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21/04/2019

La connivence de plateau ( J'étais une Grande Gueule )

 

En dix ans, radios et télévisions ont élargi le champ de ce spectacle aussi insolite qu’insensé: remplir le vide avec du néant.

 

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En 2005, et pendant trois ans, je me suis retrouvé parmi les Grandes Gueules de RMC. Entouré d’hommes et de femmes que je n’aurais jamais côtoyé dans ma vie quotidienne, et que les animateurs de la chaîne avaient rassemblé pour commenter l’actualité, ou l’idée qu’une radio populiste se fait de l’actualité. Lobbyistes vinicoles, spécialistes autoproclamés de la Sécurité biberonnés au sarkozysme, syndicalistes à trois bandes, se relayaient au micro, trois par trois, avec pour seule mission d’avoir un avis sur tout, et surtout un avis.

 

Chaque matin, les sujets du jour étaient arrêtés, après une rapide lecture de la presse, essentiellement Le Parisien. Lors d’un briefing de départ, les règles du jeu nous avaient été expliquées: on n’était pas dans un salon, mais au comptoir du bar des amis. Il n’était pas nécessaire de laisser un chroniqueur terminer une prise de parole, une démonstration. Il était recommandé de lui couper la parole, à l’unique condition de faire un bon mot ou de le ridiculiser. Une vacherie bien sentie aurait toujours plus de poids qu’un appel à la raison. Chacun se pliait à ce jeu du cirque pour des raisons différentes: certains y voyaient le moyen de maintenir une visibilité en berne, d’autres se rêvaient des carrières politiques, d’autres enfin jouissaient de cette présence médiatique.

Après avoir refusé une première sollicitation, j’avais accepté la seconde lors de la mise en place de la réforme du médecin traitant, ce coup de passe-passe piloté par deux anciens assureurs d’AXA, Frédéric Von Roekeghem ( placé à la direction de la Caisse Nationale d’Assurance-Maladie par Jacques Chirac), et Xavier Bertrand ( qui tirait les ficelles derrière un Philippe Douste-Blazy flanqué en tête de gondole pour donner l’impression que cette déconstruction méthodique de la Sécu, débutant par la mise à mort de la médecine générale, résultait d’une réflexion en Santé). Face au rouleau-compresseur que constituaient les équipes de communication du Ministère et de la Sécu new-look, le tout relayé par les économistes du think-tank « indépendant » de l’Institut Montaigne ( financé par le patron d’AXA, Claude Bébéar), j’avais accepté afin de pouvoir, de temps en temps, porter le fer sur des sujets touchant à la médecine et à la protection sociale.

Rapidement, je me suis retrouvé catalogué comme gauchiste de service, étant le seul des quinze chroniqueurs réguliers à voter NON au référendum, dont le résultat laissa tout ce beau monde interloqué. Soyons clair: mes camarades m’aimaient bien, même si nombre d’entre eux se désolaient de mon positionnement. « Mais enfin, un type intelligent comme toi, comment fais-tu pour être de gauche? », et autres amabilités du même genre, dont un jour cette saillie de Sophie de Menthon « Oh tu nous fatigues à la fin. Tes pauvres, on te les laisse. » Je suis resté accroché à mon siège, trop longtemps, plus de trois ans, avant de prendre la décision de partir, peu après avoir croisé dans l’ascenseur de la station l’un des dirigeants, qui me tint ce discours surréaliste:
« Ah Christian je vous ai entendu. Vous avez été bon, très bon… Très percutant, surtout dans le deuxième heure… ( sourire….. silence……) Ceci dit, je me demandais…. Comment dire…. J’aime beaucoup votre personnage, qui est très bien identifié: le médecin de gauche, valeureux, humaniste…. c’est très très bien, un bon segment. Mais je me demandais… avez-vous pensé, de temps en temps, à prendre une position contradictoire, qu’on n’attendrait à priori pas de vous? Cela permettrait d’étoffer votre personnage, de rajouter une dimension, d’éviter de vous retrouver cantonné dans un rôle trop stéréotypé »
Tout ceci fut débité d’une voix onctueuse, ponctuée de sourires complices, et je pense que du fond du gouffre j’ai moi-même souri, balbutié quelque platitude du genre: « Je vais y penser… »
De retour dans ma voiture, dans le parking, je suis resté immobile quelques minutes. Je me suis souvenu d’un incident mineur, survenu quelques semaines auparavant. Un des chroniqueurs, bien estampillé à droite, avait tenu des propos plus que limite sur les bénéficiaires de minima sociaux, ou les mères célibataires, enfin, l’une des différentes catégories sur lesquelles ces gens adorent s’essuyer les pieds. Et au moment de la coupure publicitaire, il s’était tourné vers moi, m’avait saisi le poignet et murmuré avec un sourire complice: « Ne m’en veux pas, Christian, je n’en pense pas un mot mais c’est pour animer la conversation »
Quelques semaines plus tard, de retour de la station, je me suis arrêté sur le bas-côté de la route et j’ai craqué. J’ai appelé les petites mains qui géraient l’émission et fait part de ma décision de ne plus revenir. Il y a eu cet après-midi là une conférence téléphonique un peu tendue, où j’ai expliqué que continuer ne m’était plus possible, et où je me suis vu reprocher d’avoir perdu la fraîcheur de mes débuts, de m’être enfermé dans un antisarkozysme primaire qui avait nui à mon personnage. Du jour au lendemain, j’ai disparu de la grille, et mes camarades de plateau, y compris ceux qui pendant trois ans avaient déjeuné avec moi, m’avaient fait part de leurs hésitations sur la ligne politique à suivre pour obtenir un poste ( avant l’élection présidentielle de 2007), m’avaient conseillé sur les placements boursiers indispensables qu’il me fallait absolument souscrire ( avant le crash boursier de 2008), ont perdu mon 06. Ce qui a plutôt été un soulagement, je l’avoue. Car au-delà du caractère populiste de l’émission, l’une des choses qui m’a le plus marqué alors, et dont je garde aujourd’hui un souvenir trouble, c’est ce que j’appelerais « la connivence de plateau ».

En dix ans, radios et télévisions ont élargi le champ de ce spectacle aussi insolite qu’insensé: remplir le vide avec du néant. Les chaînes d’info en continu déversent en permanence les commentaires avisés de spécialistes autoproclamés de tout et n’importe quoi. Les rares invités bénéficiant d’une compétence reconnue dans tel ou tel domaine se retrouvent mis à mal par des mollusques de plateau accrochés à leur siège, déroulant avec une louable agilité verbale le spectre de leur connerie. Sur le déremboursement de l’homéopathie, par exemple, on aura droit aux platitudes insanes d’un avocat médiatique, ou aux gloussements d’une ex-Ministre qui expliquera soigner son teckel à coups de granules. Sur la procréation médicalement assistée, le communautarisme, les prénoms à consonance pas bien catholique «  parce qu’à prononcer vos noms sont difficiles », le ban et l’arrière-ban de la droite réactionnaire feront le buzz, enchaîneront platitudes et propos de café du commerce, sous le regard sentencieux ou amusé d’un animateur qui compte les points. Il n’est pas question de réfléchir, d’éclairer, mais de marteler avec le plus de conviction possible des propos de télévangéliste aviné.

Et il ne me surprend pas, dans ce marasme, de voir ces têtes de gondole interchangeables s’épauler les uns les autres. Que serait Eric Zemmour, ce matamore masculiniste au sex-appeal digne d’un accident de poussette sur un passage à niveau, sans Ruquier et Naulleau? Sans Ruquier qui, une fois les dommages faits et le révisionniste installé dans les média, se fendit d’une molle contrition et aimerait aujourd’hui « qu’on ne l’emmerde plus avec ça »? Sans Naulleau, brillant critique littéraire autrefois, abonné à un duo avec Zemmour qui légitime celui-ci et drape la connivence de plateau du manteau d’une supposée contradiction: cinq minutes pour les raflés, cinq minutes pour Pétain en bouclier protecteur des Juifs.


Dans cette grande tambouille du n’importe quoi où il importe surtout de passer à l’antenne et d’enchaîner les polémiques stériles, les invités récurrents redoublent de prévention les uns pour les autres. Habitués à se retrouver aux mêmes places sur les mêmes plateaux, Jean-Luc Mélenchon défendait Eric Zemmour, « brillant intellectuel ». Philippe Bilger fait de même: « On peut dénier beaucoup de choses à Eric Zemmour mais pas l’intelligence ni le courage de ses convictions. Et il a eu du mérite dans l’émission de l’excellent Thierry Ardisson face à un aréopage inégal » Ne parlons pas du naufrage intellectuel d’une Rachel Garrido rémunérée par Bolloré pour faire le buzz sur le plateau du dit Ardisson, toujours ravi quand une polémique abjecte explose comme un furoncle dans son émission…Se croisant dans les mêmes loges de maquillage, des invités qu’on nous vend comme opposés par les idées ou le parcours en viennent à se congratuler de leurs prestations, quel qu’en soit le contenu, en fonction de l’audimat ou du buzz.

Je me souviens être passé sur le plateau d’Yves Calvi à C dans l’air en 2011 pour y affronter enfin, après des années de dérobade, mon meilleur ennemi, Frederic Van Roekeghem. J’avais en poche des documents internes de la Caisse d’Assurance Maladie qui démontraient comment les chiffres des arrêts de travail « injustifiés » étaient truqués à des fins politiques depuis des années. Durant quarante cinq longues minutes, dans la loge de la maquilleuse puis dans une petite pièce attenante où on nous proposait un café, j’ai eu soin de ne jamais lui adresser la parole ou un regard. J’affrontais un ennemi sur le plan politique et social, je n’étais pas dans un salon. Au moment de passer en plateau, une assistante nous a amené derrière le rideau, nous a indiqué nos positions à la grande table en verre. Littéralement collés l’un contre l’autre dans ce petit réduit, j’ai adressé un « Bonjour » à peine audible à mon adversaire. Le directeur de la CNAM, ancien directeur d’audit chez AXA, proconsul en tête du démembrement du concept même de Sécu solidaire, a poussé un soupir fébrile « Ah… quand même… » Et au lieu d’une séance d’autocongratulation, nous avons eu un débat sur le fond.

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Talentueux essayiste politique, George Orwell expliquait refuser de rencontrer les personnes avec lesquelles il avait un différent sévère, afin de ne pas retenir ensuite sa plume dans ses tribunes. Il serait temps de se souvenir de son exemple, et de refuser l’indigence de ces matchs de catch truqués, le dispositif spectaculaire permanent de la connivence de plateau.

Christian Lehmann

 

 

Ce texte est paru le 12 Octobre 2018 sur A.O.C. media, de Sylvain Bourmeau. www.aoc.media puis republié le 26 Décembre 2018. J'ai rétabli mon titre original "La connivence de plateau". ( Il est possible de lire des articles gratuitement en renseignant simplement son adresse mail, ou de s'abonner à AOC Media)

05/05/2014

Quel incroyable talent, ce Jean-Luc

Jean-Luc raconte très bien la blague du blaireau qui voyage en seconde classe


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01/10/2011

Martine Aubry sur la santé? Plus "primaire" que socialiste...

2012 approche, et la dernière chance d'éviter à nos enfants et au pays cinq années de plus d'un régime où l'abject l'a disputé au ridicule. 

Tout dépend donc, dans le rapport de forces actuel, du candidat "socialiste" qui émergera des primaires.

2012 approche, et la dernière chance d'éviter à nos enfants et au pays cinq années de plus d'un régime où l'abject l'a disputé au ridicule.

A cette heure, il n'est pas certain que l'actuel titulaire du poste ( le millionnaire coaché par Guaino et Guéant qui saluait la France des clochers en chaussant les bésicles de Jaurès, et commisérait sur la France des travailleurs pauvres en foulant du pied les cendres de Guy Moquet sur le chemin du Fouquet's) soit candidat, quoiqu'on imagine mal le ramassis de prébendaires qui l'ont mis en place avoir le cran, collectivement, de mettre à bas un homme à qui ils ont confié tous les pouvoirs...

Serait-il candidat, il n'est pas certain non plus qu'une Marine Le Pen, à qui lui et son clan ont servi d'idiots utiles, ne le devancerait pas au soir du premier tour.

Tout dépend donc, dans le rapport de forces actuel, du candidat "socialiste" qui émergera des primaires. 

Comme l’écrivent les supporters de Martine Aubry: «Les 9 et 16 octobre prochain se jouent non seulement le choix d'une personnalité mais aussi et surtout une stratégie et un projet politiques. La future majorité présidentielle n'aura ni le même périmètre ni le même contenu selon que telle ou tel sera élu(e) le 16 octobre. »

Ayant vécu une fois déjà le naufrage de la candidate des médias Ségolène Royal, je n'ai pas envie de me retrouver dans la même situation une deuxième fois ( même si avec une bravitude confondante l'impétrante répète benoîtement que François Mitterrand a échoué deux fois avant d'être élu, sous-entendant donc que nous devrions la choisir pour son échec passé, se manger à nouveau cinq ans de Sarkozy, pour enfin vivre dans le royaume joli des enfants polis, et des policières à pantoufle de vair raccompagnées en calèche après leur service...)

Et donc... Martine Aubry ne passera pas par moi.

Je vais faire de la peine, j'en ai conscience, au-delà des habituels hiérarques cumulards à gauche le temps d'une élection,  à des militants pour qui j'ai de l'estime, comme le courageux Gérard Filoche, inspecteur du travail; des militants qui voient en Martine Aubry une vraie socialiste, une vraie femme de gauche.

Je ne m'exprimerai pas ici sur ses prises de position dans des domaines que je ne maîtrise pas: la finance, les banques, l'éducation, mais dans mon seul domaine de prédilection, la santé. Et dans ce domaine, les annonces de Martine Aubry sont irrecevables, comme elles l'ont toujours été. 

Irrecevables pour le médecin généraliste que je suis, et irrecevables, en dehors de ma "corporation", pour ce qu'elles révèlent d'un prêt-à-penser d'un autre âge, totalement déconnecté du réel, continuellement véhiculé par la même classe dérivante "socialiste", trop heureuse de pouvoir taper, -comme le fit le sénateur Mélenchon pendant la grippe H1N1 avec le talent et la vision scientifique qu'on lui imagine "Devant les campagnes de santé publique, on fait d'abord la campagne, on discute après, pas l'inverse..."- sur un ennemi de classe désigné, le médecin de ville.

 

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Car chez ces gens-là, monsieur, si on aime et défend viscéralement ( ce qui est très bien) l'hôpital public ( et ses emplois ), il est de bon ton de fustiger la médiocrité présumée et l'absence de sens civique du médecin de ville, sa qualification de "libéral" conventionné aux ordres de l'Assurance-Maladie (dirigée depuis des années selon les normes du privé par un ancien cadre d'AXA)  lui permettant de cumuler à la fois les brimades, le bench-marking et l'opprobre. 

Au début des années 2000, alors Ministre aux Affaires Sociales, Martine Aubry, la dame des 35 heures, s'était illustrée, quelques années après s'être félicitée de la mise en place du repos compensateur à l'hôpital - permettant à un médecin ayant effectué une garde de 24 heures de ne pas travailler le lendemain-  en menaçant, aux côtés d'un aéropage de pontes du Conseil National de l'Ordre des Médecins, les généralistes qui refuseraient de travailler jour et nuit d'affilée. Ce qui aurait valu les prud'hommes ou la paille humide des cachots à un patron d'entreprise de transport était benoîtement assumé par la Ministre, droite dans ses bottes. Le généraliste étant un sous-homme, pourquoi aspirerait-il à des conditions de travail plus humaines, voire simplement normales?

Dix ans plus tard, Martine Aubry n'a pas changé. 

En visite de campagne dans un hôpital de Grenoble, elle lâche avec l'habileté, la sensibilité et l'exquis sens de la nuance qui la caractérisent quelques perles d'anthologie:

"On ne peut pas accepter que les urgences soient encombrées par des cas qui pourraient être traités par les médecins généralistes si le système de garde était mieux organisé."

" Les médecins ont la chance que les citoyens financent 11 ou 12 ans leurs études. Il y a des zones entières où il n'y a pas de professionnels de santé et le problème de réside pas seulement dans l'incitation financière."

Que du rude bon sens, on croirait entendre Nicolas Sarkozy... ( si ce n'est qu'à la rue, le locataire de l'Elysée fait actuellement moults moulinets de bras en direction de ceux qu'il considère à tort comme son électorat naturel parce qu'il compte de longue date sur les petits arrangements entre amis que concocte son "fidèle" Xavier Bertrand avec des syndicalistes médaillés qui feraient même honte à François Chérèque...)

Le même "bon sens", les mêmes platitudes démagogiques, la même inadéquation totale avec la réalité vécue par les acteurs sur le terrain.

Je passe, parce que je n'ai pas le verbatim exact, sur l'habituel couplet sur l'air de "Quand on fait médecine, ce n'est pas pour gagner de l'argent mais pour aider les gens", degré zéro de la réflexion, qui absoudrait les politiques de leurs erreurs répétées dans la gestion du système de santé en France en postulant un nécessaire et indispensable sacerdoce des professionnels. 

On sent bien dans les annonces de Martine Aubry la tentation de la schlague. Le système de garde "mieux organisé", c'est le fantasme du retour aux gardes de nuit obligatoires... alors que toutes les études montrent que 80% des personnes se présentant aux urgences le font... aux horaires d'ouverture usuels des cabinets médicaux de ville, et que 80% des cas traités aux urgences n'ont pas grand chose à y faire.

Le problème n'est donc pas celui de l'organisation de gardes de nuit d'autant plus impossibles à remettre en place qu'en médecine de ville, outre le veillissement "normal" de la population des généralistes, nous vivons une véritable hémorragie liée aux conditions de travail et au mépris des politiques et des institutions.

Le problème, c'est justement cette disparition accélérée des médecins généralistes, les jeunes refusant de s'installer dans les conditions actuelles ( on est passé en 5 ans de 14% d'installations en ville dans les nouvelles promotions issues de la faculté... à 9% sous la férule de Roselyne Bachelot et Xavier Bertrand, qu'on applaudira bien fort) et les médecins plus âgés dévissant leur plaque avant l'heure de la retraite pour "fuir" vers des emplois salariés, moins contraignants en terme d'horaire et de pression.

La débâcle de la médecine de ville est en grande partie liée aux diverses conventions signées par les syndicats proches de l'UMP avec l'ancien dirigeant d'AXA mis à la tête de la vieille "Sécu" par Jacques Chirac en 2004. De celà, la gauche n'est pas responsable.

Elle est responsable, par contre, du mépris constamment affiché envers les généralistes, la même Martine Aubry s'étant illustrée par un cri du coeur dans les années 2000: "20 euros pour un généraliste, c'est beaucoup trop!" Elle est responsable de cette cécité volontaire, profondément pathologique, qui lui fait défendre l'hôpital, ses patrons -y compris les grands défenseurs du service public en public, adeptes des consultations privées en privé...-, et conchier complaisamment le clampin de base, jamais assez bien formé, jamais assez présent, et jamais installé "là où on a besoin d'eux". S'essuyer les pieds sur les médecins généralistes est un sport national chez les politiques.

Venons-en à cette tarte à la crème de la désertification médicale. La disparition de la médecine rurale est un corollaire du désengagement de l'Etat dans ces territoires. Dans ces conditions, imaginer qu'un professionnel de santé isolé pourra tenir le fort un peu comme le personnage joué par Kevin Costner dans "Danse avec les Loups", c'est se foutre du monde. Les adeptes de la coercition font montre d'une absence de sens politique consternante. En clair, ils ne veulent pas se poser la question du "pourquoi?" mais seulement imposer aux professionnels de santé des installations forcées dans des territoires que ceux-ci fuient parce que l'exercice tel qu'il est actuellement encadré et tarifé y est impossible.

Avec la petite remarque poujadiste sur ces médecins qui devraient déjà être bien contents que la collectivité finance leurs 11 ans d'étude, Martine Aubry se fout du monde.  A t'elle la moindre idée des sacrifices que représentent 11 ans d'études médicales, surtout de nos jours, vu la condition lamentable de nos universités? Amphis bondés lors des premières années d'études, préparations privées payantes devenues indispensables pour avoir une chance de passer le concours, puis des années et des années de troisième cycle pendant lesquelles les jeunes médecins "remboursent" largement l'Etat en travaillant dans les hôpitaux publics et en faisant tourner les services sur une base horaire inférieure au SMIC  pour 11 demi-journées hebdomadaires de temps de travail hors gardes, elles-mêmes rémunérées moins de 8,50 euros brut de l'heure ... 

Soyons clair. Après avoir consacré 11 ou 12 ans à ses études ( payées par la collectivité, comme le sont les traitements des cancéreux à l'hôpital, mais à part Nicolas Sarkozy et sa clique, personne ne pense que ceux-ci doivent donc en être redevables ou responsabilisés...) , un jeune diplômé en médecine, ayant dépassé la trentaine, et majoritairement de sexe féminin, a le droit de ne pas avoir envie de s'installer avec un conjoint qui y trouvera difficilement du travail ( à la différence des énarques ou normaliens que cite Martine Aubry... qui bénéficient eux du statut de fonctionnaire et d'une aide à la mobilité accordée au conjoint qui suit un agent déplacé...) sur un territoire où l'Etat a fermé les hôpitaux locaux, la Poste, les maternités, les crèches et les écoles.

La question de la désertification médicale rurale est donc avant tout une question de courage politique, d'aménagement global des territoires, et ne peut être résolue avec la fausse solution de faire porter le joug aux jeunes générations.

Aujourd'hui seuls 9% des jeunes diplômés s'installent en ville... Martine Aubry veut-elle voir ce pourcentage tangenter le zéro? Les postes salariés libérés chaque année ( y compris, et c'est là le comble de l'ubuesque, les postes non-soignants, les postes de médecin contrôleur, etc...) pourraient aisément absorber l'intégralité des nouvelles promotions. Donner de la schlague, je veux bien, mais sur qui? La fille de Jacques Delors ne sait-elle pas qu'il existe de nombreux pays en Europe qui traitent leurs généralistes avec plus de respect, et les problèmes des soins de premier recours avec moins de démagogie?

Dans la volonté affichée d'imposer un "service civique" de deux ans à des jeunes hommes ou femmes ayant déjà consacré 12 ans à leurs études, se lit aussi clairement pour qui sait ce qu'est la médecine générale la crasse nullité de nos élites dérivantes sur ces sujets. En clair, la médecine générale, c'est la prise en charge de tout individu, quelle que soit sa pathologie, sur le long terme. 

Quand je suis sur un point de garde locale un dimanche pour "rendre service" et "dépanner" les patients de la ville ou du secteur qui se retrouvent un dimanche ou un jour férié avec un enfant hyperfébrile ou une douleur abdominale ou une autre pathologie aigüe, je ne fais pas DE LA MEDECINE GENERALE, mais DES ACTES DE MEDECINE GENERALE.

La différence est essentielle, et ceux qui font le parallèle avec la prise en charge aux urgences et la prise en charge par les généralistes n'y prêtent jamais attention parce que cela les dépasse.

La médecine générale, c'est faire DES ACTES DE MEDECINE GENERALE, PENDANT DES ANNEES, sur une patientèle qui, malgré les déménagements, les malades perdus de vue  temporairement ou définitivement, reste assez stable, ce qui permet de mettre en place une relation individualisée durable aussi confortable que profitable aux deux parties, médecin et patient. Et les patients en milieu rural, en milieu "désertifié" ( car le désert avance même aujourd'hui à la périphérie des grandes villes et à l'intérieur de celles-ci quand les tarifs immobiliers rendent impossible l'installation dans le contexte tarifaire actuel) ont LE DROIT A UN MEDECIN, un médecin qui restera sur place des années parce qu'il aura des conditions de travail décentes, et pas à un "commis d'office" qui subirait sa servitude avant de partir vers des territoires moins difficiles.

Députés et sénateurs de droite et de gauche ont ainsi copieusement étalé leur méconnaissance de ce qu'est la médecine générale et de ce qu'elle apporte à un patient suivi sur le long terme, en tentant ces dernières années d'imposer aux médecins installés dans des zones surdenses - qui n'existent plus depuis longtemps que dans l'esprit des politiques-, de consulter deux jours par semaine hors de leur cabinet pour résorber la pénurie et contenter momentanément l'électeur... Ainsi plus aucun patient, ni en zone de densité "normale" ( c'est à dire faible) ni en zone de désertification, ne pourrait plus "compter" sur son médecin traitant...

 

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On me reprochera certainement de ne m'être intéressé qu'à un "infime" segment des propositions et annonces de la candidate Aubry. J'en conviens. A la différence des experts de plateaux-télé et autres Zemmour, je ne parle que de ce que je connais.

Dans le secteur santé, les prises de position de Martine Aubry sur la médecine de première ligne sont non seulement irrecevables et aptes à aggraver les  problèmes actuels plutôt qu'à les résoudre, mais caractéristiques, selon moi, d'un mode de pensée et de gestion des humains archaïque et condamné à l'échec. L'intransigeance, la démagogie, le populisme et la brutalité font bon ménage, et mauvaise politique.

Comme le disait l'humoriste américain H.L.Mencken: "Pour chaque problème complexe il existe une solution simple, évidente, et fausse"

Martine Aubry? Plus "primaire" que socialiste. Elle ne passera pas par moi.

 

 

Christian Lehmann.  

Médecin généraliste et écrivain, initiateur en 2007 de l'Appel contre la franchise sur les soins.

 

 

 

 

 

 

 

29/03/2010

Deux cons de piafs (8): Les experts

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03/12/2009

"On se voudrait Jaurès… " : Lettre ouverte au sénateur Mélenchon à propos de grippe H1N1 et de vaccin…

"On se voudrait Jaurès… "

Lettre ouverte au sénateur Mélenchon à propos de grippe H1N1 et de vaccin…

 

 

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" Devant les campagnes de santé publique, on fait d’abord la campagne on discute après, pas l’inverse..."

 

 

Monsieur le Sénateur,

 

le mépris poujadiste et l’incompétence sur les questions de santé publique dont tu as fait preuve lors de l’émission de Pierre Weill sur France-Inter le dimanche 29 Novembre atteignent des sommets et me poussent à t’écrire.

 

Parce qu’il m’est arrivé de te lire, parce qu’il m’est arrivé de partager tes colères, parce que tu es l’un des rares « socialistes » que j’ai vu se déplacer lors des manifestations organisées par les associations de professionnels de santé et de citoyens qui tentaient sans grand relai parmi la caste politique de stopper la destruction du système de santé solidaire largement entamée sous Chirac et accélérée sous Sarkozy, ta prestation m’a été révélatrice. De ce que tu es. De ce que l’on peut attendre de toi.

 

C’était dimanche 29 Novembre, donc, sur le plateau de l’émission de Pierre Weill, « C’est demain la veille » sur France-Inter. Comme l’annonce le site de la radio, « Chaque dimanche, entouré de plusieurs personnalités ( éditorialistes, politiques, économistes…) Pierre Weill anime, en direct, le débat autour des perspectives de l’actualité de la semaine à venir. »

 

On t’a invité, tu es venu. Dans la position du contorsionniste qui critique le système médiatique et y participe pourtant…

 

Je connais cette position, je l’ai longtemps pratiquée. De 2005 à 2008 je me suis livré à cet exercice d’équilibriste, sur une autre radio, où je me suis donc retrouvé, lors de la campagne au sujet du Traité Européen, être le seul partisan du « NON » à l’antenne sur un aréopage de près de quinze « personnalités ».

 

Où je me suis ensuite retrouvé l’un des seuls à tenter d’alerter sur la destruction du système de santé solidaire que je voyais se profiler à l’horizon de la France d’Après…

 

Je sais le danger de cet univers, le risque de la connivence.

 

On se voudrait imprécateur, on se retrouve supplétif du système.

 

On se voudrait Jaurès, on finit Philippe Val.

 

Dimanche 29 Novembre donc, et tu es là, entouré de Jean-Marie Colombani, le digne héritier d’Hubert Beuve-Méry, et de Luc Ferry, philosophe sarko-compatible pour paquebot *

 

 

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Tu es là, entouré de deux éminents éditocrates, dans la posture du critique des médias à qui on ne la fait pas.

 

Et quand Pierre Weill te donne la parole pour te questionner sur la grippe H1N1 ( car le propre de l’éditocrate qui se respecte est d’avoir un avis sur tout, et surtout un avis), tu n’y vas pas avec le dos de la cuiller, fustigeant les média, demandant à Pierre Weill de faire un mea-culpa pour toutes ces émissions qui ont dénigré le plan de vaccination gouvernemental, alors qu’aujourd’hui, Mâme Michu, que l’épidémie est là, et que les Français se ruent dans les gymnases, il serait bon pour les média de battre leur coulpe d’ex-Saint-Thomas.

 

Pierre Weill a beau te répondre, sur la radio dont la direction de l’antenne a été confiée à Jean-luc Hees et Philippe Val, que, ma foi, dans tout ça les média n’ont fait que leur boulot, tu as cette phrase sublime, que Bouvard et Pinochet n’auraient pas reniée :

 

« Devant les campagnes de santé publique, on fait d’abord la campagne on discute après, pas l’inverse. Ca c’est le premier élément à charge de tous ceux qui ont semé du scepticisme sur cette affaire… »

 

Weill essaie alors de faire valoir que les Français eux-même ont fait, et font toujours, preuve de scepticisme, et tu rétorques, avec la superbe d’un Oui-Ouiste fustigeant la plèbe :

 

« Les Français n’étaient pas sceptiques… Les sondages on s’en fout…. » pour finir en grand démocrate sur «  Si on avait fait un sondage pour savoir si les gens pensent que la terre était plate ou ronde, il est vraisemblable que les gens auraient déclaré qu’elle était plate, à l’époque… »

 

 

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Ce genre d’argument sur la connerie supposée des « gens », du « peuple », ne te rappelle t’il pas les plus belles heures du débat sur la Constitution en 2005 ? Pour un peu, tu nous aurais réécrit l’édito de Serge July au lendemain du Non au traité Européen… Car de même que le partisan du Non était à l’envi caricaturé en xénophobe borné guidé par ses plus bas instincts, tu n’as cessé au cours de cette émission de dénoncer comme rétrogrades, inconscients et pour tout dire simplement criminels ceux qui avaient à un moment ou à un autre émis des doutes sur la cohérence des décisions politiques et industrielles du ministre de la Santé et de ses principaux experts. Qu’importe que cette controverse soit basée sur des analyses différentes des données scientifiques qui s’accumulent au fil des articles dans la presse médicale internationale, amenant à relativiser le danger posé par le virus par rapport aux craintes initiales. Qu’importe si ceux qui rechignent à la fabrique du consentement vaccinal par la terreur orchestrée se retrouvent parmi des professionnels de santé informés, souvent les premiers à analyser et dénoncer les petits arrangements avec la vérité des multinationales pharmaceutiques. Avec un gros bon sens poujadiste, tu n’as cessé de déverser ton mépris, de menacer de la schlague ceux qui agissent tout d’abord en professionnels conscients et responsables plutôt qu’en exécutants zélés.

 

 

Après ta tirade sur le peuple irresponsable, tu n’as pas fini. Grisé par ton audace ( attaquer Pierre Weill sans bousculer les deux éditocrates importants que demain tu retrouveras dans les salons et qui te rendront la pareille), tu te lances enfin dans le vif du sujet, à savoir la possibilité pour les généralistes de vacciner de manière ciblée leurs patients à risque :

 

« Sinon, pour l’affaire des médecins, évidemment c’est Chérèque qui a raison, c’est une affaire de pognon tout à l’heure on le disait hors-antenne bon alors ça ça posera d’autres problèmes…. Et bien parce que si vous allez dans le centre vous faire vacciner c’est gratuit si vous allez chez votre médecin vous devrez le payer à l’acte avec tous les débordements habituels auxquels ces gens se livrent sur le dos de la Sécurité Sociale et de la santé publique… »

 

Quelle chance pour le gouvernement. Pour le prix d’un idiot utile, Sarkozy vient de s’en payer deux… car ce que Sarkozy, l’homme de la franchise sur les soins et de la mise à bas du programme social de la Résistance, pense tout bas, Chérèque** ( quelle aubaine !) le dit tout haut…

S’essuyer les pieds sur les généralistes est un sport national chez les élites politiques du pays. C’est aussi, en hâtant leur disparition programmée par le capitalisme financier, précipiter le système de santé vers son américanisation. Mais que t’importe, tu auras eu ton quart d’heure de gloire médiatique…

 

Je ne m’attarderai pas sur ta méconnaissance crasse de ce qu’est une vaccination, sur le fait que la grande erreur du gouvernement est d’avoir cru qu’il s’agissait simplement d’une « piqûre » quand il s’agit avant tout d’une réflexion commune, d’une prise de décision, en fonction de l’histoire clinique du patient, de ses facteurs de risque, du rapport bénéfice-risque du vaccin considéré, et que cet acte dépend donc souvent du rapport de confiance mutuel établi de longue date entre un patient et son médecin… Je soulignerai simplement, puisque tu n’es pas un scientifique mais un homme politique prétendant à l’arbitrage de la cité, ton ignorance économique. Qui, à part Roselyne Bachelot et toi, croit vraiment que « si vous allez dans le centre vous faire vacciner c’est gratuit » quand le coût de l’opération dépasse le milliard d’euros, sans compter le coût qui restera à charge des communes, et que l’Etat, bien entendu, ne prendra pas en compte…

 

 

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Dans toute cette diatribe, ce qui t’anime, c’est cette erreur d’analyse aberrante qui t’amène à applaudir au délirant plan vaccinal du gouvernement parce qu’il t’apparaît à tort comme une résurgence du « collectif » par rapport au « chacun pour soi » du libéralisme. Là où nombre de Français, citoyens et professionnels de santé, découvrent consternés le bordel en gymnase inventé par la ministre et ses conseillers, tu crois voir enfin naître une nouvelle génération de dispensaires ouverts au peuple dans des conditions de prise en charge optimale et solidaire. Or un gymnase n’est pas un cabinet médical. Si tu ne le sais pas, les Français s’en rendent compte…

 

Après ta charge contre ces généralistes qui ne pensent qu’au pognon, charge qui dédouane efficacement le gouvernement et la ministre de leurs choix politiques et industriels plus que discutables***, tu recevras les félicitations de tes collègues éditocrates.

Luc Ferry glosera comme à son accoutumée sur la « paranoïa sur Internet », « Rika Zaraï contre le patron de l’Institut Pasteur » comme si ceux qui mettent en doute le plan vaccinal étaient tous des charlatans sectaires. Antienne habituelle du bon sens des élites face au marécage d’Internet, ça ne te rappelle rien ???

 

Suit un moment d’anthologie sur la rémunération des médecins, où Ferry explique que ceux-ci devraient « enfin » accepter d’être payés en partie au forfait sur des missions de service public. L’ancien ministre de Jean-Pierre Raffarin ne sait évidemment pas que c’est sous la férule de ce dernier, en 2004, que son comparse Philippe Douste-Blazy, pour assurer à l’UMP les voix des syndicats médicaux les plus réactionnaires, mit à bas le système du médecin référent qui instituait justement en médecine générale ce paiement au forfait… Et ce n’est pas toi qui va le lui rappeler car, soyons clair, du mode de rémunération des généralistes, tu n’as rien à foutre, à partir du moment où tu peux entre compères du même monde fustiger un « ennemi de classe » qui, rage suprême, garde l’estime d’une grande partie de la population…

 

Après avoir célébré ton « triomphe », Colombani modèrera tes propos sur le goût de lucre des généralistes ( pendant qu’en arrière-plan on t’entendra t’esclaffer bruyamment) puis reprendra la posture du penseur multicartes fustigeant l’obscurantisme du net, se lamentant qu’ « On ne croit plus à la parole des experts » et, plus tard, que « Le doute scientifique était entretenu par une partie du corps médical lui-même… »

Pendant un instant, écoutant ceci, je me suis dit que l’un de vous réagirait peut-être à cette révélation surprenante, car c’est bien au sein-même de la communauté scientifique et médicale que la controverse était née, et perdurait ( ce qui est, du point de vue du citoyen, extrêmement sain en démocratie).


Que nenni ! On te redonna la parole, et tu pus alors enfoncer le clou, et donner la mesure de ton incompétence et de ta dangerosité.

 

Car faisant fi d’argumentations scientifiques que tu avais probablement parcouru d’un derrière distrait et auxquelles tu n’entravais que pouic : (vaccination de masse contre vaccination ciblée, vaccin avec ou sans adjuvant, technique de vaccination proposée pour les vaccins multidoses et risques d’erreur ou de contamination, irresponsabilité juridique des laboratoires, profil de l’épidémie, étude des vagues pandémiques dans les pays déjà touchés avant le nôtre, définition des personnes à risque, répartition et mortalité des syndrômes de détresse respiratoire aigüe, date de disponibilité des vaccins par rapport au déclenchement de l’épidémie, analyse des vagues annuelles de grippe saisonnière…), tu livras le fond de ta pensée :

 

Les médecins et les infirmiers, ces gueux, pourtant premiers concernés au quotidien, rechignaient à la vaccination ? Qu’importe ! Il fallait rendre pour les professionnels de santé hospitaliers la vaccination obligatoire :

 

« Voilà une pression qu’il faudrait exercer sur eux ! » (sic)

 

 

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Puis, admettant quand même que l’aide des généralistes pour la vaccination pouvait être utile, tu eus ce mot merveilleux :

« Il y a une décision qui peut être prise par le pouvoir politique qui est de dire et ben ça vous êtes tous à la corvée, vous êtes tous réquisitionnés et vous serez payés tant par vaccin, ça ça prend cinq minutes à décider »

 

Cinq minutes à décider ?

 

Tu as raison. Je vais te dire, Pol Pot ou Staline n’auraient même pas tergiversé aussi longtemps.

 

 

 

Christian Lehmann

 

 

Médecin généraliste depuis 1984

Auteur de « Les Fossoyeurs… notre santé les intéresse » en 2007

Fondateur de l « Appel contre la franchise Sarkozy » en 2007

 

 

 

* Dix jours en mer avec trois astres de la pensée française

http://www.monde-diplomatique.fr/2009/08/FONTENELLE/17746

 

** François Chérèque, syndicaliste responsable, qui lors d’un meeting patronal pose comme condition l’absence de tout journaliste afin de parler à bâtons rompus et de livrer le fond de sa pensée : « Sarkozy nous a présenté un calendrier pour les réformes et moi et ça me va très bien. On s'y met dès juillet. »

Compte rendu de la rencontre organisée le 27 mars 2007, entre leader de la centrale et le cercle patronal « ETHIC », dirigé par Mme Sophie de Menthon.
Extrait du livre de Jacques Cotta, « Riches et presque décomplexés » (Fayard), p 125.

 

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http://enattendanth5n1.20minutes-blogs.fr/archive/2009/11...

 
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