08.09.2011
Manuel Valls, faut-il vous l'envelopper?
Parfois tu te dis: "Est-ce bien raisonnable?"
Tu réalises que si la vie n'est pas un long fleuve tranquille, elle s'écoule quand même, et que tu ne vas pas remonter le courant.
Que chaque jour, tu te rapproches de la fin.
Et là tu te dis: "Ecrire un post sur Manuel Valls, est-ce bien raisonnable?"
Est-il raisonnable de perdre quelques minutes précieuses d'une vie destinée à finir, pour parler du petit homme pressé dont chaque prise de position sécuritaire, chaque dérapage soigneusement calculé sur le pourcentage de "blancos" dans la riante cité qui l'a élu maire, chaque antienne libérale, montre à quel point il est sarko-compatible?
Est-il raisonnable de perdre quelques minutes précieuses sur le moins "socialiste" des candidats "socialistes", qui va se ramasser une gamelle que même Ségolène "Je suis la reine des fées" Royal va pouvoir en rigoler.
Normalement, non. Mais voilà, tu lis la presse d'un derrière distrait et tu te rends compte que personne ne fait son boulot.
"The Economist vote Valls" . Atlantico.com
"Manuel Valls, chouchou de The Economist". Europe 1
"The Economist vote Manuel Valls" Le Figaro
"The Economist choisit Manuel Valls à la primaire socialiste" L'Express
"Le très influent Economist vote Manuel Valls" Le Post
Je ne te fais pas la liste, tu ajoutes Challenges, Le Parisien, Le Point, Slate, etc, etc, ad nauseam.
Chacun t'explique en trois lignes que THE ECONOMIST, magazine anglais libéral, bande assez fortement pour ce quadra propre sur lui, fort différent des "dinosaures" de l'ère Mitterrand, le seul à porter un vrai discours de vérité vraie libérale véritable envers les Français en leur enjoignant de bien serrer leur ceinture parce que, voilà, il y a urgence, qu'il va falloir faire un effort budgétaire au moins aussi important qu'à la Libération ( où dans un pays exsangue on a créé la Sécurité Sociale, les retraites, etc...) pour sortir de nos vieilles chimères ( la Sécurité Sociale, la retraite à 60 ans, etc...)
THE ECONOMIST choisit Manuel Valls... donc.
C'est une info, ça, ou un private joke?
Parce que pour illustrer leurs articles, au lieu de nous choisir une énième photo du constipé sécuritaire, ils auraient mieux fait de piocher dans les archives de "THE ECONOMIST":
Celles de 2007, avant la précédente présidentielle...


Alors, franchement, les gars, si vous faites un minimum semblant d'être de gauche, Manuel Valls, faut-il vous l'envelopper?
27.01.2010
Le PS ne mérite pas ses militants

" Madame Martine AUBRY
Première Secrétaire du Parti Socialiste
10, Rue de Solférino
75007 PARIS CEDEX 07
Chère camarade,
Alors que le Parti Socialiste est incapable d’afficher une position claire sur aucun des grands problèmes de société (santé, éducation, sécurité, environnement etc…) ou de politique extérieure (Europe, compétition mondiale, participation aux guerres de l’OTAN, conflit israélo-palestinien etc…) je suis stupéfait de l’ouverture qu’il affiche, par ta voix, celles de François Hollande, de Manuel Valls, de Vincent Peillon, à l’allongement de l’âge légal de départ à la retraite auquel nous prépare le gouvernement à grand renfort de communication.
J’attends de mon parti, dont je suis militant et qui m’a déjà fait avaler trop de couleuvres, une position combative sur ce sujet au lieu de se montrer disposé à la collaboration et, disons-le, de se coucher.
La retraite à 60 ans est une conquête fondamentale et hautement symbolique du PS au pouvoir ancienne manière. Cela fait partie d’un bilan historique dont le PS devrait être fier et qu’il devrait revendiquer au lieu de se culpabiliser, de reconnaître et de laisser croire implicitement, comme il l’a fait si maladroitement pour les nationalisations et les 35 heures, qu’il s’est trompé.
Au lieu de courir au-devant du patronat mieux vaudrait réfléchir à la mise en place (enfin !) d’une fiscalité et d’un système de prélèvement des cotisations sociales, plus justes, mieux répartis et plus efficaces. Ce serait un vrai projet courageux.
C’est ce que je demande à mon parti et non pas une énième analyse aux canons de l’idéologie libérale et d’un parfait conformisme à la bien pensance.
Quant aux élections régionales gagnées d’avance, je t’engage, connaissant bien le PS, à éviter tout triomphalisme même si cette hypothèse se réalise. Les élections régionales ça conforte ou ça fait de parfaits petits notables (souvent cumulards d’ailleurs). Tant mieux pour eux ! Cela ne nous autorise pas à dire que nous sommes les meilleurs et donc à penser qu’on peut continuer comme cela… sans jamais rien changer. Surtout cela ne nous donne ni une idéologie, ni une politique ni même une ambition.
J’aimerais voir mon parti acteur et non pas simplement spectateur des luttes sociales… comme par exemple aujourd’hui 21 janvier contre les réductions massives d’effectifs dans la fonction publique. Une poignée de manifestants, bientôt plus un seul tellement l’espoir est mort ! Mais la souffrance, elle, existe bien ! Il y a bien longtemps que je ne vois plus le PS dans la rue en soutien à ceux qui tentent de se défendre. On ne peut pas se contenter de déclarations convenues devant la TV lors des questions au gouvernement, les mardis et mercredis après-midi, ou d’articles dans une feuille confidentielle à usage des militants.
Ce n’est pas à la hauteur du 1er parti d’opposition (hélas par défaut dans les conditions actuelles, il faut bien le reconnaître) ni des talents éminents (selon la formule prétentieuse consacrée) qu’il est censé comprendre dans ses rangs et qui prétendent représenter une pensée différente (ah oui ! laquelle ?)… des volontés, une alternative… c’est à prouver.
Alors, pour en revenir aux retraites, soyez dignes du passé (revendiquez le bilan comme seul le fait Jospin bien qu’avant tout -et comme d’habitude- dans un plaidoyer pro domo mais qui donne une certaine crédibilité au PS) et soyez à la hauteur du présent en étant courageux et en imaginant une politique globale conforme à nos principes et à nos valeurs, pas celles de l’OMC et du FMI.
Je te prie d’agréer, Chère Camarade, mes salutations attristées.
PS : Vu encore à la TV, chez Giesbert, le petit marquis omniscient Alain MINC qui n’a pas manqué de souligner à nouveau, sourire en coin, que vous êtes amis. Dans un débat sur la burqa entre lui et Tarik Ramadan, en arriver à toi, c’est un peu compliqué. Bon admettons les petites provocations de journaliste ! Mais le message subliminal devant les millions de télespectateurs d’une proximité entre toi et ce type, permets-moi de te dire que cela fait du mal. Ce n’est pas la première fois. J’aimerais te voir un jour, lors d’un débat ou d’une prise publique de parole, te démarquer catégoriquement de ce genre de penseurs."
A l'heure où j'écris ces lignes, Martine Aubry a courageusement changé d'avis. Pas question de revenir sur l'âge de la retraite. Pas maintenant. Pas à deux mois des régionales. Il sera toujours temps de se coucher plus tard.
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