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24/01/2015

Sans odeur

Rien n'est plus déprimant pour un peuple désemparé qu'une classe politique qui ne tient pas ses promesses. Trop de nos "élites" politiques autoproclamées vérifient l'adage: "Faites ce que je dis, pas ce que je fais".

Dans ce marasme, certains phares éclairent loin dans la nuit et ravivent l'espérance vacillante.

 

10 Juillet 2007, Assemblée Nationale:

"C'est une vieille habitude nationale: la France est un pays qui pense. Il n'y a guère une idéologie dont nous n'avons pas fait la théorie. Nous possédons dans nos bibliothèques de quoi discuter pour le siècles à venir. C'est pourquoi j'aimerais vous dire: assez pensé maintenant. Retroussons nos manches."


23 Janvier 2014, Forum de Davos:

"A sa manière discrète, le roi Abdallah ( d'Arabie Saoudite) était un ardent défenseur des femmes"

 

christine lagarde


Quel soulagement de voir une femme politique mettre en pratique chaque jour avec constance ce qu'elle professe. Nous sommes tous convaincus que depuis des années vous avez cessé de penser, pour retrousser vos manches. Et l'odeur de ce que vous touillez au FMI remonte jusqu'à nos narines.

 

Une dernière, pour la route:

8 Juillet 2007, rencontres économiques d'Aix-en-Provence

"J'entends souvent dire que la France refuse le capitalisme. Moi je n'y crois pas. Je ne crois pas en particulier que notre jeunesse refuse le capitalisme. Il suffit d'écouter et de disséquer les paroles des rappeurs français, qui expriment bien souvent un goût prononcé pour un certain nombre des éléments de notre économie capitaliste... Nous voulons réhabiliter le succès et son corollaire, l'argent, la rémunération qui en résulte."


Et évidemment Christine Lagarde, "ma ministre de l'Economie préférée" ( dixit Dominique Strauss-Kahn) est ton sur ton avec Emmanuel "Il faut des jeunes Français qui aient envie de devenir milliardaires" Macron.

 

christine lagarde

 

Tu le sens, le discours du Bourget, camarade?

11/10/2007

Je vous demande de vous arrêter

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Il faut que la presse cesse d’insinuer que notre Ministre de l’Economie, brillante habituée des conseils d’administration, se serait discréditée auprès du Président en annonçant, il y a quelques semaines, un « plan de rigueur » pour la fonction publique.

Apparemment le terme a été jugé trop polémique.

Moi, avec le recul, je la trouve plutôt soft, Christine Lagarde.

Qualifier de simple « plan de rigueur » une stratégie de casse sociale comme le pays n’en a jamais connu, c’était plutôt habile.

Mais le Président n’aurait pas apprécié.

Pourtant, à part Rachida « J’en abats 7 d’un coup » Dati, je ne vois nulle Ministre qui porte mieux la parole sarkozienne que Christine L : « La France est un pays qui pense. J’aimerais vous dire: assez pensé maintenant, retroussons nos manches ».

« Pourquoi penser ? » dit le Président. Tout le sarkozysme est là, cette insistance sur le fait que l’on n’est pas des idéologues, mais des gens simples, pleins de lourd bon sens, qui font fi des écoles de pensée et appliquent «  ce qui marche », c’est-à-dire les lois du marché, lois naturelles.

Ainsi, quoi de plus sarkozyste que cet hommage émouvant à Phillipe Jaffré, ex-patron d’Elf-Aquitaine bordé de stock-options ayant choisi la Belgique pour éviter les assommantes paperasses du fisc : « Le parcours de Philippe Jaffré s’est inscrit dans la tradition des grands serviteurs de l’Etat. Major de l’ENA, Inspecteur des Finances, habitué des cabinets ministériels, il a notamment contribué à mener à bien les privatisations des années 1986-1988. Sa disparition prématurée prive la France d’un industriel de grand talent, doublé d’un homme fin et chaleureux, honnête et profondément humain. »

La dernière fois que j’ai entendu Philippe Jaffré, c’était en Octobre 2006 sur RMC. Il était venu expliquer que la France allait faire faillite si on n’améliorait pas la productivité afin de combler les déficits. Déficits dûs aux avantages acquis des Français, bien sûr, tous ces feignants qui rechignent à travailler plus pour gagner plus, pendant que d'autres engrangent les stock-options. D'ailleurs, avait-il poursuivi, il ne faut pas légiférer sur ce dernier sujet, mais faire confiance aux conseils d'administration des grandes firmes, qui vivent très mal d'être pointés du doigt dans les journaux. Puis il se moqua longuement d’un jeune auditeur, patron et citoyen, intervenu à l’antenne pour expliquer que, gagnant très correctement sa vie, il payait des impôts pour le bien de la collectivité sans rechigner.

Décidément, si Christine L. n’existait pas, il faudrait l’inventer.

(publié dans l'Humanité le 26 Septembre 2007) 

 
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