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24/04/2012

Cinq ans de sarkozysme... et un système de santé à terre

 

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Si Nicolas Sarkozy a largement contribué à mettre à genoux le système de santé français, la destruction de la sécurité sociale solidaire avait été largement entamée par ses prédécesseurs.

Dès 2004, Jacques Chirac avait nommé à la tête de l’Assurance maladie Frédéric Van Roekeghem, ancien directeur à l’audit du groupe AXA. Ayant tout pouvoir, ce proconsul s’entoura de zélotes libéraux qui, sous couvert de «sauver la Sécu», la métamorphosèrent en utilisant le management du privé : fermetures de centres, transfert non rémunéré de la saisie des feuilles de soins aux soignants, primes d’intéressement des médecins conseils, falsification des chiffres d’arrêts de travail injustifiés.

Dès 2005, au ministère de la Santé, agissant en back-office de Philippe Douste-Blazy, Xavier Bertrand, ancien assureur chez AXA, organisait entre les syndicats médicaux les plus réactionnaires et l’Assurance maladie new-look une convention surchargeant les généralistes de travail administratif sans même leur octroyer les moyens de payer un secrétariat, désespérant leur relève éventuelle, hâtant leur disparition. En échange d’un «parcours de soins» transformé en labyrinthe tarifaire, ces syndicalistes obtenaient l’élargissement des dépassements d’honoraires des spécialistes et la mise à mort de l’option référent, seule avancée financière et conceptuelle de la médecine générale en vingt ans.

Dans le même temps, à l’hôpital, se mettait en place, au nom de la culture du chiffre, la tarification à l’activité. Les vieux atteints de pathologies lourdes nécessitant trop de «temps soignant», devaient être refoulés de l’hôpital pour équilibrer les budgets. Déjà pénalisés par l’usine à gaz de la convention 2005, les patients subirent dès 2007 les franchises, lubie sarkozyste. «Y a-t-il une seule assurance sans franchise ? C’est la seule façon de res-pon-sa-bi-li-ser les patients.»Responsabiliser les cancéreux, les diabétiques et les accidentés du travail, voilà au moins une promesse que Nicolas Sarkozy peut fièrement se vanter d’avoir tenue. A l’époque, la Cour des comptes avait proposé, plutôt que de piocher ainsi 850 millions d’euros dans la poche des malades, de taxer les stock-options à l’égal des salaires, ce qui aurait rapporté 3,5 milliards d’euros par an. Nicolas Sarkozy, en gestionnaire avisé, trancha pour la finance. Au bout de cinq ans, le constat est accablant. A défaut de responsabiliser les patients, les franchises auront aggravé le renoncement aux soins, certains patients devant aujourd’hui choisir entre se soigner ou payer leur loyer.

Mais ce n’est pas tout. Dès 2005, Frédéric Van Roekeghem, dans ce sabir qu’aurait goûté George Orwell, s’était juré de «redéfinir le périmètre des affections de longue durée». En clair, l’idée, lumineuse, était de ne plus prendre en charge à 100% les pathologies chroniques qu’au stade des complications. Ayant déclenché un tollé, cette mesure fut mise sous le boisseau et ressortie après l’élection. Plus fort que les rois médiévaux censés guérir les écrouelles : sous Sarkozy, du jour au lendemain, l’hypertension artérielle sévère n’est plus une affection de longue durée. Dans un pays où l’espérance de vie d’un ouvrier est de sept ans moindre que celle d’un cadre, ceci aggrave encore le différentiel entre ceux qui peuvent prendre en charge les soins de prévention et les autres.

Passons brièvement sur le calamiteux épisode de la grippe H1N1, éclairant exemple de cette médecine sans médecins que dessinent année après année les fossoyeurs du système : Roselyne Bachelot fut grandiose de bout en bout, commandant des vaccins par lots de dix en quantité invraisemblable, niant les compétences des infirmiers et généralistes «incapables de respecter la chaîne du froid», surjouant la dramatisation. Entourée d’«experts» prédisant l’Apocalypse, elle mit en place des vaccinodromes dispendieux que louèrent sans grande lucidité aussi bien François Chérèque, persuadé que les généralistes voulaient vacciner par appât du gain, que Jean-Luc Mélenchon, fasciné par la «résurgence du collectif» quand les vaccinodromes en gymnase signaient la défaite de la pensée scientifique indépendante.

En 2010, de déremboursements en franchises, l’Assurance maladie ne remboursait plus que 50% des soins ambulatoires, tandis que le pourcentage d’étudiants en médecine s’installant en ville passait de 14% à 9%. Sommés d’injonctions contradictoires par les nouveaux benchmarkers de la Sécu, menacés dans certains départements pour avoir octroyé à leurs patients le tiers payant, les soignants dévissaient leur plaque par centaines chaque année.

Dans le même temps, Xavier Bertrand, pour faire oublier aussi bien l’amitié de trente ans entre Jacques Servier et Nicolas Sarkozy que ses nombreux conseillers issus de Big Pharma ou le saccage du Fonds d’orientation pour l’information médicale indépendante (son premier acte en tant que secrétaire d’Etat), lançait après le scandale du Mediator une opération mains blanches : «Puisque ces mystères nous dépassent, feignons d’en être l’organisateur». Et nous voilà ce soir, comme dirait Jacques Brel. Année après année, la pratique de la médecine générale est devenue plus difficile. Le désert avance, et les solutions de remplacement incohérentes pondues ici et là : médecins itinérants en roulottes, généralistes à la porte des urgences, vétérinaires ruraux enrôlés pour piquer les vieux, font fi du réel et de la particularité du système français, qui faisait une large place à l’humain, à la médecine de l’individu.

Le président qui vient aura le choix : accompagner le mouvement largement entamé par les fossoyeurs, instrumentaliser les dépassements pour pénaliser l’ensemble des professionnels en invoquant les «défaillances» d’une médecine de proximité exsangue, saupoudrer quelques maisons médicales pour faire branché, ou tendre la main aux médecins et infirmiers de terrain pour reconstruire avec eux une politique de santé solidaire.

Il est minuit, docteur Hollande.

 

( Ce texte a été publié dans les pages Rebonds de LIBERATION le 20/04/2012)

11/02/2011

Taxation des feuilles de soins papier: "Mais dégagez-moi tous ces connards!!!"

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Je télétransmets les feuilles de soins de mes patients depuis 2002 ( de mémoire).

A chaque fois que je télétransmets une feuille de soins, l'Assurance-maladie me rémunère royalement: 7 centimes d'euro.

Et économise 143 centimes d'euro, soit 1.43 euro, coût pour elle de la saisie d'une feuille de soins en papier par ses services.

Depuis 2002, j'ai donc fait économiser à l'Assurance-Maladie de l'argent, en faisant le travail de saisie des feuilles de soins à la place de ses agents, que le directeur de la dite Assurance-Maladie, issu, faut-il encore le rappeler, du directoire AXA, n'a donc pas eu besoin de remplacer.

Grâce aux médecins télétransmetteurs, les caisses ont économisé près de 300 millions d'euro par an depuis des années, et probablement à peu-près autant avec les autres professionnels de santé ( infirmiers, kinésithérapeutes, etc...)

En bon Français, j'ai donc payé un matériel de télétransmission, des mises à jour logicielles, une maintenance, etc... de ma poche ( car bien évidemment l'aumône versée ne couvre pas les frais, mais qui s'en soucie?...) et contribué à aggraver le chômage.

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En bon directeur issu des assurances privées, Frédéric Van Roekeghem ( appelons-le Laurel, si vous le voulez bien) a donc externalisé sur ma pomme, et celle de mes confrères, un travail auparavant fait par ses services ( et qui lui incombe. Mon boulot c'est de soigner des patients, pas de gérer l'administration des caisses) et a réduit ses charges de personnel.

Mais cela ne suffit pas.

Il reste encore des feuilles de soins papier, et, quelle chance, l'Assemblée Nationale regorge de députés plus cons et abrutis les uns que les autres, prêts à donner du knout au médecin de base.

Oui, je sais, ce n'est pas ce que vous lisez à longueur de colonnes dans les journaux, qui vous rappellent le grand nombre de médecins à l'Assemblée, et l'existence d'un lobby médical. Comme me le disait un ancien politique UMP: "Est-ce que tu imagines vraiment qu'un excellent chirurgien ou un excellent médecin va se lancer dans la politique? A l'Assemblée, à le buvette, quand je les côtoie, j'ai l'impression d'être au café du coin... Ils ont fait de la politique pour échapper à leurs patients et à la réalité du quotidien."

Chaque année, les députés votent des textes aberrants cherchant à abaisser un peu plus la médecine générale, puis dans un jeu particulièrement pervers un Ministre nouvellement arrivé pointe ces nouvelles directives aussi connes qu'inapplicables, s'en émeut tout en expliquant que ce n'est pas de sa faute, pas de son ressort, ce sont les députés, fiers et indomptables, farouchement indépendants, etc... qui font les lois ( comme si lorsqu'il fallait voter les franchises les godillots UMP faisaient de l'obstruction...), et tente de s'amadouer les médecins en promettant, immense avancée pour la profession... de revoir à la marge les conneries pondues par les élus.

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Ce qui s'appelle prendre les médecins pour des cons, mais à ce jeu-là, Xavier Bertrand ( surnommé XXB dans la profession, mais nous l'appelerons Hardy aujourd'hui, pour mieux comprendre) est passé maître. ( Pourquoi XXB? a demandé une collègue... Parce que XXL. )

Donc l'an dernier, les députés Yves Bur ( un Danube de la pensée à lui tout seul, les caries dentaires alsaciennes ne savent pas à quoi elles ont échappé...) et Jean-Pierre Door ont poussé les collègues à mettre en place cette fameuse taxe sur la télétransmission, au prétexte, que, quand même, les médecins devaient prendre sur eux afin de faire faire des économies à la collectivité.

Eh, connard!!!! A chaque feuille de soins électronique on fait économiser 10 francs ( je parle en anciens francs aux députés UMP, ça fait partie du plan Alzheimer) à l'Assurance-Maladie!

Mais non, c'est insuffisant. Il y a encore une marge d'amélioration à atteindre avant de pouvoir enfin filer l'Assurance-Maladie au privé. Donc les députés votent une taxe sur les feuilles de soins papier.

Et là, ça coince. Parce que les médecins qui ne télétransmettent pas gueulent, obligé. Mais parce que les médecins qui télétransmettent, comme moi, et se font déjà suffisamment entuber par Laurel et Hardy, les deux rejetons d'AXA, rechignent à être ponctionnés, en plus, de 50 centimes d'euro quand une feuille de soins électronique n'est rémunérée que 7 centimes d'euro.

Xavier Bertrand, avec le talent d'enfumeur professionnel qu'on lui connaît, explique que la taxe ne sera pas appliquée de manière imbécile ( noooon, pas avec lui et son autre compère, nooonnnn....) mais qu'elle a valeur éducative ( Prends-moi pour un con, mon gros!)

Les syndicats médicaux montent au créneau, interpellent les pouvoirs publics. Sur le mois de Janvier, les statistiques des confrères télétransmetteurs donnent le pourcentage suivant pour les feuilles de soins papier.

Feuilles de soins réalisées parce que le patient avait oublié sa carte: 7%

Feuilles de soins réalisées parce que l'Assurance-Maladie du patient ( que ce soit la CNAM, la MGEN, la calamiteuse CAMIEG ou autre...) n'a pas refait la carte à temps, ou étudie le dossier depuis six mois, etc...:       93%


Les patients s'émeuvent que le médecin répercute le prix de la taxe imposée par les députés UMP sur le tarif de la consultation, à la demande plus ou moins expresse de l'ancien assureur privé que Jacques Chirac a foutu à la tête de l'Assurance-Maladie.

Personnellement, j'ai le sentiment d'en avoir fait assez. Voici 11 ans que je paie de mes deniers pour faire le travail administratif des caisses. je n'accepte pas d'être pénalisé par un oubli du patient, ou par une défaillance des caisses.

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Je conseille donc aux assurés de prendre exemple sur les manifestants Tunisiens et Egyptiens. Inscrivez-vous dans l'Histoire, les gars, comme l'autre bouffon à talonnettes y exhortait les Africains dans ce discours de Dakar qui restera le seul souvenir qu'il laissera. Investissez les Caisses d'Assurance-Maladie, elles vous appartiennent. Et exigez la démission des responsables.

Bur, Door, la clique de godillots somnolents, DEGAGEZ!

Et Laurel et Hardy, idem. Avec plumes et goudron en prime.

 

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La franchise de Xavier Bertrand... à géométrie variable...

Dernière minute:

Apparemment, l'argumentaire de la "responsabilisation des patients", si cher à Nicolas Sarkozy pour faire passer ses franchises sur les soins, n'est pas arrivé aux oreilles de son sous-fifre.

Un confrère me signale que Xavier Bertrand, l'assureur de mobylettes, a osé déclarer: "Il n'est pas question que les assurés sociaux se fassent pénaliser de 50 centimes". Et mon confrère ajoute, très finement: "Pour piquer 50 cts sur chaque boite de médoc aux mêmes assurés sociaux, ça n'a posé aucun problème, ni soulevé aucune question à l'UMP!... Laurel et Hardy avaient au moins le mérite d'être drôles."


 

30/11/2009

GRIPPE ET VACCIN H1N1: CHEREQUE ET BACHELOT SONT DANS UN BATEAU

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-Allo, Roselyne ?

 

 

 

 

 

 

 

 

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-C’est Xavier, Roselyne. Je sors de chez le Président et il n’est pas content du tout…

 

-Ah booooooooooooooon ?

 

-Oui, mais ça ne devrait pas t’étonner, aussi, vu la manière dont tu gères ton plan de vaccination, là….

 

-Tu crooooooiiiiiis ?

 

-Evidemment. Voilà plus de six mois que cette épidémie se profile et que le Président fait semblant de ne même pas savoir ce qu’est le H1N1, histoire de ne pas se faire éclabousser par ton fiasco prévisible… Et là, on est arrivés à un tel niveau de connerie et d’incompétence que même avec le soutien sans faille de nos principaux médias ( au fait, Josiane, vous me ferez penser à renvoyer un bouquet à Hélène Cardin, de France-Inter…)..

 

-Hélèèèèèèène… Oh choueeeeettte, c’est une copiiiiine…

 

-Oui, Roselyne, on sait que tu as plein de chouettes copains dans l’industrie, et que les copains et les copines de tes chouettes experts sont tes meilleurs relais d’opinion, mais même avec leur aide, au niveau de foutoir où tu es en train de nous mettre, là, le Président a dû pour la première fois parler de la grippe H1N1, et tu sais qu’il a horreur de ça. « Je ne veux pas qu’ensuite on puisse retracer la moindre décision politique ou industrielle jusqu’à moi », il nous l’avait bien répété en Conseil des ministres il y a quinze jours…

 

-J’écoutais pas, j’essayais mon nouveau portable. J’ai demandé à Didier de m’appeler dès qu’il y avait un nouveau mort de la grippe. Et si c’est un enfant, de m’envoyer un texto en urgence. Je voudrais pas louper ça !

 

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-C’est un souci d’information qui t’honore, Roselyne. Tu es bien l’une des nôtres…. Pour revenir à ton plan, quand même, ça commence à se voir un peu, qu’au rythme actuel il faudrait six mois pour vacciner toute la population…

 

-Ben oui, mais moi j’y peux rien, c’est la chaîne du froiiiiid, Xâââvier, la chaîne du froiiidd….

 

-Oui, je sais, on a les mêmes conseillers en com, Roselyne, quoiqu’au moins les miens savaient lire… mais ce que je veux te dire, c’est que le coup des généralistes, là, j’le sens pas trop.

 

-Oh tu rigôôôles mon Xâââvier, tu te gausses de ta Roselyyyyyne, hein ? Parce que quand même, la semaine dernière, qu’est-ce que je leur ai mis à ces gueux !!! « Roselyne Bachelot rembarre les médecins ». Même que c’était dans le JDD et que j’ai gardé la copie, tu veux que je ta twiiiiite ou que je te la faceboooooke, mon Xâââvier ?

 

-Euh, non, merci. Merci. J’ai ma dose. Mais c’est le JDD, Roselyne, c’est comme le Figaro, j’ai les articles avant publication. Je les ai même avant que la rédaction les reçoive…

 

-Oh c’que t’es fort, Xâââvier !

 

-Oui, c’est ça. Ecoute Roselyne, les généralistes reviennent à la charge, et ça va devenir compliqué à gérer. Il faut anticiper un peu, il faut être pro-actifs !

 

-Oh oui Xâââvierr, d’ailleurs je dis toujours : « le bifidus, y’a que ça de vrai » !

 

-Non, connas… Roselyne ! PRO-ACTIF !!! Ca veut dire qu’il faut avoir un coup d’avance sur les évènements. Comment tu crois que j’ai baisé Chirac et Villepin en me ralliant au tar… au Président dans la dernière ligne droite ? En étant PRO-ACTIF !

 

-T’as fait la campagne sous bifidus, mon Xâââvier ?

 

-( Josiane, allez me chercher le carton de Lexomil, s’il vous plaît, et une bouteille d’Evian…) Bon écoute, Roselyne, on va essayer de faire simple. Tu ne peux pas continuer à réquisitionner les généralistes en pleine épidémie au moment où ils soignent les malades dans leurs cabinets…

 

-Quelle horreuuuuur ! Ils soignent des malades au cabinet, les généralistes !!! Heureusement que je ne m’entoure que d’experts du Ministère, tu rends compte ! Dans les cabinets !!! Mais je vais leur envoyer l’IGAS et la DGSE, moi, à ces malpropres ! Encore une bonne raison de vacciner dans les gymnases, j’y avais pas pensé…

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-Ecoute, Roselyne, ma patience a des limites. J’ai bossé avec Douste pendant près d’un an, donc on pourrait croire que je résiste à tout, niveau crétinerie patentée, mais tu t’approches dangereusement de la ligne jaune, là. Et d’ailleurs, à propos de jaune, revenons-en au fait…

 

-Ouiii, mon Xâââvier…

 

-Les généralistes, tu ne peux plus les réquisitionner, et ils vont tous répéter qu’ils sont à même de vacciner les patients à risque. Certes, ça ne résoudrait pas ton problème de stock à écouler, mais pour l’opinion, la vaccination ciblée chez le généraliste, ça se tient. Alors il faut absolument les renvoyer dans les cordes une nouvelle fois…

 

-Compte sur ta Roselyyyyne, mon Xâââvier…

 

-Non, non, t’es totalement décrédibilisée, bougresse. Si demain tu expliques que la pandémie est terminée les gens vont se ruer dans les centres, alors tu vas surtout fermer ta gueule, ce coup-ci, OK ? Tu vas me laisser faire…

 

-Mais t’es plus ministre de la Santé, mon Xâââvier, ou alors personne ne me dit plus rien…

 

-Non, mais je l’ai été, et j’ai encore de belles connections. Alors écoute, Roselyne. Il y a un truc qui marche à tous les coups, c’est le fric, le pognon. Si on veut avant  tout surtout éviter qu'on pose la question du coût global de ton bordel en gymnase, on doit absolument couper l’élan des généralistes et laminer la confiance que les patients leurs gardent, donc il nous faut largement répandre l’idée que s’ils veulent vacciner, c’est pour toucher du blé…

 

-Oh c’est laiiid ! Ils ont qu’à prendre des actions chez Sanofiiiiiii, comme tout le monde, enfin quooooooiiii ?

 

-Ben oui. Pour qui se prennent ces cons ? « Travailler plus pour gagner plus », ils vont pas essayer de nous faire gober ça non ? Sauf que tu n’as plus la crédibilité de le dire...

 

-On pourrait demander à Christiiiiiine, c’est une bonne copine. Ou à Eriiiiiic…

 

 

-Oui, t’as raison, ça l’ferait bien. Demander à une avocate d’affaires conseillère d’une multinationale actu-economie-Eric-Woeth_articlephoto.jpgfinancière néerlandaise de dénoncer l’appétit de lucre de généralistes à 22 euros, c’est bien une idée à toi, ça… Ou à l’autre pingouin dont la femme gère l’une des plus grosses fortunes de France, ça me semble absolument top. Si on ne t’avait pas Roselyne, il faudrait t’inventer… Non, je vais te dire ce qu’on va faire. On va demander à un type qui peut encore pour quelque temps faire semblant de représenter le peuple, de parler à notre place. Un type absolument sûr, qui soutient de toutes ses petites forces les réformes du patron ( cf http://www.solidaires-paca.org/spip.php?article285 )… En plus, il déteste les généralistes, donc c’est parfait. Ce qu’il y a de bien avec lui, c’est qu’il fait où on lui dit de faire, et qu’il peut dire tout haut dans les médias ce que Christine, Eric et le patron pensent tout bas…

 

-Ah ben c’est formidâââble, Xâââvier, et tu la sors d’où, cette perle-là ?

 

-T’inquiète, cocotte, et lis bien l’AFP…

 

 

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GRIPPE A: FRANCOIS CHEREQUE JUGE LES GENERALISTES HYPOCRITES

 

PARIS - François Chérèque qualifie d'hypocrite la colère des médecins généralistes, écartés de la campagne de vaccination contre la grippe A (H1N1), et estime que le mode de rémunération des praticiens devrait être réformé pour faciliter des missions de service public.

 

«C'est une question de coût, il y a toujours une question de pognon derrière ça», explique t-il.

Invité dimanche du Grand rendez-vous Europe1/Le Parisien-Aujourd'hui en France,  le leader syndical a estimé que les patients paieront plus cher : «Si vous allez chez votre médecin pour vous faire vacciner, vous allez payer une visite. On nous dit c'est 8 euros, mais on se moque de nous, parce que vous allez y aller, vous allez faire voir un autre problème de santé, et ce sera 22 + 8, ce sera 30 euros

 

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16/11/2007

« C'était un vendeur d'assurances…donc, pour lui, tout est bon » : Xavier Bertrand et les syndicats

 

 

 

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C’est un des puissants barons de Nicolas Sarkozy.

Passé à l’ «ennemi » en Décembre 2006 après avoir longtemps œuvré, dans le clan des juppéistes, à tenter d’éviter que les syndicats médicaux proches de l’UMP fassent allégeance à celui que détestait la chiraquie.

L’échec de cette manœuvre tacticienne étant patent, Xavier Bertrand rejoignit ( provoquant la colère et la surprise de Jacques Chirac) le candidat à la présidentielle.

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Dans Le Monde, Rémi Barroux et Christophe Jakubyszyn notent : La force de Xavier Bertrand, qui fait de lui un vrai politique, c'est de ne pas s'attacher. Séguin, Juppé, Chirac, Raffarin, Sarkozy : il a pris appui sur chacun, l'un après l'autre. Sans ciller, il confirme : « Je ne suis pas proche de Juppé, je ne suis proche de personne. Certes, Juppé est la première personne qui m'a fait confiance et je m'en souviens. Raffarin aussi, je lui suis reconnaissant. Je suis fidèle par la reconnaissance. »

Non content de rejoindre le clan Sarkozy, Xavier Bertrand, à la différence de ralliés sans envergure ( au hasard, Philippe Douste-Blazy), occupe d’emblée une place de choix dans l’organigramme, en devenant porte-parole du candidat.


 

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« Ce n’est pas trop dur de dire comme porte-parole l’inverse de ce  que vous disiez comme ministre? » lui demandait Eric Favereau ( Libération).

A quoi Xavier Bertrand, qui longtemps et à juste titre combattit l’idée de franchises sur les soins avant de les défendre une fois passé dans le camp sarkozyste, répondait : « Ce n’est pas le cas. Car je ne suis pas du genre à changer de position, Je revendique la cohérence ».

Et effectivement, Xavier Bertrand est un homme intelligent et cohérent. Sa manière de gérer les relations syndicales ne varie pas, depuis des années. A l’heure où, Ministre du Travail, des Relations Sociales et de la Solidarité, il négocie avec les syndicats… en refusant apparemment d’envoyer à Sud-Rail la lettre de « proposition de méthode » concoctée avec Nicolas Sarkozy, il est intéressant de se souvenir de la manière dont, en tant que Ministre de la Santé, il tissa des liens très serrés avec… ceux des syndicats médicaux qui lui agréaient.

 

PETIT RAPPEL DES FAITS, EN VIDEO EDUCATIVE:

http://www.dailymotion.com/relevance/search/bertrand+%C3%...

 

ET DANS LE TEXTE:

(adapté de Les Fossoyeurs, ed Privé-Michel Lafon) 

En Juin 2006, les médecins votent aux élections professionnelles, et ce vote a valeur de test sur leur adhésion à la réforme Douste-Blazy-Bertrand. Les syndicats signataires proches de l’UMP ( CSMF et SML) sont minoritaires chez les généralistes, qui votent à près de 60% pour les opposants à la convention.

Par un tour de passe-passe, Xavier Bertrand va alors confier au sénateur Vasselle le dépôt d’un amendement adopté en catimini au Sénat pour ôter tout pouvoir de nuisance aux syndicats que le pouvoir a décidé de considérer « non représentatifs » malgré leur succès électoral(*).

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Ce déni démocratique contre lequel s’élèveront les députés et sénateurs de l’opposition (**) constitue le seul moyen pour Xavier Bertrand de sauvegarder l’axe UMP-CSMF bien mis à mal dans les urnes, car contrairement aux prévisions, MG France, Espace Généraliste et FMF se sont rejoint pour créer, au-delà de leurs divergences, une intersyndicale majoritaire qui, devant le refus de reconnaissance de sa représentativité issue des urnes, use d’un artifice juridique pour s’opposer aux avenants signés par la CSMF… même lorsque ceux-ci s’accompagnent de revalorisations financières pour les médecins.

« Les syndicats doivent être reconnus représentatifs parce qu’ils ont été élus, pas parce que le ministre l’a décidé ! » martèle le président de MG France. Bombardés de mails et de lettres par des généralistes furieux de voir le ministre de la santé s’asseoir ainsi sur le vote de 29.000 médecins pour continuer à privilégier la CSMF et le SML, les sénateurs réutilisent la bonne vieille technique du copier-coller pour renvoyer les généralistes à leur néant, paraphrasant Philippe Bas, ancien secrétaire général de l’Elysée, ubuesque ministre de la Sécurité Sociale, qui déclare qu’il n’est pas question de donner à des syndicats qu’il a décidé de considérer non-représentatifs « un pouvoir de nuisance qui ne s’accompagne pas d’un pouvoir constructif ».

Michel Chassang, président de la CSMF, botte en touche en assurant n’avoir rien demandé : « Je n’approuve ni ne désapprouve. Je constate simplement que le Parlement a décidé d’exprimer clairement l’esprit du législateur en corrigeant son erreur initiale. Mais c’est le problème de la représentation nationale, pas le mien ».

 

Son prédécesseur à la tête de la CSMF, le Dr Claude Maffioli, candidat UMP malheureux aux législatives de 2002 ( Investi par l’UMP, il se verra éliminé au premier tour par Catherine Vautrin, dissidente… tragiques aléas de la démocratie…), nommé à la HAS et président de l’Union Nationale des Professions Libérales, s’émeut de l’avis du Conseil économique sensible aux arguments des opposants : l’UNAPL « refuse de faire de l’élection un critère principal, voire unique, de mesure de la représentativité. »

 

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Selon l’UNAPL, ce serait « une prime donnée à ceux qui n’ont pas de programme et qui ne sont que simplement contestataires ». Ah… délices de la démocratie… Entre l’UMP d’un côté et les représentants de la CSMF de l’autre, les opposants redécouvrent la stéréo.

L’intersyndicale majoritaire saisira le Conseil Constitutionnel, et l’opposition parlementaire fera de même, en vain. Mais la manœuvre laisse quand même de grosses traces de pneu dans la purée du petit, au moment où le gouvernement prône le dialogue social devant les syndicats de salariés ( lesquels demandent eux aussi, tout simplement, que la représentativité soit liée aux résultats électoraux).

Quelque temps plus tard, et dans le but louable de fluidifier les relations sociales, les présidents des syndicats signataires désavoués par la majorité des généralistes seront décorés de la Légion d’Honneur en Janvier 2007.

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Le titre de cette chronique est une citation de François Chérèque

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( qui n’est tout de même pas Emiliano Zapata)

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dans Le Monde, 16/10/2007.

 

 

 

*  Le Docteur Jean Leonetti, député-maire UMP d’Antibes et auteur de la loi sur le droit des malades et la fin de vie, donnera l’explication de cette manœuvre : « Le gouvernement a choisi la voie sénatoriale pour faire voter son texte, car chez les députés, à quelques mois des élections législatives,  cet amendement ne serait jamais passé ».

 

 

** Le Sénateur Jean-Pierre Godefroy, représentant du groupe socialiste, fustigera cette manœuvre indigne : « Cela revient finalement à annuler autoritairement les résultats d’une élection contrôlée par l’Etat…Si votre conception du dialogue social, c’est  de choisir vos interlocuteurs en évacuant tous ceux qui ne sont pas d’accord avec vous, ce n’est plus du dialogue social, c’est se regarder dans le miroir !.. Et pourquoi ne pas changer demain le résultat de toutes les élections dans le pays en disant que tel corps électoral n’est pas représentatif ? Dans un texte comme celui-ci, oser un tel morceau de bravoure, c’est se moquer de l’opinion publique. »

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