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08/01/2013

Rien ne se perd ( pour attendre )

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Jack Lang pressenti à la Présidence de l'Institut du Monde Arabe. Ca fait sens. Genre "Le retour de la momie".

Fernando Pereira ( 1950-1985): un des morts de Mitterrand

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J'allais oublier l'anniversaire de la mort de François Mitterrand. Je m'associe à Fernando Pereira ( momentanément indisponible ) pour souffler les bougies...

 

Pour ceux qui ne font pas, ou plus, le lien....

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Olivier Barrot présente UN MONDE SANS CRIME, en 1993, dans l'émission 1 Livre, 1 Jour


UN MONDE SANS CRIME, de Christian LEHMANN, Ed. RIVAGES-NOIR

17/12/2012

Bruno-Pascal Chevalier (1963-2012)

Militant inlassable et sans concession, Bruno-Pascal Chevalier, compagnon dans la lutte contre les franchises sur les soins, est décédé ce jour.


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"Je cherche la région cruciale de l'âme, où le mal absolu s'oppose à la fraternité" 

André Malraux

06/12/2012

Santé et mutuelles: quelques vérités...VROOM VRROOMMM VAVAVOOOOMMM

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Le combat actuel des professionnels de santé contre la proposition de loi socialiste sur les réseaux mutualistes n’est pas seulement, comme certains de leurs dirigeants tentent de le faire croire, un combat corporatiste, c’est un combat qui pointe les immenses contradictions dans lesquelles s’enferrent les politiques… et les mutualistes quand en interne ils ne balaient pas leurs écuries d’Augias et tentent de tenir un discours larmoyant sur l’accès aux soins solidaires tout en sponsorisant des rallyes de courses automobiles avec l’argent des cotisants, un argent qui devrait uniquement être consacré au remboursement des soins.

Médecin, citoyen, je n’admets pas qu’un gouvernement « socialiste » organise avec les mutuelles ce que la droite a tenté de faire avec les assureurs : la privatisation larvée du soin.

 

Dans les sept dernières années, depuis la catastrophique convention médicale de 2005, qui mit à bas la médecine générale et participa au désastre sanitaire actuel, j’ai côtoyé de nombreux mutualistes, des gens sincères, mûs par l’intérêt général, qui ne collectionnaient pas plus les Ferrari que je ne joue au golf…

 

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Parmi eux, Richard Hasselmann, alors directeur de la Mutuelle des Ménages Prévoyants, fut l’un de ceux qui oeuvrèrent avec le plus de constance pour tenter d’aider à sauver le système du médecin référent, dont la destruction par les syndicats médicaux réactionnaires à l’époque ( les mêmes que Marisol Touraine félicite aujourd’hui pour leur nouvelle signature) constitua pour la médecine générale un retour en arrière d’une vingtaine d’années, amenant un grand nombre de confrères à dévisser leur plaque et à changer d’activité. Sans aucun moyen pour faire fonctionner le pseudo «  parcours de soins » de Douste Blazy et Bertrand, celui se transforma en labyrinthe tarifaire, comme nous  l’avions dénoncé à l’époque dans le « Manifeste contre les mensonges de la réforme ».

 

Aujourd’hui en retraite de son poste de directeur de mutuelle, Richard Hasselmann continue à œuvrer dans le domaine de l’économie sociale et solidaire. Il publie dans les Echos ce texte, dans lequel nombre de professionnels de santé et de patients pourront se reconnaître :

 

Santé et mutuelles... quelques vérités !

Lors du dernier congrès de la FNMF, dans une belle envolée, le Président de la République a promis une complémentaire santé pour tous et la fin des avantages exorbitants attachés aux contrats collectifs. Ce faisant, le président et sa ministre de la santé ont fait montre d'un sens politique sujet à caution, voire d'une inquiétante méconnaissance des réalités.

En effet, nous ne sommes pas sûrs que cette sortie d'évidente bonne foi rende effectivement service au mouvement mutualiste français. Ce mouvement porteur d'un formidable idéal est en effet tiraillé entre de vraies mutuelles de base, des groupes mutualistes hybrides prompts à singer les assureurs, et des mutuelles de fonctionnaires, longtemps abritées et désormais enclines à sortir de leur clientèle captive initiale par une Union européenne éprise de concurrence à tous les étages.

S'agissant des contrats collectifs, il faut d'abord se souvenir qu'ils ont été créés comme de véritables instruments de négociation dans les entreprises. Bien vite, les assureurs de la FFSA et les institutions paritaires du CTIP ont vu là une formidable opportunité pour mordre sur le segment du complémentaire santé. Cela d'autant que nombre de DRH utilisent le contrat collectif santé comme un des atouts du job proposé, ou… de la modération salariale imposée !

La récente proposition de loi relative aux conventionnements, par le biais de réseaux de soins, les débats entendus ici ou là, truffés d'approximations et contrevérités, la montée en charge de l'automédication, la création éventuelle d'une mutuelle libre (sic) et surtout l'augmentation du renoncement aux soins me conduisent à sortir de mes gonds ! Il est en effet très urgent de dires les choses sans ambages et de réunir autour du mouvement mutualiste français des citoyens dont on sera sur qu'ils ne soient otages d'aucun lobby, politique, syndical, corporatiste ou industriel.

Dire les choses c'est en premier lieu proclamer que la santé est le bien le plus précieux de l'individu. Sans elle toutes les activités humaines sont amoindries ou impossibles. C'est à son niveau que se situe la pire des injustices et des inégalités, et, partant, c'est là et d'abord là que le denier public doit être engagé pour que la solidarité nationale prenne en charge ce que l'intérêt général commande.

Dire les choses c'est se poser la question de la pertinence de l'UNOCAM (Union nationale des organismes complémentaires d'assurance maladie). Une instance qui se veut être le creuset de consensus entre ses membres (FFSA/CTIP/FNMF), alors que tout les oppose, leurs statuts, les codes qui les régissent, les intérêts de rentabilité, les modes de gouvernance et les populations cibles.

À cet égard, le contrat collectif évoqué supra est exemplaire, il ne répond pas au véritable idéal mutualiste, alors qu'il est un accord gagnant/gagnant pour l'entreprise et le salarié quand il peut en profiter. Cette cible privilégiée des assureurs et IP, est une charge pour la collectivité, et une iniquité pour les salariés des PME/TPE et plus généralement pour tous les citoyens qui n'y ont pas accès. Avantage pour l'entreprise sur le plan des exonérations de charges sociales et fiscales (IS) et pour le salarié, outre la fraction de cotisation prise par l'entreprise, la partie laissée à la charge du salarié est déduite du revenu imposable. Ainsi, une dépense fiscale collective favorise le confort de groupes (entreprises et branches) et ouvre la voie à de nombreux professionnels de santé, à perdre "tact et mesure" sachant que ces contrats sont les lieux de toutes les surenchères démagogiques au niveau des prises en charge de toutes sortes.

Dire les choses, c'est crier haut et fort que n'est pas mutuelle qui veut et qu'au sein même du mouvement mutualiste, il va falloir avoir le courage de reposer les bonnes questions. À cet égard, la vieille règle des 4P (public, produit, prix, publicité) avait du bon. Une vraie mutuelle est un groupement de citoyens, sans but lucratif, qui doit fonctionner à dire souverain de ses adhérents via son AG. À l'heure où la labellisation est à la mode, l'ACP (Autorité de contrôle prudentiel) a un rôle à jouer, pour sonder les modes de gouvernance, les charges de fonctionnement, et la compétence de pilotage interne de ces acteurs.

Dire les choses c'est aussi souligner que certaines mutuelles, en particulier celles de la fonction publique, gèrent par délégation de la Sécurité sociale le régime obligatoire (RO) de leurs adhérents et reçoivent à ce titre des allocations de gestion. Cela n'est pas neutre au moment où l'on veut comparer les chargements de gestion, entre la Sécurité sociale (avec une assiette obligée dont l'ampleur impacte à la baisse le cout de gestion), et les acteurs du RC (régime complémentaire).

Dire les choses c'est aussi constater que le débat sur les réseaux de soins conventionnés est un faux débat. À ce propos le "pas de deux" du ministre de la Santé amodiant la proposition de loi pour la cantonner aux seules optique et dentaire, prouve que l'on ne sait pas de quoi l'on parle. Compte tenu du Code de la Mutualité (Article L112.1) modifiant l'article L.121.2 du code de 1985, une vraie mutuelle peut faire tous les conventionnements qu'elle veut, après accord de son AG en utilisant les vecteurs de communications dont elle dispose, pour conseiller à ses adhérents les professionnels de santé établissements et fournisseurs, avec lesquels elle a contracté.

Il n'est nul besoin de légiférer ni de moduler le niveau de prise en charge. L'adhérent garde son libre arbitre, il sait où son reste à charge sera le plus important, et cela n'exclut pas les prestataires (en optique notamment) qui sont en proximité et en dehors du jeu des conventionnements fermés. À ce niveau, dire les choses c'est remarquer que sauf erreur, le dentaire et l'optique sont des déterminants de santé et qu'à ce titre rien ne justifie le désengagement de la sécurité sociale avec des prises en charge ridicules. Cette même Sécu est bien moins regardante pour des médicaments au service médical rendu insuffisant ou pour des équipements et services qui relèvent plus du confort que de la vraie santé (cures thermales, VSL notamment).

Dire les choses c'est enfin et peut être surtout réaffirmer que les vraies mutuelles ne dorment pas sur un tas d'or, mais sur des marges de solvabilité et réserves qui leurs sont imposées par des normes internationales (SOLVENCY) qui ignorent leur spécificité, avec des risques courts et des facultés annuelles d'ajustement des cotisations et des prestations. Libérées d'obligations d'allocation d'actif et de charges fiscales nées d'un amalgame confortable pour beaucoup, les vraies mutuelles seraient disponibles pour s'investir puissamment, en proximité, dans des actions de préventions et d'éducation thérapeutique des patients en collaboration avec les professionnels de santé, qui n'ont jamais été considérés comme des adversaires, mais bien des alliés.

Cela donnera sens à la notion de citoyen acteur de sa santé, car à bien y regarder cet acteur majeur est peu entendu. Le citoyen financeur et un jour patient vous dira qu'il a confiance en son médecin, et qu'à l'heure de l’Open Data, lui et le groupe de citoyens où il adhère aimeraient disposer de données et informations pour permettre les meilleurs choix, en terme de qualité et de coûts. Il suffit de le vouloir pour que le payeur individuel ou collectif ne soit plus "aveugle" et exerce son libre arbitre.

RICHARD HASSELMANN

http://lecercle.lesechos.fr/economie-societe/social/sante/221160443/sante-et-mutuelles-quelques-verites

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La Matmut, filiale de la Mutualité Française, tient son nom de ses origines: "MUTUELLE ACCIDENT DES TRAVAILLEURS MUTUALISTES".

Les députés "socialistes" qui ont voté la loi sur les réseaux "mutualistes" sont sans doute grandement préoccupés du bien-être des pilotes de rallye automobile. C'est tout à leur honneur.

 

04/12/2012

Le MarisolGate, c'est maintenant!

 Le MarisolGate, c’est maintenant !

 

 

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Depuis des années, la Santé est aux mains d’incompétents et de cyniques. Avec Marisol Touraine, je crains que nous soyons arrivés à une synthèse parfaite entre les deux.

Nous avons eu droit à Philippe Douste-Blazy, le célébrissime inventeur du massage cardiaque assis, et à sa convention du médecin traitant, qui a consisté à écraser les médecins sous les contraintes administratives et a permis de ne pas rembourser les patients quand leur généraliste décède ou dévisse sa plaque. « C’est en changeant tous un peu qu’on peut tous vous baiser »

Nous avons eu droit à Xavier Bertrand, ex-assureur de mobylettes chez AXA. Xavier Bertrand, tout en rondeur et en promesses, l’homme qui expliquait dès 2005 que sa réforme redresserait les comptes de la Sécu, que le Dossier Médical Partagé était l’avenir de l’humanité, que la Tarification à l’Activité ne mettrait pas les soignants hospitaliers à genoux, et que les accords signés avec les chirurgiens ne resteraient pas, foi d’assureur, lettre morte.

Nous avons eu droit à Roselyne Bachelot, sa loi Hôpital-Patients-Santé-Territoire et ses Agences Régionales de Santé pleines d’administratifs improductifs pondant des wagons de textes inapplicables qu’ils ne comprennent pas eux-mêmes. Roselyne sonnant le tocsin dans des vaccinodromes vides lors de l’épidémie de grippe en 2009, qui justifia l’achat de vaccins inefficaces en lot de dix pour des centaines de millions d’euros, par le fait que les généralistes, ces gueux, ces minables, étaient incapables de respecter la chaîne du froid. Aujourd’hui, sur D8, elle oscille sur des talons aiguille pour déclamer des passages porno sado-maso de « 50 nuances de Grey ». Après la chaîne du froid, Roselyne a les chaînes au fion.

Nous eûmes droit ensuite au retour de Xavier Bertrand, comme quoi la peste peut frapper deux fois au même endroit, qui continua à promettre beaucoup et à faire très peu, à part médailler les syndicalistes médicaux à qui le pouvoir politique, de renoncements en traitrise, devait beaucoup.

Puis arriva Marisol.

Sur les franchises sur les soins, combattues avec virulence par les socialistes quand Sarkozy était au pouvoir, elle ne fit RIEN

Sur la stupide sortie de l’HTA sévère du champ des affections longue durée, dénoncée par François Hollande pendant sa campagne, elle ne fit RIEN.

Car elle avait une tout autre croisade , Marie-Soledad, qui en catalan signifie « la fille très simple qui signe ses parapheurs dos à la cheminée ».

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Depuis son arrivée aux affaires, Marisol Touraine martelait qu’elle entrait en croisade contre les dépassements d’honoraires. Soit. C’était un angle comme un autre pour réformer le système de santé, exsangue, à condition de tirer les constats de la situation actuelle et de ne pas se cantonner à l’affichage politique.

 Je ne pratique pas de dépassement, ce qui signifie que ma rémunération est tributaire du tarif fixé par l’Assurance-Maladie, un tarif en gros de 50% inférieur au tarif moyen de la consultation médicale d’un généraliste européen. Freiner les dépassements d’honoraires, c’était aussi, me semblait-il, poser la question des tarifs opposables, de leur grandissante inadéquation avec la réalité économique d’une petite entreprise comme peut l’être un cabinet médical. Que nenni ! Ayant monté en épingle les dépassements de quelques pontes hospitaliers, Marisol Touraine réalisa, un peu tard, que se posait soudain la question cruciale : « Mais que rembourse l’Assurance-Maladie ? Quelle valeur accorde t’elle à la consultation d’un médecin ? »

Pour éviter de voir la réalité en face, d’admettre que certains « petits dépasseurs » utilisaient ce complément d’honoraires pour maintenir la viabilité de leur cabinet et payer leurs charges, il fallut alors à Marisol Touraine forcer le trait, asséner sur tous les plateaux que contrairement à la réalité qui affleurait jusque dans les colonnes de journaux guère tendres habituellement avec la gent médicale, les médecins en secteur 1, à tarif opposable, n’étaient guère à plaindre. « Pour arriver à une rémunération correcte, les généralistes travaillent beaucoup, près de soixante heures par semaine », lui signalait une journaliste à la télévision. « Certains d’entre eux travaillent beaucoup… pas tous ! Pas tous ! », ironisait la Ministre, qu’on soupçonnait alors de tenir prête dans sa poche une liste de branleurs généralistes habitués des terrains de golf. Un autre intervenant, dans une autre émission, lui signalait que le généraliste français se situait dans la moyenne basse européenne. « Ils sont dans la moyenne, ils sont dans la moyenne ! » scandait-elle alors, hautaine. Comment dire sans trop vexer la mal-calculante? Par rapport à ses confrères allemands ou anglais, les moyens dont dispose le généraliste français sont deux à trois fois moindres…Et au tarif du secteur 1, mêmes les centres de santé crèvent sur pied, malgré les subventions municipales, régionales ou mutualistes qui leur sont allouées, et auxquelles bien entendu le médecin libéral en ville ne saurait prétendre…

Au bout de 24 heures de garde à vue, il se trouva trois syndicalistes pour signer l’avenant numero 8 sous le regard bienveillant du greffier, Frederic Van Roekeghem, le très libéral directeur de l’Assurance-maladie , l’homme qui en 2004 a détruit l’option médecin-référent avec l’aide des syndicalistes les plus réactionnaires de la profession ( que le pouvoir UMP a ensuite médaillé pour services rendus), l’homme qui a mis en place sans sourciller les franchises sur les soins ( contre lesquelles s’élevaient avec vigueur les parlementaires socialistes… avant d’arriver aux affaires), l’homme qui en 2008 proposait de ne plus rembourser les médicaments dits « de confort » aux cancéreux, l’homme qui organise la chasse aux arrêts de travail prétendument injustifiés en harcelant les médecins généralistes et en falsifiant les chiffres, l’homme venu du directoire d’AXA qui utilise les techniques de management du privé au sein même de ce qui fut la « Sécurité Sociale »… Cet homme, ancien directeur de cabinet de Philippe Douste-Blazy, est aujourd’hui considéré par Catherine Lemorton, députée socialiste comme » un grand serviteur de l'Etat, avec qui il est très agréable de travailler », et par les journalistes du sérail,  très clairement, comme « le véritable ministre délégué à la Santé »… 

Trois syndicalistes, donc, ont signé. Michel Chassang, l’homme à la poitrine chargée de médailles, qu’on ne présente plus, et qui expliquerait dès le lendemain que l’accord protégeait le secteur 2. Son frère ennemi de MGFrance, bien destiné à se venger de la perte de la convention spécifique des généralistes et à faire fonctionner les tribunaux de l’UNCAM. Et au milieu, le ravi de la crèche, Christian Jeambrun, bientôt démissionnaire, dont je voudrais rappeler la compétence médicale et syndicale par ses fortes paroles prononcées pendant la grippe H1N1 : « Nous allons vivre un état de guerre. Les libéraux ne sauraient exprimer le moindre état d’âme personnel sur le vaccin. Compte tenu de l’exemplarité qui doit être la leur, les médecins qui refusent personnellement le vaccin devront avoir à cœur de ne pas en faire état auprès de leurs patients. » Je sais, c’est comme l’eau ferrugineuse de Bourvil, on ne s’en lasse pas…

Et dans la foulée, Marie-Soledad fit passer à l'Assemblée la loi sur les réseaux mutualistes, loi portée par des députés eux-mêmes anciens administrateurs de mutuelles dont la fameuse LMDE, Mutuelle Des Etudiants, que le journal Le Monde et la revue Que Choisir épinglaient ainsi il y a deux mois: "Opacité, pratiques commerciales douteuses, qualité de service dégradée: pour la première association de consommateurs, ce système est aussi "défavorable aux étudiants qu'onéreux pour la collectivité."

 

Les députés socialistes volèrent au secours de la rapporteuse, démontrant une fois de plus que l’on peut batailler pour que les médecins intervenant dans le domaine du médicament déclarent leurs liens d’intérêt ( ce qui est tout à fait normal), mais que pointer un évident lien d’intérêt chez un homme politique serait une faute morale !

A gauche, la députée Jacqueline Fraysse, cardiologue (Front de Gauche, Hauts-de-Seine), a émis des réserves sur le texte, redoutant qu'il organise "un véritable glissement du principe de prise en charge socialisée et universelle par l'assurance maladie vers une logique contractuelle et individuelle, sur le modèle assuranciel, marquant un pas de plus vers la privatisation rampante de la sécurité sociale".

La loi passa, en pleine nuit, comme souvent les forfaitures les plus dégueulasses. Demain assureurs et mutuelles vont pouvoir faire leur marché, chez les médecins, et chez les patients. Car soyons clair, il y a une parfaite continuité entre l’avenant 8 et la loi sur les réseaux mutualistes.

Les complémentaires ont toujours eu besoin des dépassements d’honoraires pour exister. Si l’Assurance maladie remboursait les actes médicaux à leur juste valeur, il n’y aurait pas, ou très peu, de compléments d’honoraires, et les complémentaires crèveraient sur pied. Mais pour calculer leur marge bénéficiaire, les complémentaires ont besoin de pouvoir border les dépassements d’honoraires, afin de les utiliser pour ramener des clients captifs, sans risque excessif pour leur trésorerie. Les syndicalistes médicaux, comme Michel Chassang, qui ayant signé l’avenant 8 font semblant de combattre aujourd’hui les réseaux mutualistes, se foutent du monde. Comme en 2005 lorsque la médecine générale fut mise à bas par la CSMF, je vous dirais aujourd’hui : « La médecine a été poignardée une fois de plus dans le dos. Et il y a des empreintes sur le manche. »

En 2006, au moment de prendre la tête d’une complémentaire, un homme, un visionnaire, s’extasiait en ces termes : « Je suis fier de prendre la direction d’un acteur historique majeur de la protection sociale. Mon ambition est de relever les défis des réformes à venir qui transformeront profondément l'intervention des acteurs complémentaires, notamment dans le domaine de la santé, pour jouer un rôle de premier plan dans l'amélioration des services de protection sociale. »

Cet homme s’appelait Guillaume Sarkozy.

Et il peut remercier François Hollande

 

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Comme on le voit, avec François Hollande…

Le conventionnement sélectif des médecins, c’est maintenant

L’organisation du système de soins par des puissances financières, c’est maintenant

Les médecins mutualistes payés huit euros à la pièce, c’est maintenant

Les remboursements différenciés selon le parcours imposé par les complémentaires, c’est maintenant

L’opacité des comptes, c’est maintenant

L’explosion des coûts de la publicité à la charge des cotisants, c’est maintenant

Les maisons de santé déficitaires rachetées par les mutuelles et les assureurs, c’est maintenant

Les mutualistes solidaires possédant huit Porsche faisant la morale aux chirurgiens sur le tact et la mesure, c’est maintenant

Les conflits d’intérêts des députés socialistes, c’est maintenant

La privatisation du soin, c’est maintenant

Mais grâce à vous, médecins qui refusez d’être des pigeons :

Le MutuelleGate, c’est maintenant !

Le MarisolGate, c’est maintenant !

 

 

Christian Lehmann est médecin généraliste et écrivain, initiateur en 2007 du combat contre la franchise sur les soins.

http://enattendanth5n1.20minutes-blogs.fr/

Discours prononcé en clôture de la manifestation parisienne du 02/12/2012. (1700 selon la police, 4500 selon les organisateurs...)  Video en ligne:

https://www.youtube.com/watch?v=MHr102u5Aq0

 
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