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08/01/2010

VACCIN ET GRIPPE H1N1 : IL EST TROP TARD POUR SAUVER WILLY

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Il est trop tard pour sauver Willy.

Il est trop tard, définitivement trop tard, pour éviter à Roselyne Bachelot de payer le prix politique de son incompétence et de son autoritarisme, de ses choix industriels et organisationnels désastreux, de sa méconnaissance profonde de ce qui tisse la relation médecin-patient et de son mépris de la piétaille généraliste.

Je ne sauverai pas Willy, donc. Je n'écoulerai pas les stocks vaccinaux de la ministre, une fois l'épidémie passée.

Avant-hier encore, certains médias claironnaient l'immense succès des vaccinodromes en recopiant les communiqués triomphalistes du ministère alignant des chiffres de fréquentations gonflés par la panique artificiellement entretenue par la ministre et le calamiteux Directeur Général de la Santé. Aujourd'hui, le fiasco que j'ai dénoncé sans relâche depuis des mois( avec d'autres ) apparaît enfin à tous dans son énormité. Et Roselyne Bachelot capitule en rase campagne devant les médecins libéraux qui demandaient depuis des mois de pouvoir vacciner simplement à leur cabinet ceux de leurs patients pour qui la vaccination pouvait être utile, et qu'elle ridiculisait à chaque conférence de presse, son ironie malsaine répétée en écho par des idiots utiles comme François Chérèque ou Jean-Luc Mélenchon ( dont la forte pensée: " Devant les campagnes de santé publique, on fait d’abord la campagne on discute après, pas l’inverse..." lui sera je l'espère rappelée par ses pairs sénateurs et la presse s'il participe un jour à une commission d'enquête sur ce fiasco exemplaire)...

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Mais il n'est pas question de sauver Willy, d'écouler les stocks ministériels, à ce stade beaucoup trop tardif. La vaccination de masse a échoué, la vaccination ciblée enfin possible arrive beaucoup trop tardivement. Tant que nous y sommes, pourquoi ne pas vacciner contre la grippe espagnole, à ce stade, par "principe de précaution"? Peut-être certains patients à risque important, ou ayant des difficultés de déplacement, demanderont-ils à se faire vacciner dès maintenant sans attendre l'inclusion probable de la souche H1N1 dans le vaccin saisonnier de l'hiver prochain, dont on peut espérer que les processus de fabrication seront un peu mieux rodés que ceux du vaccin pandémique, mais cela ne changera pas grand chose au fiasco engendré par la technocratie au service d'un pouvoir politique dramatiquement incompétent et uniquement habile à créer des psychoses entretenant son délire sécuritaire.

Je reproduis ici, avec jubilation, l'article de mon ami Dominique Dupagne, en attendant la suite:

http://www.atoute.org/n/article144.html

 

Roselyne Bachelot capitule devant les médecins généralistes

Le coût de la vaccination contre la grippe A/H1N1 va être divisé par 20

 

Après une réunion tendue ce jeudi 7 janvier entre Roselyne Bachelot et les représentants des médecins libéraux, les derniers freins à une vaccination en ville par les médecins libéraux ont été levés.

Certains craignaient le pire : que les autorités sanitaires s’accrochent à leurs procédures controversées, responsables de l’échec de la vaccination dans les gymnases.

Les représentants des médecins libéraux ont tenu bon. La Ministre a capitulé et autorisé la mise en place d’un circuit de vaccination simplifié, c’est à dire inspiré de celui mis en place pour la grippe saisonnière qui donnait jusqu’ici toute satisfaction.

Les vaccins seront délivrés par les pharmaciens, professionnels de la gestion des médicaments.

Les vaccins seront réalisés par les médecins ou les infirmiers, autres professionnels qualifiés, pour leurs patients, dans un climat de confiance qui manquait cruellement dans les centres Bachelot.

La Ministre et son staff ne pouvaient pas imposer quoi que ce soit : quand la maison brûle à cause du barbecue, le propriétaire imprudent n’explique pas aux pompiers comment travailler. ( NDLR: la mise en gras est de moi, certaines phrases dont celle-ci atteignent à la perfection, c'est presque aussi bon que du Philip Roth...)

Certes, il y aura sans doute peu de candidats à une vaccination controversée, pour une épidémie évaporée. Mais le climat qui l’entoure retrouvera un peu de sérénité. Cette vaccination ne pourra pas démarrer avant une dizaine de jours, le temps d’approvisionner les pharmacies.

Le coût de la vaccination sera donc de 22 euros si elle se fait dans le cadre d’une consultation spécifique (revue des antécédents et réponse aux questions du patient, information sur les effets indésirables, choix puis prescription du vaccin le plus adapté) à 0 euros si elle a lieu pendnat une consultation de routine pour un autre motif, comme c’est souvent le cas. Une tarification de 6,60 euros a été négociée avec les syndicats pour les vaccinations multiples lors de séances spécifiques organisées par le médecin et ne nécessitant pas une consultation préalable. Ce sera sans doute une éventualité assez rare, du fait des nombreuses questions que les patients se posent sur les vaccins pandémiques. D’ailleurs, dans les gymnases, toutes les injections étaient précédées d’une consultation médicale.

Le coût moyen de la vaccination en ville qui tournera donc autour de 10 euros sera donc 20 fois inférieur à celui de la vaccination en centre qui mobilisait un nombre invraisemblable de personnels de santé pour une productivité ridicule et un coût unitaire dépassant les 200 euros (certains parlent même de 500 euros, la mission parlementaire en cours de création précisera ce montant). Pour employer un mot à la mode dans les cercles sanitaire, l’efficience était proche de zéro.

J’avais montré dans un article récent à quel point le modèle soviétique copié par la Ministre et son entourage était aussi improductif que coûteux.

Espérons que cette gabegie marquera les esprits à l’heure ou la réforme de la santé (Loi HPST), du même auteur, s’apprête à finir de ruiner l’hôpital public. Ce que nous avons vécu avec la vaccination Bachelot n’est que le modèle réduit d’une des/organisation plus globale. Une santestroïka s’impose d’urgence.

J’ai demandé à Claude Bronner, président du syndicat Union Généraliste, son sentiment sur l’issue de cette discussion : "Ma première impression est qu’il a fallu beaucoup trop longtemps pour que la réalité s’impose à notre administration politique et sanitaire. J’avais écrit dans UG Zapping 02 du 18 mai , à propos d’un préfet : “De même il se débrouillera bien avec les généralistes quand tout le reste du plan Grippe aura foiré...” On y est enfin, après avoir passé en revue toutes les erreurs à ne pas commettre, dont celle de ne pas s’appuyer sur les généralistes. Les patients vont pouvoir se faire vacciner pour la grippe H1N1 comme pour la saisonnière, à cette exception près que les médecins devront encore quelques temps faire chercher (ou chercher eux mêmes) les vaccins dans les Centres de vaccination. Vaccination au cours d’une consultation ou d’une visite, vaccination au cours de séances spécifiques, le patient choisit son médecin, le médecin choisit sa manière de travailler. Exactement comme cela aurait dû être depuis le début. Le débat scientifique sur l’intérêt de cette vaccination va s’enrichir des bilans des différentes stratégies de prises en charge et les débats vont continuer sur le prochain retour du virus et sur sa virulence. Bref, on n’a pas fini de parler de la grippe et de la vaccination et il va être intéressant de suivre l’évolution dans les mois à venir..."

 

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