Avertir le modérateur

28/03/2014

Comment faire tomber Conflans-Sainte-Honorine à droite? : les mensonges par omission du candidat "écologiste"

 

Attention, vous êtes prévenus: Une fois n'est pas coutume, je vais faire de la politique sur ce blog   ;-)

 

Abraham_Lincoln_November_1863.jpg

 

lincoln.jpg

 

"Il est possible de mentir à certaines personnes tout le temps, il est possible de mentir à tout le monde un certain temps, mais il n'est pas possible de mentir à tout le monde, tout le temps" Abraham Lincoln

 

A Conflans Sainte Honorine, riante bourgade des Yvelines et ville emblématique de la gauche, une bataille de second tour s'est engagée dans laquelle la liste Ener'Pop' soutenue au premier tour par EELV s'est vue retirer l'investiture après avoir refusé de s'allier à la liste PS arrivée avant elle ( PS à 29%, Ener’Pop’ à 23%, l'UMP menant d'une courte tête à 30%, avec le FN en embuscade à 17%).

Cette liste citoyenne avait reçu dans un premier temps des soutiens de poids, qui se sont portés sur la candidate PS Fanny Ervera quand Gael Callonec, tête de liste Ener'Pop', a refusé l'alliance, dans une configuration où la droite serait pour la première fois depuis 1977 en position d'emporter la mairie d’une ville de 35.000 habitants, avec un candidat de 28 ans que l'UMP n'imaginait pas profiter à ce point du désaveu du gouvernement, et sur la liste duquel figurent  sept co-listiers de 19 à 23 ans….

Dénonçant l'aventurisme politique du candidat Gael Callonec( qui parle d'abord d'un "accord honorable sur le papier" puis le refuse quelques heures après en tentant d 'en faire porter la responsabilité à la candidate socialiste), ses soutiens ( Jean-Paul Huchon, Michel Rocard) mais aussi EELV, se sont retirés, et EELV A RETIRE SON INVESTITURE à Gael Callonec.

Le candidat "écologiste" d'Energie Populaire est sanctionné pour ce refus d'alliance, comme, à l'inverse, Jerome Safar est sanctionné à Grenoble et perd l'investiture PS pour avoir refusé de s'allier avec EELV. Il n'y a pas deux poids deux mesures. On pense ce qu'on veut de la discipline de parti mais elle s'applique pour tous. 

 

Mais apparemment, les militants locaux d'Ener'Pop' continuent à croire qu'ils ont l'investiture d'EELV, et crient à l'intox quand on veut leur prouver le contraire. Voici donc les preuves qu'effectivement, s'ils ne sont pas au courant à deux jours du scrutin, c'est que quelqu'un les intoxique. Je n'ose imaginer que leur candidat ne leur ait pas avoué que son refus d'alliance est considéré comme de l'aventurisme politique, ou le signe d'une revanche personnelle de certains de ses colistiers dissidents du PS. 

 

Sur le Facebook de la liste Ener'Pop', je dialogue avec des militants écolo, et rapidement on m'accuse de faire de l'intox ( en reconnaissant dans un premier temps que ma bonne foi n'est pas en doute, c'est gentil). Cependant, comme je l'indique aux militants: "sur les panneaux d'affichage officiels rue du général Mangin, depuis que j'ai "intoxiqué" ici…. les affiches qui hier portaient illégalement les logos PS et EELV ont été modifiées ce jour….pour se conformer à une réalité juridique et politique, qu'apparemment on cache aux militants d'Ener'Pop' ????"

 

Pour qu'on puisse juger sur pièce, et que les militants écologistes sincères puissent poser des questions "qui fâchent" à leur tête de liste un peu cachottière, apparemment, voici les preuves.  

 

panneau27mars2014.jpeg

 

Ci-dessus : Affiche sur un panneau officiel. Nous sommes le jeudi 27 Mars, vers 14h, second tour, le panneau de Gael Callonec porte toujours mention des soutiens de Huchon et Rocard, aujourd'hui retirés, mais surtout le bas de l'affiche porte les logos PS et EELV, ce qui est contraire à la législation électorale. Je le signale sur le Facebook de la liste…. et m'entend répondre que jamais Gael Callonec n'a prétendu avoir l'investiture PS ( oui, le logo, c'était pour faire joli, et la marmotte elle met la plaquette dans le papier alu, aussi)  

  panneau28mars2014.jpeg

 

Ci-dessus :  Le lendemain, 28 Mars vers 11h, même endroit… oh surprise suprise! Gael Callonec, qui n'avait selon ses militants "jamais prétendu avoir l'investiture PS" et leur cache avoir perdu l'investiture EELV…. A FAIT RECOUVRIR ET LES SOUTIENS de Rocard et Huchon, ET LES LOGOS. Comme quoi apparemment mes informations et mes affirmations n'étaient pas si fausses.   Et finalement, dans ma boite aux lettres, le bulletin de vote, qui prouve sans l'ombre d'un doute qu'au second tour Gael Callonec a perdu l'investiture EELV. Mentir par omission, c'est toujours mentir.

listesansinvestiture.jpeg


Je suis de gauche. Je suis révolté par la cécité du gouvernement, ses orientations, mais je fais la différence avec le travail des équipes locales. Je connais la différence entre une ville gérée par la droite et par la gauche, au niveau municipal, particulièrement pour les plus défavorisés. Dimanche 30, comme dimanche 23, je vote pour la liste Conflans Au Naturel de Fanny Ervera. Pas par discipline de parti, pas parce qu'elle est soutenue par le PS, le PC, le MRC, le PRG, Génération Ecologie, et j'en oublie… Mais parce que je crois à son projet, et que je suis effaré par la manière dont, face au danger de la droite, la tête de liste "écologiste", aujourd'hui destituée de toute investiture, ment par omission à ses propres militants.

fe2014.jpg



Pour finir:

http://www.arretsurimages.net/breves/2012-01-30/OFCE-l-economiste-vert-qui-aimait-bien-Eva-Joly-id13012

http://www.ofce.sciences-po.fr/blog/des-vertes-et-des-pas...


Et une petite citation:

" Ce qu'il y a de bon quand on dit la vérité, c'est qu'on est pas obligé de se rappeler ce qu'on a dit auparavant"



23/11/2012

JE VOUS DEMANDE DE NE PAS VOUS ARRETER... ( Ceci vous concerne tous, à moins d'être immortel)

 

Je pourrais me réjouir de la situation à l'UMP, je pourrais me réjouir de voir ce qui fut dénoncé ici ( et ailleurs), la faillite morale de l'UMP, la responsabilité écrasante de Nicolas Sarkozy et de son entourage dans cette dérive, arriver au stade ultime de la déliquescence, mais j'ai mieux à faire, maintenant qu'un tas de suivistes qui applaudissaient en larmoyant les prestations de la marionnette d'Henri Guaino se découvrent soudain, comme Roselyne Bachelot mais avec moins de talent dans l'opportunisme et dans l'anticipation du retournage de veste, effarés.

santé,soins,mutuelles,asurances,médecine,marisol touraine,françois hollande,foutage de gueule socialiste,ps,pigeons,médecins-pigeons

 

LES FOSSOYEURS, LE RETOUR

Je voudrais vous parler de quelque chose qui vous concerne tous, de gauche, de droite, du centre, de toute orientation sexuelle ou genre. Je voudrais vous parler de ce qui est en train de se passer en douce, ou presque, dans le domaine de la santé. Pendant de longues années j'ai joué le rôle peu enviable de Cassandre, de vigie sur le pont du Titanic. En 2004 quand il a fallu dénoncer les mensonges de la réforme Douste-Blazy ( "C'est en changeant tous un peu qu'on peut tout changer"), en 2007 quand il a fallu dénoncer la mise en place des franchises sur les soins, sur le dos des plus faibles, des malades.

La gauche arrivée au pouvoir, j'ai espéré, quelques mois, que la course effrénée à la marchandisation de l'humain, à la marchandisation du soin, soit stoppée. Un temps. J'avais confiance, sinon en la gauche, au moins en l'image de "normalité" bonhomme que renvoyait François Hollande. Une confiance modérée, vigilante, mais une vraie confiance.

Aujourd'hui, la seule question qui me taraude encore, comme avec la droite en son temps, est celle-ci: "Quelle est la part de cynisme, et quelle est la part d'incompétence?"

 

Alors pour cette nouvelle plongée en eaux troubles dans les méandres de ces gens, assureurs, économistes, mutualistes, médecins médiatiques, syndicalistes professionnels, politiciens, que votre santé intéresse tant... commençons par un petit rappel.

Ce chapitre extrait de mon livre de 2007, LES FOSSOYEURS, qui raconte comment les assureurs montèrent les premières tentatives de réseaux de soins. Je vous demande de ne pas vous arrêter. De droite, de gauche, vous trouverez au fil de ces posts de quoi vous indigner. A moins que vous ne soyez conquis par la loi des temps modernes, qui veut que l'autre soit une marchandise.

 

Marie-Chantal en rêvait, les AGF l’ont fait

C’est un communiqué de presse du groupe Mederic, en date du 1er Septembre 2006. On y lit que : « A l'occasion de sa prise de fonctions, Guillaume Sarkozy a indiqué être « fier de prendre la direction de Médéric, un acteur historique majeur de la protection sociale. Mon ambition est que Médéric relève les défis des réformes à venir qui transformeront profondément l'intervention des acteurs complémentaires, notamment dans le domaine de la santé, pour jouer un rôle de premier plan dans l'amélioration des services de protection sociale.»

Mais ce n’est pas, et de loin, le seul indice de ce qui se profile. En Avril 2006, les AGF lançaient un nouveau concept haut-de-gamme. Voici ce que j’en écrivais dans les Inrocks à l’époque :

« La marchandisation de la santé est en marche, cette transformation apparemment inexorable de la relation patient-soignant en une relation de service client-prestataire de soins. Poussant cette logique à fond, les AGF innovent, en proposant un produit haut-de-gamme, Excellence Santé, qu’on croirait tout droit sorti d’une pub de Terry Gilliam restée sur le sol de la salle de montage du film Brazil : « Vous êtes riche ! Méga-riche ! ( harpe céleste) Riche au-delà des rêves les plus fous de la plèbe que vous exploitez !!! Et pourtant, face à la maladie ( scie de violons angoissants, à la Bernard Hermann dans Psychose), votre argent ne vous est d’aucune utilité ! Face à la maladie (coup de tonnerre brutal dans un ciel serein) vos actions, vos business-plans ne vous protègent en rien ! Livrés aux caprices de brancardiers trotskystes en mal de RTT, de généralistes conventionnés sourds à votre détresse, vous voici soudain condamné à la promiscuité de salles d’attente tiers-mondistes ! Heureusement ( re harpe céleste), AGF est là. Grâce à Excellence Santé, comme un millier de dirigeants d’entreprise française à très gros revenus, vous bénéficierez, pour une modique cotisation annuelle de douze mille euros, d’un accès privilégié pour toute notre gamme de services : bilans de santé, coaching administratif et médical hyper-tendance, mais surtout, en cas de maladie, prise en charge haut-de-gamme ! Finie la médecine partageuse, finis les délais d’attente insupportables! Grâce à Excellence Santé, vous passerez avant les gueux ! Existe aussi en version femme ou maîtresse – 4000 euros, et 2000 euros par enfant à charge. » Ainsi les AGF ont-elles dressé contrat avec la crème de la crème des patrons, pour offrir aux riches un passe-droit, et ce dans un contexte de démographie médicale déclinante, de fragilisation d’un système à bout de souffle. La polémique naissant actuellement autour de ce projet politiquement incorrect jusqu’au surréalisme risquerait pourtant de passer sous silence un point crucial : ce que Gilles Johanet, directeur de la branche Santé, théorise aux AGF existe déjà en France, depuis bien longtemps, et sans que l’Ordre des Médecins s’en émeuve plus que cela. Depuis des décennies, les patients prenant rendez-vous à l’hôpital public se voient proposer des délais plus ou moins longs, selon qu’ils choisissent la consultation publique ou la consultation privée du praticien, seule la hauteur de leur rémunération servant alors de critère au zèle médical. Excellence Santé, c’est donc la rencontre finalement assez cohérente de deux logiques d’exclusion, la médecine-Loréal : « Un dépassement parce que je le vaux bien » pacsant à ciel ouvert avec la société ultralibérale : « Ma carte Gold vaut mieux que ta Vitale ». Difficile de suivre le cheminement de Gilles Johanet dans cette affaire : lui qui avait avec d’autres porté au sein de la CNAM un vrai projet qualité en médecine générale, le médecin référent, doté d’un cahier des charges social autant que médical : égal accès aux soins grâce à la dispense d’avance de frais, respect des tarifs conventionnés, limitation du nombre d’actes, formation des médecins indépendante des firmes pharmaceutiques… se retrouve, dans un système bloqué ( où le médecin référent a été enterré vivant avec la « réforme ») à proposer un produit basé sur la seule notoriété de praticiens leaders d’opinion, cooptés selon des règles échappant à toute transparence, et sans qu’on sache bien ce que le patient friqué gagnera à passer dans les mains de ces médecins « vus à la télé ». Quel est leur cahier des charges ? Quels sont leurs liens avec l’industrie pharmaceutique, quand on sait que les firmes cherchent constamment à s’attacher les services de grands patrons, pour lancer tel ou tel produit « innovant », comme l’affaire du Vioxx nous l’a hélas rappelé ? Si le but recherché est de faire bouger les lignes, d’ouvrir demain des contrats de qualité à l’ensemble de la population, comme AGF et d’autres ont tenté de le faire en chirurgie dentaire, pourquoi diable commencer par un projet aussi caricaturalement élitiste ? La réforme Douste-Blazy, sous couvert de sauvegarder l’essentiel, a consisté en un petit arrangement tarifaire entre amis, UMP d’un côté, syndicats de spécialistes adeptes des dépassements tarifaires de l’autre. La solidarité n’est plus qu’un concept vidé de son sens, quand l’actuel directeur de la Sécu, ancien d’AXA placé par Chirac à la présidence de la CNAM, entérine une prime au mérite des médecins conseils afin de promouvoir une logique d’entreprise au détriment de la prise en charge des patients. La Sécu est mourante, et dans ses soubresauts, n’en doutons pas, nous verrons ressurgir pas mal d’hydres jusque là inavouables. »

Le tollé médiatique fut tel, que le projet de Gilles Johanet fut remballé dans les cartons. Pour un temps. (*)

Note de bas de page (*) : Un fin connaisseur du dossier me fit remarquer que ce type de contrat ressurgirait un jour ou l’autre : « Tu comprends, avec le scandale que font les gauchistes autour des stock-options, ce serait un moyen idéal pour permettre aux entreprises de remercier les hauts salaires les plus méritants sans encourir la vindicte publique. »

La boîte de Pandore est ouverte. En Octobre 2006, c’est au tour des Mutuelles du Mans Assurances ( MMA, assurance privée malgré son nom trompeur), de lancer une nouvelle formule « Santé Double Effet », en proposant, moyennant une majoration de 15% de la cotisation de base, un remboursement de la moitié de la surprime versée si les dépenses de santé de l’assuré pendant la période sont faibles ou nulles. Le but, comme l’explique le Président des MMA, est d’attirer une clientèle jeune qui rechigne à souscrire une complémentaire : « Nous sommes au début d'un remaniement de l'offre d'assurance en matière de santé. Le produit de base qui rembourse la consultation chez le médecin devient inadapté face à l'envolée des coûts et l'accroissement des transferts sur le budget des familles. Si on ne rebâtit pas une offre cohérente, les jeunes vont cesser de s'assurer et les cadres qui cotisaient pour une chambre privée en cas d'hospitalisation, pour des lentilles ou des couronnes en céramique, vont chercher à faire des économies et baisser en gamme. »

Du côté des mutuelles et des associations de patients, on dénonce le mauvais coup porté à la notion même de solidarité, de mutualisation des risques.

Jean-Pierre Davant, Président de la Mutualité Française, condamne l’initiative : « Ce type de mesure vise à augmenter de 15 % les primes des malades. Seuls les assurés n'ayant pas été souffrants seront remboursés d'une partie de leur cotisation. Ce n'est pas en pénalisant les malades que l'on améliorera le système de santé. Vous risquez d'avoir des gens confrontés à des moments difficiles, qui éviteront de se faire soigner pour récupérer leur prime. Cette proposition est dangereuse sur le fond. En poussant les assurés à se couvrir en fonction de leurs besoins, on met à mal le principe de la solidarité. C'est un rude coup porté au régime obligatoire et à l'assurance complémentaire. »

Même son de cloche chez Que Choisir : « Au nom de la liberté individuelle, on introduit dans la santé le bonus-malus de l'assurance automobile. Mais à chaque fois qu'on individualise, on engendre des effets pervers. Le risque est que l'individu pourrait ne plus aller consulter un médecin de peur de ne pas récupérer la moitié de sa prime. »

 

Xavier Bertrand, le Ministre de la Santé, n’est pas en reste, qui écrit au président des MMA pour l’informer que son projet va : « à l'encontre des principes de solidarité et de mutualisation qui sous-tendent l'organisation de l'assurance-maladie », alors que les MMA ne font que s’adapter à la situation créée par la convention, à coût de déremboursements et de forfaits divers.

Certains penseront qu’après tout, confier une partie de la gouvernance du système aux assurances privées, si l’on se réfère aux lois du marché, est une excellente chose. Car le dogme est formel : la concurrence tire les tarifs vers le bas…

Hélas, ce n’est pas le cas aux USA, loin de là. Le système d’assurance-maladie, essentiellement privatisé, n’est certes pas déficitaire. La variable d’ajustement y est d’une autre nature : une masse grandissante d’Américains, près de 46 millions aujourd’hui, dénués de toute protection sociale…
Et pour les autres, un surcoût non négligeable lié à deux facteurs jamais pris en compte par les chantres de la concurrence à tout và.

Le premier, c’est, bien entendu, la nécessité de rendre le secteur profitable à l’actionnaire. Il n’est pas ici question d’atteindre simplement l’équilibre, mais de dégager une marge bénéficiaire à deux chiffres chaque année. C’est cela de plus que paiera l’assuré.

Le second surcoût, c’est la nécessité, dans cette foire d’empoigne que devient la chasse au client, d’augmenter de manière conséquente le budget de promotion et de publicité destiné à ferrer le chaland, avec un surcoût estimé de 20% pour ce seul poste marketing. Car la libéralisation du secteur, comme lors de l’introduction des Two Two You Two dans le renseignement téléphonique, s’accompagnera d’une féroce bataille publicitaire entre complémentaires, dont la note, in fine, sera payée par l’assuré.

 

Alors, bien sûr, les petits malins se diront que le meilleur moyen de s’en sortir est encore d’anticiper le mouvement, de devenir actionnaire d’un groupe assurantiel privé. Bien vu ? Non, désolé. Tout faux. Parce qu’au royaume des grands fauves, on est toujours mangé par plus gros carnassier que soi.

 

Novembre 1999 : les ministres de 134 états-membres se rencontrent à Seattle, USA, pour un nouveau round de discussions de l’Organisation Mondiale du Commerce. Parmi les sujets brûlants, le projet prioritaire de l’OMC : la privatisation des secteurs de l’éducation, de la santé, de la protection sociale, du transport et du logement social. Le but de l’OMC est alors d’étendre l’économie de marché aux services traditionnellement public. Dès 1999, la Coalition des Industries de Service américaine, alias USCSI, affiche ses espoirs quand aux négociations du GATT : « Nous pensons pouvoir progresser largement dans les négociations afin de dégager les opportunités pour les compagnies américaines de s’implanter sur les marchés des systèmes de soins étrangers… Historiquement, les services de santé dans de nombreux pays étrangers ont largement été sous la responsabilité du secteur public. Cette appartenance au secteur public a rendu difficile l’implantation marchande des industries de service du secteur privé US dans ces pays étrangers… »

Continuons dans la voie tracée par les néolibéraux, et attendons-nous, demain, à ce que notre système de santé serve à financer les retraites et les fonds de pension aux USA…

 

PS: Ceci a été écrit en 2006, publié en 2007, bien avant la faillite du système bancaire. La suite, avec en guest-stars le Parti Socialiste et les mutuelles solidaaaaaaaiiiiiiiiires ( puisqu'on vous le dit, bordel...), la prochaine fois.

16/07/2012

Médecine: "Vous reprendrez bien un peu de technocratie?"

 

dr-house-tf1-e1339515090820.jpg



La récente contribution thématique «Après 10 ans de droite, remettre de la Gauche dans les politiques de santé»*, rédigée par des sympathisants ou cadres du Parti Socialiste, est indigente.

Si elle pointe, ce qui est toujours utile, que la santé ne se résume pas aux soins, ou que la politique du médicament doit être repensée, elle prend soin de ne pas nommer les responsables politiques de la crise actuelle, et propose des «solutions» incohérentes qui montrent à quel point ses auteurs méconnaissent le rôle de la médecine générale.

 

Ainsi à de multiples reprises, les auteurs en appellent-ils aux Agences Régionales de Santé en tant qu’arbitres et impulseurs de politiques volontaristes, alors que les ARS, bras armé de l’Etat sarkozyste, ne représentent qu’un énième étage d’évaluateurs et de décideurs déconnectés du terrain imposant aux soignants un empilement de normes qualité. Le fait que nombre de socialistes aient, sous le règne sarkozyste, diligemment postulé et obtenu la direction de ces outils technocratiques n’est probablement pas étranger à  cet aveuglement volontaire des signataires.

 

Les «solutions» proposées contre la désertification sanitaire sont un catalogue de promesses sans financement, couronnées par la menace de Schémas Régionaux d’Organisation des Soins Ambulatoires Opposables, sans qu’on saisisse très bien où veulent en venir les signataires: demain le préfet, selon son bon vouloir, décidera d’envoyer un médecin libéral s’installer ici ou là?  Cerise sur le gâteau, on apprend que les médecins déjà installés...«doivent aussi participer à ce formidable défi de la reconquête des territoires désertifiés.» Dans la vraie vie, les médecins et les infirmiers installés doivent déjà faire face aux soins à apporter à leurs patients, ( 56 heures par semaine en moyenne pour les généralistes), tandis que gonflent d’année en année les effectifs de médecins évaluateurs, conseils, contrôleurs, toujours prompts à expliquer à la piétaille des soignants comment mieux faire avec moins de moyens.

Rappeler en préambule que «notre pays bénéficie d’une des densités médicales les plus élevées du monde», sans pointer que la fuite des médecins hors de l’exercice de la médecine ambulatoire de ville est liée aux conditions d’exercice de plus en plus pénible en comparaison avec celle de médecins évaluateurs, c’est se moquer du monde...

 

Le grand couplet sur la prévention, source d’économies, serait moins ridicule si les signataires ne portaient pas aux nues les inutiles et dispendieux bilans de santé qui servent essentiellement à donner aux caisses d’assurance l’impression de faire de la médecine à la place des généralistes. L’idée de créer des services hospitaliers pour adolescents, comme si cette période de la vie était une maladie, est du même niveau. L’hospitalo-centrisme et le mépris de ce qu’est la médecine générale, la prise en charge sanitaire individualisée d’un patient, avec son consentement, sur le long terme, perlent à chaque ligne.

 

Pour conclure, on notera que si le reste-à-charge des patients est évoqué, la persistance des franchises sur les soins mises en place sous Sarkozy n’est nulle part mentionnée, afin de ne pas gêner l’équipe gouvernementale en place, qui a fait le choix de ne pas y revenir.

 

Plus grave encore est l’absence d’identification du dévoiement actuel de l’Assurance-Maladie. Son directoire issu des assurances privées se cache derrière le masque d’une sécurité sociale solidaire ; il cumule un management libéral contre-productif  (chasse truquée aux arrêts de travail, falsification des chiffres, harcèlement des médecins généralistes), avec l’escroquerie intellectuelle généralisée et le gouffre financier que constituent ses programmes d’éducation thérapeutique aussi inutiles que mal évalués.

Le «payeur aveugle» des années 80-90 s’est transformé en donneur d’ordre incompétent ( mise à mort de l’option référent, CAPI, rémunération à la Performance sur des items médicalement douteux). A cela, qui détruit chaque jour un peu plus le tissu sanitaire du pays, les signataires ne s’attaquent pas, ni le gouvernement, apparemment, d’ailleurs. Pour paraphraser la conclusion de cette contribution à l’eau tiède, «nous pensons que ce combat là SERAIT profondément socialiste».

 

 

Christian Lehmann est médecin généraliste et écrivain, initiateur en 2007 de la lutte contre les franchises sur les soins.

 

* http://remettredelagauchedanslasante.tumblr.com/

 

08/09/2011

Manuel Valls, faut-il vous l'envelopper?

Parfois tu te dis: "Est-ce bien raisonnable?"

Tu réalises que si la vie n'est pas un long fleuve tranquille, elle s'écoule quand même, et que tu ne vas pas remonter le courant.

Que chaque jour, tu te rapproches de la fin.

Et là tu te dis: "Ecrire un post sur Manuel Valls, est-ce bien raisonnable?"

Est-il raisonnable de perdre quelques minutes précieuses d'une vie destinée à finir, pour parler du petit homme pressé dont chaque prise de position sécuritaire, chaque dérapage soigneusement calculé sur le pourcentage de "blancos" dans la riante cité qui l'a élu maire, chaque antienne libérale, montre à quel point il est sarko-compatible?

Est-il raisonnable de perdre quelques minutes précieuses sur le moins "socialiste" des candidats "socialistes", qui va se ramasser une gamelle que même Ségolène "Je suis la reine des fées" Royal va pouvoir en rigoler.

Normalement, non. Mais voilà, tu lis la presse d'un derrière distrait et tu te rends compte que personne ne fait son boulot.

"The Economist vote Valls" . Atlantico.com

"Manuel Valls, chouchou de The Economist". Europe 1

"The Economist vote Manuel Valls" Le Figaro

"The Economist choisit Manuel Valls à la primaire socialiste"  L'Express

"Le très influent Economist vote Manuel Valls"  Le Post

Je ne te fais pas la liste, tu ajoutes Challenges, Le Parisien, Le Point, Slate, etc, etc, ad nauseam.

Chacun t'explique en trois lignes que THE ECONOMIST, magazine anglais libéral, bande assez fortement pour ce quadra propre sur lui, fort différent des "dinosaures" de l'ère Mitterrand, le seul à porter un vrai discours de vérité vraie libérale véritable envers les Français en leur enjoignant de bien serrer leur ceinture parce que, voilà, il y a urgence, qu'il va falloir faire un effort budgétaire au moins aussi important qu'à la Libération ( où dans un pays exsangue on a créé la Sécurité Sociale, les retraites, etc...) pour sortir de nos vieilles chimères ( la Sécurité Sociale, la retraite à 60 ans, etc...)

THE ECONOMIST choisit Manuel Valls... donc.

C'est une info, ça, ou un private joke?

Parce que pour illustrer leurs articles, au lieu de nous choisir une énième photo du constipé sécuritaire, ils auraient mieux fait de piocher dans les archives de "THE ECONOMIST":

Celles de 2007, avant la précédente présidentielle...

thatcher-france.jpg

 

sarko.jpg

 

Alors, franchement, les gars, si vous faites un minimum semblant d'être de gauche, Manuel Valls, faut-il vous l'envelopper?

 

 

27/01/2010

Le PS ne mérite pas ses militants

Cette lettre adressée à Martine Aubry par un ami me confirme ce que je pense depuis longtemps, à savoir que le Parti Socialiste ne mérite pas ses militants.



martine-prend-sa-carte-au-ps.1193931743.jpg

 

"                                                                                          Madame Martine AUBRY

Première Secrétaire  du Parti Socialiste

10, Rue de Solférino

75007 PARIS CEDEX 07

Chère camarade,

Alors que le Parti Socialiste est incapable d’afficher une position claire sur aucun des grands problèmes de société (santé, éducation, sécurité, environnement etc…) ou de politique extérieure (Europe, compétition mondiale, participation aux guerres de l’OTAN, conflit israélo-palestinien etc…) je suis stupéfait de l’ouverture qu’il affiche, par ta voix, celles de François Hollande, de Manuel Valls, de Vincent Peillon, à l’allongement de l’âge légal de départ à la retraite auquel nous prépare le gouvernement à grand renfort de communication.

J’attends de mon parti, dont je suis militant et qui m’a déjà fait avaler trop de couleuvres, une position combative sur ce sujet au lieu de se montrer disposé à la collaboration et, disons-le, de se coucher.

La retraite à 60 ans est une conquête fondamentale et hautement symbolique du PS au pouvoir ancienne manière. Cela fait partie d’un bilan historique dont le PS devrait être fier et qu’il devrait revendiquer au lieu de se culpabiliser, de reconnaître et de laisser croire implicitement, comme il l’a fait si maladroitement pour les nationalisations et les 35 heures, qu’il s’est trompé.

Au lieu de courir au-devant du patronat mieux vaudrait réfléchir à la mise en place (enfin !) d’une fiscalité et d’un système de prélèvement des cotisations sociales, plus justes, mieux répartis et plus efficaces. Ce serait un vrai projet courageux.

C’est ce que je demande à mon parti et non pas une énième analyse aux canons de l’idéologie libérale et d’un parfait conformisme à la bien pensance.

Quant aux élections régionales gagnées d’avance, je t’engage, connaissant bien le PS, à éviter tout triomphalisme même si cette hypothèse se réalise. Les élections régionales ça conforte ou ça fait de parfaits petits notables (souvent cumulards d’ailleurs). Tant mieux pour eux ! Cela ne nous autorise pas à dire que nous sommes les meilleurs et donc à penser qu’on peut continuer comme cela… sans jamais rien changer. Surtout cela ne nous donne ni une idéologie, ni une politique ni même une ambition.

J’aimerais voir mon parti acteur et non pas simplement spectateur des luttes sociales… comme par exemple aujourd’hui 21 janvier contre les réductions massives d’effectifs dans la fonction publique. Une poignée de manifestants, bientôt plus un seul tellement l’espoir est mort ! Mais la souffrance, elle, existe bien ! Il y a bien longtemps que je ne vois plus le PS dans la rue en soutien à ceux qui tentent de se défendre. On ne peut pas se contenter de déclarations convenues devant la TV lors des questions au gouvernement, les mardis et mercredis après-midi, ou d’articles dans une feuille confidentielle à usage des militants. 

Ce n’est pas à la hauteur du 1er parti d’opposition (hélas par défaut dans les conditions actuelles, il faut bien le reconnaître) ni des talents éminents (selon la formule prétentieuse consacrée) qu’il est censé comprendre dans ses rangs et qui prétendent représenter une pensée différente (ah oui ! laquelle ?)… des volontés, une alternative…  c’est à prouver.

Alors, pour en revenir aux retraites, soyez dignes du passé (revendiquez le bilan comme seul le fait Jospin bien qu’avant tout -et comme d’habitude- dans un plaidoyer pro domo mais qui donne une certaine crédibilité au PS) et soyez à la hauteur du présent en étant courageux et en imaginant une politique globale conforme à nos principes et à nos valeurs, pas celles de l’OMC et du FMI.

Je te prie d’agréer, Chère Camarade, mes salutations attristées.

 

PS : Vu encore à la TV, chez Giesbert, le petit marquis omniscient Alain MINC qui n’a pas manqué de souligner à nouveau, sourire en coin, que vous êtes amis. Dans un débat sur la burqa entre lui et Tarik Ramadan, en arriver à toi, c’est un peu compliqué. Bon admettons les petites provocations de journaliste ! Mais le message subliminal devant les millions de télespectateurs d’une proximité entre toi et ce type, permets-moi de te dire que cela fait du mal. Ce n’est pas la première fois. J’aimerais te voir un jour, lors d’un débat ou d’une prise publique de parole, te démarquer catégoriquement de ce genre de penseurs."

A l'heure où j'écris ces lignes, Martine Aubry a courageusement changé d'avis. Pas question de revenir sur l'âge de la retraite. Pas maintenant. Pas à deux mois des régionales. Il sera toujours temps de se coucher plus tard.

 
Toute l'info avec 20minutes.fr, l'actualité en temps réel Toute l'info avec 20minutes.fr : l'actualité en temps réel | tout le sport : analyses, résultats et matchs en direct
high-tech | arts & stars : toute l'actu people | l'actu en images | La une des lecteurs : votre blog fait l'actu