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30/12/2010

H1N1: Pandémie de la peur, le retour des experts la bave aux lèvres

J'interromps la série "Comment la santé devint rentable" pour reproduire ici ce message à caractère informatif, une nouvelle ALERTE URGENTE DE LA DIRECTION GENERALE DE LA SANTE, celle-là même dont le directeur, le Prrrrrofesseur Didier Houssin, s'est illustré l'an dernier par sa méritante roselynocompatibilité...

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Didier Houssin et Roselyne Bachelot-Narquin

Mon commentaire, rapide: "Couverture vaccinale insuffisante en 2011?: conséquence directe du fiasco vaccinal Bachelot. Comme le disait Abraham Lincoln: on peut mentir à tout le monde un certain temps, on peut mentir à certains tout le temps, mais on ne peut pas mentir à tout le monde tout le temps"

 

Ce message est retransmis grâce à mon ami Dominique Dupagne, avec les commentaires ironiques et mordants d'icelui.

 

Bonjour

J'ai reçu ce jour ce message de la DGS :

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Les dernières données épidémiologiques (franchissement du seuil épidémique, co-circulation des virus A(H1N1)2009, A(H3N2) et B, augmentation du nombre d’hospitalisations et de formes graves – majoritairement liées au virus A(H1N1)2009) conduisent la direction générale de la santé, sur la base des recommandations des experts formulées le 24 et le 29 décembre 2010, à actualiser les mesures de protection des personnes les plus à risque de formes graves de grippe :

1. Extension de la recommandation de vaccination rapide aux femmes enceintes et aux sujets présentant une obésité avec un indice de masse corporelle (IMC) supérieur ou égal à 30 ;

2. Confirmation de l’importance de la vaccination rapide des personnes ayant un facteur de risque habituel pour la grippe saisonnière et des professionnels de santé ;

3. Recommandation de mise sous traitement antiviral curatif, le plus précocement possible, des sujets présentant : un syndrome grippal caractérisé (si la forme clinique est jugée sévère par le médecin) ou des facteurs de risque particuliers, quelle que soit la sévérité clinique, ou une forme clinique grave d’emblée ou compliquée ;

4. Recommandation de mise sous traitement antiviral curatif par oseltamivir des femmes enceintes présentant un syndrome fébrile associé à des signes respiratoires, quel que soit le trimestre de grossesse et la présence ou non de facteurs de risque.

Enfin, en termes de prévention, l’importance du respect des mesures barrières (lavage des mains,…) mérite d'être rappelée aux patients.

Pour vos patients concernés par les recommandations vaccinales mais n’ayant pas reçu d’imprimé nominatif de prise en charge par l’Assurance maladie, vous pouvez vous procurer des imprimés vierges en les téléchargeant sur le site http://www.ameli.fr/professionnels-de-sante.php (rubrique « commande de formulaires ») ou en demandant à votre caisse d’assurance maladie de vous adresser le formulaire par messagerie ou un jeu d’imprimés par courrier. S’il le souhaite, un patient peut également se rendre à sa caisse primaire d’assurance maladie pour y retirer son imprimé.

Pour en savoir plus et consulter les documents suivants :
Avis du HCSP du 29 décembre 2010 relatif à l’actualisation de la stratégie vaccinale contre la grippe 2010-2011
Fiche pratique d’utilisation en ambulatoire des antiviraux en curatif en période de circulation du virus A(H1N1)2009

http://www.sante.gouv.fr/grippe-saisonniere (Informations destinées aux professionnels de santé)
http://www.invs.sante.fr/surveillance/grippe_dossier/ (Point épidémiologique)

------ fin de citation------------

Donc, des experts en santé publique ont attendu l'arrivé de l'épidémie pour se pencher sur l'intérêt d'étendre les recommandations de vaccination. Une telle décision ne pouvait elle pas être prise avant l'épidémie ? La rentrée universitaire a lieu généralement en octobre. En quoi l'épidémie actuelle est-elle surprenante ? Est-il vraiment judicieux de se vacciner en pleine période de contamination ?

Sur le fond lui même, tout a été dit l'année dernière. Il faut savoir que les experts qui prennent ce type de décision sont par exemple Catherine Olivier Weil si l'on en croit Carnets de Santé  http://www.carnetsdesante.fr/Weil-Olivier-Catherine
Rappelons que COW a soutenu devant le Sénat que le taux de formes graves puis de mortalité de la grippe chez l'enfant était de 20%, surestimant ainsi la réalité d'un facteur 100.000. Elle le répète deux fois http://www.dailymotion.com/video/xdllyb_le-pr-weil-olivie... Une telle méconnaissance de la réalité par les experts explique peut-être mieux que leurs conflits d'intérêts l'absurdité des mesures préconisées.

Une chose amusante : France Meslé, dans un article publié par l'INED et non démenti malgré de nombreuses erreurs, avait prétendu que la vaccination avait divisé la mortalité par 10 en 40 ans. C'est faux http://www.atoute.org/n/article163.html et cela a malheureusement été repris partout. Mais ce qui est drôle, c'est que pour appuyer sa démonstration, elle affichait une mortalité réduite à environ 300 cas par an depuis 2000, ce qui est proche de la réalité. Mais dans le même temps, l'ineffable Bruno Lina nous réaffirme dans le Figaro http://www.lefigaro.fr/sante/2010/12/28/01004-20101228ART... que la grippe fait 7 à 8000 morts annuellement.

Le facteur dix évolue donc d'un mois à l'autre selon que l'on veut valoriser le vaccin ou faire peur avec la grippe. Après le KO debout de la dernière épidémie, les cassandre ont fait profil bas, attendant avec impatience les premiers morts pour reprendre du poil de la bête. Nous allons les voir monter en épingle la moindre hospitalisation. Heureusement, les médias traditionnels se laisseront peut-être moins manipuler que l'année dernière. Une suggestion marketing : regrouper tous les cas graves français dans un seul service pour faire un effet de masse avant de convoquer la presse. Ca avait bien fonctionné l'année dernière au niveau régional.

Nous avons une santé publique digne d'une république bananière car ces âneries sont proférées dans un silence universitaire assourdissant, que seuls quelques rebelles viennent troubler en réclamant un peu de rigueur dans les statistiques nationales.

Encore une fois, je n'ai rien contre le vaccin grippal, je voudrais juste que les autorités sanitaires  arrêtent de justifier leurs choix par de la science falsifiée.

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Dr Dominique Dupagne
10 mesures pour sauver l'assurance maladie :
http://www.atoute.org/n/article172.html

22/01/2010

Quand breton pas content, lui toujours faire ainsi...

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L'épidémie H1N1 est officiellement terminée. Roselyne Bachelot continue d'exhorter à la vaccination, et les média relatent ces conférences de presse où la ministre, qui avant-hier aurait voulu amener des adolescents dans les services de réanimation pour mieux les terroriser, vante son action "équilibrée entre réactivité et analyse", et donne des leçons de déontologie à tout le monde, fustigeant les experts de troisième mi-temps ( quand ses erreurs ont été commentées en direct-live depuis Juillet dernier) , reconnaissant seulement à demi-mot des erreurs de communication. A l'évidence, pourtant, ce n'est pas tant la communication qui pose problème, que l'incompétence des décideurs sanitaires en France...

Le risque, bien entendu, c'est qu'aucune leçon ne soit tirée de ce fiasco aterrant. Nous verrons bien. En attendant, les médecins sont furieux, furieux de constater l'hypocrisie et les mensonges des gouvernants. ce communiqué de l'Union Régionale des Médecins Libéraux de Bretagne contraste avec la langue de bois des instances sanitaires: il appelle un chat un chat, une menteuse une menteuse.

 


Echec du plan de vaccination contre la grippe A(H1N1) : les médecins libéraux de Bretagne soutiennent les demandes de commissions d'enquête française et européenne

Les médecins bretons soutiennent les demandes de création d'une commission d'enquête parlementaire, afin que soient établies les responsabilités dans le fiasco de la campagne de vaccination contre la grippe A(H1N1). Depuis le début de mise en place du dispositif, l'Union régionale des médecins libéraux de Bretagne n'a cessé d'alerter le ministère de la Santé sur l'erreur fondamentale consistant à contourner les organisations en place. Qu'il s'agisse du réseau de soins de ville ou de l'hôpital.

Alors qu'elle proposait enfin, la semaine dernière, aux médecins de ville d'intégrer le dispositif vaccinal contre la grippe A(H1N1), Madame Roseline Bachelot leur déclarait : "J'ai besoin de vous pour conquérir les indécis. La grippe peut encore faire des victimes et il faut parer à une possible deuxième vague pandémique." L'Union régionale des médecins libéraux de Bretagne (URML-B) regrette cette trop tardive reconnaissance de la légitime compétence des médecins traitants, et tient à réaffirmer qu'elle ne donnera aucune consigne concernant la vaccination.

La santé est notre priorité. Nous continuerons donc à faire en conscience notre métier : ta médecine, et seulement la médecine. Et nous vaccinerons ceux qui en ont besoin en évaluant au cas par cas le bénéfice-risque de cette thérapeutique préventive, et en tenant compte des données scientifiques fiables recueillies auprès d'experts indépendants de tout groupe d'intérêts ou de pression.

Soutien aux demandes de commissions d'enquête

A ce sujet, l'URML-B se félicite que le Conseil de l'Europe (dont sont membres 47 pays) souhaite ouvrir dès ce mois-ci une enquête sur les possibles pressions exercées sur les Etats et les experts de l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) par les firmes pharmaceutiques intéressées par la production et la vente massives de vaccins. Selon le président de cette assemblée, le déclenchement de l'alerte à la pandémie constituerait "l'un des plus grands scandales médicaux du siècle".

De même, devant l'évidence de l'échec du dispositif mis en œuvre dans l'Hexagone depuis la mi-octobre, sous la conduite des pouvoirs publics et des institutions de santé, l'URML-B soutient résolument les demandes de création d'une commission d'enquête parlementaire française, afin que soit établie aux yeux de tous l'origine des responsabilités prises, au mépris parfois de la santé de nos concitoyens les plus vulnérables.

La négation du fonctionnement rationnel de notre système de santé, conjuguée à celle du rôle et des compétences de ses acteurs libéraux autant qu'hospitaliers, voire de certains services de l'Etat, ont conduit le gouvernement à prendre le risque insensé d'un total dérèglement de ce système, mettant en danger la vie de patients fragiles. Nombre d'entre eux, qui devaient bénéficier en priorité d'une protection contre le virus A (H1N1), ont été ignorés par un dispositif dont l'organisation tenait pour beaucoup de la grande improvisation, pour un coût qui devra être clairement établi.

1 Cf. article Santé du 11/01 sur www.gouvernement.fr


Le rôle des médecins traitants méprisé

Comment peut-on prétendre gérer une crise de santé publique en se passant d'acteurs aussi légitimes que les médecins traitants ? Pourquoi le ministère a-t-il choisi de rester aussi longtemps hermétiquement sourd aux incessantes argumentations de l'URML-B sur ce point, dans chaque réunion de travail où l'on était conviés, rejetant nos offres répétées d'effectuer des vaccinations dans nos cabinets ? C'est à dire au plus près des populations, en parfaite connaissance des patients potentiellement à risque et à la meilleure place pour remédier aux situations problématiques des personnes handicapées ou isolées.

Alors qu'au cours de la campagne 2008 contre la grippe saisonnière les médecins de ville ont assuré en trois mois 5,2 millions de vaccinations (soit 59% des personnes concernées)2, le plan pandémie A(H1N1), objet d'une débauche de communication, n'aura pas permis d'en vacciner dans le même temps davantage : 5,3 millions au 11 janvier 2010. Et, si il est généralement admis qu'au moins 40% d'une population doit être vaccinée afin de dresser une barrière efficace contre une pandémie grippale, le défi à relever est loin d'être aujourd'hui atteint : à peine 8% de Français vaccinés.

Durant ces trois mois d'errements et de propagande abusive, médecins généralistes, pédiatres et autres spécialistes ont été assaillis de questionnements de leurs patients sur la réelle dangerosité du virus, sur les risques qu'aurait présenté le vaccin, sur l'efficience d'une protection des "populations non à risques" à partir de janvier seulement, alors que l'épidémie serait, comme on le constate aujourd'hui, derrière nous. Directement mobilisés en toute première ligne, ces mêmes médecins auraient pu contribuer à éviter l'inutile engorgement de centres de vaccination de masse, souvent réduits à la paralysie et à l'inefficacité. Comme pour chaque campagne annuelle de vaccination anti grippe saisonnière, les doses de vaccin auraient pu être très naturellement acheminées par le dispositif habituel d'approvisionnement quotidien des pharmacies en médicaments, à la toute proximité des patients. Et l'on aurait ainsi assuré à tous un meilleur confort, propice à une meilleure acceptation du vaccin lui-même.

Une crise de confiance lourde de conséquences

Tandis qu'il était prétendu que les médecins de ville étaient déchargés de cette vaccination afin de mieux garantir leur présence auprès des malades atteints par le virus, et de mieux en assurer le traitement, des chefs de service d'hôpitaux publics étaient, ici même en Bretagne, sommés d'effectuer dans l'urgence la réquisition d'internes de médecine générale et internes de spécialité, eux-mêmes sommés de "préserver la continuité des soins dans les services exposés à la pandémie" (réanimations, maladies infectieuses et urgences)... "On peut s'étonner que les médecins généralistes ne soient pas davantage sollicités - élément que nous faisons remonter au ministère dans l'indifférence totale des autorités", dénonçaient dès la mi-novembre certains de ces chefs de service hospitaliers. L'URML-B ne peut que s'associer à eux pour déplorer les conséquences, alors déjà prévisibles, de cet état de fait.

Au global, l'Etat aurait investi dans l'affaire plus de 1,5 milliards d'euros : 5% du « trou de la sécu », l'équivalent du déficit annuel des hôpitaux publics. Une dépense démesurée, dont le montant non encore arrêté contribue à nourrir le manque total de confiance, désormais avéré, de nos concitoyens envers les capacités des pouvoirs publics à maîtriser pareille crise de santé. Un manque de confiance sans aucun doute lourd de conséquences pour le futur.

Mais l'heure des comptes définitifs est encore à venir...

Docteur Jacques ROUILLIER,  Docteur Hervé LE NEEL, Docteur Jean-Pierre LAGUENS

2 Chiffres CNAM / France entière - Cf. dossier de presse du ministère de la Santé du 18/09/2009

18/01/2010

H1N1: "Pandémie: pourquoi les Français doutent-ils?"

« La France a le meilleur système de santé du monde, selon l’OMS ». « Le plan pandémique français est un exemple pour le monde entier ».

 

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Ces affirmations répétées par les technocrates ministériels devaient un jour ou l’autre être balayées par une crise sanitaire. C’est chose faite. Pour ceux qui pratiquent encore la médecine générale, ce petit métier voué à disparaître pour cause d’entrave au néolibéralisme financier, ce n’est pas une surprise. Ainsi dès 2007 j’avais créé un blog, « en attendant H5N1 », rassemblant données médicales parcellaires sur les risques sanitaires et commentaires désabusés sur la destruction accélérée du système solidaire français.

Mais je dois l’avouer, même pour un observateur averti, l’ampleur du fiasco H1N1 est surprenante. Ainsi les Français ont mis en doute les consignes péremptoires assénées à longueur d’antenne par ministres et experts. Par quel miracle ?

Fin Octobre, l’un d’eux livre son analyse. Antoine Flahault, directeur de l’Ecole des hautes études en santé publique, s’était hasardé mi-Août 2009 à une prévision basée sur une lecture hâtive des chiffres de décès dans deux îles de l’Océan Indien, reprise dans la quasi-totalité des média comme une vérité scientifique : la mortalité de la grippe H1N1 serait cent fois supérieure à celle de la grippe saisonnière. Dans ce contexte, on comprend l’étonnement de l’expert quand, dix semaines plus tard, la population boude les vaccinodromes. Son explication? Nous assisterions aux effets à long terme de… Mai 1968, aux caprices « d’enfants gâtés » : « Tout l’édifice patiemment construit pour le bien commun semble s’écrouler sous nos pieds : la population tourne massivement le dos et s’en va en maugréant... Peut-être, les barricades cèderont-elles ? Peut-être, la raison reviendra-t-elle ? » Cette explication sarkocompatible sur les méfaits de l’esprit de 68 en dit long sur le désarroi de nos élites, ainsi que sur leur déconnexion du réel. Et l’on a droit, comme toujours, au couplet sur les méfaits d’Internet : « une blogosphère insensée s’agite et semble mieux à même de convaincre l’opinion…souvent réfractaire aux données scientifiques… elle a des accents parfois paranoïaques, agite volontiers la théorie du complot, dénonce sans la moindre preuve les manipulations d’Etat… »

Ces affirmations n’expliquent pas comment une proportion très importante de professionnels de santé eux-mêmes font partie des vaccino-sceptiques. Ceux-ci seront désignés dans les média comme des irresponsables, voire des propagandistes sectaires, ce sera l’analyse râbachée sans nuance par Hélène Cardin sur France-Inter, qui prendra la défense d’experts épinglés pour leurs conflits d’intérêt non dévoilés avec Big Pharma, tout en raillant la piétaille généraliste, inculte et uniquement motivée par le manque à gagner que représenteraient les vaccinodromes.

A la vérité, c’est sur Internet en grande partie que la bataille d’arguments s’est livrée, médecins et infirmiers décortiquant patiemment les publications scientifiques, « vulgarisant » leur contenu parfois abscons pour leurs lecteurs, quand les médias en majorité servaient la soupe au plan pandémique. Et l’erreur majeure d’un gouvernement qui vit de l’instrumentalisation de peurs fabriquées aura été d’écarter d’autorité du plan pandémique les généralistes, troufions individualistes jugés comme incompétents. Imposer aux Français il y a cinq ans un médecin traitant, pour ensuite leur expliquer qu’ils avaient confié leur santé à un imbécile incapable de respecter la chaîne du froid, c’était ajouter un mensonge de trop à une longue série d’affirmations politiques et industrielles calamiteuses.

 

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Christian Lehmann est médecin généraliste et écrivain

 

Paru dans l'Humanité, samedi 16 janvier 2010

08/01/2010

VACCIN ET GRIPPE H1N1 : IL EST TROP TARD POUR SAUVER WILLY

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Il est trop tard pour sauver Willy.

Il est trop tard, définitivement trop tard, pour éviter à Roselyne Bachelot de payer le prix politique de son incompétence et de son autoritarisme, de ses choix industriels et organisationnels désastreux, de sa méconnaissance profonde de ce qui tisse la relation médecin-patient et de son mépris de la piétaille généraliste.

Je ne sauverai pas Willy, donc. Je n'écoulerai pas les stocks vaccinaux de la ministre, une fois l'épidémie passée.

Avant-hier encore, certains médias claironnaient l'immense succès des vaccinodromes en recopiant les communiqués triomphalistes du ministère alignant des chiffres de fréquentations gonflés par la panique artificiellement entretenue par la ministre et le calamiteux Directeur Général de la Santé. Aujourd'hui, le fiasco que j'ai dénoncé sans relâche depuis des mois( avec d'autres ) apparaît enfin à tous dans son énormité. Et Roselyne Bachelot capitule en rase campagne devant les médecins libéraux qui demandaient depuis des mois de pouvoir vacciner simplement à leur cabinet ceux de leurs patients pour qui la vaccination pouvait être utile, et qu'elle ridiculisait à chaque conférence de presse, son ironie malsaine répétée en écho par des idiots utiles comme François Chérèque ou Jean-Luc Mélenchon ( dont la forte pensée: " Devant les campagnes de santé publique, on fait d’abord la campagne on discute après, pas l’inverse..." lui sera je l'espère rappelée par ses pairs sénateurs et la presse s'il participe un jour à une commission d'enquête sur ce fiasco exemplaire)...

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Mais il n'est pas question de sauver Willy, d'écouler les stocks ministériels, à ce stade beaucoup trop tardif. La vaccination de masse a échoué, la vaccination ciblée enfin possible arrive beaucoup trop tardivement. Tant que nous y sommes, pourquoi ne pas vacciner contre la grippe espagnole, à ce stade, par "principe de précaution"? Peut-être certains patients à risque important, ou ayant des difficultés de déplacement, demanderont-ils à se faire vacciner dès maintenant sans attendre l'inclusion probable de la souche H1N1 dans le vaccin saisonnier de l'hiver prochain, dont on peut espérer que les processus de fabrication seront un peu mieux rodés que ceux du vaccin pandémique, mais cela ne changera pas grand chose au fiasco engendré par la technocratie au service d'un pouvoir politique dramatiquement incompétent et uniquement habile à créer des psychoses entretenant son délire sécuritaire.

Je reproduis ici, avec jubilation, l'article de mon ami Dominique Dupagne, en attendant la suite:

http://www.atoute.org/n/article144.html

 

Roselyne Bachelot capitule devant les médecins généralistes

Le coût de la vaccination contre la grippe A/H1N1 va être divisé par 20

 

Après une réunion tendue ce jeudi 7 janvier entre Roselyne Bachelot et les représentants des médecins libéraux, les derniers freins à une vaccination en ville par les médecins libéraux ont été levés.

Certains craignaient le pire : que les autorités sanitaires s’accrochent à leurs procédures controversées, responsables de l’échec de la vaccination dans les gymnases.

Les représentants des médecins libéraux ont tenu bon. La Ministre a capitulé et autorisé la mise en place d’un circuit de vaccination simplifié, c’est à dire inspiré de celui mis en place pour la grippe saisonnière qui donnait jusqu’ici toute satisfaction.

Les vaccins seront délivrés par les pharmaciens, professionnels de la gestion des médicaments.

Les vaccins seront réalisés par les médecins ou les infirmiers, autres professionnels qualifiés, pour leurs patients, dans un climat de confiance qui manquait cruellement dans les centres Bachelot.

La Ministre et son staff ne pouvaient pas imposer quoi que ce soit : quand la maison brûle à cause du barbecue, le propriétaire imprudent n’explique pas aux pompiers comment travailler. ( NDLR: la mise en gras est de moi, certaines phrases dont celle-ci atteignent à la perfection, c'est presque aussi bon que du Philip Roth...)

Certes, il y aura sans doute peu de candidats à une vaccination controversée, pour une épidémie évaporée. Mais le climat qui l’entoure retrouvera un peu de sérénité. Cette vaccination ne pourra pas démarrer avant une dizaine de jours, le temps d’approvisionner les pharmacies.

Le coût de la vaccination sera donc de 22 euros si elle se fait dans le cadre d’une consultation spécifique (revue des antécédents et réponse aux questions du patient, information sur les effets indésirables, choix puis prescription du vaccin le plus adapté) à 0 euros si elle a lieu pendnat une consultation de routine pour un autre motif, comme c’est souvent le cas. Une tarification de 6,60 euros a été négociée avec les syndicats pour les vaccinations multiples lors de séances spécifiques organisées par le médecin et ne nécessitant pas une consultation préalable. Ce sera sans doute une éventualité assez rare, du fait des nombreuses questions que les patients se posent sur les vaccins pandémiques. D’ailleurs, dans les gymnases, toutes les injections étaient précédées d’une consultation médicale.

Le coût moyen de la vaccination en ville qui tournera donc autour de 10 euros sera donc 20 fois inférieur à celui de la vaccination en centre qui mobilisait un nombre invraisemblable de personnels de santé pour une productivité ridicule et un coût unitaire dépassant les 200 euros (certains parlent même de 500 euros, la mission parlementaire en cours de création précisera ce montant). Pour employer un mot à la mode dans les cercles sanitaire, l’efficience était proche de zéro.

J’avais montré dans un article récent à quel point le modèle soviétique copié par la Ministre et son entourage était aussi improductif que coûteux.

Espérons que cette gabegie marquera les esprits à l’heure ou la réforme de la santé (Loi HPST), du même auteur, s’apprête à finir de ruiner l’hôpital public. Ce que nous avons vécu avec la vaccination Bachelot n’est que le modèle réduit d’une des/organisation plus globale. Une santestroïka s’impose d’urgence.

J’ai demandé à Claude Bronner, président du syndicat Union Généraliste, son sentiment sur l’issue de cette discussion : "Ma première impression est qu’il a fallu beaucoup trop longtemps pour que la réalité s’impose à notre administration politique et sanitaire. J’avais écrit dans UG Zapping 02 du 18 mai , à propos d’un préfet : “De même il se débrouillera bien avec les généralistes quand tout le reste du plan Grippe aura foiré...” On y est enfin, après avoir passé en revue toutes les erreurs à ne pas commettre, dont celle de ne pas s’appuyer sur les généralistes. Les patients vont pouvoir se faire vacciner pour la grippe H1N1 comme pour la saisonnière, à cette exception près que les médecins devront encore quelques temps faire chercher (ou chercher eux mêmes) les vaccins dans les Centres de vaccination. Vaccination au cours d’une consultation ou d’une visite, vaccination au cours de séances spécifiques, le patient choisit son médecin, le médecin choisit sa manière de travailler. Exactement comme cela aurait dû être depuis le début. Le débat scientifique sur l’intérêt de cette vaccination va s’enrichir des bilans des différentes stratégies de prises en charge et les débats vont continuer sur le prochain retour du virus et sur sa virulence. Bref, on n’a pas fini de parler de la grippe et de la vaccination et il va être intéressant de suivre l’évolution dans les mois à venir..."

 

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15/12/2009

TAMIFLU, VACCIN ET GRIPPE H1N1: DANS LE MUR EN KLAXONNANT

Dans mes cauchemars les plus fous, je n'aurais jamais imaginé la séquence d'évènements, de déclarations et de décisions grotesques qu'accumulent avec une désarmante constance dans le n'importe quoi la ministre, ses experts, et son directeur général de la santé.

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Jeudi 10 décembre, donc, la Direction Générale de la Santé adresse aux médecins un mail DGS-Urgent informant qu'à partir de dorénavant et parce que c'est comme ça, tenez-vous bien....

LA DEFINITION DE LA GRIPPE A CHANGE.

et que... ( non, attendez, asseyez-vous, un malaise est si vite arrivé, je m'en voudrais de surseoir au principe de précaution qui anime tous ces irréprochables professionnels de la profession)

TOUT GRIPPE SERA MIS SOUS TAMIFLU, DE MANIERE SYSTEMATIQUE.

Je vous la fais courte, mais en gros, cette directive est censée s'imposer à tout médecin.

Autrement dit, sur le plan médicolégal, cette directive met en danger tout médecin qui, au vu des données actuelles de la science, en son âme et conscience de soignant responsable, refuserait de s'y soumettre.

On est, soyons clair, dans la dictature de l'émotion, de la connerie, et du n'importe quoi.

Car cette décision est plus que discutable ( sauf si on est adepte de la Mélenchon-attitude, qui, je le rappelle, se résume à cette brève de comptoir ébouriffante : "DEVANT LES CAMPAGNES DE SANTE PUBLIQUE, ON FAIT D'ABORD LA CAMPAGNE ON DISCUTE APRES, PAS L'INVERSE").

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Cette décision est discutable et injustifiée ( au sens étymologique du terme: rien ne la justifie, le document fourni aux médecins ne contient pas UNE référence médicale expliquant la modification de la stratégie nationale de prise en charge). Sans m’étendre sur le sujet, je fournirai en fin d’article quelques-uns des très nombreux liens qui contredisent cette directive : il n’existe pas aujourd’hui de données scientifiques validées amenant à prescrire systématiquement du TAMIFLU au moindre signe de grippe. Il existe des données scientifiques, sujettes à controverse, laissant penser que le TAMIFLU peut être utile s’il est donné aux patients à risque, ou s’il est donné en cas d’apparition de signes respiratoires ou d’aggravation de l’état d’un patient.

Reprenons le premier diktat de la DGS:

La définition de la grippe a changé. Je cite:

« La grippe A(H1N1) ne se différencie pas du point de vue symptomatologique de la grippe saisonnière.


Un cas est défini par un malade présentant un syndrome respiratoire aigu à début brutal associant:

= des signes respiratoires (toux et/ou maux de gorge et/ou rhinite...);

ET

« des signes généraux (fièvre supérieure à 38°C et/ou myalgies et/ou asthénie.). »

 

Suivez-bien les et/ou et le ET, et vous verrez que le diagnostic de grippe est maintenant posé sur la seule association des deux symptômes suivants: une rhinite et une asthénie.

 

En français, cela signifie que pour gonfler les chiffres et poursuivre dans la politique de la terreur mise en place pour justifier une vaccination de masse à 1 milliard d'euros au bas mot et les vaccinodromes ministériels, il faut à tout prix pouvoir annoncer, alors même que l'épidémie s'essouffle, que la grippe A a ravagé le territoire...


En français, cela signifie que toute personne présentant, en ce début d'hiver, UN NEZ QUI COULE ET UNE FATIGUE, est UN GRIPPE QUI S'IGNORE!!!

 

Et qui, cerise sur le gâteau, DOIT ETRE SYSTEMATIQUEMENT MIS SOUS TAMIFLU...

 

Etrangement, les directives antérieures étaient diamétralement opposées, et la ministre l'avait écrit et souligné aux médecins dans un des inénarrables lettres que l'on commentera à l'envi lors de son procès: ( lettre du 15/07/2009 aux médecins, le soulignage est d’origine)

 

 

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« Il vous appartient, bien entendu, de déterminer les modalités de prise en charge médicale des patients présentant des symptômes évocateurs de la grippe. Pour autant, il me parait utile de préciser, s'agissant du virus A/H1N1, qu'elles peuvent actuellement s'apparenter à celles que vous mettez en œuvre pour traiter la grippe saisonnière. Ainsi, sur la base de l'avis des experts. la prescription systématique d'antiviraux n'est pas justifiée. Pendant la phase de contingentement, la prescription systématique d'Oseltamivir aux patients et à leurs contacts avait pour but de ralentir la progression du virus. A l'heure actuelle, comme je vous l'ai dit, il importe de réserver la prescription de ce médicament aux cas qui le nécessitent, afin de ne pas courir le risque de voir émerger des résistances. Je vous demande tout particulièrement de ne pas délivrer ce traitement à des patients qui en feraient la demande à des fins de précaution, sans que le besoin ne soit justifié d'un point de vue thérapeutique. J'ai par ailleurs demandé à la caisse nationale d'assurance maladie de surveiller le flux des prescriptions d'antiviraux. Je serai attentive à ce que le volume des prescriptions corresponde à la réalité de la situation épidémiologique sur le terrain. En revanche, la systématisation du port du masque anti-projections (ou masque « chirurgical ») par les malades est très importante pour limiter le risque de transmission du virus. Je sais pouvoir compter sur votre professionnalisme. »

 

(NDLR : Oseltamivir est le petit nom du TAMIFLU)

 

Depuis le 10 décembre, les syndicats de médecins généralistes, les sociétés savantes de médecine, le FORMINDEP, et bien d’autres, ont réagi à cette directive stupéfiante, aussi bien dans la forme que sur le fond. Je ne reproduis pas ici tous leurs arguments, mais l’absence de respect de l’indépendance scientifique des médecins, l’utilisation d’une procédure d’urgence pour imposer une conduite médicale inexpliquée et inexplicable sur le plan scientifique à ce stade de l’épidémie, et enfin l’absence consternante de toute référence médicale ou de toute publication scientifique cohérente, provoquent dans le milieu médical un émoi énorme, certains réalisant seulement maintenant qu’il n’existe pas de limite à l’amateurisme, à l’autoritarisme et à l’incompétence de ceux qui sont censés gérer cette pandémie.

 

Ah, j’oubliais un détail. Jusqu’au 20 décembre, nous apprend le communiqué de la DGS, les patients iront à la pharmacie se faire délivrer les boîtes de TAMIFLU avec l’ordonnance du médecin. A partir du 21 décembre ( je vous avais dit de vous asseoir, je n’accepterais aucune réclamation), le TAMIFLU délivré en pharmacie ne proviendra plus des laboratoires ROCHE mais directement des stocks mis en place par le gouvernement depuis 2005 en prévision de la grippe aviaire. Ces stocks dont on nous expliquait que la date de péremption était dépassée, mais qu’en fait le médicament restait encore efficace et actif. Il n’y a donc pas lieu de s’inquiéter, la santé publique en France est en de bonnes mains.

 

 

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Je vous laisse digérer cette information. Bientôt, un petit point sur l’épidémie, la manipulation des chiffres des décès, et une question à l’expert Antoine Flahault, car je suis nul en mathématiques : Si j’annonce au doigt mouillé en Septembre 2009 que la grippe A pourrait faire 100 fois plus de morts que la grippe saisonnière, et si au final cette grippe A fait à peu-près 4 fois moins de morts que l’estimation la plus basse possible de la grippe saisonnière, comment puis-je justifier un taux d’erreur de 400% ?

 

 

Liens :

Faut-il prendre du TAMIFLU en cas de grippe ?

http://www.atoute.org/n/article138.html

Influenza antiviral treatment and prophylaxis

http://hldemo.ebscohost.com/Influenza/dm/influenza_antivi...

TAMIFLU pour tous: la déraison ( communiqué du syndicat UNION GENERALISTE)

http://www.uniongeneraliste.org/communiques/tamiflu-pour-tous-la-deraison.html

 

 

COLLEGE NATIONAL DES GENERALISTES ENSEIGNANTS

http://www.cnge.fr/IMG/pdf/091213_Pandemie_grippale_A_CNG...

LETTRE OUVERTE-PETITION A DIDIER HOUSSIN, DIRECTEUR GENERAL DE LA SANTE ( cette pétition est réservée aux médecins)

http://www.formindep.org/Lettre-ouverte-petition-a-Didier

 

SOCIETE FRANCAISE DE MEDECINE GENERALE

http://www.sfmg.org/actualites/communiques/a_propos_du_me...

 

Message à caractère informatif: Vous êtes sous Internet Explorer? Je vous plains. Il vous manque la moitié de ce texte.

 

 
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