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12/02/2013

Tout serait à vendre? Tout serait marchandise? Dites non. Signez la pétition.

À l'attention : M. Hollande, Président de la république , Mme Najat Vallaud-Belkacem, ministre des Droits des femmes

A l 'heure où le gouvernement étudie la pénalisation des comportements et propos sur les réseaux sociaux, nous constatons qu'à une heure de grande audience et sur une radio nationale, des «propos injurieux, misogynes, attentatoires à la dignité de la personne et à connotation raciste» ont été tenus selon le CSA.

Ces propos n’ont pas été tenus par des auditeurs, mais par Sophie De Menthon, un temps membre du comité éthique du MEDEF, qui exerce des responsabilités au Conseil Economique Social et Environnemental, qui a été nommée Officier de la Légion d'Honneur et Commandeur de l'Ordre National du Mérite; ainsi que par Franck Tanguy.

Au sujet de l’accord financier conclu entre Nafissatou Diallo et Dominique Strauss-Kahn, mettant un terme à des poursuites pour agression sexuelle, ces deux « chroniqueurs » ont accumulé des propos dont la bêtise le dispute à l’ignominie.

- Sophie de Menthon : « Tu veux que je sois politiquement totalement incorrecte ? [...] Je me demande, c’est horrible à dire, si c’est pas ce qui lui est arrivé de mieux. »

- Sophie de Menthon : « Moi je pense que l’argent qu’elle a gagné, qui lui permet d’élever sa fille, elle ne l’aurait jamais eu dans toute son existence et j’espère qu’elle oubliera ce moment extrêmement désagréable [...] Il y a des femmes dans la rue, je suis sûre qu’elles ont pensé ça, en disant "j’aimerais moi aussi être femme de chambre dans un hôtel et que ça m’arrive."

- Franck Tanguy : « Elle n’a rien pour elle, elle ne sait pas lire pas écrire, elle est moche comme un cul, et elle gagne 1,5 million, c’est quand même extraordinaire cette histoire. »

- Franck Tanguy : « C’est un horrible événement dans sa vie dont certainement elle se rétablira, mais pour elle c’est quand même… ça va quoi ! »


Sophie de Menthon s’était déjà illustrée sur la même antenne en défendant, au nom du « pragmatisme » le travail des enfants.

De tels propos déshonorent notre nation, déshonorent les ordres et institutions qui acceptent ce type de discours. Sans dédouaner la station de radio ou ses animateurs, nous demandons que ces propos fassent l'objet de poursuites pénales, et que les institutions auxquelles participe Sophie de Menthon tirent les conséquences de tels comportements.

Plus d'infos sur ce sujet : Cliquez ici

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La pétition que je reproduis ici, initiée par un ami, fait référence à un incident grave lors d'une émission de RMC diffusée il y a quelques jours. Cette émission a donné lieu à un tollé médiatique, après quoi Franck Tanguy s'est excusé auprès de la station, Sophie de Menthon a refusé de le faire et a été exclue, prélude à une tournée des plateaux pour expliquer qu'elle était une victime du "politiquement correct", que, d'énormité en énormité, elle se fait gloire de combattre. Puis le cirque habituel a repris.

Si vous pensez que tout est marchandise, que tout se monnaye, passez votre chemin. dans le cas contraire, comme moi, signez cette pétition:

Pour signer, c'est ici:

 ( ET N'OUBLIEZ PAS ENSUITE DE VALIDER L'EMAIL DE CONFIRMATION DE VOTRE SIGNATURE)

La photo qui illustre ce billet est tirée du magnifique film d'Abdellatif Kechiche, LA VENUS NOIRE, avec Yahima Torres et Olivier Gourmet.

08/02/2013

LES FOSSOYEURS: Notre santé les intéresse

 

 

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EXTRAIT:

Comment peut-on ne pas être libéral ?
Dans « libéral », il y a liberté…
La liberté d’entreprendre, la liberté de vivre, la liberté de choisir…

Le libéralisme, ça va avec tout.

 

Comment peut-on critiquer le libéralisme quand ( wôôô l’aut !) on est soi-même médecin libéral ?

N’est-ce-pas là le comble du ridicule, de la haine de soi ?

J’entends déjà les commentaires, chanterait Serge Reggiani…

Mais, au fait, le libéralisme, c’est quoi ?
Tournons-nous vers Wikipedia :

« Au sens large, le libéralisme prône l'établissement d'une société caractérisée par la liberté de penser des individus, le règne du Droit naturel, le libre échange des idées, l'économie de marché et son corollaire l'initiative privée, et un système transparent de gouvernement dans lequel les droits des minorités sont garantis. Il existe plusieurs courants de pensée libéraux, qui se différencient notamment par leurs fondements philosophiques, par les limites qu’ils assignent à l'État, et par le domaine auquel ils appliquent le principe de liberté…

Alors que pour les libéraux classiques, la primauté de la liberté individuelle est un principe absolu qui s'applique à tous les domaines de la vie en société, il est devenu courant de subordonner l’application de ce principe aux circonstances, de considérer que les volets philosophique, politique, social et économique du libéralisme sont indépendants les uns des autres, voire de réduire le libéralisme à ses aspects économiques comme le fait l'usage moderne français…

Le mot « libéralisme » est utilisé dans des sens différents, plus ou moins larges, et quelquefois contradictoires. »

C’est le moins qu’on puisse dire. Aux USA, est « liberal » celui qui s’oppose aux conservateurs, à la guerre en Irak et au clan Bush… Le « liberal » americain est un Rouge qui s’ignore.
En France, le terme, accepté dans sa seule dimension économique, a souvent été confondu avec le capitalisme, dans lequel l’initiative privée, à l’origine de l’économie de marché, serait le facteur primordial de l’accroissement des richesses de tous ( mais de certains plus que d’autres)…

Mais le capitalisme, au cours du vingtième siècle, a connu de profondes mutations. Le capitalisme industriel, le capitalisme d’entreprise, avec ses Maîtres de Forges et autres grands patrons paternalistes investissant pour l’avenir, a disparu, au profit d’un capitalisme essentiellement financier, un capitalisme du profit à court terme, quel qu’en soit le prix à payer pour les populations, et pour l’avenir de la planète. Un capitalisme myope, pour ne pas dire un capitalisme aveugle. C’est ce capitalisme, que je nomme néolibéralisme. Le terme ultralibéralisme me semble inapproprié, il sert d’ailleurs aux néolibéraux comme un repoussoir. « Regardez », disent-ils, « avons-nous franchement l’être d’être des ultra ? ». Et en effet, rien dans leur accoutrement ne laisse transparaître, au premier abord, qu’ils se situent, sur l’échiquier des valeurs humaines, légèrement à droite de Gengis Khan ( 1162-1227)…

 

Le capitalisme, victime consentante d’une mutation, délaissant l’investissement industriel à long terme pour favoriser le seul gain financier à court terme ?

Ce n’est pas moi qui l’affirme, mais ses plus zélés supporters.

Tenez, au hasard, Eric Le Boucher, l’homme qui dans ses chroniques économiques du quotidien « Le Monde », dépasse chaque semaine Jean-Marc Sylvestre sur la droite, en klaxonnant…

Dans un article d’Octobre 2006 sobrement intitulé « Ce qu’il faut faire », Eric Le Boucher nous donne un court d’économie rapide et précis, comme on aimerait en voir plus souvent :

« Excluons l'extrême gauche et l'extrême droite du raisonnement. Pour elles deux, la solution passe par la fermeture des frontières aux biens, aux capitaux et aux personnes, or, chacun sait, sauf elles, que l'histoire comme les études économiques ont montré que cela conduirait à une précipitation du pays dans le déclin. Raisonnons avec la gauche et la droite dites de gouvernement. »

C’est pas déjà du puissant, là ? C’est pas du décoiffant ?

« Pour cette gauche et cette droite, le constat est commun. Le monde est entré dans une nouvelle phase sous la poussée de trois forces puissantes et conjuguées : une accélération technologique fulgurante, une mondialisation généralisée et l'émergence d'un nouveau capitalisme dit patrimonial qui accorde une place première à l'actionnaire. »

Qu’est-ce que je vous avais dit ?

« L’émergence d’un nouveau capitalisme dit patrimonial qui accorde une place première à l’actionnaire ».

C’est pas exquisement écrit ? On est économiste, on n’en est pas moins poète… Parce que « L’émergence d’un nouveau totalitarisme financier dans lequel, se goinfrant tel le goret, l’actionnaire saigne le travailleur tout en lui serinant que pour gagner plus, il faut travailler plus »(*)… je ne sais pas pour vous, mais personnellement je trouve que ça sonne moins bien…

 

Note de bas de page : Au début du mois de décembre 2006, l’annonce d’une probable dérégulation des tarifs du gaz et de l’électricité en France fit bondir le cours boursier d’EDF, provoquant la jubilation matutinale de Jean-Marc Sylvestre. La bonne nouvelle qu’il claironnait sans aucun recul au nom du marché n’en était pas une pour le commun des auditeurs, condamnés à augmenter prochainement leur budget de chauffage et d’éclairage pour satisfaire les boursicoteurs.

 

Continuons :

«  Le changement est radical : il ne suffit plus de bouger une fois, de trouver une invention, d'engager une réforme, mais de bouger en permanence, de créer quotidiennement, de réformer les réformes, pour courir de plus en plus vite… Il faut que les hommes et femmes politiques…fassent la pédagogie de cet ordre neuf. »

Ca devient chaud, hein… Bouger en permanence. Courir de plus en plus vite. La flexibilité, on vous dit. « La vie, la santé, l’amour sont précaires. Pourquoi le travail échapperait-il à cette loi ? »  C’est beau comme du Medef, dis. Et c’en est, copyright Laurence Parisot.

Bizarrement, c’est le genre de programme qui m’inquiète un peu. Pas parce que je serais foncièrement opposé à l’initiative privée. Mais parce que « courir de plus en plus vite », comme programme de vie, ça me semble un peu court. Et que ça me rappelle de très mauvais souvenirs.

Parce que, si dans ce monde merveilleux de l’économie sociale de  marché libre et non faussée, il faut courir de plus en plus vite… qu’arrive-t’il à ceux qui ne tiennent pas le rythme ?

 

De très mauvais souvenirs, vous dis-je.

Pour comprendre de quoi il retourne, il faut revenir un quart de siècle en arrière, quand la chute de Phnom Penh aux mains des Khmers Rouges incita au lyrisme révolutionnaire nombre de nos éditorialistes, et non des moindres. Au nom de l'anti-américanisme, de la lutte légitime des peuples frères et de la dictature du prolétariat, les Khmers Rouges mirent en œuvre un programme hors du commun: du passé, ils firent table rase. Quelques millions de morts plus tard, l'Occident découvrit, décontenancé, la face cachée de ces ultras en quête d'absolu. J’avais, quoi, dix-sept ans à l’époque. J’étais étudiant en médecine. Je me souviens des unes des journaux, je me souviens des articles de Jean Lacouture, et de beaucoup d’autres.

Et des slogans… Ah, les slogans : « Qui proteste est un ennemi, qui s'oppose est un cadavre », « Notre cœur ne nourrit ni sentiments ni esprit de tolérance », « L'Angkar voit tout, l'Angkar a les yeux de l'ananas »...

Les Khmers Rouges rassemblèrent les habitants de Phnom Penh en longues colonnes, les poussèrent hors de la ville, vers la campagne, afin de détruire l’ordre ancien, de forcer l’avènement d’un monde neuf, d’un homme neuf. Il fallait laver l’esprit et le corps des habitants de la ville, pourris par l’idéologie et le consumérisme américain. Des commentateurs français s’extasiaient de ce spectacle écologique, forcément écologique… Moi, je n’avais que dix-sept ans. Je n’avais encore jamais pénétré dans un hôpital de ma vie. Jamais vu de près un malade. Mais en lisant les journaux, en écoutant la radio, en apprenant qu’on chassait tout le monde des villes, j’ai imaginé ces colonnes de déplacés terrorisés, et je me suis posé la question qui ne semblait pas, alors, effleurer l’esprit des commentateurs avisés :

Le vieillard fatigué, le dialysé, l’opéré récent, la femme enceinte, l’enfant handicapé… combien de temps leurs cornacs accepteront-ils qu’ils ralentissent toute la colonne ?

Combien de temps avant qu’on décide de les sortir du troupeau pour permettre à la masse d’avancer plus vite ?

Combien de temps avant que leur petit groupe, séparé, isolé, disparaisse, au détour d’une colline, des yeux de ceux qui osent encore un regard en arrière ?

Et une fois qu’ils seront seuls avec leurs gardiens en arme, qu’adviendra t’il de tous ces gens, cette piétaille, incapable de « courir de plus en plus vite » ?

C’est une question qui m’a hanté pendant près d’un quart de siècle.

 

Oh certes, me direz-vous, les néolibéraux n’ont pas d’arme.

Ils ne vont tuer personne.

Ils ne vont pousser personne dans une fosse.

Vous délirez, monsieur David Vincent, ce n’est pas sérieux.

Les Fossoyeurs n’existent pas.

Nous sommes en pleine science-fiction…

Et bien moi je voudrais vous persuader du contraire. Je voudrais vous faire toucher du doigt l’ampleur des changements en cours dans le monde de la santé, et les effets pervers de la doctrine néolibérale, qui s’exerce tout d’abord, comme toute idéologie déconnectée du réel, sur les plus faibles.
Ceux qui ralentissent la colonne en marche vers des lendemains qui chantent pour l’actionnaire.


Pour acheter le livre, cliquez ici:

"LES FOSSOYEURS: Notre Santé les intéresse" de Christian LEHMANN, disponible sur Amazon Kindle, 3.01 euros


Revue de presse:

 

« Christian Lehmann est écrivain, mais il n'a jamais renoncé à son métier de médecin généraliste, de " soutier de la santé ", qu'il exerce en banlieue parisienne. Médecin libéral, il part en guerre contre le libéralisme économique et ses applications à la santé, à la médecine de ville, à travers la réforme de la Sécurité sociale de 2004, comme à l'hôpital, avec le plan Hôpital 2007. Avec un humour corrosif et des clins d'oeil aux séries télévisées de l'ère du noir et blanc, Christian Lehmann distribue les coups de scalpel. Hommes politiques, syndicalistes signataires de la convention médicale, mais aussi journalistes en prennent ainsi pour leur grade. Il réserve un traitement de faveur à son confrère Philippe Douste-Blazy. Les propos de l'ancien ministre de la santé dans les médias sont ainsi repris mot pour mot, avec les imperfections de l'exercice oral, qui conduisent parfois à un effet comique. »

Paul Benkimoun, LE MONDE

 

« Démonstration implacable sur près de 300 pages. Tout y passe : les manoeuvres politiques et syndicales, les mensonges des ministres (le pompon à Douste-Bla-Bla) et la langue de bois de leurs conseillers, les pressions des labos ( BigPharma ») et des compagnies d'assurance : ce sont eux, les Fossoyeurs ; et, en face, la morgue de certains spécialistes (qui n'en ont jamais assez), le désarroi des généralistes (en passe de devenir une denrée rare, tant on les exténue et les démotive), la réforme des hôpitaux, qui deviennent des entreprises comme les autres, où la sélection des patients se fera de plus en plus en fonction de la rentabilité de leur pathologie ». Sans oublier les chantres ordinaires du «capitalisme patrimonial» dans nos journaux et sur nos ondes. Sujet ardu, complexe. Mais, vous savez quoi ? Ça se lit comme un polar. C'est que notre « docteur Justice », comme l'a surnommé son éditeur, est aussi un écrivain. Bourré de talent. »

 Bernard Langlois, POLITIS

01/02/2013

RORSCHACH'S FATHER: the lost tapes

Watchmen #1 - Alan Moore, Dave Gibbons & John Higgins - Arkham Comics 7 rue Broca 75005 Paris.jpg


"A quarter of a century ago, I interviewed Rorschach’s father..."

It must have been in 1987, when French editor Zenda ( now defunct ) published WATCHMEN in French with a great translation by Jean-Pierre Manchette, himself a writer and connoisseur of Noir. I had just finished my first novel but had not yet found a publisher. I was one of the editors of CHRONIQUES D’OUTRE-MONDE ( Chronicles from Outer-Worlds), a role playing game professional magazine written and put together by a gang of amateurs. I read WATCHMEN when it came out as a big softback edition in the UK and asked the French publisher for access to Alan Moore during a promotion tour in France. The interview lasted an hour and a half, as far as I recall, and was never published in France. I submitted it to PLAYBOY US who did not much care about a relatively «unknown» entity in the comic-book «genre», and finally published it in the UK three years later in a horror magazine who promptly sacked my friend Dave Hughes, the editor, and never paid me. (Fuck’em). I scoured the web and finally found the interview recently on ebay. Times have changed, but some things have not. It was a time when Thatcher was still in power, a time when AIDS was just rearing its ugly head, a time when Salman Rushdie had gone into hiding, a time when the Berlin Wall was still standing, a time when we did not have Internet access and barely had computers. This was 15 years before 9/11 and the War on Terror... Yet the wit and wisdom of Alan Moore still shines, for me, a quarter of a century later. Some of the things he told me, about politics, about power, about writing, about multi-dimensional characters, about integrity in the face of the apocalypse, still ring true for me. I hope you’ll feel the same.

Christian Lehmann

 

 

 

Is there any one factor to which you attribute your success since WATCHMEN?

 

Alan Moore: If you'd asked me when l began WATCHMEN whether all this would have happened, I would've told you not to be so silly. But now I’ve had some time to think about it, I'm not so surprised. For every action there is an opposite action. There is a dynamic in society. Just as there is this Right Wing crackdown, there is an equally big reaction against it; even it it's only in people's heads; even if it's only people thinking, 'l don't like this way of living. There is something wrong with it.' Most people can't think it through — perhaps because the conclusions they would reach would be unpleasant ones. For instance, most people don't want to think about the environment, because if you think about it…

 

You have to change your life.

 

Alan Moore: Exactly. You have to, at least, put some real effort into working with environmental organisations and trying to do something about it. It's not comfortable. Most people would rather let somebody else do it. I mean, in forty vears the rain forests will be gone. If the rain forests are gone, we can't breathe. Simple as that. There's nothing that's more simple than that: no trees, no air. One of my children is eight. She said to me the other day, “I’ll only be forty-eight, won't I?' and I said. 'Yeah'. It's a pretty depressing thought. What a horrible thing to have to think about. I mean, we brought these children into the world and it might not have that much longer left. Nuclear reactors, for another thing. They can't be decommissioned because nobody knows how to do it. But they keep building them. We are going to have a Chernobyl every four or five years from now on. And more, because those reactors weren't built to last for twenty-five years in the first place; and they were built thirty years ago. One of those reactors is going to go up every few years. No-one likes to think about that. When the radiation's falling down from the sky, as long as they can't see it or taste it or smell it they'll pretend it's not there, because otherwise they'd have to do something about it. It's the same with the nuclear weapons industry. It's too big; too big and frightening for people.

 

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In WATCHMEN, there's only one person who takes into account all these conflicting, extremely difficult-to-sleep-with ideas and does something about them. What do you think about them?. What do you think about him?

 

Alan Moore: Veidt? Well. He's the other side of the coin from Rorschach, a right winger who has the most integrity in some ways; Veidt is a liberal is a libéral and, in some ways, is the biggest monster. This was again perhaps trying to counter-balance my own natural prejudices- it would have been to easy to make Rorschach the villain and have this blond liberal superhero save the day. I was trying to use Veidt as an analogy: arrogant people with good intentions. There are lots of levels of analogy in WATCHMEN, but one of the levels that relate to Adrian Veidt is that we cue the reader in on the verv first page, where Rorschach mentions Presi­dent Truman and later on in Chapter Four where we have a lot of talk about Hiroshima in the text feature at the end of the Rorschach issue, where Rorschach says that he thinks Truman was right to drop the bomb on  Hiroshima becase more people  would have died if he hadn't. Veidt's argument is an old argument, you can see. That it is all right to commit an atrocity if the end justifies the means. The only difference with Adrian Veidt is that he didn’t do it in some far-off country full of yellow people; he did it in the middle of New York. That’s why Americans were so shocked by the ending, because it’s unthinkable. All right, maybe some people do have to die to make the world safe, but not Americans! That’s too great a price. Yellow people, yeah; black people, sure; brown people, okay; West Europeans if we must. But not Americans; Americans' blood is worth too much. Wog blood is comparatively worthless. Hundreds of wogs can get killed and it doesn't add up to one drop of American blood. If one American tourist gets killed, they firebomb Tripoli. It's that way of thinking. So by using Adrian Veidt as, you know, almost a model Caesar. An industrial Caesar rather than a military one, but a modern Caesar nonetheless and, like all Caesars he thinks he knovvs what's best for the world. And if you look at his motives, he's got a point, his argument is logical; he's a credible character. But the key to his personality is his arrogance, his egotism — the belief that he is right; that his is the only solution.

He says to Dr Manhattan, That was the only way.'

Alan Moore: That was the only doubt in the entire story. When he says, “I did the right thing, didn't I?” That's the only moment where, just for a second, you see something in his eyes where he's thinking. “Christ what have I done?” That's his only human moment. All of the characters towards the end have their own human moment. Rorschach's is when he starts crying. The Comedian, when he starts crying, and when he says, “I don't get the joke. I don't understand it. It's not funny any more.” And when, for a moment, the enormity of what Veidt has done suddenly cornes home to him. Veidt has his doubts. And of course, at the end of the story, it's all left in doubt. Maybe it was all a massive sacrifice for nothing.

 

As a writer you give your various characters beliefs and motives even if you don't share them yourself. But, in WATCHMEN, the Rorschach character, who is far more right wing in his beliefs than Margaret Thatcher, has a certain dignity, courage and even heroism. Why did you do that?

 

Alan Moore: It is something that probably started with V FOR VENDETTA, where you have an ultra-right-wing fascist state in the future, one very romantic character against them. The obvious way to portray fascists is as cartoon Nazis with mon­ocles, Heidelberg University duelling scars, show them torturing lots of children and so on, so that everyone is sure that they are the bad guys. Now that seems wrong to me. The Nazis didn't come from Mars, they weren't monsters such as the world had never seen; they were street sweepers and factory hands and bakers and butchers. But when someone in uniform told them to, they went out and killed six million human beings. And the same would have happened in England and France and any nation in the world, if the historical circumstances had come together and produced a charismatic enough leader and a credible enough threat.

 

And a bad economy.

 

Alan Moore: Right. The same mechanisms are used over and over again. When England had a  bad economy, we allowed the Falklands War to happen to take our minds off  it. Iran has got a bad economy; the Iranian revolution is going down the toilet. So Salman Rushdie is the threat from outside. These people are not terribly imaginative; they only know one trick and they've been doing it for centuries and been getting away with it. They're worried now because the rules are starting to change now. It's not so easy to keep things secret any more, or to keep them under control. There are too many vectors; it's all getting a bit too chaotic; there are too many unpredictable elements entering the thing. Now, with V FOR VENDETTA what I tried to do was make the fascists real human beings. Some of them are unlikeable, some are likable; they are all credible. In one issue of V we put side-by-side V's argument for anarchy and one of the lead fascist's argu­ments for fascism. V's is the more attractive and romantic; the fascist argument makes the most sense, at least on the surface. I wanted people to really think about this. I didn't want to give one person a black hat and one person a white hat. It's obvious where my prejudices lie, but I wouldn't be a very good writer if everything in my writing reflected my prejudice. l'm very much against the baby bird school of moralising, where you have all of your audience with their beaks open and you feed them predigested morals, and they chew them up without any sort of discernment whatsoever. What I would rather do is give people moral problems, Yes, Rorscharch is Ioathsome, but he has integrity. He is obviously psychotic, but in some ways his worldview is very difficult to argue against. It's not the only worldview that we present in WATCHMEN but it's credible, believable. It's this thing of trying to stop people thinking in terms of heroes and villains, because I think those are dangerous concepts. Like I say, the Nazis weren't villains but ordinary human beings who did terrible things. Her­oes are usually people who, if you happened to be on the opposite side of any battle, would be famous monsters. It is all totally subjective. There aren't any pure heroes; there aren't any pure villains; there's just people. But people like there to be heroes and villains, because if we can say “That person is a monster”, it makes us feel  better or not so bad. Or it makes it not our responsibility. Mrs Thatcher isn't a monster, sh’es just a fairly nondescript intellect, but she's a greedy and an ambitious woman. It's too bad that she's Prime Minister. I mean, if she'd have stayed in her greengrocery business, probably not many peuple would have shopped there an awful lot, but it wouldn't have done anv great harm. But a lot of the left wing in Britain like to portray Mrs Thatcher as a monster.

 

Do you think there’s another way of thinking to Comrade Veidt’s then?

 

Alan Moore: Yes. One thing I’m very concerned with at the moment — partly because its a phenomenon that I must take some of the blame for - is “apocalyptic thinking'. We live in an age where there are two basic attitudes concerning the future. Some people think that the future will be exactly the same as today, but with smaller radios and bigger cars. Other people think that there isn't going to be a future, just a mushroom cloud. So, in either instance, on one hand, if the future's the same as today, why prepare for it? And on the other, if there's no future, why prépare for one? There is nobody trying to imagine a future whereby we might be able to survive physically and psychologically and, yes, apocalyptic fiction is in some ways part of the problem. When I was writing that stuff I was trying to alert people lo the danger; that we might have an apoca­lypse, so let's stop it before it's too late. But although that seemed to me the best thing to do at that time, I think now we have to go beyond that, because everybody — at least, in their guts — is aware that we might have an apocalypse. They all fear it, are paralysed by it; they will not imagine a future and so they'll come up with apocalyptic films that are optimistic: MAD MAX says there will be a future and that human values will still be important after the bomb, even if those values are being expounded by mutants riding across the valley in their dune biggies with their masks on. There'll still be human values. But of course, after a nuclear war there wouldn't be any human values. There'd be cockroach values; there might be rat values; but no human values. It's optimistic to try and pretend that we are imagining as grim a future as possible. We're not. We're try­ing to comfort ourselves by saying that the spirit of independence and adventure will still exist after the bomb, that it'll be something like the pioneering davs. l've heard assholes like Robert Heinlein say that, in some ways, the bomb would be a good idea because it would make people tough again, that it would be a return to the pioneering spirit of the Old West. Well, the Old West wasn't radioactive. You could grow things in the Old West. And this is a Science Fiction writer who should, frankly, know better.

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What we have to do is try and imagine that if the worst doesn’t happen and we don't destroy ourselves, what are we going to do? Where are the ideas? Around 1875, somebody working in the American Patent Office resigned. They said, “What's the point? Why go on? We've invented everything." In Victorian England this was even more so. They said, "We know everything there is to know about physics: we know that there is only one energy source in the universe and that's the Sun; we know Radium can't possibly exist, because only the Sun creates energy; We know that the universe was started 800 years ago — certainly no more than that — and it's slowly winding down, so in another ten thousand years or so the Sun will go out and we'll all die " We thought we knew every­thing, that we'd reached the very pinnacle of civilisation. We knew that the ether existed, and that explained everything. What we'd done was excluded everything we didn't understand, so we had a very small universe which we understood perfectly.

And, of course, five or six years later, someone discovered that the ether didn't exist at all, and all the scientists thought, “We were wrong about the ether, and that means that all the things we thought were impossible are probably possible, and in tact we don't know what's going to happen in the future. We thought it was all going to be so predictable, with no surprises for the next mil­lion years or so, but in fact we don't really know what's going to happen tomorrow… And then you get the collapse of the Empire. We went into a state of psychological shock, because we realised that there was going to be a future after all; that it was going to be different. But we didn't know how to deal with it. And whereas previously we had been able to see ourselves as being at the very pinnacle of Man's evolution and that from thereon nothing could be improved, we suddenly realised that our entire worldview was wrong, and that history was just going to keep on rolling. And if we didn't roll with it, we'd get left behind. Which we did.

And I can see a lot of parallels: there's a lot of that sort of thinking going on now.

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WATCHMEN, par Alan Moore. Editions Urban Comics

22/01/2013

Media et scandales du médicament: "Une plainte sinon rien!!!"

La plainte déposée par une jeune femme, Marion Larat, victime d’un accident vasculaire cérébral, a été l’occasion de la prise de conscience du risque modéré mais réel des contraceptifs oraux. Elle a été aussi l’occasion de révéler le scandale des pilules de 3ème et 4èmegénération qui majorent le risque d’embolie pulmonaire sans bénéfice par ailleurs.

Les média s'emparent alors du "bon sujet" et les révélations pleuvent: techniques marketing des firmes, experts aux liens d'intérêt longs comme le bras, infantilisation des patientes, paresse et aveuglement coupable des agences sanitaires elles-mêmes engluées dans leurs conflits d'intérêt...

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Il y a deux ans déjà, le 4 Janvier 2011, dans MEDIAPART, j'alertais sur le prochain scandale sanitaire à venir, celui des Anti-Alzheimer. 

http://enattendanth5n1.20minutes-blogs.fr/archive/2011/01...

Le schema est similaire: médicaments inutiles, inefficaces, faisant vivre un secteur entier de la médecine dans lequel trop peu de soignants imaginent se passer de prescription médicamenteuse, quand bien même depuis des années il est avéré que ces médicaments, qui ne ralentissent pas la progression de la maladie, qui ne retardent pas l'entrée en établissement, dont les effets positifs, s'ils existent, sont modestes et transitoires, exposent les patients à de graves troubles du rythme cardiaque.

Les preuves sont là. Il suffit de se baisser, de lire la revue Prescrire, les revues internationales, de questionner les médecins indépendants, les lanceurs d'alerte, de colliger les informations et de les mettre en perspective, d'interviewer Philippe Nicot, le généraliste dont le remarquable travail à la HAS a permis (enfin!!!) de diminuer le niveau de Service Médical rendu de ces médicaments qui devraient être retirés du commerce si les habituelles voies de l'omerta médicale, les liens d'intérêts d'experts refusant de se déjuger, la tendance habituelle à préférer la lente diminution de prescription sans faire de vague au retrait pur et simple, décision politique courageuse de santé publique, ne contribuaient à leur survie.

Il n'y aura pas de Marion Larat de 84 ans pour porter plainte, parce qu' à cet âge là, monsieur, on ne porte pas plainte. Qu'à cet âge-là, les familles, déboussolées, épuisées, se rangeront aux explications qu'on leur donnera: "Elle avait bien vécu. A cet âge-là, ce sont des choses qui arrivent. " Etc... etc... Mais moi je sais. Mes collègues, à la Revue Prescrire, au Formindep, savent.

Que vous-faut il, messieurs et mesdames les journalistes, pour faire votre boulot, simplement? Plutôt que de reproduire les dépêches AFP sur le dernier discours du Directeur de l'ANSM, ou de la Ministre de la Santé, que vous faut-il pour agir?


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PS: Comme pour mieux illustrer mon propos, cet article de Damien Mascret publié dans le FIGARO du 21/01/2013 ( après la rédaction de ce post )

http://sante.lefigaro.fr/actualite/2013/01/21/19723-alzhe...

qui prend prétexte d'une plainte de consommateurs américains pour aborder enfin la question de l'inutilité des Anti-Alzheimer ( sans même aborder leurs effets indésirables graves), et en ouvrant comme d'habitude sur les "perspectives thérapeutiques" prochaines que les zélateurs agitent à chaque fois devant les patients comme une nouvelle chimère, en insistant pour "une intervention la plus précoce possible", sans aucun mea culpa sur les faux espoirs passés. "Du passé faisons table rase...", en somme...

Cerise sur le gâteau, le journaliste précise qu'une nouvelle étude est en cours, et donne les coordonnées téléphoniques pour le recrutement. "Indispensable, si l'on veut imaginer des traitements précoces, voire préventifs"... Et tournez manège...


Christian Lehmann est médecin généraliste et écrivain.

13/01/2013

LACHE MOI, PAPA, AVEC TA MANIF TOUTE POURRIE!!!

Avez-vous remarqué que sur le logo de la MANIF POUR TOUS, les deux gamins, en particulier le garçon, semblent essayer de se tirer chacun de leur côté, genre "Papa, Maman, par pitié, ne me fous pas la honte avec tes intégristes, ta Frigide Barjot complètement tapée, et ta manif toute pourrie..." ? 

 
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