine-et-Marne et président du groupe UMP à l'Assemblée Nationale, et accessoirement avocat d’affaires, errait dans les couloirs de manière assez pathétique, aux dires du député PS Christian Paul, pour essayer de rameuter la galerie. S’il y avait si peu d’UMP présents, expliqua Copé, qui avait pourtant commis un opus intitulé « J’arrête la langue de bois » c’était… « pour toute une série de raisons pratiques ».
C’est qu’à quelques mois des municipales, nombre de députés-maires UMP n’étaient probablement pas très chaud pour voter le principe des franchises médicales, ayant quand même compris, comme 70% des Français, que cette mesure, simple fait du Prince, était aussi injuste socialement qu’inefficace économiquement. Et, surtout, qu’il y aurait un prix politique à payer pour cet énième alignement de la droite sur les lubies présidentielles. Après l’ouverture, l’ADN et Guy Môquet, l’UMP, droite dans ses godillots, avalait plus difficilement cette nouvelle couleuvre.
Pas de quoi crier victoire, bien entendu, puisqu’en milieu de nuit les députés votèrent le principe des franchises. Tout juste notera t’on que le projet initial de franchise sèche sur les 50 ou 100 premiers euros de dépenses annuelles, qui aurait exclu de tout remboursement 27% des assurés sociaux ( les plus jeunes, les moins malades ) avait été abandonné par Sarkozy, au grand dam des assureurs privés * qui attendaient ce signal pour en remettre une couche vis-à-vis de ce public sur l’inanité du principe de solidarité.
Pas de quoi crier victoire, donc… juste l’occasion de voir, pendant des heures, les députés UMP et la Ministre subir les assauts concertés des députés de gauche les plus pertinents sur le sujet**. En face, mensonges, approximations, ce fut un vrai festival. Et au petit matin, la solidarité subit le sort de la chèvre de Monsieur Seguin*** : le loup la mangea.
Les députés UMP votèrent la responsabilisation des cancéreux, des diabétiques, des dialysés, des malades d'Alzheimer, des accidentés du travail, des handicapés, des victimes de l’amiante.
Et contrairement à ce qu’affirmaient les dépêches de presse, nulle part n’apparaissait dans le PLFSS le plafond des franchises à 50 euro.
Car les députés ne s’étaient prononcés que sur le principe des franchises, le plafond restant à déterminer par décret, par le fait du Prince****.
Christian Lehmann, médecin généraliste et écrivain
pour www.appelcontrelafranchise.org
* « Sarkozy a tué l’idée de mettre en place une vraie franchise, qui aurait consisté à ne pas prendre en charge du tout les 50 ou 100 premiers euros de dépense, puis à faire varier ce seuil en fonction des besoins de financement de la Sécu. A présent, la grogne est telle que cette mesure ne verra jamais le jour » soupire un courageux expert anonyme, artisan de ces réformes. L’Expansion, Novembre 2007, Stéphanie Benz.
** Gérard Bapt, Martine Billard, Jérôme Cahuzac, Jacqueline Fraysse, Catherine Génisson, Jean-Marie Le Guen, Catherine Lemorton, Roland Muzeau, Christian Paul, Marisol Touraine…
http://www.assemblee-nationale.fr/13/cri/2007-2008/200800...
***A propos de Monsieur Seguin, une précision…
Le Président de la Cour des Comptes ( découvrant probablement sur le tard les écrits du Sous-Commandant Marcos) avait déclaré récemment que taxer les stock-options à l’égal des salaires rapporterait 3.5 milliards dans les caisses de la Sécu, quand les franchises pénaliseraient les plus malades, et ne ramèneraient au mieux que 850 millions d’euros. En ce vendredi bizarre, les députés taxèrent les stock-options, à hauteur de… 250 millions d’euros par an. Monsieur Lagardère, empêché par ailleurs, apprécierait leur modération.
**** « Si les dépenses augmentent, et donc le déficit augmente, on pourrait alors augmenter le montant de la franchise. »
http://www.viewontv.com/ump/convention_270606/index.php: discours de Nicolas Sarkozy, président de l’UMP, ministre d’Etat, ministre de l’Intérieur et de l’aménagement du territoire, Paris, le 27 Juin 2006. ( reproduit sur le site www.appelcontrelafranchise.org)
00:05 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Sarkozy, franchises, santé, Alzheimer, Copé, stock-options
30.10.2007
Pourquoi j’ai refusé une invitation à un séminaire organisé par une firme pharmaceutique
Cette traduction par le Formindep ( collectif pour une formation médicale indépendante au seul bénéfice des professionnels de santé et de leurs patients, www.formindep.org ) d’un article du British Medical Journal paru le 27 octobre 2007 (2007 ;335:887) est le témoignage du Professeur Murad Moosa KHAN, médecin psychiatre pakistanais.
Ce texte bouleversant redit avec le langage du bon sens et de la simple humanité les enjeux universels de ce que le docteur KHAN appelle par son nom : corruption.
J’ai récemment été invité par une firme pharmaceutique à un séminaire dans un hôtel cinq étoiles au Pakistan, le pays où je vis et travaille. Le thème du séminaire portait sur la santé mentale, et la firme avait invité un “intervenant étranger” pour s’exprimer sur le sujet.
J’ai refusé cette invitation. Voici les raisons que j’ai données : « Merci de votre invitation que je suis amené à refuser pour des raisons éthiques. Je considère en effet comme non éthiques toutes les interactions entre les médecins et les firmes pharmaceutiques et sources de graves conflits d’intérêts. Je n’accepte non plus aucun cadeau, grand ou petit, de quelque nature, forme ou taille que ce soit, de la part d’une firme pharmaceutique. Je n’assiste à aucun séminaire sponsorisé par une firme pharmaceutique (tel que celui que vous organisez) et ne participe à aucun “lancement” de médicament, ni n’assiste à des conférences aux frais des firmes pharmaceutiques. Je considère en effet de telles activités comme une forme de corruption des médecins par les firmes pharmaceutiques.
Vous allez dépenser une énorme somme d’argent pour faire venir en avion votre "intervenant étranger" (probablement en classe affaires), l’héberger en hôtel cinq étoiles et lui verser de gros honoraires. Tout cela va coûter combien au total ? Et quel en sera le résultat ? Comment allez-vous récupérer ces dépenses ? Votre motivation est que les psychiatres prescrivent plus de vos médicaments et ainsi d’augmenter vos ventes, et de vous attribuer, à vous et à vos directeurs, des primes colossales.
Et qui va payer ces médicaments ? Les patients et leurs familles bien sûr, puisque la plupart des dépenses de santé au Pakistan viennent directement de leur poche.
Je condamne fermement toutes ces activités dont la raison principale n’est que de promouvoir vos médicaments et d’inciter des praticiens avides à en prescrire davantage. Je dis “avides” car la tentation de déjeuner et dîner dans un hôtel 5 étoiles est quelque chose auquel peu de médecins sauront résister. Pourquoi n’organisez-vous pas ce séminaire sous un “shamiana” (chapiteau) dans un “katchi abadi” (un bidonville ou un endroit défavorisé), là où résident la plupart des patients atteints de dépression et de schizophrénie ?
Et que connaît votre firme des questions de santé mentale au Pakistan ? Que savez-vous de la dépression et de la schizophrénie au Pakistan, et des graves problèmes liés à ces situations, tels que le dénuement, les degrés de pauvreté, la corruption, le manque d’accès à la justice et la condition particulièrement exposée des femmes dans notre société ? Que savez-vous de l’atroce organisation de la santé mentale de ce pays et de la façon dont elle affecte la prise en charge des maladies psychiatriques graves telles que la schizophrénie et la dépression ? Vous rendez-vous compte qu’il n’y a aucun budget pour la santé mentale au Pakistan ? Que de nombreuses familles sont contraintes de garder leur malade schizophrène enchaîné parce qu’elles ne peuvent pas se payer les médicaments de base ? Etes-vous conscients que de nombreux patients doivent parcourir des centaines de kilomètres depuis l’intérieur du pays, dans la chaleur et la poussière, pour consulter un psychiatre en ville ? Et que, à de rares exceptions près, la psychiatrie n’est ni enseignée ni évaluée comme discipline en tant que telle dans aucune école de médecine au Pakistan ? Et que des générations de médecins pakistanais ont accompli leurs études de médecine sans jamais avoir été confrontés aux questions de santé mentale ? »
« Pourquoi n’organisez-vous pas ce séminaire dans un katchi abadi (bidonville) où résident la plupart des patients atteints de dépression et de schizophrénie ? »
Signé : Murad Moosa Khan, professeur de psychiatrie, Aga Khan University, Karachi, Pakistan
12:40 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Big Pharma, corruption, santé, médicament, formindep, dépression, psychiatrie
25.10.2007
Du bon usage de la pauvreté
Les dames patronnesses, les épouses des maîtres de forges, gagnaient jadis leur paradis en distribuant pain rassis et étoles trouées à leurs pauvres. Aujourd’hui, cette rédemption opère de manière plus administrative. J’en veux pour preuve le minime ( très minime) esclandre provoqué en Mai dernier par Martin Hirsch, Haut commissaire aux solidarités actives contre la pauvreté. Interrogé sur France-Inter par un auditeur, il déclare son opposition à la franchise sur les soins, avant de se rétracter après 24 heures d’homérique résistance, « pleinement rassuré » par les précisions de Roselyne Bachelot et de Xavier Bertrand : en effet, la mesure « sera accompagnée des exonérations nécessaires pour tenir compte des situations sociales très dégradées ».
Logique très particulière du sarkozysme en action, préférant à la justice sociale la charité, qui fait le tri entre les « très pauvres » et les « un peu moins pauvres que les plus pauvres », au risque, on le voit hélas trop souvent, de favoriser une lutte des classes interne, désignant aux ménages modestes comme premiers coupables de leurs difficultés les bénéficiaires de la CMU « qui eux, Docteur, peuvent se soigner les dents gratis ! » Rien ne se perd, tout se recycle, même la charité, qui sert ainsi à conforter l’idée d’un Autre coupable, responsable de tous les maux.
Comment, d’ailleurs, ne pas faire le parallèle avec un phénomène troublant, qui eût du attirer l’attention de Martin Hirsch : les refus croissants opposés par certains professionnels de santé aux patients en CMU. Au-delà des réelles difficultés administratives de paiement que peuvent rencontrer certains praticiens, c’est bien le discours de dénonciation constante de l’assuré irresponsable qui a permis ce lent glissement, car il est plus facile d’envoyer paître un patient démuni ( « Allez à l’hôpital public, on ne prend pas les gens comme vous ici ») si l’on peut voir en lui la source de tous les maux du système.
Nous voici en Octobre, cinq mois plus tard. Les franchises sur les soins arrivent en discussion au Parlement, et Roselyne Bachelot a beau jeu de déclarer que les franchises « ne priveront pas de soins les plus vulnérables », puisque « les plus démunis (les bénéficiaires de la CMU) en seront exonérés ».
Pour mémoire, rappelons que le plafond de la CMU est à 606 euros par mois, et le seuil de pauvreté en France à 817 euros. Qu’un handicapé, qu’un malade incapable de travailler, touche une allocation adulte handicapé à peine supérieure au plafond de la CMU, et devra donc payer les franchises, qui s’ajouteront aux forfaits déjà existants sur les consultations médicales, au forfait hospitalier journalier qui dissuade déjà certaines personnes en affection longue durée de recourir à l’hospitalisation.
Ne crachez pas sur les pauvres.
Pour le pouvoir, ils ont leur utilité.
Les ministres d’ouverture aussi.
( publié le 25 Octobre 2007 dans Témoignage Chrétien)
10:14 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : franchises, santé, Martin Hirsch, Nicolas Sarkozy, CMU, pauvreté, Roselyne Bachelot
23.10.2007
Dealers d'opinion
Je devrais avoir honte.Franchement.
Voici un mois et demi que j’ai débuté cette chronique, et j’ai omis de me conformer à la loi.
La loi dite « loi Kouchner » sur les droits des malades.
Alors voilà, après ce rapide mea-culpa, je me lance : « Je n’ai aucun lien avec aucune firme qui commercialise des médicaments, ni avec leurs entreprises de conseil ».Comme tout professionnel de santé, je suis censé faire cette déclaration d’absence (ou d’existence ) de conflit d’intérêt, avant toute adresse au public sur des thèmes pouvant toucher au médicament. Votée en mars 2002, cette loi n’a pas été appliquée pendant cinq ans. Et il a fallu un recours en Conseil d’Etat d’une association, le FORMINDEP*, « Pour une formation indépendante au service des seuls professionnels de santé et des patients », pour qu’enfin, bien tardivement, paraisse au Journal Officiel le décret d’application de cet « article 26 » de la loi du 4 mars 2002.
Son but : éviter ce que nous avons tous vu, lu, entendu, subi, trop longtemps : des avis d’experts bardés de leur seule intime conviction, retransmis dans les médias comme parole d’Evangile.
C’est ainsi qu’au début de la décennie, le Vioxx, un anti-inflammatoire réputé révolutionnaire, était vanté par nombre de rhumatologues dans les médias pour sa bonne tolérance… alors que les premières études mettant au jour les effets indésirables cardio-vasculaires de ce médicament étaient mises en doute par ces mêmes spécialistes… jusqu’ au jour où la firme retira le médicament du commerce, devant l’évidence grandissante d’un plus grand nombre de morts d’origine cardiaque chez les patients sous Vioxx.
Et à chaque fois, lorsque la parole des experts subit ce type de revers, la stratégie est la même : l’évitement, la fuite. Ceux qui hier vantaient les mérites du produits, vilipendaient les hésitants, conspuaient les résultats d’études indépendantes n’allant pas dans leur sens… disparaissent des écrans radar. Il n’y a jamais ni responsables, ni coupables. Le simple fait de reconnaître une erreur semble au-dessus de leur force. L’article 26 vient à point nommé pour enfin clarifier la raison de cette incapacité à reconnaître une erreur médicale.
Désormais, nous devrions être mieux informés, lorsqu’un expert parle d’un médicament dans les médias, sur les rapports financiers qu’il entretient avec l’industrie pharmaceutique. Si par la suite le médicament vanté était brutalement retiré du commerce, nous saurons s’il s’agissait d’une simple erreur d’appréciation, ou d’autre chose… Après tout, quelqu’un dans la salle croit-il vraiment que Bernard Laporte vante le Jambon Madrange par simple préférence gastronomique?
*www.formindep.org . L'association FORMINDEP accueille professionnels de santé et patients.
(publié dans Témoignage Chrétien en Septembre 2007)
22:25 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : médicament, Big Pharma, Vioxx, loi Kouchner, droits des malades, santé, formindep





















