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26/04/2013

Sous Hollande comme sous Sarkozy, les Fossoyeurs sont aux manoeuvres

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Les grandes manoeuvres sont engagées depuis longtemps dans le domaine de la santé pour privatiser les soins en ville et maximiser les profits des Fossoyeurs.

En médecine de ville, la sinistre Marisol Touraine a poursuivi, voire accéléré l'action de ses prédécesseurs. Confortant à la tête de ce qui fut la Sécurité Sociale l'ancien dirigeant d'AXA Frédéric Van Roekeghem et sa gestion manageriale, instrumentalisant les dépassements d'honoraires en ville sans jamais poser la question de la valeur réelle des actes ( dont certains sont de plus en plus déconnectés de la réalité économique et entraînent dévissage de plaque et désertification médicale) et tout en laissant perdurer les dépassements d'honoraires hospitaliers beaucoup plus élevés et problématiques, elle a tout fait, et son Président Normal avec elle, pour hâter le passage des soins de ville sous la coupe des complémentaires. L'argument "mutuelle pour tous" ne tient que pour les veaux incapables de saisir que c'est la Sécu qu'on assassine au profit des complémentaires.

En biologie, le regroupement des laboratoires d'analyse médicale ( ceux dans lesquels vous alliez jusqu'ici pratiquer la prise de sang ou l'examen d'urines prescrit par votre médecin) est en cours. Une réforme souterraine mise en route depuis des années, bien bordée par Roselyne H1N1-D8 Bachelot, force, en empilant les normes et les audits privés démentiels, ces petits laboratoires à la faillite... à moins d'être rachetés par de grands groupes qui fonctionnent alors comme des trusts. Le laboratoire de proximité devient alors un simple point de prélèvement, les tubes et échantillons sont convoyés à la maison-mère à distance et analysés dans de grosses usines au nom de la démarche qualité. En pratique, cela allonge les temps de réception des résultats, et le contact entre le médecin-prescripteur et le biologiste du laboratoire local  ( pour discuter d'un résultat ou d'une technique, demander une procédure en urgence) disparaît.

Tout le monde s'en fout, parce qu'on le sait, les médecins de ville sont des salauds qui ne pensent qu'au profit après avoir bénéficié pendant leurs études de gardes de 48 heures payées par la collectivité le prix de deux Big Mac avec portion moyenne de frites et maxiCoca. Quand aux biologistes, n'en parlons pas...

Au bout du compte, cependant, c'est vous qui vous faites baiser...

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Depuis quelque temps déjà un biologiste, syndicaliste, tente d'alerter sur ce qui se passe, allant jusqu'à la grève de la faim. Je reproduis ici son dernier communiqué de presse.

 

Un meurtre prémédité

Une collusion politico-financière très grave

 

Si l’on remonte aux prémices de la réforme de la Biologie Médicale qui a été approuvée par la Commission mixte paritaire le 10 avril dernier, on s’aperçoit qu’elle est le fruit d’une collusion politico-financière grave, dans une opacité totale.

 

D’abord, elle a été rédigée dans la confidentialité et promue par ordonnance pour passer au plus vite, en silence. Lors de sa rédaction, ceux qui la préparaient n’avaient pas le droit de communiquer des informations sur ce qui était en train d’être décidé.

 

Les révélations du journal l’Express du 24 avril 2013, évoquant un biologiste responsable syndical voulant garder son anonymat « Armand », révèle un peu plus cette collusion qui s’est étalée sur plusieurs dizaines d’années, aboutissant au projet de la réforme de la biologie en 2010.

Cet article montre le peu de démocratie dans la prise de décisions concernant une profession de santé : on y voit deux personnes liées à une structure privée jouer de façon confidentielle de leur influence mutuelle.

 

A ces informations explosives, nous pouvons ajouter des vérités qui se passent sur le terrain:

-          Certains biologistes enseignants de faculté, grands défenseurs de la réforme, ont créé de véritables empires, rachetant les laboratoires incapables de faire face aux nouvelles obligations. 

-          Certains décideurs de cette réforme n’hésitent pas à attribuer des fonctions à des personnes qui leur sont proches dans le cadre des nouvelles structures du COFRAC.

-          Certains syndicats, eux aussi grands défenseurs de la réforme sont intimement liés  à des organismes de formation proposant leurs coûteux services (3 000€/an), pour se mettre aux normes. 

-          Certains enseignants de faculté, eux aussi grands commanditaires de la réforme, proposent des formations lourdement facturées pour se mettre aux normes. (4600€/an)

-          Certains directeurs de laboratoires financiers avouent ostensiblement leurs entrées au ministère de la Santé. On peut rapprocher ces déclarations des décisions qui sont prises en leur faveur, comme celle qui reporte sur les petits laboratoires, des coûts que les laboratoires financiers prenaient en charge autrefois.

-          Dans certains cas, elle a aboutit à des structures illégales qui ont été validées par le COFRAC et les ARS.

En conclusion, Patrick Lepreux, Président du Syndicat des Biologistes Praticiens, vous rappelle que son combat ne relève pas d’un corporatisme narcissique, mais plutôt d’une mission de préserver la santé du patient.

Patrick Lepreux ne croit pas aux arguments -paravent – de la qualité qui ne sont là que pour donner bonne conscience et dissimuler le déroulement d’opérations à la limite de la légalité.

Pour ces raisons objectives et incontestables, il demande aux députés et sénateurs d’assister aux débats les 14 et 16 mai, respectivement à l’assemblée nationale et au Sénat ; et de ne pas valider cette réforme les afin de la réécrire dans un souci de transparence, de démocratie et de santé publique.


Sur son site, Patrick Lepreux en remet une couche sur le pouvoir actuel, et la main de Jérôme "Je vous le dis dans les yeux" Cahuzac


24/04/2013

Je paie, tu paies, avec joie, le salaire de ce factieux incompétent

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Guaino, pas capable de choisir le bon bouton, angoissé à l'idée de se gourrer de trou: une bonne analyse, Pépère, et ça ira mieux

11/04/2013

Margaret Thatcher: icône libérale... nullité économique

 

En 1990, Margaret Thatcher fut évincée du leadership du Parti Conservateur britannique. La Dame de Fer, dont le poster orne les toilettes pour hommes de tout Parti Libéral qui se respecte, mit sa considérable intelligence et son pragmatisme réputé au service du privé.

 

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L’industrie du tabac vivait des heures difficiles. Les campagnes de santé publique commençaient à faire effet dans les pays Occidentaux, et Big Tobacco, qui tue chaque année deux pour cent de sa clientèle, voyait d’un œil inquiet les jeunes commencer à se détourner de la cigarette. Qu’à cela ne tienne. Maggie était là, et fut engagée par Philip Morris comme VRP de luxe dans les pays de l’Est et du Tiers-Monde, là où la jeunesse, mal informée, pouvait encore rêver du cow-boy Marlboro sans savoir qu’au moment même, après avoir témoigné en faveur d’une législation anti-tabac, celui-ci mourait d’un cancer du poumon à 52 ans.

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Pour la somme coquette de 1 million de dollars par an, l’ancienne première ministre britannique mit sa notoriété et son carnet d’adresses au service de cette noble cause humanitaire.

 

Les temps étaient durs, cependant, et 1 million de dollars par an, pour celle qui avait imposé l’austérité et la schlague aux plus faibles pendant des années, c’était un peu juste.

 

Aussi la City accueillit-elle avec enthousiasme quelques années plus tard la grande nouvelle. En 1998, celle qui avait libéralisé les services financiers, remplaçant la vieille économie industrielle basée sur la fabrication de produits manufacturés par la manipulation d’argent virtuel, fut engagée au Conseil d’Administration de Tiger Management, le deuxième fonds d’investissement mondial. Créé dix-huit ans auparavant avec un investissement initial de 18 millions de dollars par Julian Robertson, « le Magicien de Wall Street », Tiger Management valait au moment de l’arrivée de Margaret Thatcher 18 milliards de dollars. Pour un million de dollars ( de plus) par an, Maggie assisterait à cinq conseils d’administration annuels, et partagerait quelques conversations téléphoniques avec Robertson sur la situation des marchés mondiaux « utilisant sa perspicacité politique et son expérience pour l’aider dans ses décisions d’investissement ».

Les dividendes de cette judicieuse embauche ne se firent pas attendre longtemps.

 

Cinq mois plus tard Tiger Management perdait 2 milliards de dollars en une seule journée après avoir spéculé sur une chute du yen japonais. D’investissement foireux en investissement foireux, les pertes pour le seul mois d’Octobre 1998 se montaient à 3,4 milliards de dollars.

Qu’importe. Au gala annuel de Tiger Management, Robertson et Thatcher menèrent le bal et furent très applaudis. The Times  rapportait le lendemain que Tiger Management n’était aucunement en danger.

 

Un an plus tard,  en Octobre 1999, le fonds d’investissement avait perdu près de deux tiers de sa valeur, et culminait à 6 milliards de dollars. Les investisseurs paniquèrent. Le 1er Avril 2000, Tiger Management fit faillite. L’histoire ne dit pas si Maggie empocha un bonus pour sa participation à ce naufrage financier.

 

Cette anecdote est racontée dans un excellent livre de Francis Wheen :

 

How mumbo-jumbo conquered the world

 

Malheureusement indisponible en français, ce livre, dès 2004, dénonçait les mensonges de l’idéologie néolibérale et le désastre auquel elle avait mené l’économie anglo-saxonne. « Mumbo-jumbo » est un terme intraduisible, qui signifie à peu près « charabia ». « Comment le charabia néolibéral a conquis le Monde » décrypte et explose les fantasmes libéraux de Hayek, Thatcher, Reagan et consorts.

 

Diffusez cette anecdote, mais n’imaginez pas une seconde être crus par les dévots de la secte libérale. Comme les staliniens avant eux, leur foi dans le dogme ne pourra être remise en cause qu’après l’effondrement de leur village Potemkine. Et encore… Pour en rester à Maggie, j’ai beau chercher, mais je ne me souviens pas avoir rencontré un seul de ses zélateurs qui aie possédé à  la fois un minimum d’humanité et un cerveau en état de marche. Même constatation avec Nicolas Sarkozy ( qui en 2007 rêvait d’importer les sub-primes en France), dont j’attends avec impatience qu’il monte un fonds d’investissement avec Alain Minc. A mon avis, on a jusqu’à présent raté une belle occasion de rigoler…

 

 

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04/04/2013

Pierre Moscovici, stand-up comic

 

 

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"La réponse de la Suisse me permet de dire que je n’ai pas de doute et que ce doute que je n’avais pas n’est pas ébranlé"

Pierre Moscovici, stand-up comic  (février 2013)

 

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29/03/2013

Marie-Chantal à la Santé

 

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Monsieur le Président

 

Je  vous écris de mon cabinet médical, entre deux patients. Je vous écris et pourtant je n’attends plus rien de vous. Je vous écris parce que, comme l’écrivait Orwell « En ces temps de tromperie universelle, dire la vérité est un acte révolutionnaire ». Et la vérité c’est que vous n’avez tenu aucune de vos promesses, dans le domaine de la santé comme ailleurs. Ce n’est pas une accusation, c’est juste un constat.

Vous aviez promis de revenir sur les franchises sur les soins, que vous dénonciez  comme une « sanction et culpabilisation du malade ».

Vous aviez promis de revenir sur une gestion purement comptable de la santé, qui écartait par exemple du remboursement à 100% l’hypertension artérielle sévère, une mesure que vous jugiez « aussi choquante socialement que dangereuse pour la santé publique ».

Vous aviez un boulevard devant vous. Après cinq années où ont été laminés l’accès aux soins des patients, la confiance des professionnels envers l’Assurance-Maladie gérée comme une entreprise privée par un ancien dirigeant d’AXA, après cinq années de franchises sur les soins prétendument destinées à lutter contre l’Alzheimer ( on peut reconnaître bien des défauts à votre prédécesseur mais certainement pas de manquer de souffle), après cinq années de gestion à la petite semaine de la santé publique, de scandale pharmaceutique en campagne vaccinale en Crocs roses, vous aviez un boulevard devant vous pour reconstruire le pacte entre les professionnels et la Nation afin de sauvegarder un système solidaire ( au risque de mécontenter la finance, pour qui les dépenses sociales sont par nature une hérésie).

Au lieu de quoi vous avez nommé Marie-Chantal à la Santé, elle qui utilisait ce marche-pied pour sa carrière politique sans aucune compréhension du système complexe dont elle prenait gouvernance. Se coulant dans les habitudes de ses prédécesseurs, elle commença par conforter le management assurantiel de la vieille Sécu avant de distribuer aux complémentaires quelques hochets en attente de la privatisation. Elle instrumentalisa les habituels syndicats signataires, toujours les mêmes, pour torcher un « accord historique » sur les dépassements d’honoraires qui s’acharnait essentiellement sur les médecins de ville sans toucher aux dépassements parfois faramineux des pontes hospitaliers, dont la fronde et celle de leurs internes aurait pu lui porter préjudice. Pire encore, elle désigna en bouc-émissaires l’ensemble des médecins, y compris ceux qui comme moi ne pratiquent aucun dépassement d’honoraires, comme des feignants ingrats et nantis, les vouant à l’opprobre publique comme aucun ministre de tutelle ne l’avait fait avant elle.

Le système s’effondre, les médecins dévissent leur plaque, plus personne ne s’installe en ville parce que les conditions économiques ne le permettent plus. Les patients se retrouvent soudain démunis, nombre d’entre eux viennent « embouteiller » les urgences hospitalières rentabilisées économiquement par cette affluence au détriment de la qualité de la prise en charge des réelles urgences et de la vie des personnels soignants. Mais qu’importe, tant que la Ministre peut jongler avec les concepts, saupoudrer ici ou là une maison de santé pluridisciplinaire en vantant un changement de paradigme là où il n’y a le plus souvent qu’un renoncement. Demain ces centres ne survivant que grâce aux subventions seront « sauvés » par des organismes complémentaires, cachés derrière le vocable « mutualiste ».

Votre adversaire serait la finance ? Alors pourquoi lui sacrifiez-vous tant de choses, avec semble-t-il la seule obsession de tenir vos déficits en amputant les dépenses sociales ?

 


Je n’attends rien de vous, Président. Mais je voulais juste que vous le sachiez : je vous vois. Mes confrères vous voient. Et là où il est, l’ami Bruno-Pascal Chevalier, qui militait à mes côtés contre les franchises, Bruno-Pascal à qui vous aviez promis de les abolir, Bruno-Pascal à qui Ayrault a menti, à qui Marie-Chantal a menti, Bruno-Pascal vous voit, lui aussi. Et comme moi, il se demande probablement comment c’aurait été, de ne pas reconduire Sarkozy.

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PS: la version politiquement correcte de ce texte est parue ici avec LA vidéo

 

Christian Lehmann, médecin et écrivain, est l'auteur de "Patients, si vous saviez"

 
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