21.11.2011
Plan média


08.06.2011
Un coup de classeur sur le coin de la gueule est si vite arrivé.

Dans le grand déballage post-DSK en cours, voici qu'une sale vérité affleure dans un article de Libération daté du 7 Juin au soir, qui rend compte d'une aimable sauterie organisée à l'Assemblée Nationale par deux député(e)s UMP, afin de récuser les accusations de sexisme qui ces derniers temps collent au milieu politique.
Ce n'est pas Jean Quatremer ( qui avait "outé" DSK en son temps) qui s'y colle, mais Laure Equy.
Petit raout payé par le contribuable pour amuser la galerie, et convaincre les journalistes que "Circulez, il n'y a rien à voir". Valérie Boyer et Bérengère Poletti rivalisent pour expliquer à quel point elles ne se reconnaissent pas dans l'image de ringardise machiste dénoncée par nombre de leurs consoeurs. Il est sûr qu'il devient plus délicat de stigmatiser les hordes islamistes gynophobes qui campent aux portes de nos banlieues quand les femmes hésitent à se mettre en jupe à l'Assemblée. Et voici qu'en plein milieu de ce petit exercice de storytelling au pays des Bisounours, le réel s'invite, en la personne de deux délégués syndicaux des assistants parlementaires.
http://www.liberation.fr/politiques/01012342054-sexisme-u...
Et la phrase qui tue, au détour de cette interpellation:
«Et les abus de pouvoir sur les collaborateurs?», interpellent deux représentants syndicaux d’assistants parlementaires. «Les collaborateurs, c’est un autre problème», balaie Valérie Boyer, levant les yeux au ciel.
Voilà que soudain, dans le jeu bien organisé des politiques, survient la vraie question qui fâche, non pas tant celle du sexisme, que celle de l'abus de pouvoir des puissants sur les faibles, la lutte des classes, en somme. Parce que ce déballage-là aurait une toute autre allure, une toute autre ampleur que la chasse aux victimes dont nous abreuvent les média.
Et parce que dans le climat actuel, si j'étais un ou une candidat(e) à la candidature, que ce soit à la primaire ou à la présidentielle, je me poserais la question de savoir comment, tout au long de mon parcours politique, j'ai traité les petit(e)s, les sans-grade, les assistant(e)s et autres collaborateurs ( trices) parlementaires qui ont dû subir mes sautes d'humeur.
Que voulez-vous, à mon niveau de responsabilité, lorsque l'intendance ne suit pas... un coup de classeur sur le coin de la gueule est si vite arrivé.
Enfin moi, je dis ça... je dis rien...
PS:

En Février 2010, les allégations sur les violences qu'aurait fait subir le Premier Ministre Gordon Brown à ses collaborateurs firent la une de la presse britannique, et participèrent à son échec électoral. Sur cette affiche travailliste, on peut lire: "Il dit qu'il croit aux droits des travailleurs... Dommage qu'il ne les respecte pas..."
11:00 | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : dsk, harcèlement, violence, lutte des classes, combien de temps allez vous encore amuser la galerie, tron, primaire, parti socialiste, gordon brown, jean quatremer, libération, assistants parlementaires, coup de classeur sur le coin de la gueule
23.05.2011
Abjects, forcément abjects
Depuis dimanche dernier, depuis ce moment sidérant où en ouvrant AOL, de retour de Londres, j'ai vu s'afficher sur mon écran la tête du directeur du FMI, et l'en-tête expliquant qu'il était accusé d'agression sexuelle, j'essaie de ne pas en parler.

Pas parce que je n'en ai rien à dire, pas parce que ça m'indiffère, bien au contraire, mais parce que depuis huit jours nous avons assisté à un déferlement honteux, un festival de déclarations pompeuses, ridicules, souvent profondément abjectes. Les suspects habituels, bien entendu, mais aussi de tous nouveaux, tous beaux spécimens.
Le pompon, à mon humble avis, revient à Luis de Miranda, romancier, philosophe, éditeur, et auteur dès Lundi 16 Mai dans les colonnes de Libération d'un billet bobo-branché particulièrement saignant:
"Cette chute, il l’a voulue, il l’a désirée. L’esprit en lui s’est allié à l’animal pour effondrer d’un geste vif la machine qui s’édifiait autour de lui, telle une prison prévisible et dangereuse. Cela a commencé par la Porsche. Premier acte manqué. Mais la voiture de sport ne fut qu’un coup d’essai timide. Si la femme de ménage a été agressée, l’ouvrière violentée, alors nous touchons au sublime, au sens kantien d’« au-delà médusant de la représentation »."
Ca ne vous rappelle rien? Allez, faites un effort.... Depuis le 17 Juillet 1985, et le fameux article de Marguerite Duras, venue faire son romanquête ( bien avant BHL) sur les rives de la Vologne, et qui s'était exclamée, à la seule vue des lieux, que Christine Villemin, accusée d'infanticide, était forcément coupable, coupable, forcément, et "sublime, forcément sublime". Car subissant la loi de l'homme, Christine Villemin s'en serait, c'était l'intime conviction de Duras, échappée par l'infanticide, apogée supposée du féminisme.

Christine Villemin ( que Duras, très BHLienne, n'avait même pas rencontrée) , découvrant ce délire de vieille tapée dans Libération ( merci Serge July), eut ce mot dans lequel on mesure sans difficulté l'incapacité des femmes de ménage et des ouvrières à s'élever dans la stratosphère de ce qu'Emmanuel Todd nomme à juste titre la "classe dérivante" ( et non la classe dirigeante): "Mais elle est folle, celle-là..."
DSK, nous y reviendrons. A chaque jour suffit sa peine.
Chaque jour le PS nous désespère un peu plus, ceux qui croyaient au ciel, et ceux qui n'y croyaient pas ( dont je fais partie). Il est temps d'en finir. A plus...
11:41 | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : sofitel, brigade de nettoyage, romanquête, femme de ménage ivre de désir, se jetant sur ascète sexagénaire qui n'en peut mais, libération, boboland, serge july, luis de miranda, les pages rebonds c'est pas pour les couillons, marguerite duras, bhl, dsk











