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22/12/2014

Loi Santé, Grèves des médecins: de quoi Marisol Touraine est-elle le nom?

 

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"Etre de gauche, c'est concilier réforme économique et progrès social..."

 

Inlassablement, à chaque apparition dans les média, Marisol Touraine répète qu’elle est de gauche. C’est sa petite litanie à elle, version cheap de la fameuse anaphore de François Hollande : « Moi président ». « Etre de gauche », martèle Marisol Touraine, c’est offrir de nouveaux droits aux patients. « Etre de gauche », c’est mettre en place le tiers-payant généralisé, car trop de personnes renoncent encore aux soins en France. « Etre de gauche », c'est concilier réforme économique et progrès social...« Etre de gauche », etc etc etc…

 

Au-delà de cet affichage, de quoi Marisol Touraine est-elle le nom ?

 

En quoi cette grande bourgeoise membre du club d’élite autoproclamée qu’est le Siècle, en quoi cette strauss-kahnienne qui s’enorgueillit de ne jamais avoir milité–« Je n'ai jamais collé d'affiches, je suis ce qu'on appelle un expert, au PS»- est-elle de gauche, et quelle est sa place dans le gouvernement de l’homme qui affirmait être l’ennemi de la Finance et, jour après jour, nous prouve le contraire, rognant le droit du travail, les congés parentaux, les retraites, augmentant les impôts des ménages au bénéfice des actionnaires des grandes entreprises, plaçant à Bercy Emmanuel Macron, un ancien banquier daffaires richissime membre de la dream-team du parvenu Jacques Attali ?

 

La loi de Santé pondue par les énarques et portée aujourd’hui par Marisol Touraine a un double but : mettre les professionnels de santé, et particulièrement les médecins de ville, sous la coupe d’administratifs ne connaissant rien au soin, mais tout à la gestion des coûts, et, sous couvert de faciliter l’accès aux soins, poursuivre le désengagement de la Sécurité Sociale solidaire vers les complémentaires, assurances et mutuelles alléchées par ce gigantesque marché.

 

Marisol Touraine répète inlassablement que le tiers-payant facilitera l’accès aux soins des plus démunis, quand le tiers-payant est déjà largement utilisé pour les patients en affection longue durée, et pour les patients couverts par la CMU. Elle répète que les Français renoncent aux soins pour des raisons financières… alors que c’est dans le domaine de l’optique et dans le domaine des soins dentaires, dont la Sécurité Sociale s’est désengagée, que le renoncement est le plus flagrant. Le tiers-payant n’y changera rien, parce que la Sécurité Sociale ne prend pas, ou très peu en charge ces soins. Le but de Marisol Touraine est double : brandir une mesure à caractère apparemment social, pour promulguer une Loi de Santé fourre-tout comportant des mesures profondément attentatoires à la qualité des soins aux patients et à l’indépendance des médecins.

 

Les limites techniques du tiers-payant sont liées au désengagement de la Sécurité Sociale

Je ne suis pas opposé au tiers-payant, comme je l’ai déjà expliqué longuement.

Tiers-payant  généralisé: ce que cache l'efet d'annonce de Marisol Touraine ( Juin 2014)

Mais le pratiquant depuis des années, j’en connais les difficultés et les limitations techniques. Le tiers-payant a été complexifié depuis une dizaine d’années suite à la mort du système du médecin référent et à la mise en place du système du médecin traitant, avec un système de pénalités pour les patients considérés comme consultant « hors-parcours de soins », une usine à gaz tarifaire, auxquels se sont greffées les fameuses franchises sur les soins de Nicolas Sarkozy, minable tour de passe-passe consistant à piocher dans la poche des cancéreux et des diabétiques, des cardiaques et des Alzheimer, pour les res-pon-sa-bi-li-ser. Notons que Marisol Touraine, « épidermiquement de gauche »pour paraphraser Carla Bruni, n’avait pas de mots assez durs pour fustiger les franchises quand elle était dans l’opposition. Comme François Hollande, Jean-Marc Ayrault, et toute une cohorte de députés prétendument « socialistes »qui s’accommodent parfaitement du maintien de cette « inique mesure de droite »maintenant qu’ils sont aux affaires, et au service de la Finance.

 

Marisol Touraine, une fausse générosité payée par d'autres

Dans les centres de santé, la gestion du tiers-payant a un coût moyen de 4.38 euro par acte, du fait de la complexité du système et du grand nombre de situations administratives entraînant des refus de paiement aux professionnels de santé. Marisol Touraine s’assied sur ce coût, le nie. En dame patronnesse, elle n’a cure des difficultés que causerait aux médecins un tiers-payant obligatoire. ELLE a décidé une mesure « généreuse », qui ne lui coûtera rien, mais dont D’AUTRES feront les frais. Preuve, s’il en est, qu’elle a parfaitement sa place dans le gouvernement de François Hollande.

 

Marisol Touraine prise en flagrant délit de mensonge, une fois de plus...

Devant la fronde médicale, la ministre de la Santé est obligée de lâcher du lest. Elle promet de nouvelles discussions, quand les palabres de l’an passé ont consisté à inviter les représentants des médecins et à leur asséner les vérités révélées des administratifs des ARS, sans tenir aucun compte de leur retour de terrain. Elle promet un système simple et efficace où le paiement aux médecins serait garanti. Un peu comme, en Juillet 2014, aux côtés de Michel Sapin et de Benoît Hamon, elle se portait garante des remboursements des soins aux étudiants par la calamiteuse LMDE ( La Mutuelle Des Etudiants) , rejeton de la MNEF qui nourrit grassement pendant de nombreuses années bien des hiérarques solfériniens. A ce jour, la LMDE est en pleine déroute financière, les témoignages des étudiants floués s’accumulent sur les réseaux sociaux, et la ministre fait profil bas. Quelle crédibilité ont ses garanties réitérées, quand on voit à quel point ces réassurances de Juillet 2014 ont conduit des étudiants dans le mur ?

 

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( merci à Xavier Gouyou-Beauchamps, de l'UCDF)

 

Retour sur investissement

Marisol Touraine réussit avec sa Loi de Santé un exploit inédit : lever la quasi-totalité des médecins du pays contre elle. Paraît alors dans Libération le 8 décembre 2014 un article écrit par la Présidente du CISS, collectif d’associations de patients. Sous le titre : « Santé : des patients soutiennent la loi Touraine », Danièle Desclerc-Dulac, ancienne directrice-adjointe de la Caissse Primaire du Loiret, et présidente du CISS ( financéà 80% par la DGS et la CNAM),  affirme son soutien résolu et personnel à la Loi Touraine. Elle défend avec justesse le tiers-payant des accusations de « surconsommation des soins », mais sans répondre à la question majeure de la faisabilité technique du dispositif ni de son coût global. Elle moque la crainte de perte d’indépendance des médecins, rappelant que la précédente loi HPST de Roselyne Bachelot avait donné lieu aux mêmes griefs, et que « ni la médecine libérale ni les établissements de soins privés n’ont disparu ». Elle ne rappelle pas le soutien affirmé du président du CISS de l’époque, Christian Saout, à cette loi qui a fragilisé un peu plus les hôpitaux comme la situation des médecins de ville, et ne commente pas non plus l’aggravation constante de la désertification médicale liée entre autre à cette accumulation de lois kafkaïennes qui jamais ne posent la question de la viabilité économique des cabinets médicaux dans un système où le tarif de remboursement des consultations stagne à un des plus bas niveaux de l’Union Européenne tandis que les charges continuent leur augmentation. Elle pointe certains éléments positifs de la Loi, comme la mise en place d’un service public d’information en santé similaire à celui du National Health Service anglais. C’est d’ailleurs une des forces de l’entourage de Marisol Touraine d’avoir amalgamé tant de mesures différentes dans la Loi Santé qu’il est toujours possible d’y trouver une petite avancée que l’on peut utiliser pour masquer le caractère globalement délétère de l’ensemble. Ainsi à l’époque où nous luttions contre les franchises, le ministère Bachelot avait-il tenté de faire miroiter à mon camarade Bruno-Pascal Chevalier ( militant contre les franchises ayant pratiqué une grève des soins pour alerter l’opinion)  et aux autres associations de patients qui participaient au mouvement leur projet d « éducation thérapeutique »sensé libérer les patients du magistère médical. A l’époque, ni Bruno-Pascal ni ses amis n’étaient tombés dans le panneau, refusant en vrais militants de l’accès aux soins de jouer les idiots utiles pour la ministre.

 

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Décédé le 17 Décembre 2012, Bruno-Pascal Chevalier était un militant, pas un Playmobil

 

Deux jours après publication de l’article passé relativement inaperçu parmi le cortège de prises de position négatives contre sa Loi, Marisol Touraine se retrouve obligée de signaler elle-même sur Twitter l’existence de l’article, non sans commettre un très gros mensonge (de plus) :

 

« 40 associations de patients publient une tribune dans @libe pour soutenir le projet de loi santé: http://bit.ly/1wgW6m4 « 

 

Le rapport à la réalité de Marisol Touraine se révélant apparemment fluctuant, il n’est pas possible d’affirmer qu’elle ment comme elle respire. Mais elle fait passer la tribune d’un individu pour une prise de position collective. Comme si elle ne connaissait pas la différence entre une tribune et une pétition. Comme si elle avait oublié ce 4 Mars 2009 où Bruno-Pascal Chevalier, décédé aujourd’hui, était venu symboliquement déposer à l’Assemblée Nationale les centaines de milliers de signatures contre les franchises sur les soins qu’elle se faisait un devoir de supprimer dès l’arrivée de la gauche aux affaires…

 Dans cette vidéo, Marisol Touraine, à 15'40", ment effrontément à Bruno-Pascal Chevalier

 

Comment privatiser la Sécu en loucedé...

 

Ce qui se joue dans la Loi Santé, c’est un pan crucial de l’exercice médical, l’indépendance du médecin par rapport au financeur. En fragilisant l’Assurance-Maladie solidaire depuis des années, en la livrant à un assureur d’AXA qui a réussi à désorganiser profondément la médecine de ville et à instaurer au sein de la CNAM les pires méthodes de management du privé au nom du slogan orwellien : « C’est en changeant tous un peu qu’on peut tout changer », la droite chiraquienne puis sarkozyste, sous Douste-Blazy, Bertrand et Bachelot, puis la gauche hollandaise, sous Touraine, poursuivent le même but : démanteler la protection sociale de manière plus ou moins occulte pour « plaire aux marchés »et « améliorer la compétitivité de la France ».

 

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Quatre ministres et un enterrement: celui de la Sécurité Sociale...

 

Pour se faire, un seul moyen : par glissements successifs, substituer à la prise en charge Sécu la prise en charge par les complémentaires. Les Français paieront alors deux fois pour un seul service. D’où ce cortège de louanges dans sa majorité l’an dernier quand François Hollande mit en place avec l’accord National Interentreprises, une « mutuelle pour tous »obligatoire. Qui pointa alors que cette pseudo-avancée était en fait un recul ? Que dans un pays où l’Assurance-maladie prendrait correctement en charge les soins, il ne serait pas besoin de complémentaire ?

 

 

D’autant que non content de forcer les citoyens à souscrire à une assurance au travers de leur employeur, le gouvernement socialiste ouvrait dans le même temps la possibilité pour les assureurs de mettre en place des réseaux de soins, comme aux Etats-Unis. Sous couvert de maîtriser les coûts, il s’agissait en fait d’assujettir les professionnels de santé aux assurances, ceux là-même que Jacques Attali désignait lors d’un colloque comme « les futurs maîtres »de la santé, auxquels dans son fameux rapport il désirait confier les campagnes de prévention…ainsi qu’aux firmes pharmaceutiques !

 

François Hollande sacrifie la santé au fondamentalisme de marché

Incapables de gérer le pays, obnubilés par la nécessité d’obéir au « fondamentalisme de marché »de l’Union Européenne, François Hollande et ses ministres sont prêts à brader le système de santé aux assureurs pour diminuer fictivement le coût de la protection sociale en France en le transférant sur les complémentaires, et donc sur chaque citoyen. Le  dogme européen « d’un marché intérieur où la concurrence est libre et non faussée »amène à sacrifier les droits acquis en matière de santé, de travail, de protection sociale, en individualisant leur prise en charge par chaque citoyen. L’Etat n’est plus garant de rien, mais fait semblant de gérer en imposant une pléthore de règles administratives aux effecteurs de terrain.

 

Obéir aux ordres plutôt que soigner des individus: le nouveau paradigme est en marche

Nulle part dans la Loi de Santé n’est abordée la question de la viabilité des tarifs actuels de remboursement de l’Assurance-Maladie, ce qu’on appelle le « tarif opposable ». Marisol Touraine ne cesse de répéter que les médecins sont correctement rémunérés, accumulant les mensonges sur les nouveaux modes de rémunération forfaitaire, le « paiement à la performance » instauré par l’ancien assureur qui a dirigé la Sécurité Sociale pendant dix ans. Outre que ce forfait ne couvre pas l’érosion monétaire de la valeur de la consultation, certains des items qui le composent sont scientifiquement très discutables. Mais peu importe à la ministre de la Santé : le dogme prime sur la science. Le dépistage systématique du cancer du sein par mammographie est remis en cause dans de nombreuses études à cause du risque de surdiagnostic pouvant conduire à la mutilation inutile de femmes dépistées par excès. La prescription systématique de statines chez le diabétique est remise en cause par des études pointant l’effet diabétogène de ces statines. Qu’importe ! Ce qui compte, pour les évaluateurs, pour les ARS, pour les énarques, et demain pour les assureurs, c’est que les médecins cochent les bonnes cases, qu’ils obéissent, qu’ils courbent l’échine. A l’autre bout de l’échiquier politique, Jean-Luc Mélenchon ne disait pas autrement, lorsqu’en plein fiasco vaccinal H1N1, il volait au secours de l’incompétente Roselyne Bachelot en fustigeant les médecins qui refusaient de vacciner sous contrainte en vaccinodrome : « Devant les campagnes de santé publique, on fait d’abord la campagne on discute après, pas l’inverse… »La haine et le mépris qu’éprouve le personnel politique pour le médecin, petit artisan de la santé, est liée àla confiance que lui accordent ses patients, citoyens-électeurs écoeurés et désabusés, et à son indépendance, qui peut encore, pour l’instant s’opposer aux mots d’ordre incohérents des ARS et des assureurs. Mais pour combien de temps ?

 

De Sarkozy à Hollande, la même vision purement comptable de la santé publique

Asphyxiés par les charges, assommés de contraintes administratives, les médecins de ville croulent sous le joug. Beaucoup de jeunes diplômés ne s’installent pas, préférant des postes administratifs moins exposés, et les médecins plus âgés ( la moyenne d’âge des médecins de ville est de 55 ans!!!) dévissent leur plaque ou burn-outent en silence. Le désert avance, et la marquise Touraine explique que « Tout va bien ». Alors que tous les audits des centres de santé pointent l’impossibilité de faire fonctionner sans subventions une structure au tarif actuel de la consultation, sans elle continue à claironner que la revalorisation des consultations des médecins n’est pas à l’ordre du jour. Demain, elle rasera gratis. Les consultations seront en tiers payant obligatoire…dans la limite des stocks de médecins disponibles. Sauvegarder l’accès aux soins des Français, ce n’est pas imposer un tiers-payant obligatoire techniquement impossible actuellement. C’est permettre aux médecins, de ville comme à l’hôpital, de travailler correctement. La Loi de Santé de Marisol Touraine prend un tout autre chemin : faire basculer la protection sociale de l’Assurance maladie solidaire vers les assurances privées, de manière occulte, pour obéir aux diktats de la finance. Gérer la santé publique « à la grecque »pour une population délibérément précarisée, mais, ministre « de gauche »oblige, sans que cela se voie. L’une des preuves les plus éclatantes du total mépris que portent Marisol Touraine et François Hollande aux questions de santé publique est leur refus de réintégrer l’hypertension artérielle sévère dans le cadre des affections de longue durée prises en charge à 100%. Sous Nicolas Sarkozy, l’assureur dirigeant la Sécu avait rayé l’HTA des affections de longue durée, dans le seul but de faire des économies. Les parlementaires de gauche, et François Hollande lui-même, avaient fustigé ce recul. Les patients « vasculaires »n’étaient dorénavant pris en charge à 100% qu’une fois atteint le seuil des complications quasiment inéluctables d’une hypertension négligée: accident vasculaire cérébral, infarctus, amputation…Dans un pays où l’espérance de vie d’un ouvrier est de sept ans inférieure àcelle d’un cadre, et où les maladies vasculaires sont la première cause de mortalité, leur renoncement aujourd’hui a valeur d’exemple. Derrière les déclarations de principe, l’économie prime sur la santé.

 

Ce qui se joue ici, c’est une certaine façon d’exercer la médecine. C’est la destruction d’une médecine de l’individu, au profit d’une industrie de santé adossée aux appétits des assureurs et des actionnaires. Il y a deux ans, l’énoncer clairement aurait soulevé l’incompréhension. Mais après deux ans de règne de François Hollande, de reniement en reniement, il n’est pas difficile de constater que l’ennemi de la finance est en fait son meilleur ami, et que pour passer sous les fourches caudines de la Commission Européenne, il est prêt à brader la santé et le système de protection sociale français en les livrant aux assureurs et aux financiers pour bien montrer sa capacité de « réformes »antisociales. Financiarisation du secteur santé, perte d’indépendance des professionnels…Si la finance n’a pas de visage, elle a un gouvernement.

 

Christian Lehmann

médecin généraliste, écrivain, initiateur de la pétition contre les franchises sur les soins

 

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PS: Je suis médecin généraliste depuis plus de trente ans. Trente années pendant lesquelles j’ai vu naître, grandir, vieillir, mourir, un grand nombre de patients. J’ai été le médecin généraliste de chacun d’entre eux, considéré comme un individu, et non pas une ligne de bilan comptable. Comme j’ai refusé hier d’être le larbin de l’industrie pharmaceutique, je refuserai demain d’être le larbin d’un assureur, fût-il caché sous le mot-valise « mutualiste ».

 

 

27/11/2014

Précieuse ridicule

"J'ai laissé mes larmes guider mon écriture", révèle Valérie Trierweiler.


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Priez le Ciel qu'elle ne nous fasse pas une gastro.

25/06/2013

L'effet Hollande

 

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Au pouvoir depuis près de trente ans, l'émir du Qatar passe le week-end avec François Hollande.

Accablé ( voir photo ) , il annonce le lundi qu'il abdique le pouvoir.

C'est l'effet Hollande.

 

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Aux dernières nouvelles, l'empereur Palpatine aurait annulé sa visite prévue à Paris.

26/04/2013

Sous Hollande comme sous Sarkozy, les Fossoyeurs sont aux manoeuvres

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Les grandes manoeuvres sont engagées depuis longtemps dans le domaine de la santé pour privatiser les soins en ville et maximiser les profits des Fossoyeurs.

En médecine de ville, la sinistre Marisol Touraine a poursuivi, voire accéléré l'action de ses prédécesseurs. Confortant à la tête de ce qui fut la Sécurité Sociale l'ancien dirigeant d'AXA Frédéric Van Roekeghem et sa gestion manageriale, instrumentalisant les dépassements d'honoraires en ville sans jamais poser la question de la valeur réelle des actes ( dont certains sont de plus en plus déconnectés de la réalité économique et entraînent dévissage de plaque et désertification médicale) et tout en laissant perdurer les dépassements d'honoraires hospitaliers beaucoup plus élevés et problématiques, elle a tout fait, et son Président Normal avec elle, pour hâter le passage des soins de ville sous la coupe des complémentaires. L'argument "mutuelle pour tous" ne tient que pour les veaux incapables de saisir que c'est la Sécu qu'on assassine au profit des complémentaires.

En biologie, le regroupement des laboratoires d'analyse médicale ( ceux dans lesquels vous alliez jusqu'ici pratiquer la prise de sang ou l'examen d'urines prescrit par votre médecin) est en cours. Une réforme souterraine mise en route depuis des années, bien bordée par Roselyne H1N1-D8 Bachelot, force, en empilant les normes et les audits privés démentiels, ces petits laboratoires à la faillite... à moins d'être rachetés par de grands groupes qui fonctionnent alors comme des trusts. Le laboratoire de proximité devient alors un simple point de prélèvement, les tubes et échantillons sont convoyés à la maison-mère à distance et analysés dans de grosses usines au nom de la démarche qualité. En pratique, cela allonge les temps de réception des résultats, et le contact entre le médecin-prescripteur et le biologiste du laboratoire local  ( pour discuter d'un résultat ou d'une technique, demander une procédure en urgence) disparaît.

Tout le monde s'en fout, parce qu'on le sait, les médecins de ville sont des salauds qui ne pensent qu'au profit après avoir bénéficié pendant leurs études de gardes de 48 heures payées par la collectivité le prix de deux Big Mac avec portion moyenne de frites et maxiCoca. Quand aux biologistes, n'en parlons pas...

Au bout du compte, cependant, c'est vous qui vous faites baiser...

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Depuis quelque temps déjà un biologiste, syndicaliste, tente d'alerter sur ce qui se passe, allant jusqu'à la grève de la faim. Je reproduis ici son dernier communiqué de presse.

 

Un meurtre prémédité

Une collusion politico-financière très grave

 

Si l’on remonte aux prémices de la réforme de la Biologie Médicale qui a été approuvée par la Commission mixte paritaire le 10 avril dernier, on s’aperçoit qu’elle est le fruit d’une collusion politico-financière grave, dans une opacité totale.

 

D’abord, elle a été rédigée dans la confidentialité et promue par ordonnance pour passer au plus vite, en silence. Lors de sa rédaction, ceux qui la préparaient n’avaient pas le droit de communiquer des informations sur ce qui était en train d’être décidé.

 

Les révélations du journal l’Express du 24 avril 2013, évoquant un biologiste responsable syndical voulant garder son anonymat « Armand », révèle un peu plus cette collusion qui s’est étalée sur plusieurs dizaines d’années, aboutissant au projet de la réforme de la biologie en 2010.

Cet article montre le peu de démocratie dans la prise de décisions concernant une profession de santé : on y voit deux personnes liées à une structure privée jouer de façon confidentielle de leur influence mutuelle.

 

A ces informations explosives, nous pouvons ajouter des vérités qui se passent sur le terrain:

-          Certains biologistes enseignants de faculté, grands défenseurs de la réforme, ont créé de véritables empires, rachetant les laboratoires incapables de faire face aux nouvelles obligations. 

-          Certains décideurs de cette réforme n’hésitent pas à attribuer des fonctions à des personnes qui leur sont proches dans le cadre des nouvelles structures du COFRAC.

-          Certains syndicats, eux aussi grands défenseurs de la réforme sont intimement liés  à des organismes de formation proposant leurs coûteux services (3 000€/an), pour se mettre aux normes. 

-          Certains enseignants de faculté, eux aussi grands commanditaires de la réforme, proposent des formations lourdement facturées pour se mettre aux normes. (4600€/an)

-          Certains directeurs de laboratoires financiers avouent ostensiblement leurs entrées au ministère de la Santé. On peut rapprocher ces déclarations des décisions qui sont prises en leur faveur, comme celle qui reporte sur les petits laboratoires, des coûts que les laboratoires financiers prenaient en charge autrefois.

-          Dans certains cas, elle a aboutit à des structures illégales qui ont été validées par le COFRAC et les ARS.

En conclusion, Patrick Lepreux, Président du Syndicat des Biologistes Praticiens, vous rappelle que son combat ne relève pas d’un corporatisme narcissique, mais plutôt d’une mission de préserver la santé du patient.

Patrick Lepreux ne croit pas aux arguments -paravent – de la qualité qui ne sont là que pour donner bonne conscience et dissimuler le déroulement d’opérations à la limite de la légalité.

Pour ces raisons objectives et incontestables, il demande aux députés et sénateurs d’assister aux débats les 14 et 16 mai, respectivement à l’assemblée nationale et au Sénat ; et de ne pas valider cette réforme les afin de la réécrire dans un souci de transparence, de démocratie et de santé publique.


Sur son site, Patrick Lepreux en remet une couche sur le pouvoir actuel, et la main de Jérôme "Je vous le dis dans les yeux" Cahuzac


04/12/2012

Le MarisolGate, c'est maintenant!

 Le MarisolGate, c’est maintenant !

 

 

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Depuis des années, la Santé est aux mains d’incompétents et de cyniques. Avec Marisol Touraine, je crains que nous soyons arrivés à une synthèse parfaite entre les deux.

Nous avons eu droit à Philippe Douste-Blazy, le célébrissime inventeur du massage cardiaque assis, et à sa convention du médecin traitant, qui a consisté à écraser les médecins sous les contraintes administratives et a permis de ne pas rembourser les patients quand leur généraliste décède ou dévisse sa plaque. « C’est en changeant tous un peu qu’on peut tous vous baiser »

Nous avons eu droit à Xavier Bertrand, ex-assureur de mobylettes chez AXA. Xavier Bertrand, tout en rondeur et en promesses, l’homme qui expliquait dès 2005 que sa réforme redresserait les comptes de la Sécu, que le Dossier Médical Partagé était l’avenir de l’humanité, que la Tarification à l’Activité ne mettrait pas les soignants hospitaliers à genoux, et que les accords signés avec les chirurgiens ne resteraient pas, foi d’assureur, lettre morte.

Nous avons eu droit à Roselyne Bachelot, sa loi Hôpital-Patients-Santé-Territoire et ses Agences Régionales de Santé pleines d’administratifs improductifs pondant des wagons de textes inapplicables qu’ils ne comprennent pas eux-mêmes. Roselyne sonnant le tocsin dans des vaccinodromes vides lors de l’épidémie de grippe en 2009, qui justifia l’achat de vaccins inefficaces en lot de dix pour des centaines de millions d’euros, par le fait que les généralistes, ces gueux, ces minables, étaient incapables de respecter la chaîne du froid. Aujourd’hui, sur D8, elle oscille sur des talons aiguille pour déclamer des passages porno sado-maso de « 50 nuances de Grey ». Après la chaîne du froid, Roselyne a les chaînes au fion.

Nous eûmes droit ensuite au retour de Xavier Bertrand, comme quoi la peste peut frapper deux fois au même endroit, qui continua à promettre beaucoup et à faire très peu, à part médailler les syndicalistes médicaux à qui le pouvoir politique, de renoncements en traitrise, devait beaucoup.

Puis arriva Marisol.

Sur les franchises sur les soins, combattues avec virulence par les socialistes quand Sarkozy était au pouvoir, elle ne fit RIEN

Sur la stupide sortie de l’HTA sévère du champ des affections longue durée, dénoncée par François Hollande pendant sa campagne, elle ne fit RIEN.

Car elle avait une tout autre croisade , Marie-Soledad, qui en catalan signifie « la fille très simple qui signe ses parapheurs dos à la cheminée ».

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Depuis son arrivée aux affaires, Marisol Touraine martelait qu’elle entrait en croisade contre les dépassements d’honoraires. Soit. C’était un angle comme un autre pour réformer le système de santé, exsangue, à condition de tirer les constats de la situation actuelle et de ne pas se cantonner à l’affichage politique.

 Je ne pratique pas de dépassement, ce qui signifie que ma rémunération est tributaire du tarif fixé par l’Assurance-Maladie, un tarif en gros de 50% inférieur au tarif moyen de la consultation médicale d’un généraliste européen. Freiner les dépassements d’honoraires, c’était aussi, me semblait-il, poser la question des tarifs opposables, de leur grandissante inadéquation avec la réalité économique d’une petite entreprise comme peut l’être un cabinet médical. Que nenni ! Ayant monté en épingle les dépassements de quelques pontes hospitaliers, Marisol Touraine réalisa, un peu tard, que se posait soudain la question cruciale : « Mais que rembourse l’Assurance-Maladie ? Quelle valeur accorde t’elle à la consultation d’un médecin ? »

Pour éviter de voir la réalité en face, d’admettre que certains « petits dépasseurs » utilisaient ce complément d’honoraires pour maintenir la viabilité de leur cabinet et payer leurs charges, il fallut alors à Marisol Touraine forcer le trait, asséner sur tous les plateaux que contrairement à la réalité qui affleurait jusque dans les colonnes de journaux guère tendres habituellement avec la gent médicale, les médecins en secteur 1, à tarif opposable, n’étaient guère à plaindre. « Pour arriver à une rémunération correcte, les généralistes travaillent beaucoup, près de soixante heures par semaine », lui signalait une journaliste à la télévision. « Certains d’entre eux travaillent beaucoup… pas tous ! Pas tous ! », ironisait la Ministre, qu’on soupçonnait alors de tenir prête dans sa poche une liste de branleurs généralistes habitués des terrains de golf. Un autre intervenant, dans une autre émission, lui signalait que le généraliste français se situait dans la moyenne basse européenne. « Ils sont dans la moyenne, ils sont dans la moyenne ! » scandait-elle alors, hautaine. Comment dire sans trop vexer la mal-calculante? Par rapport à ses confrères allemands ou anglais, les moyens dont dispose le généraliste français sont deux à trois fois moindres…Et au tarif du secteur 1, mêmes les centres de santé crèvent sur pied, malgré les subventions municipales, régionales ou mutualistes qui leur sont allouées, et auxquelles bien entendu le médecin libéral en ville ne saurait prétendre…

Au bout de 24 heures de garde à vue, il se trouva trois syndicalistes pour signer l’avenant numero 8 sous le regard bienveillant du greffier, Frederic Van Roekeghem, le très libéral directeur de l’Assurance-maladie , l’homme qui en 2004 a détruit l’option médecin-référent avec l’aide des syndicalistes les plus réactionnaires de la profession ( que le pouvoir UMP a ensuite médaillé pour services rendus), l’homme qui a mis en place sans sourciller les franchises sur les soins ( contre lesquelles s’élevaient avec vigueur les parlementaires socialistes… avant d’arriver aux affaires), l’homme qui en 2008 proposait de ne plus rembourser les médicaments dits « de confort » aux cancéreux, l’homme qui organise la chasse aux arrêts de travail prétendument injustifiés en harcelant les médecins généralistes et en falsifiant les chiffres, l’homme venu du directoire d’AXA qui utilise les techniques de management du privé au sein même de ce qui fut la « Sécurité Sociale »… Cet homme, ancien directeur de cabinet de Philippe Douste-Blazy, est aujourd’hui considéré par Catherine Lemorton, députée socialiste comme » un grand serviteur de l'Etat, avec qui il est très agréable de travailler », et par les journalistes du sérail,  très clairement, comme « le véritable ministre délégué à la Santé »… 

Trois syndicalistes, donc, ont signé. Michel Chassang, l’homme à la poitrine chargée de médailles, qu’on ne présente plus, et qui expliquerait dès le lendemain que l’accord protégeait le secteur 2. Son frère ennemi de MGFrance, bien destiné à se venger de la perte de la convention spécifique des généralistes et à faire fonctionner les tribunaux de l’UNCAM. Et au milieu, le ravi de la crèche, Christian Jeambrun, bientôt démissionnaire, dont je voudrais rappeler la compétence médicale et syndicale par ses fortes paroles prononcées pendant la grippe H1N1 : « Nous allons vivre un état de guerre. Les libéraux ne sauraient exprimer le moindre état d’âme personnel sur le vaccin. Compte tenu de l’exemplarité qui doit être la leur, les médecins qui refusent personnellement le vaccin devront avoir à cœur de ne pas en faire état auprès de leurs patients. » Je sais, c’est comme l’eau ferrugineuse de Bourvil, on ne s’en lasse pas…

Et dans la foulée, Marie-Soledad fit passer à l'Assemblée la loi sur les réseaux mutualistes, loi portée par des députés eux-mêmes anciens administrateurs de mutuelles dont la fameuse LMDE, Mutuelle Des Etudiants, que le journal Le Monde et la revue Que Choisir épinglaient ainsi il y a deux mois: "Opacité, pratiques commerciales douteuses, qualité de service dégradée: pour la première association de consommateurs, ce système est aussi "défavorable aux étudiants qu'onéreux pour la collectivité."

 

Les députés socialistes volèrent au secours de la rapporteuse, démontrant une fois de plus que l’on peut batailler pour que les médecins intervenant dans le domaine du médicament déclarent leurs liens d’intérêt ( ce qui est tout à fait normal), mais que pointer un évident lien d’intérêt chez un homme politique serait une faute morale !

A gauche, la députée Jacqueline Fraysse, cardiologue (Front de Gauche, Hauts-de-Seine), a émis des réserves sur le texte, redoutant qu'il organise "un véritable glissement du principe de prise en charge socialisée et universelle par l'assurance maladie vers une logique contractuelle et individuelle, sur le modèle assuranciel, marquant un pas de plus vers la privatisation rampante de la sécurité sociale".

La loi passa, en pleine nuit, comme souvent les forfaitures les plus dégueulasses. Demain assureurs et mutuelles vont pouvoir faire leur marché, chez les médecins, et chez les patients. Car soyons clair, il y a une parfaite continuité entre l’avenant 8 et la loi sur les réseaux mutualistes.

Les complémentaires ont toujours eu besoin des dépassements d’honoraires pour exister. Si l’Assurance maladie remboursait les actes médicaux à leur juste valeur, il n’y aurait pas, ou très peu, de compléments d’honoraires, et les complémentaires crèveraient sur pied. Mais pour calculer leur marge bénéficiaire, les complémentaires ont besoin de pouvoir border les dépassements d’honoraires, afin de les utiliser pour ramener des clients captifs, sans risque excessif pour leur trésorerie. Les syndicalistes médicaux, comme Michel Chassang, qui ayant signé l’avenant 8 font semblant de combattre aujourd’hui les réseaux mutualistes, se foutent du monde. Comme en 2005 lorsque la médecine générale fut mise à bas par la CSMF, je vous dirais aujourd’hui : « La médecine a été poignardée une fois de plus dans le dos. Et il y a des empreintes sur le manche. »

En 2006, au moment de prendre la tête d’une complémentaire, un homme, un visionnaire, s’extasiait en ces termes : « Je suis fier de prendre la direction d’un acteur historique majeur de la protection sociale. Mon ambition est de relever les défis des réformes à venir qui transformeront profondément l'intervention des acteurs complémentaires, notamment dans le domaine de la santé, pour jouer un rôle de premier plan dans l'amélioration des services de protection sociale. »

Cet homme s’appelait Guillaume Sarkozy.

Et il peut remercier François Hollande

 

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Comme on le voit, avec François Hollande…

Le conventionnement sélectif des médecins, c’est maintenant

L’organisation du système de soins par des puissances financières, c’est maintenant

Les médecins mutualistes payés huit euros à la pièce, c’est maintenant

Les remboursements différenciés selon le parcours imposé par les complémentaires, c’est maintenant

L’opacité des comptes, c’est maintenant

L’explosion des coûts de la publicité à la charge des cotisants, c’est maintenant

Les maisons de santé déficitaires rachetées par les mutuelles et les assureurs, c’est maintenant

Les mutualistes solidaires possédant huit Porsche faisant la morale aux chirurgiens sur le tact et la mesure, c’est maintenant

Les conflits d’intérêts des députés socialistes, c’est maintenant

La privatisation du soin, c’est maintenant

Mais grâce à vous, médecins qui refusez d’être des pigeons :

Le MutuelleGate, c’est maintenant !

Le MarisolGate, c’est maintenant !

 

 

Christian Lehmann est médecin généraliste et écrivain, initiateur en 2007 du combat contre la franchise sur les soins.

http://enattendanth5n1.20minutes-blogs.fr/

Discours prononcé en clôture de la manifestation parisienne du 02/12/2012. (1700 selon la police, 4500 selon les organisateurs...)  Video en ligne:

https://www.youtube.com/watch?v=MHr102u5Aq0

 
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