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12/02/2010

Patients si vous saviez… qui vous représente au sommet de l’Etat….

Patients si vous saviez… qui vous représente au sommet de l’Etat….

par Christian Lehmann et Bruno-Pascal Chevalier

 

Diviser pour régner.
Dresser les uns contre les autres, afin de briser toute possibilité de prise de conscience commune, afin de défaire les solidarités essentielles.

Débaucher dans le "camp adverse" des individualités qu'on pourra couvrir d'honneurs, et qui insensiblement serviront le pouvoir.

 

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Lorsqu'on est incompétent, nuisible, ce sont probablement les seuls moyens d'éviter d'avoir à faire face à une véritable opposition. Le sarkozysme l'a compris, qui utilise largement ces techniques.


Sur les questions de santé, le pouvoir UMP a longtemps choisi, parmi les représentants syndicaux des médecins, les plus conservateurs. Certains syndicalistes ne représentant quasiment qu'eux-mêmes se voyaient récompensés d'une signature conventionnelle par honneurs et subsides. Et en 2006, Xavier Bertrand fit passer un amendement sénatorial ( l'amendement Vasselle) pour évincer de la représentativité syndicale les vainqueurs des élections professionnelles des représentants des médecins libéraux, pour garder en selle ses "partenaires". Une grande partie des médecins n'a donc pu que retenir sa colère pendant des années, s'arrachant les cheveux lorsque les représentants syndicaux adoubés et bichonnés par le pouvoir venaient  squatter les médias en alignant tous les poncifs caricaturaux attendus."Quelle représentation donnent-ils de la profession? Quelle image donnent-ils des médecins à nos patients?", ce sont les questions que se posent les médecins spoliés.

Aujourd'hui, le pouvoir fait fort, en étendant son champ de compétence vers la représentation des patients. Politiquement, dans les coulisses, deux entités ont tenté d'occuper cette place symbolique. La Mutualité Française, incarnée par jean-Pierre Davant, et le CISS, incarné par Christian Saout. Ce dernier fut président d'Aides avant de devenir président du Collectif Interassociatif sur la Santé. Il fut peu de temps après nommé par le Ministère à la Conférence Nationale de Santé, élu président. ( * cf en bas d'article)

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Au fil des ans, Christian Saout s'est singularisé par des attaques en règle contre la médecine libérale. Ces attaques étaient toujours brutales, souvent infondées. Sur le ton du badinage, l'ancien magistrat dégoisait sur les médecins, lâchant de petites vacheries, qu'ensuite, en privé, il tournait en dérision. Les aléas du direct, ce genre de choses... Son ironie vis-à-vis du corps médical est liée à sa totale méconnaissance de la médecine générale. Pour le président du CISS, les généralistes ne servent à rien, ne coordonnent rien : il a coutume de dire ( le comique de répétition est son fort) que ce sont aujourd’hui les patients qui coordonnent leurs soins. Adepte de l’éducation thérapeutique des patients ( une fort noble idée, à condition qu’à terme ni les firmes pharmaceutiques ni les assurances privées ne la prennent en charge… ce qui est pourtant dans les cartons…), il entérine la mort de la médecine générale.

Et les années passent. Christian Saout s'est révélé un soutien efficace à la loi HPST de Roselyne Bachelot. Christian Saout a moins parlé des sujets qui fâchent, des franchises sur les soins que la Ministre avait imposées aux plus faibles.

Pendant l'épisode H1N1, la Conférence Nationale de Santé qu'il préside s'est signalée par son mutisme absolu sur la gestion de la pandémie.

Et récemment, sur le sujet de la télétransmission des feuilles de soins, Christian Saout, sur France-Info, a lâché une de ces saouteries poujadistes dont il a le secret, expliquant que les médecins avaient utilisé une prime à la télétransmission octroyée par l'état en 1996 pour acheter des sacs à leur femme ou des Playmobil à leurs enfants. Sur le ton de la boutade, il s'agit, une énième fois, de faire passer les médecins pour des escrocs médiocres, irresponsables, tricheurs, plus occupés à détourner l'argent de l'Assurance-Maladie qu'à soigner leurs patients. L'accusation ne repose sur rien, elle est fausse, mensongère, pathétique même, si on prend le temps de décortiquer le dossier.  Qui plus est, sur son site, le CISS enfonce le clou:

« C’est la Cour des comptes qui vient d’annoncer cette triste nouvelle. En effet, une feuille de soins manuscrite coûte 1,74 € à gérer pour l’Assurance maladie. La même feuille de soins coûte 8 fois moins cher par traitement électronique : 0,21 €.
C’est une affaire à 200 millions d’€. Un beau gisement d’économie qui aurait pu nous permettre d’éviter les derniers déremboursements, par exemple.  

Comment en est-on arrivé là ? On se le demande car les médecins ont reçu une dotation financière pour leur équipement informatique. Pour en faire quoi ? Pour contempler le clavier. Et, en plus, l’Assurance maladie leur fait un petit geste « commercial » pour appuyer sur la touche « Enter » : 7 centimes d’euro. Il est vrai que c’est un geste très fatiguant !!!!

Il faut maintenant changer d’échelle, et passer de l’invitation subventionnée à la sanction pour non-respect d’une obligation réglementaire. Ceci d’autant que les délais de remboursement occasionnés par le traitement administratif des feuilles de soins papier sont nettement plus longs que le temps nécessaire pour traiter un dossier télé-transmis. Les usagers sont donc les premiers à supporter les conséquences de pratiques dépassées.

Il avait ainsi été envisagé de taxer le refus de pratiquer la feuille de soins électronique (FSE) à hauteur de 50 centimes d’euros. On se demande d’ailleurs pourquoi la taxe ne correspond pas plutôt au différentiel entre le coût de traitement de la FSE et celui de la feuille papier, c'est-à-dire le triple de la taxe envisagée : 1,53 €.


Une fois encore, quand il est question de sauver l’Assurance maladie solidaire, on a le sentiment que les médecins ne se voient pas imposer les contraintes avec le même zèle que les usagers … qui n’ont quant à eux jamais eu à discuter l’augmentation des forfaits, la création des franchises ni le montant des déremboursements. Deux poids deux mesures, donc. Ça suffit ! »

La réalité est toute autre.

La télétransmission des feuilles de soin est un travail administratif, qui facilite le remboursement des assurés. L'Assurance-Maladie l'a externalisé sur les médecins, diminuant ainsi ses charges de personnel au prix d’une diminution de la masse salariale, et laissant ces derniers assumer seuls l'achat du matériel, sa maintenance, le coût des modifications successives du matériel et des logiciels.

Une aide à l'informatisation des médecins a été versée, en 1996... prise sur un fond monétaire issu de leurs propres cotisations!!!!!  Seuls les médecins s'engageant alors à télétransmettre 90% de feuilles de soins en ont bénéficié. Cette aide s'est élevée à 9000 francs, soit 1400 euros aujourd'hui. Toute personne utilisant un poste informatique pourra réaliser à quel point cette somme est insuffisante à gérer un poste informatique et le coût d'un appareil de télétransmission sur une quinzaine d'années... La "rémunération" de chaque feuille télétransmise, 7 centimes d'euros, ne couvre pas sur l'année le simple coût de l'abonnement au service de télétransmission ( ne parlons pas du renouvellement matériel et logiciel). En gros, un médecin qui télétransmet une feuille de soins électronique aujourd'hui est rémunéré 7 centimes d'euros, alors qu'il subit les charges de ce travail administratif, et fait gagner aux caisses 1,53 euros... Le CISS s'étonne donc par la voix de son service de presse, cornaqué par son président, que la pénalité que l'on veut imposer en cas d'utilisation d'une feuille de soins papier ne soit que de 50 centimes d'euro... et pas de la totalité de la somme... que le médecin télétransmetteur fait économiser aux caisses... Les cons osent tout, c'est à ça qu'on les reconnaît.

A ce stade, et au-delà de la passe d'armes, nous voudrions demander aux patients de se poser la question que les médecins se posent quand, enragés, impuissants, ils voient dans les médias parader certains représentants syndicaux longtemps choyés par le pouvoir: ""Quelle représentation donnent-ils de la profession? Quelle image donnent-ils des médecins à nos patients?". En écho, nous demanderions à ces derniers: « Quelle représentation le président du CISS, amusant la galerie de bon mot en bon mot, donne t'il des patients? En dénigrant les médecins sous la houlette d’un pouvoir qui organise leur disparition en ville et la mise de l’hôpital sous coupe réglée, qui sert-il? »

A ces questions, nous en ajouterions d'autres: "Pourquoi la Conférence Nationale de Santé que préside Christian Saout ne s'est-elle pas intéressée à la gestion de la "pandémie H1N1", alors qu'il est dans l'intitulé de sa mission de formuler des avis et propositions sur les plans et programmes prévus par le gouvernement ou en vue d’améliorer le système de santé en France ; de contribuer à l’organisation de débats publics sur les questions de santé?"

A ceux qui se poseraient la question, nous proposons les éléments de réflexion suivants:

Le budget du Collectif Interassociatif sur la Santé s'est établi en 2008 à hauteur de :

1 860 130 euros. Il a été financé de la manière suivante :

 

- Financement Direction Générale de Santé (Ministère) : 70,16%

- Financement CNAMTS ( Assurance-Maladie) : 11,99%

- Conseil régional et CDVA : 4,07%

- CNOP : 4,11%

- Malakoff-Médéric : 1,37%

- Fondation Pfizer : 0,83%

- Caisse nationale des Caisses d'Epargne (CNCE) : 1,10%

- Crédit Mutuel : 1,34%

- Produits financiers : 0,43%

- Cotisations associations : 0,32%

- Valorisation Bénévolat : 3,23%

- Dotation aux amortissements : 1,01

 

Christian Lehmann est médecin généraliste, écrivain. Il a été en 2007 à l’origine de la lutte contre les franchises sur les soins.

 

Bruno-Pascal Chevalier, qui en 2008 avait lancé une grève des soins pour alerter et protester contre les franchises, est co-fondateur de « Ensemble pour une santé solidaire », mouvement d’usagers, de professionnels de la santé, d’organismes et de travailleurs sociaux.

http://ensemblepourunesantesolidaire.fr/

 

 

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(*) La Conférence nationale de santé (C.N.S.) a été adaptée par la loi n° 2004-806 du 9 août 2004 relative à la politique de santé publique. Lieu de concertation sur les orientations des politiques de santé, la Conférence nationale de santé permet aux acteurs du système de santé d’exprimer leurs points de vue sur les politiques de santé, relaie les demandes et les besoins de la population en termes d’état de santé, d’accès au système de santé, et favorise le dialogue entre les usagers, les professionnels, les autres acteurs et les responsables politiques.

La C.N.S. est consultée par le gouvernement lors de la préparation du projet de loi définissant les objectifs de la santé publique ; elle formule des avis et propositions sur les plans et programmes prévus par le gouvernement ou en vue d’améliorer le système de santé en France ; elle contribue à l’organisation de débats publics sur les questions de santé.

 

PS :

Face à la mauvaise foi et au mensonge, le docteur Dominique Dupagne a choisi l’arme de la dérision.

http://www.atoute.org/n/article145.html

18/01/2010

H1N1: "Pandémie: pourquoi les Français doutent-ils?"

« La France a le meilleur système de santé du monde, selon l’OMS ». « Le plan pandémique français est un exemple pour le monde entier ».

 

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Ces affirmations répétées par les technocrates ministériels devaient un jour ou l’autre être balayées par une crise sanitaire. C’est chose faite. Pour ceux qui pratiquent encore la médecine générale, ce petit métier voué à disparaître pour cause d’entrave au néolibéralisme financier, ce n’est pas une surprise. Ainsi dès 2007 j’avais créé un blog, « en attendant H5N1 », rassemblant données médicales parcellaires sur les risques sanitaires et commentaires désabusés sur la destruction accélérée du système solidaire français.

Mais je dois l’avouer, même pour un observateur averti, l’ampleur du fiasco H1N1 est surprenante. Ainsi les Français ont mis en doute les consignes péremptoires assénées à longueur d’antenne par ministres et experts. Par quel miracle ?

Fin Octobre, l’un d’eux livre son analyse. Antoine Flahault, directeur de l’Ecole des hautes études en santé publique, s’était hasardé mi-Août 2009 à une prévision basée sur une lecture hâtive des chiffres de décès dans deux îles de l’Océan Indien, reprise dans la quasi-totalité des média comme une vérité scientifique : la mortalité de la grippe H1N1 serait cent fois supérieure à celle de la grippe saisonnière. Dans ce contexte, on comprend l’étonnement de l’expert quand, dix semaines plus tard, la population boude les vaccinodromes. Son explication? Nous assisterions aux effets à long terme de… Mai 1968, aux caprices « d’enfants gâtés » : « Tout l’édifice patiemment construit pour le bien commun semble s’écrouler sous nos pieds : la population tourne massivement le dos et s’en va en maugréant... Peut-être, les barricades cèderont-elles ? Peut-être, la raison reviendra-t-elle ? » Cette explication sarkocompatible sur les méfaits de l’esprit de 68 en dit long sur le désarroi de nos élites, ainsi que sur leur déconnexion du réel. Et l’on a droit, comme toujours, au couplet sur les méfaits d’Internet : « une blogosphère insensée s’agite et semble mieux à même de convaincre l’opinion…souvent réfractaire aux données scientifiques… elle a des accents parfois paranoïaques, agite volontiers la théorie du complot, dénonce sans la moindre preuve les manipulations d’Etat… »

Ces affirmations n’expliquent pas comment une proportion très importante de professionnels de santé eux-mêmes font partie des vaccino-sceptiques. Ceux-ci seront désignés dans les média comme des irresponsables, voire des propagandistes sectaires, ce sera l’analyse râbachée sans nuance par Hélène Cardin sur France-Inter, qui prendra la défense d’experts épinglés pour leurs conflits d’intérêt non dévoilés avec Big Pharma, tout en raillant la piétaille généraliste, inculte et uniquement motivée par le manque à gagner que représenteraient les vaccinodromes.

A la vérité, c’est sur Internet en grande partie que la bataille d’arguments s’est livrée, médecins et infirmiers décortiquant patiemment les publications scientifiques, « vulgarisant » leur contenu parfois abscons pour leurs lecteurs, quand les médias en majorité servaient la soupe au plan pandémique. Et l’erreur majeure d’un gouvernement qui vit de l’instrumentalisation de peurs fabriquées aura été d’écarter d’autorité du plan pandémique les généralistes, troufions individualistes jugés comme incompétents. Imposer aux Français il y a cinq ans un médecin traitant, pour ensuite leur expliquer qu’ils avaient confié leur santé à un imbécile incapable de respecter la chaîne du froid, c’était ajouter un mensonge de trop à une longue série d’affirmations politiques et industrielles calamiteuses.

 

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Christian Lehmann est médecin généraliste et écrivain

 

Paru dans l'Humanité, samedi 16 janvier 2010

15/12/2009

TAMIFLU, VACCIN ET GRIPPE H1N1: DANS LE MUR EN KLAXONNANT

Dans mes cauchemars les plus fous, je n'aurais jamais imaginé la séquence d'évènements, de déclarations et de décisions grotesques qu'accumulent avec une désarmante constance dans le n'importe quoi la ministre, ses experts, et son directeur général de la santé.

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Jeudi 10 décembre, donc, la Direction Générale de la Santé adresse aux médecins un mail DGS-Urgent informant qu'à partir de dorénavant et parce que c'est comme ça, tenez-vous bien....

LA DEFINITION DE LA GRIPPE A CHANGE.

et que... ( non, attendez, asseyez-vous, un malaise est si vite arrivé, je m'en voudrais de surseoir au principe de précaution qui anime tous ces irréprochables professionnels de la profession)

TOUT GRIPPE SERA MIS SOUS TAMIFLU, DE MANIERE SYSTEMATIQUE.

Je vous la fais courte, mais en gros, cette directive est censée s'imposer à tout médecin.

Autrement dit, sur le plan médicolégal, cette directive met en danger tout médecin qui, au vu des données actuelles de la science, en son âme et conscience de soignant responsable, refuserait de s'y soumettre.

On est, soyons clair, dans la dictature de l'émotion, de la connerie, et du n'importe quoi.

Car cette décision est plus que discutable ( sauf si on est adepte de la Mélenchon-attitude, qui, je le rappelle, se résume à cette brève de comptoir ébouriffante : "DEVANT LES CAMPAGNES DE SANTE PUBLIQUE, ON FAIT D'ABORD LA CAMPAGNE ON DISCUTE APRES, PAS L'INVERSE").

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Cette décision est discutable et injustifiée ( au sens étymologique du terme: rien ne la justifie, le document fourni aux médecins ne contient pas UNE référence médicale expliquant la modification de la stratégie nationale de prise en charge). Sans m’étendre sur le sujet, je fournirai en fin d’article quelques-uns des très nombreux liens qui contredisent cette directive : il n’existe pas aujourd’hui de données scientifiques validées amenant à prescrire systématiquement du TAMIFLU au moindre signe de grippe. Il existe des données scientifiques, sujettes à controverse, laissant penser que le TAMIFLU peut être utile s’il est donné aux patients à risque, ou s’il est donné en cas d’apparition de signes respiratoires ou d’aggravation de l’état d’un patient.

Reprenons le premier diktat de la DGS:

La définition de la grippe a changé. Je cite:

« La grippe A(H1N1) ne se différencie pas du point de vue symptomatologique de la grippe saisonnière.


Un cas est défini par un malade présentant un syndrome respiratoire aigu à début brutal associant:

= des signes respiratoires (toux et/ou maux de gorge et/ou rhinite...);

ET

« des signes généraux (fièvre supérieure à 38°C et/ou myalgies et/ou asthénie.). »

 

Suivez-bien les et/ou et le ET, et vous verrez que le diagnostic de grippe est maintenant posé sur la seule association des deux symptômes suivants: une rhinite et une asthénie.

 

En français, cela signifie que pour gonfler les chiffres et poursuivre dans la politique de la terreur mise en place pour justifier une vaccination de masse à 1 milliard d'euros au bas mot et les vaccinodromes ministériels, il faut à tout prix pouvoir annoncer, alors même que l'épidémie s'essouffle, que la grippe A a ravagé le territoire...


En français, cela signifie que toute personne présentant, en ce début d'hiver, UN NEZ QUI COULE ET UNE FATIGUE, est UN GRIPPE QUI S'IGNORE!!!

 

Et qui, cerise sur le gâteau, DOIT ETRE SYSTEMATIQUEMENT MIS SOUS TAMIFLU...

 

Etrangement, les directives antérieures étaient diamétralement opposées, et la ministre l'avait écrit et souligné aux médecins dans un des inénarrables lettres que l'on commentera à l'envi lors de son procès: ( lettre du 15/07/2009 aux médecins, le soulignage est d’origine)

 

 

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« Il vous appartient, bien entendu, de déterminer les modalités de prise en charge médicale des patients présentant des symptômes évocateurs de la grippe. Pour autant, il me parait utile de préciser, s'agissant du virus A/H1N1, qu'elles peuvent actuellement s'apparenter à celles que vous mettez en œuvre pour traiter la grippe saisonnière. Ainsi, sur la base de l'avis des experts. la prescription systématique d'antiviraux n'est pas justifiée. Pendant la phase de contingentement, la prescription systématique d'Oseltamivir aux patients et à leurs contacts avait pour but de ralentir la progression du virus. A l'heure actuelle, comme je vous l'ai dit, il importe de réserver la prescription de ce médicament aux cas qui le nécessitent, afin de ne pas courir le risque de voir émerger des résistances. Je vous demande tout particulièrement de ne pas délivrer ce traitement à des patients qui en feraient la demande à des fins de précaution, sans que le besoin ne soit justifié d'un point de vue thérapeutique. J'ai par ailleurs demandé à la caisse nationale d'assurance maladie de surveiller le flux des prescriptions d'antiviraux. Je serai attentive à ce que le volume des prescriptions corresponde à la réalité de la situation épidémiologique sur le terrain. En revanche, la systématisation du port du masque anti-projections (ou masque « chirurgical ») par les malades est très importante pour limiter le risque de transmission du virus. Je sais pouvoir compter sur votre professionnalisme. »

 

(NDLR : Oseltamivir est le petit nom du TAMIFLU)

 

Depuis le 10 décembre, les syndicats de médecins généralistes, les sociétés savantes de médecine, le FORMINDEP, et bien d’autres, ont réagi à cette directive stupéfiante, aussi bien dans la forme que sur le fond. Je ne reproduis pas ici tous leurs arguments, mais l’absence de respect de l’indépendance scientifique des médecins, l’utilisation d’une procédure d’urgence pour imposer une conduite médicale inexpliquée et inexplicable sur le plan scientifique à ce stade de l’épidémie, et enfin l’absence consternante de toute référence médicale ou de toute publication scientifique cohérente, provoquent dans le milieu médical un émoi énorme, certains réalisant seulement maintenant qu’il n’existe pas de limite à l’amateurisme, à l’autoritarisme et à l’incompétence de ceux qui sont censés gérer cette pandémie.

 

Ah, j’oubliais un détail. Jusqu’au 20 décembre, nous apprend le communiqué de la DGS, les patients iront à la pharmacie se faire délivrer les boîtes de TAMIFLU avec l’ordonnance du médecin. A partir du 21 décembre ( je vous avais dit de vous asseoir, je n’accepterais aucune réclamation), le TAMIFLU délivré en pharmacie ne proviendra plus des laboratoires ROCHE mais directement des stocks mis en place par le gouvernement depuis 2005 en prévision de la grippe aviaire. Ces stocks dont on nous expliquait que la date de péremption était dépassée, mais qu’en fait le médicament restait encore efficace et actif. Il n’y a donc pas lieu de s’inquiéter, la santé publique en France est en de bonnes mains.

 

 

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Je vous laisse digérer cette information. Bientôt, un petit point sur l’épidémie, la manipulation des chiffres des décès, et une question à l’expert Antoine Flahault, car je suis nul en mathématiques : Si j’annonce au doigt mouillé en Septembre 2009 que la grippe A pourrait faire 100 fois plus de morts que la grippe saisonnière, et si au final cette grippe A fait à peu-près 4 fois moins de morts que l’estimation la plus basse possible de la grippe saisonnière, comment puis-je justifier un taux d’erreur de 400% ?

 

 

Liens :

Faut-il prendre du TAMIFLU en cas de grippe ?

http://www.atoute.org/n/article138.html

Influenza antiviral treatment and prophylaxis

http://hldemo.ebscohost.com/Influenza/dm/influenza_antivi...

TAMIFLU pour tous: la déraison ( communiqué du syndicat UNION GENERALISTE)

http://www.uniongeneraliste.org/communiques/tamiflu-pour-tous-la-deraison.html

 

 

COLLEGE NATIONAL DES GENERALISTES ENSEIGNANTS

http://www.cnge.fr/IMG/pdf/091213_Pandemie_grippale_A_CNG...

LETTRE OUVERTE-PETITION A DIDIER HOUSSIN, DIRECTEUR GENERAL DE LA SANTE ( cette pétition est réservée aux médecins)

http://www.formindep.org/Lettre-ouverte-petition-a-Didier

 

SOCIETE FRANCAISE DE MEDECINE GENERALE

http://www.sfmg.org/actualites/communiques/a_propos_du_me...

 

Message à caractère informatif: Vous êtes sous Internet Explorer? Je vous plains. Il vous manque la moitié de ce texte.

 

 
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