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28/01/2011

MEDIATOR: Faillite de l'expertise, et faux chevaliers blancs

L'affaire du MEDIATOR est dans tous les journaux.

Encore aujourd'hui je vois deux pleines pages sur La Revue Prescrire dans Libération.

Et chaque jour voit son lot de rebondissements. Hier c'était l'assureur AXA qui informe le laboratoire SERVIER que... "ah dommage c'est con les gars mais vous n'êtes pas assurés pour les risques liés aux anorexigènes... ". SERVIER qui a cru faire le malin en affirmant pendant des années que le MEDIATOR n'était pas un anorexigène ( c'est à dire un coupe-faim), mais un médicament contre le diabète, est pris à son propre piège. Et ça risque de lui coûter très très cher. Aujourd'hui, c'est apparemment le député Gérard Bapt, en charge de la mission d'enquête parlementaire sur le MEDIATOR, qui révèle que le professeur ACAR, qui vient de sortir une contre-expertise sur les chiffres de décès attribués au médicament, est... fondateur de l'association francophone de cardiologie dont les congrès sont financés par... SERVIER. Amusant, le matin même, j'avais reçu un mail de la revue Preuves et Pratiques ( qui en monte, des congrès sponsorisés...) pour m'informer:

AFFAIRE MEDIATOR : Un cardiologue de renom s'exprime

Après les journalistes, les politiques, les ministères et les agences de santé, le Professeur Jean ACAR, connu pour son intégrité et considéré comme un des « papes » de la valvulopathie mitrale, s'est exprimé.

www.cardiologie-francophone.com

Dans le contexte actuel il nous paraît important de relayer l'expression de spécialistes reconnus. Nous ferons suivre ces analyses sans esprit partisan avec le souci de transmettre des informations de qualité et indépendantes.

Bonne lecture.

La Rédaction.

Et pour être sûr que je comprenne bien, ils me le remettent en anglais

MEDIATOR AFFAIR : A renowned cardiologist's view

After words from the press, politicians, ministers and medical agencies, Professor Jean ACAR, who is known for his integrity and considered as one of the «Popes» of mitral valvulopathy, expressed himself.

www.cardiologie-francophone.com

In the present context we think it is important to relay the words of renowned spécialiste. We will make a neutral follow-up of these analysis with the concern of conveying quality and independent pieces of information.

Good reading

The Editorial team

Amusant, non? Personne n'a dit au rédacteur de ce mailing qu'on ne dit pas "MEDIATOR AFFAIR", à moins qu'en plus SERVIER ait couché avec son médicament, et que dans un pays anglo-saxon, être un "Pope" de la valvulopathie, ça ne veut pas dire grand-chose.

 

Ca ne veut pas dire grand-chose en Français non plus, de parler de "Pape", et "spécialiste reconnu", parce que ce que ces braves gens ne comprennent pas, ou comprennent trop bien, c'est que ce qui est en jeu, c'est LA FAILLITE DE L'EXPERTISE.

 

Par défaut d'indépendance, les experts ont failli. C'est pourtant simple à comprendre, non? Personne, à mon sens, ne l'a dit mieux et plus clairement que mon ami Philippe FOUCRAS, fondateur du FORMINDEP ( www.formindep.org ) :

« Regardons la réalité en face : ce sont les meilleurs, ces experts issus du système hospitalo-universitaire, qui ont autorisé le Mediator et n'ont pas vu qu'il y avait un problème, et ce sont les petits généralistes et les pharmaciens de rien du tout de Prescrire qui ont dénoncé ça. Peut-être faut-il revoir la définition de "meilleurs" car le vrai critère du meilleur ce n'est pas seulement les diplômes et les titres, mais l'indépendance. »

Depuis le temps que les lanceurs d'alerte indépendants le crient dans l'indifférence quasi-générale, et grâce entre autre aux affaires qui précédèrent celle-ci ( STALTOR, du labo Bayer, VIOXX, du labo MSD, H1N1, du labo Grosselime Bachelot and associates), les journalistes, et les Français, commencent à comprendre que le "grand professeur en blouse blanche nimbé de sa superbe" qui cause-dans-le-poste ne vaut pas mieux, et probablement beaucoup moins, que le généraliste à 23 euros qui lit Prescrire. Enfin! Il aura juste fallu quelques décennies, pendant lesquelles les rédacteurs de PRATIQUES ( la courageuse revue du SMG, dont je parlais il y a quelques jours), les rédacteurs de Prescrire, se sont vus vilipendés et traités d'ayatollahs, de pisse-froids, d'aigris, par ceux-là même dans la profession qui servaient la soupe au LEEM et acceptaient d'être financés par ces firmes pharmaceutiques...

L'affaire du MEDIATOR est dans tous les journaux, donc, et, franchement, ça me met un peu les glandes. Comme me mettent les glandes les centaines d'articles élogieux "découvrant" Stéphane Hessel, quand AUCUN grand média, à part l'Humanité, ne reprit lorsqu'il le fallait, c'est-à-dire avant la catastrophe nationale que constitua l'élection de Nicolas Sarkozy, l'Appel des Résistants aux jeunes générations, qui en 2004 rappelait l'héritage du Conseil National de la Résistance que Sarkozy et ses amis allait mettre à bas.

Tout ce qui est dans "INDIGNEZ-VOUS" était dans cet Appel, mais les média regardaient ailleurs.

Tout ce qui sort aujourd'hui sur le MEDIATOR, sur les firmes, était dans la Revue PRESCRIRE, dans PRATIQUES, dans "PATIENTS SI VOUS SAVIEZ", dans "LES FOSSOYEURS", depuis des années.

Mais, comme m'avait répondu un journaliste de Libération alors que j'essayais d'attirer en 2007 l'attention sur le programme santé de Nicolas Sarkozy et ses "franchises", "C'est vachement sympa, ton livre, mais c'est pas le sujet de l'élection. Le sujet, c'est l'identité nationale et le drapeau." Presse calamiteuse, presse de suivistes... L'identité nationale et le drapeau, les deux hochets qu'agitait Sarkozy et que, bonne fille du Poitou, Ségolène Royal s'était magistralement appropriée, combattant sur le terrain de l'adversaire en délaissant les questions sociales...

C'est en suivant ce fil de pensées, pensées ambivalentes parce que, même s'il est bien tard, je suis content que ces choses sortent enfin... que j'ai commencé à penser à ma Boîte Noire. A ce qu'il y a dedans. A ces gens qui pavanent aujourd'hui dans les média, s'inventent des armures de chevaliers blancs, "découvrant" l'ampleur du désastre sanitaire... qu'ils ont fortement contribué à mettre en place. Je pense à Xavier Bertrand, tiens, qui publie ses liens d'intérêt et ceux de Nora Berra pour les journalistes... Je vous en livre juste la conclusion:

Xavier Bertrand indique qu'il se consacre exclusivement à ses mandats politiques et électifs et qu'il a cessé son activité professionnelle dans le secteur de l'assurance en 2004 date à laquelle il est entré au gouvernement pour la première fois.

Pour sa part, Nora Berra rappelle que pour assumer pleinement son engagement politique, elle a cessé l'ensemble de ses activités professionnelles dès début 2009, en amont des élections européennes de juin 2009 auxquelles elle était candidate. Ses activités de praticien attaché au service d'immunologie clinique (spécialité VIH) de l'hôpital Edouard Herriot de Lyon qu'elle occupait depuis 1991 et de Médecin des affaires médicales de trois laboratoires pharmaceutiques (Boehringer Ingelheim de 1999 à 2001 - Bristol Myers Squibb de 2001 à 2006 - Sanofi Pasteur MSD Europe de 2006 à 2009) ont donc pris fin à cette date.

Xavier Bertrand et Nora Berra tiennent à remercier leurs collaborateurs qui se sont prêtés à l'exercice de déclaration d'intérêts alors que celui-ci n'est à ce jour ni prévu, ni encadré. Cette démarche dictée par la recherche de la plus grande transparence, dans un contexte où le Ministère chargé de la Santé a notamment la responsabilité de porter une réforme exemplaire de notre système du médicament, ne préjuge en rien les recommandations que la Commission de réflexion pour la prévention des conflits d'intérêt dans la vie publique, présidée par le vice-président du Conseil d'Etat, pourra être amenée à formuler.

Rappelons que Nora Berra s'était illustrée en Novembre dernier en mettant en doute l'imputabilité des décès attribués au MEDIATOR, puis, mise en cause, avait répliqué que c'était un atout pour elle d'avoir travaillé pour des laboratoires car elle connaissait donc d'autant mieux « les problématiques auxquels ils sont confrontés. » Ajoutant dans le Parisien, ce qui est la réplique HABITUELLE du service de communication du LEEM lorsqu'on pointe tel ou tel expert financé par les firmes: « Je ne pense pas qu'un brevet d'incompétence sur les sujets dont on a la charge soit la meilleure garantie pour répondre aux attentes des Français. » ENORME. Allez, moi je vous le dis, avec ces deux-là, on n'a pas fini de s'amuser. La suite? C'est ici. Pour bientôt.

 

 

 

 

03/12/2009

"On se voudrait Jaurès… " : Lettre ouverte au sénateur Mélenchon à propos de grippe H1N1 et de vaccin…

"On se voudrait Jaurès… "

Lettre ouverte au sénateur Mélenchon à propos de grippe H1N1 et de vaccin…

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" Devant les campagnes de santé publique, on fait d’abord la campagne on discute après, pas l’inverse..."

 

 

Monsieur le Sénateur,

le mépris poujadiste et l’incompétence sur les questions de santé publique dont tu as fait preuve lors de l’émission de Pierre Weill sur France-Inter le dimanche 29 Novembre atteignent des sommets et me poussent à t’écrire.

Parce qu’il m’est arrivé de te lire, parce qu’il m’est arrivé de partager tes colères, parce que tu es l’un des rares « socialistes » que j’ai vu se déplacer lors des manifestations organisées par les associations de professionnels de santé et de citoyens qui tentaient sans grand relai parmi la caste politique de stopper la destruction du système de santé solidaire largement entamée sous Chirac et accélérée sous Sarkozy, ta prestation m’a été révélatrice. De ce que tu es. De ce que l’on peut attendre de toi.

C’était dimanche 29 Novembre, donc, sur le plateau de l’émission de Pierre Weill, « C’est demain la veille » sur France-Inter. Comme l’annonce le site de la radio, « Chaque dimanche, entouré de plusieurs personnalités ( éditorialistes, politiques, économistes…) Pierre Weill anime, en direct, le débat autour des perspectives de l’actualité de la semaine à venir. »

On t’a invité, tu es venu. Dans la position du contorsionniste qui critique le système médiatique et y participe pourtant…

Je connais cette position, je l’ai longtemps pratiquée. De 2005 à 2008 je me suis livré à cet exercice d’équilibriste, sur une autre radio, où je me suis donc retrouvé, lors de la campagne au sujet du Traité Européen, être le seul partisan du « NON » à l’antenne sur un aréopage de près de quinze « personnalités ».

Où je me suis ensuite retrouvé l’un des seuls à tenter d’alerter sur la destruction du système de santé solidaire que je voyais se profiler à l’horizon de la France d’Après…

Je sais le danger de cet univers, le risque de la connivence.

On se voudrait imprécateur, on se retrouve supplétif du système.

On se voudrait Jaurès, on finit Philippe Val.

Dimanche 29 Novembre donc, et tu es là, entouré de Jean-Marie Colombani, le digne héritier d’Hubert Beuve-Méry, et de Luc Ferry, philosophe sarko-compatible pour paquebot *

 

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Tu es là, entouré de deux éminents éditocrates, dans la posture du critique des médias à qui on ne la fait pas.

Et quand Pierre Weill te donne la parole pour te questionner sur la grippe H1N1 ( car le propre de l’éditocrate qui se respecte est d’avoir un avis sur tout, et surtout un avis), tu n’y vas pas avec le dos de la cuiller, fustigeant les média, demandant à Pierre Weill de faire un mea-culpa pour toutes ces émissions qui ont dénigré le plan de vaccination gouvernemental, alors qu’aujourd’hui, Mâme Michu, que l’épidémie est là, et que les Français se ruent dans les gymnases, il serait bon pour les média de battre leur coulpe d’ex-Saint-Thomas.

Pierre Weill a beau te répondre, sur la radio dont la direction de l’antenne a été confiée à Jean-luc Hees et Philippe Val, que, ma foi, dans tout ça les média n’ont fait que leur boulot, tu as cette phrase sublime, que Bouvard et Pinochet n’auraient pas reniée :

« Devant les campagnes de santé publique, on fait d’abord la campagne on discute après, pas l’inverse. Ca c’est le premier élément à charge de tous ceux qui ont semé du scepticisme sur cette affaire… »

Weill essaie alors de faire valoir que les Français eux-même ont fait, et font toujours, preuve de scepticisme, et tu rétorques, avec la superbe d’un Oui-Ouiste fustigeant la plèbe :

« Les Français n’étaient pas sceptiques… Les sondages on s’en fout…. » pour finir en grand démocrate sur «  Si on avait fait un sondage pour savoir si les gens pensent que la terre était plate ou ronde, il est vraisemblable que les gens auraient déclaré qu’elle était plate, à l’époque… »

 

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Ce genre d’argument sur la connerie supposée des « gens », du « peuple », ne te rappelle t’il pas les plus belles heures du débat sur la Constitution en 2005 ? Pour un peu, tu nous aurais réécrit l’édito de Serge July au lendemain du Non au traité Européen… Car de même que le partisan du Non était à l’envi caricaturé en xénophobe borné guidé par ses plus bas instincts, tu n’as cessé au cours de cette émission de dénoncer comme rétrogrades, inconscients et pour tout dire simplement criminels ceux qui avaient à un moment ou à un autre émis des doutes sur la cohérence des décisions politiques et industrielles du ministre de la Santé et de ses principaux experts. Qu’importe que cette controverse soit basée sur des analyses différentes des données scientifiques qui s’accumulent au fil des articles dans la presse médicale internationale, amenant à relativiser le danger posé par le virus par rapport aux craintes initiales. Qu’importe si ceux qui rechignent à la fabrique du consentement vaccinal par la terreur orchestrée se retrouvent parmi des professionnels de santé informés, souvent les premiers à analyser et dénoncer les petits arrangements avec la vérité des multinationales pharmaceutiques. Avec un gros bon sens poujadiste, tu n’as cessé de déverser ton mépris, de menacer de la schlague ceux qui agissent tout d’abord en professionnels conscients et responsables plutôt qu’en exécutants zélés.

Après ta tirade sur le peuple irresponsable, tu n’as pas fini. Grisé par ton audace ( attaquer Pierre Weill sans bousculer les deux éditocrates importants que demain tu retrouveras dans les salons et qui te rendront la pareille), tu te lances enfin dans le vif du sujet, à savoir la possibilité pour les généralistes de vacciner de manière ciblée leurs patients à risque :

« Sinon, pour l’affaire des médecins, évidemment c’est Chérèque qui a raison, c’est une affaire de pognon tout à l’heure on le disait hors-antenne bon alors ça ça posera d’autres problèmes…. Et bien parce que si vous allez dans le centre vous faire vacciner c’est gratuit si vous allez chez votre médecin vous devrez le payer à l’acte avec tous les débordements habituels auxquels ces gens se livrent sur le dos de la Sécurité Sociale et de la santé publique… »

Quelle chance pour le gouvernement. Pour le prix d’un idiot utile, Sarkozy vient de s’en payer deux… car ce que Sarkozy, l’homme de la franchise sur les soins et de la mise à bas du programme social de la Résistance, pense tout bas, Chérèque** ( quelle aubaine !) le dit tout haut…

S’essuyer les pieds sur les généralistes est un sport national chez les élites politiques du pays. C’est aussi, en hâtant leur disparition programmée par le capitalisme financier, précipiter le système de santé vers son américanisation. Mais que t’importe, tu auras eu ton quart d’heure de gloire médiatique…

Je ne m’attarderai pas sur ta méconnaissance crasse de ce qu’est une vaccination, sur le fait que la grande erreur du gouvernement est d’avoir cru qu’il s’agissait simplement d’une « piqûre » quand il s’agit avant tout d’une réflexion commune, d’une prise de décision, en fonction de l’histoire clinique du patient, de ses facteurs de risque, du rapport bénéfice-risque du vaccin considéré, et que cet acte dépend donc souvent du rapport de confiance mutuel établi de longue date entre un patient et son médecin… Je soulignerai simplement, puisque tu n’es pas un scientifique mais un homme politique prétendant à l’arbitrage de la cité, ton ignorance économique. Qui, à part Roselyne Bachelot et toi, croit vraiment que « si vous allez dans le centre vous faire vacciner c’est gratuit » quand le coût de l’opération dépasse le milliard d’euros, sans compter le coût qui restera à charge des communes, et que l’Etat, bien entendu, ne prendra pas en compte…

 

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Dans toute cette diatribe, ce qui t’anime, c’est cette erreur d’analyse aberrante qui t’amène à applaudir au délirant plan vaccinal du gouvernement parce qu’il t’apparaît à tort comme une résurgence du « collectif » par rapport au « chacun pour soi » du libéralisme. Là où nombre de Français, citoyens et professionnels de santé, découvrent consternés le bordel en gymnase inventé par la ministre et ses conseillers, tu crois voir enfin naître une nouvelle génération de dispensaires ouverts au peuple dans des conditions de prise en charge optimale et solidaire. Or un gymnase n’est pas un cabinet médical. Si tu ne le sais pas, les Français s’en rendent compte…

Après ta charge contre ces généralistes qui ne pensent qu’au pognon, charge qui dédouane efficacement le gouvernement et la ministre de leurs choix politiques et industriels plus que discutables***, tu recevras les félicitations de tes collègues éditocrates.

Luc Ferry glosera comme à son accoutumée sur la « paranoïa sur Internet », « Rika Zaraï contre le patron de l’Institut Pasteur » comme si ceux qui mettent en doute le plan vaccinal étaient tous des charlatans sectaires. Antienne habituelle du bon sens des élites face au marécage d’Internet, ça ne te rappelle rien ???

Suit un moment d’anthologie sur la rémunération des médecins, où Ferry explique que ceux-ci devraient « enfin » accepter d’être payés en partie au forfait sur des missions de service public. L’ancien ministre de Jean-Pierre Raffarin ne sait évidemment pas que c’est sous la férule de ce dernier, en 2004, que son comparse Philippe Douste-Blazy, pour assurer à l’UMP les voix des syndicats médicaux les plus réactionnaires, mit à bas le système du médecin référent qui instituait justement en médecine générale ce paiement au forfait… Et ce n’est pas toi qui va le lui rappeler car, soyons clair, du mode de rémunération des généralistes, tu n’as rien à foutre, à partir du moment où tu peux entre compères du même monde fustiger un « ennemi de classe » qui, rage suprême, garde l’estime d’une grande partie de la population…

Après avoir célébré ton « triomphe », Colombani modèrera tes propos sur le goût de lucre des généralistes ( pendant qu’en arrière-plan on t’entendra t’esclaffer bruyamment) puis reprendra la posture du penseur multicartes fustigeant l’obscurantisme du net, se lamentant qu’ « On ne croit plus à la parole des experts » et, plus tard, que « Le doute scientifique était entretenu par une partie du corps médical lui-même… »

Pendant un instant, écoutant ceci, je me suis dit que l’un de vous réagirait peut-être à cette révélation surprenante, car c’est bien au sein-même de la communauté scientifique et médicale que la controverse était née, et perdurait ( ce qui est, du point de vue du citoyen, extrêmement sain en démocratie).


Que nenni ! On te redonna la parole, et tu pus alors enfoncer le clou, et donner la mesure de ton incompétence et de ta dangerosité.

Car faisant fi d’argumentations scientifiques que tu avais probablement parcouru d’un derrière distrait et auxquelles tu n’entravais que pouic : (vaccination de masse contre vaccination ciblée, vaccin avec ou sans adjuvant, technique de vaccination proposée pour les vaccins multidoses et risques d’erreur ou de contamination, irresponsabilité juridique des laboratoires, profil de l’épidémie, étude des vagues pandémiques dans les pays déjà touchés avant le nôtre, définition des personnes à risque, répartition et mortalité des syndrômes de détresse respiratoire aigüe, date de disponibilité des vaccins par rapport au déclenchement de l’épidémie, analyse des vagues annuelles de grippe saisonnière…), tu livras le fond de ta pensée :

Les médecins et les infirmiers, ces gueux, pourtant premiers concernés au quotidien, rechignaient à la vaccination ? Qu’importe ! Il fallait rendre pour les professionnels de santé hospitaliers la vaccination obligatoire :

 

« Voilà une pression qu’il faudrait exercer sur eux ! » (sic)

 

fouet.jpg

Puis, admettant quand même que l’aide des généralistes pour la vaccination pouvait être utile, tu eus ce mot merveilleux :

« Il y a une décision qui peut être prise par le pouvoir politique qui est de dire et ben ça vous êtes tous à la corvée, vous êtes tous réquisitionnés et vous serez payés tant par vaccin, ça ça prend cinq minutes à décider »

Cinq minutes à décider ?

Tu as raison. Je vais te dire, Pol Pot ou Staline n’auraient même pas tergiversé aussi longtemps.

 

Christian Lehmann


Médecin généraliste depuis 1984

Auteur de « Les Fossoyeurs… notre santé les intéresse » en 2007

Fondateur de l « Appel contre la franchise Sarkozy » en 2007

* Dix jours en mer avec trois astres de la pensée française

http://www.monde-diplomatique.fr/2009/08/FONTENELLE/17746

** François Chérèque, syndicaliste responsable, qui lors d’un meeting patronal pose comme condition l’absence de tout journaliste afin de parler à bâtons rompus et de livrer le fond de sa pensée : « Sarkozy nous a présenté un calendrier pour les réformes et moi et ça me va très bien. On s'y met dès juillet. »

Compte rendu de la rencontre organisée le 27 mars 2007, entre leader de la centrale et le cercle patronal « ETHIC », dirigé par Mme Sophie de Menthon.
Extrait du livre de Jacques Cotta, « Riches et presque décomplexés » (Fayard), p 125.

***

http://enattendanth5n1.20minutes-blogs.fr/archive/2009/11...

 
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