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17/12/2012

Bruno-Pascal Chevalier (1963-2012)

Militant inlassable et sans concession, Bruno-Pascal Chevalier, compagnon dans la lutte contre les franchises sur les soins, est décédé ce jour.


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"Je cherche la région cruciale de l'âme, où le mal absolu s'oppose à la fraternité" 

André Malraux

05/07/2012

NO PASARAN LE FN: A propos d'un cas d'indigence médiatique

 

Sarkozy? Connais pas...

L'urgence, à droite, est à la reconstruction. Pas la reconstruction d'une doctrine ou de valeurs alors que l'UMP s'est autodétruite en endossant toutes les contorsions démentes du sarkozysme, jusqu'à brûler ce qui restait du gaullisme et de l'héritage du Conseil National de la Résistance

Non, la reconstruction d'une image médiatique.

On reconnaîtra à Roselyne Bachelot d'avoir senti le vent tourner avant les autres, ce qui lui a permis d'être la première à pondre son monument d'autopromotion sirupeuse, "A feu et à sang".

Grâce à la vacuité des media, elle a ainsi pu un temps bénéficier d'un effet d'annonce, et pipoter sur les plateaux la fable de la bonne fille humaniste "trop désolée" de voir son Prince Charmant choréique céder aux sirènes des Buisson et autres Guéant, au lieu d'écouter la voix de la raison et de la compassion, la voix de la visiteuse médicale vendue aux lobbies pharmaceutiques qui mit en place une campagne en vaccinodromes ridicule et dispendieuse après avoir déféqué d'une grande hauteur sur les généralistes français pour justifier de s'être fait refourguer des vaccins par lots de dix qui finirent à la poubelle, la voix de la petite télégraphiste qui en 2008 défendait avec zèle les franchises sur les soins appliquées aux cancéreux, au nom de la solidarité nationale.

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Roselyne Bachelot s'essuya longuement les pieds sur cinq longues années de sarkozysme rampant avant de marcher dans le guaino. Lequel jugea, et pour une fois on ne pouvait qu'être d'accord avec lui, comme quoi tout arrive, que la camelote pharmaceutique dépassait les bornes de la vulgarité et de l'indécence.

Mais Roselyne n'était pas seule.

Hier dans le Monde, c'est Rachida qui s'y colle. Ah, Rachida, on l'avait un peu oublié, et ça faisait un petit moment que les parquetiers de l'Elysée avaient rattrapé les rayures. Rachida, ce qu'il y a de bien avec elle, c'est qu'elle ose. Comme le dit Franck Bianchieri, dont j'apprécie particulièrement la lettre économique GEAB2020:

"C'est souvent le problème de l'arriviste, il doit choisir entre consacrer son énergie à faire son travail ou bien la dédier à construire la prochaine étape de sa carrière ( réseaux, communication, publicité sur lui-même,...); et, laissé à lui-même, sans contrainte forte, il fait toujours le même choix, sa carrière."

Dans le Monde, hier, Rachida, sublime, forcément sublime, se hausse sur ses escarpins pour fustiger les vieux barbons de l'UMP. Quelques coups de griffe à François Fillon, à NKM, avant de plaider bien sûr pour la féminisation et la diversité, et d'asséner la phrase qui tue:

"L'UMP risque aujourd'hui, si on laisse faire, d'être prise en otage par une caste qui se croit dispensée d'écouter le peuple", clame celle qui, ministre lamentable, passait plus de temps en robe Dior sur les couvertures des magazine people qu'à potasser ses dossiers.

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Petit jeu de l'été: L'une de ces deux personnes est une honte pour la République.

Un indice? :  L'autre a été condamné pour injures raciales et antisémites.

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"Une caste qui se croit dispensée d'écouter le peuple"?.... Non mais fous-toi de ma gueule, Rachida, ne te gêne pas....

Tout ceci serait anecdotique si la presse ne s'y mettait pas. Hollande est un peu trop "normal", il faut donc absolument sauvegarder le vivier de vipères, de scorpions et de mygales qui se cannibalisent à l'UMP, le maintien des ventes est à ce prix.
Dans "Les Inrockuptibles", cette semaine, c'est Thomas Legrand, éditorialiste multicarte, qui s'y colle.

Avec un argumentaire qui, n'en doutons pas, dopera les ventes et rétablira la confiance des lecteurs un temps mise à mal par la connivence réelle ou supposée ( les gens sont méchants) entre habitués du Siècle...

Car que lit-on dans ce vibrant plaidoyer digne d'un Zola, d'un Luther King? On lit que Thomas Legrand a un rêve, celui de sauver Willy.

Oui, pour Thomas Legrand et pour les Inrocks, magazine branché de gauche tant qu'elle est de droite, il est urgent de se réunir derrière un mot d'ordre digne des Brigades Internationales: "Sauver! la droite".

Vous avez bien lu. D'ailleurs je vous mets la couverture, en prime, gratis ( La maison ne recule devant aucun effort, mais ne fournit pas le metoclopramide)

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Oui, vous les avez reconnus. Ils sont venus, ils sont tous là ( sauf Laurent Wauquiez, probablement bloqué dans l'Eurostar au retour d'une de ses mendications auprès de ses amis banquiers véreux de la City à lui qu'il a, mais qui savent reconnaître la grandeur des nations ou à défaut, des ambitions).

Ils sont tous là, ces trois quadra que les Inrocks n'hésitent pas à qualifier de " gaullistes et rénovateurs". Car pour les Inrocks, le bon droitier de compétition est branché, "jeune", svelte, facebooke et twitte tel un ouf. Oui, faut-il encore les présenter, ces rock-stars de la rébellion de la vingt-cinquième heure?

Bruno Le Maire, l'homme qui lâcha Villepin pour Sarkozy

François Baroin, le gendre idéal, favori de Sarkozy

Nathalie Kosciusko-Morizet, la porteuse de parole du nain choréique ( qui fait un peu moins la maligne depuis que le droiteux Buisson, qu'elle accuse d'avoir voulu faire gagner Charles Maurras plutôt que Nicolas Sarkozy, a révélé qu'elle lui faisait en privé des avances politiques encore récemment)

L'argumentaire de Thomas Legrand est d'une telle profondeur, que dans toute sa subtilité il faut ici le recopier, avec le respect dû aux visionnaires: "Il se peut qu'un jour, dans cinq ou dix ans, vous soyez amenés à voter  à droite pour faire barrage à l'extrême-droite. Autant que ce soit pour l'un de ces trois-là, non?"

Dolores Ibarruri, la Pasionaria, n'aurait pas dit mieux. No Pasaran le FN, avec nous les courageux gaullistes de la vingt-cinquième heure!

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Oui, vous les avez reconnus, ces trois électrons libres, ces trois voix courageuses qui aux pires heures du sarkozysme clivant et dérégulateur portèrent haut les couleurs de la France et du gaullisme, surent faire rempart, de leur voix tremblante d'émotion mais jamais prise en défaut, contre le pire.

Ils étaient là quand des gosses se jetaient par les fenêtres pour qu'Eric Besson puisse faire du chiffre, ils étaient là quand Guéant jetait les étrangers en pâture au FN, ils étaient là quand Roselyne et Xavier taxaient les cancéreux, ils étaient là quand Guaino, Fernandel du colonialisme Banania, insultait par la bouche de sa marionnette les Africains coupables de n'être pas assez entrés dans l'Histoire...

Ils étaient là, fermant leur gueule.

Qu'ils continuent, putain, et Thomas Legrand avec.

30/12/2010

H1N1: Pandémie de la peur, le retour des experts la bave aux lèvres

J'interromps la série "Comment la santé devint rentable" pour reproduire ici ce message à caractère informatif, une nouvelle ALERTE URGENTE DE LA DIRECTION GENERALE DE LA SANTE, celle-là même dont le directeur, le Prrrrrofesseur Didier Houssin, s'est illustré l'an dernier par sa méritante roselynocompatibilité...

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Didier Houssin et Roselyne Bachelot-Narquin

Mon commentaire, rapide: "Couverture vaccinale insuffisante en 2011?: conséquence directe du fiasco vaccinal Bachelot. Comme le disait Abraham Lincoln: on peut mentir à tout le monde un certain temps, on peut mentir à certains tout le temps, mais on ne peut pas mentir à tout le monde tout le temps"

 

Ce message est retransmis grâce à mon ami Dominique Dupagne, avec les commentaires ironiques et mordants d'icelui.

 

Bonjour

J'ai reçu ce jour ce message de la DGS :

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Les dernières données épidémiologiques (franchissement du seuil épidémique, co-circulation des virus A(H1N1)2009, A(H3N2) et B, augmentation du nombre d’hospitalisations et de formes graves – majoritairement liées au virus A(H1N1)2009) conduisent la direction générale de la santé, sur la base des recommandations des experts formulées le 24 et le 29 décembre 2010, à actualiser les mesures de protection des personnes les plus à risque de formes graves de grippe :

1. Extension de la recommandation de vaccination rapide aux femmes enceintes et aux sujets présentant une obésité avec un indice de masse corporelle (IMC) supérieur ou égal à 30 ;

2. Confirmation de l’importance de la vaccination rapide des personnes ayant un facteur de risque habituel pour la grippe saisonnière et des professionnels de santé ;

3. Recommandation de mise sous traitement antiviral curatif, le plus précocement possible, des sujets présentant : un syndrome grippal caractérisé (si la forme clinique est jugée sévère par le médecin) ou des facteurs de risque particuliers, quelle que soit la sévérité clinique, ou une forme clinique grave d’emblée ou compliquée ;

4. Recommandation de mise sous traitement antiviral curatif par oseltamivir des femmes enceintes présentant un syndrome fébrile associé à des signes respiratoires, quel que soit le trimestre de grossesse et la présence ou non de facteurs de risque.

Enfin, en termes de prévention, l’importance du respect des mesures barrières (lavage des mains,…) mérite d'être rappelée aux patients.

Pour vos patients concernés par les recommandations vaccinales mais n’ayant pas reçu d’imprimé nominatif de prise en charge par l’Assurance maladie, vous pouvez vous procurer des imprimés vierges en les téléchargeant sur le site http://www.ameli.fr/professionnels-de-sante.php (rubrique « commande de formulaires ») ou en demandant à votre caisse d’assurance maladie de vous adresser le formulaire par messagerie ou un jeu d’imprimés par courrier. S’il le souhaite, un patient peut également se rendre à sa caisse primaire d’assurance maladie pour y retirer son imprimé.

Pour en savoir plus et consulter les documents suivants :
Avis du HCSP du 29 décembre 2010 relatif à l’actualisation de la stratégie vaccinale contre la grippe 2010-2011
Fiche pratique d’utilisation en ambulatoire des antiviraux en curatif en période de circulation du virus A(H1N1)2009

http://www.sante.gouv.fr/grippe-saisonniere (Informations destinées aux professionnels de santé)
http://www.invs.sante.fr/surveillance/grippe_dossier/ (Point épidémiologique)

------ fin de citation------------

Donc, des experts en santé publique ont attendu l'arrivé de l'épidémie pour se pencher sur l'intérêt d'étendre les recommandations de vaccination. Une telle décision ne pouvait elle pas être prise avant l'épidémie ? La rentrée universitaire a lieu généralement en octobre. En quoi l'épidémie actuelle est-elle surprenante ? Est-il vraiment judicieux de se vacciner en pleine période de contamination ?

Sur le fond lui même, tout a été dit l'année dernière. Il faut savoir que les experts qui prennent ce type de décision sont par exemple Catherine Olivier Weil si l'on en croit Carnets de Santé  http://www.carnetsdesante.fr/Weil-Olivier-Catherine
Rappelons que COW a soutenu devant le Sénat que le taux de formes graves puis de mortalité de la grippe chez l'enfant était de 20%, surestimant ainsi la réalité d'un facteur 100.000. Elle le répète deux fois http://www.dailymotion.com/video/xdllyb_le-pr-weil-olivie... Une telle méconnaissance de la réalité par les experts explique peut-être mieux que leurs conflits d'intérêts l'absurdité des mesures préconisées.

Une chose amusante : France Meslé, dans un article publié par l'INED et non démenti malgré de nombreuses erreurs, avait prétendu que la vaccination avait divisé la mortalité par 10 en 40 ans. C'est faux http://www.atoute.org/n/article163.html et cela a malheureusement été repris partout. Mais ce qui est drôle, c'est que pour appuyer sa démonstration, elle affichait une mortalité réduite à environ 300 cas par an depuis 2000, ce qui est proche de la réalité. Mais dans le même temps, l'ineffable Bruno Lina nous réaffirme dans le Figaro http://www.lefigaro.fr/sante/2010/12/28/01004-20101228ART... que la grippe fait 7 à 8000 morts annuellement.

Le facteur dix évolue donc d'un mois à l'autre selon que l'on veut valoriser le vaccin ou faire peur avec la grippe. Après le KO debout de la dernière épidémie, les cassandre ont fait profil bas, attendant avec impatience les premiers morts pour reprendre du poil de la bête. Nous allons les voir monter en épingle la moindre hospitalisation. Heureusement, les médias traditionnels se laisseront peut-être moins manipuler que l'année dernière. Une suggestion marketing : regrouper tous les cas graves français dans un seul service pour faire un effet de masse avant de convoquer la presse. Ca avait bien fonctionné l'année dernière au niveau régional.

Nous avons une santé publique digne d'une république bananière car ces âneries sont proférées dans un silence universitaire assourdissant, que seuls quelques rebelles viennent troubler en réclamant un peu de rigueur dans les statistiques nationales.

Encore une fois, je n'ai rien contre le vaccin grippal, je voudrais juste que les autorités sanitaires  arrêtent de justifier leurs choix par de la science falsifiée.

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--
Dr Dominique Dupagne
10 mesures pour sauver l'assurance maladie :
http://www.atoute.org/n/article172.html

23/03/2010

Deux cons de piafs (4)

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12/02/2010

Patients si vous saviez… qui vous représente au sommet de l’Etat….

Patients si vous saviez… qui vous représente au sommet de l’Etat….

par Christian Lehmann et Bruno-Pascal Chevalier

 

Diviser pour régner.
Dresser les uns contre les autres, afin de briser toute possibilité de prise de conscience commune, afin de défaire les solidarités essentielles.

Débaucher dans le "camp adverse" des individualités qu'on pourra couvrir d'honneurs, et qui insensiblement serviront le pouvoir.

 

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Lorsqu'on est incompétent, nuisible, ce sont probablement les seuls moyens d'éviter d'avoir à faire face à une véritable opposition. Le sarkozysme l'a compris, qui utilise largement ces techniques.


Sur les questions de santé, le pouvoir UMP a longtemps choisi, parmi les représentants syndicaux des médecins, les plus conservateurs. Certains syndicalistes ne représentant quasiment qu'eux-mêmes se voyaient récompensés d'une signature conventionnelle par honneurs et subsides. Et en 2006, Xavier Bertrand fit passer un amendement sénatorial ( l'amendement Vasselle) pour évincer de la représentativité syndicale les vainqueurs des élections professionnelles des représentants des médecins libéraux, pour garder en selle ses "partenaires". Une grande partie des médecins n'a donc pu que retenir sa colère pendant des années, s'arrachant les cheveux lorsque les représentants syndicaux adoubés et bichonnés par le pouvoir venaient  squatter les médias en alignant tous les poncifs caricaturaux attendus."Quelle représentation donnent-ils de la profession? Quelle image donnent-ils des médecins à nos patients?", ce sont les questions que se posent les médecins spoliés.

Aujourd'hui, le pouvoir fait fort, en étendant son champ de compétence vers la représentation des patients. Politiquement, dans les coulisses, deux entités ont tenté d'occuper cette place symbolique. La Mutualité Française, incarnée par jean-Pierre Davant, et le CISS, incarné par Christian Saout. Ce dernier fut président d'Aides avant de devenir président du Collectif Interassociatif sur la Santé. Il fut peu de temps après nommé par le Ministère à la Conférence Nationale de Santé, élu président. ( * cf en bas d'article)

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Au fil des ans, Christian Saout s'est singularisé par des attaques en règle contre la médecine libérale. Ces attaques étaient toujours brutales, souvent infondées. Sur le ton du badinage, l'ancien magistrat dégoisait sur les médecins, lâchant de petites vacheries, qu'ensuite, en privé, il tournait en dérision. Les aléas du direct, ce genre de choses... Son ironie vis-à-vis du corps médical est liée à sa totale méconnaissance de la médecine générale. Pour le président du CISS, les généralistes ne servent à rien, ne coordonnent rien : il a coutume de dire ( le comique de répétition est son fort) que ce sont aujourd’hui les patients qui coordonnent leurs soins. Adepte de l’éducation thérapeutique des patients ( une fort noble idée, à condition qu’à terme ni les firmes pharmaceutiques ni les assurances privées ne la prennent en charge… ce qui est pourtant dans les cartons…), il entérine la mort de la médecine générale.

Et les années passent. Christian Saout s'est révélé un soutien efficace à la loi HPST de Roselyne Bachelot. Christian Saout a moins parlé des sujets qui fâchent, des franchises sur les soins que la Ministre avait imposées aux plus faibles.

Pendant l'épisode H1N1, la Conférence Nationale de Santé qu'il préside s'est signalée par son mutisme absolu sur la gestion de la pandémie.

Et récemment, sur le sujet de la télétransmission des feuilles de soins, Christian Saout, sur France-Info, a lâché une de ces saouteries poujadistes dont il a le secret, expliquant que les médecins avaient utilisé une prime à la télétransmission octroyée par l'état en 1996 pour acheter des sacs à leur femme ou des Playmobil à leurs enfants. Sur le ton de la boutade, il s'agit, une énième fois, de faire passer les médecins pour des escrocs médiocres, irresponsables, tricheurs, plus occupés à détourner l'argent de l'Assurance-Maladie qu'à soigner leurs patients. L'accusation ne repose sur rien, elle est fausse, mensongère, pathétique même, si on prend le temps de décortiquer le dossier.  Qui plus est, sur son site, le CISS enfonce le clou:

« C’est la Cour des comptes qui vient d’annoncer cette triste nouvelle. En effet, une feuille de soins manuscrite coûte 1,74 € à gérer pour l’Assurance maladie. La même feuille de soins coûte 8 fois moins cher par traitement électronique : 0,21 €.
C’est une affaire à 200 millions d’€. Un beau gisement d’économie qui aurait pu nous permettre d’éviter les derniers déremboursements, par exemple.  

Comment en est-on arrivé là ? On se le demande car les médecins ont reçu une dotation financière pour leur équipement informatique. Pour en faire quoi ? Pour contempler le clavier. Et, en plus, l’Assurance maladie leur fait un petit geste « commercial » pour appuyer sur la touche « Enter » : 7 centimes d’euro. Il est vrai que c’est un geste très fatiguant !!!!

Il faut maintenant changer d’échelle, et passer de l’invitation subventionnée à la sanction pour non-respect d’une obligation réglementaire. Ceci d’autant que les délais de remboursement occasionnés par le traitement administratif des feuilles de soins papier sont nettement plus longs que le temps nécessaire pour traiter un dossier télé-transmis. Les usagers sont donc les premiers à supporter les conséquences de pratiques dépassées.

Il avait ainsi été envisagé de taxer le refus de pratiquer la feuille de soins électronique (FSE) à hauteur de 50 centimes d’euros. On se demande d’ailleurs pourquoi la taxe ne correspond pas plutôt au différentiel entre le coût de traitement de la FSE et celui de la feuille papier, c'est-à-dire le triple de la taxe envisagée : 1,53 €.


Une fois encore, quand il est question de sauver l’Assurance maladie solidaire, on a le sentiment que les médecins ne se voient pas imposer les contraintes avec le même zèle que les usagers … qui n’ont quant à eux jamais eu à discuter l’augmentation des forfaits, la création des franchises ni le montant des déremboursements. Deux poids deux mesures, donc. Ça suffit ! »

La réalité est toute autre.

La télétransmission des feuilles de soin est un travail administratif, qui facilite le remboursement des assurés. L'Assurance-Maladie l'a externalisé sur les médecins, diminuant ainsi ses charges de personnel au prix d’une diminution de la masse salariale, et laissant ces derniers assumer seuls l'achat du matériel, sa maintenance, le coût des modifications successives du matériel et des logiciels.

Une aide à l'informatisation des médecins a été versée, en 1996... prise sur un fond monétaire issu de leurs propres cotisations!!!!!  Seuls les médecins s'engageant alors à télétransmettre 90% de feuilles de soins en ont bénéficié. Cette aide s'est élevée à 9000 francs, soit 1400 euros aujourd'hui. Toute personne utilisant un poste informatique pourra réaliser à quel point cette somme est insuffisante à gérer un poste informatique et le coût d'un appareil de télétransmission sur une quinzaine d'années... La "rémunération" de chaque feuille télétransmise, 7 centimes d'euros, ne couvre pas sur l'année le simple coût de l'abonnement au service de télétransmission ( ne parlons pas du renouvellement matériel et logiciel). En gros, un médecin qui télétransmet une feuille de soins électronique aujourd'hui est rémunéré 7 centimes d'euros, alors qu'il subit les charges de ce travail administratif, et fait gagner aux caisses 1,53 euros... Le CISS s'étonne donc par la voix de son service de presse, cornaqué par son président, que la pénalité que l'on veut imposer en cas d'utilisation d'une feuille de soins papier ne soit que de 50 centimes d'euro... et pas de la totalité de la somme... que le médecin télétransmetteur fait économiser aux caisses... Les cons osent tout, c'est à ça qu'on les reconnaît.

A ce stade, et au-delà de la passe d'armes, nous voudrions demander aux patients de se poser la question que les médecins se posent quand, enragés, impuissants, ils voient dans les médias parader certains représentants syndicaux longtemps choyés par le pouvoir: ""Quelle représentation donnent-ils de la profession? Quelle image donnent-ils des médecins à nos patients?". En écho, nous demanderions à ces derniers: « Quelle représentation le président du CISS, amusant la galerie de bon mot en bon mot, donne t'il des patients? En dénigrant les médecins sous la houlette d’un pouvoir qui organise leur disparition en ville et la mise de l’hôpital sous coupe réglée, qui sert-il? »

A ces questions, nous en ajouterions d'autres: "Pourquoi la Conférence Nationale de Santé que préside Christian Saout ne s'est-elle pas intéressée à la gestion de la "pandémie H1N1", alors qu'il est dans l'intitulé de sa mission de formuler des avis et propositions sur les plans et programmes prévus par le gouvernement ou en vue d’améliorer le système de santé en France ; de contribuer à l’organisation de débats publics sur les questions de santé?"

A ceux qui se poseraient la question, nous proposons les éléments de réflexion suivants:

Le budget du Collectif Interassociatif sur la Santé s'est établi en 2008 à hauteur de :

1 860 130 euros. Il a été financé de la manière suivante :

 

- Financement Direction Générale de Santé (Ministère) : 70,16%

- Financement CNAMTS ( Assurance-Maladie) : 11,99%

- Conseil régional et CDVA : 4,07%

- CNOP : 4,11%

- Malakoff-Médéric : 1,37%

- Fondation Pfizer : 0,83%

- Caisse nationale des Caisses d'Epargne (CNCE) : 1,10%

- Crédit Mutuel : 1,34%

- Produits financiers : 0,43%

- Cotisations associations : 0,32%

- Valorisation Bénévolat : 3,23%

- Dotation aux amortissements : 1,01

 

Christian Lehmann est médecin généraliste, écrivain. Il a été en 2007 à l’origine de la lutte contre les franchises sur les soins.

 

Bruno-Pascal Chevalier, qui en 2008 avait lancé une grève des soins pour alerter et protester contre les franchises, est co-fondateur de « Ensemble pour une santé solidaire », mouvement d’usagers, de professionnels de la santé, d’organismes et de travailleurs sociaux.

http://ensemblepourunesantesolidaire.fr/

 

 

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(*) La Conférence nationale de santé (C.N.S.) a été adaptée par la loi n° 2004-806 du 9 août 2004 relative à la politique de santé publique. Lieu de concertation sur les orientations des politiques de santé, la Conférence nationale de santé permet aux acteurs du système de santé d’exprimer leurs points de vue sur les politiques de santé, relaie les demandes et les besoins de la population en termes d’état de santé, d’accès au système de santé, et favorise le dialogue entre les usagers, les professionnels, les autres acteurs et les responsables politiques.

La C.N.S. est consultée par le gouvernement lors de la préparation du projet de loi définissant les objectifs de la santé publique ; elle formule des avis et propositions sur les plans et programmes prévus par le gouvernement ou en vue d’améliorer le système de santé en France ; elle contribue à l’organisation de débats publics sur les questions de santé.

 

PS :

Face à la mauvaise foi et au mensonge, le docteur Dominique Dupagne a choisi l’arme de la dérision.

http://www.atoute.org/n/article145.html

 
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