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10.01.2012

"Comment j'ai dévissé ma plaque pour sauver ma peau": ou "Les Fossoyeurs expliqués aux sourds et malentendants"

Une fois n’est pas coutume, l’article remarquable que je reproduis ici est tiré d’Egora, un site d’informations médicales. Il n'y est pas accessible au grand public , mais seulement aux professionnels de santé inscrits, à l’adresse


http://www.egora.fr/sante-societe/temoignage/142198-j%E2%80%99ai-devisse-ma-plaque-pour-sauver-ma-peau

et est signé Concepcion Alvarez. Sur le site d’origine, vous auriez accès à l’intégralité de l’entretien sous forme sonore.

Assurance maladie, frederic van roekeghem, le banchmarking à la con, la machine à broyer, va chialer sur les déserts médicaux camarade député socialiste tu me feras marrer

 


Si je reproduis l’article intégralement ici, c’est parce que j’espère qu’il touchera un public large hors du corps médical. Son protagoniste principal est un de mes amis, un de ces médecins qui font que je suis encore fier de faire ce métier, bien loin des représentants syndicaux médaillés qui frétillent à l’idée d’être reçus dans les antichambres ministérielles.

Ce que raconte mon ami Jérémie Caudin, c’est comment la machine a tenté de le broyer, et comment il a sauvé sa peau. Comment l’Assurance-Maladie aujourd’hui si fière de ses benchmarkings, de ses paiements à la performance et de ses indicateurs d’activités à la con, a réussi à pousser un généraliste de plus à dévisser sa plaque.

Total respect à Frédéric Van Roekeghem, ancien d’AXA placé à la tête de l’Assurance-Maladie par Chirac en 2004, pour sa créativité et ses résultats mirobolants : la médecine générale agonise, sous vos applaudissements. Il ne faudra pas venir pleurer.

 

Début de l'article original

En 2010, 903 médecins ont dévissé leur plaque avant l’heure, lassés par les charges financières devenues trop lourdes, le travail journalier trop important et les pressions des caisses toujours plus fortes. C’est aussi le choix du Dr Jérémie Caudin, médecin généraliste spécialisé en traumatologie du sport à Boulogne-sur-Mer, dans le Nord-Pas-de-Calais. Après avoir fait l’objet d’un contrôle, il a décidé de laisser tomber son activité libérale.
 
"Généraliste, urbain et âgé de 54 ans". Voici le profil-type du médecin qui choisit de plaquer son activité libérale selon le dernier Atlas démographique national dressé par le Conseil national de l’ordre des médecins. Jérémie Caudin y colle bien. Installé depuis 1989 à Boulogne-sur-Mer (62), la deuxième ville la plus peuplée du département, ce généraliste de 52 ans a dévissé sa plaque il y a deux mois pour rejoindre l’hôpital de Berck-sur-Mer, à une cinquantaine de kilomètres de là. "Il ne fallait plus grand-chose pour que je dévisse", jure-t-il.
 
La goutte d’eau qui a fait déborder le vase : une mise sous tutelle de trois mois pour avoir prescrit trop d’actes de kinésithérapie. Il est important de re-préciser que le Dr Caudin est spécialisé en traumatologie du sport et très impliqué dans la vie associative sportive du coin. "Après 20 ans de bons et loyaux service, je reçois, la même semaine, deux lettres émanant du même ministère : la première me décerne une médaille pour mon activité dans le milieu du sport. La seconde m’épingle parce que je fais trop de kinésithérapies. Bah oui, forcément je vois beaucoup de sportifs !" Le revers de la médaille…
 
Il passe comme cela est prévu devant la commission des pénalités où il explique : "On a comparé mon activité avec celle de médecins généralistes purs ! C’est complètement illogique. Alors oui je suis au-dessus de la norme en kiné, mais en médicaments, en biologie ou en bons de transports, j’ai un délit statistique négatif par rapport à mes confrères. Alors pourquoi on ne m’attaque pas là-dessus ?"
 
"C’est devenu tellement difficile dehors"
 
Finalement, la commission le blanchit à l’unanimité mais le directeur de la caisse décide quand même de le sanctionner - les articles 162.1.14 et 15 du code de la sécurité sociale prévoient en effet que le directeur de la caisse ait le dernier mot quant à la pénalité prononcée à l’encontre du médecin. Jérémie Caudin est ainsi condamné à trois mois d’entente préalable. Au cours de cette période, toutes ses ordonnances, à l’exception de l’une d’entre elles, seront validées par le médecin-conseil alors qu’il ne change en rien sa pratique. Concernant la seule ordonnance refusée, le patient a finalement dû être opéré. Il a porté plainte et a obtenu gain de cause. "Elle est pas belle la vie ?!", conclut le généraliste désabusé. Quelques mois plus tard, il dévisse sa plaque et accepte une proposition pour exercer dans un service de rééducation fonctionnelle à l’hôpital.
 
 "Même si vous avez gagné, c’est une bagarre qui vous ronge. Vous vous demandez sans arrêt pourquoi tant de hargne, pourquoi tant de haine ?"
 
La décision n’a pourtant pas été facile à prendre. Parce que partir c’est aussi et surtout abandonner ses patients. Beaucoup n’ont toujours pas retrouvé de médecin et le local qui servait de cabinet ne va pas tarder à être transformé en studio ou en commerce.
 
"Les conditions en libéral sont telles que plus personne ne veut s’installer en médecine de ville, raconte encore le Dr Caudin. J’ai mis une annonce en précisant que je cédais gratuitement ma patientèle avec tout le matériel y compris du matériel consommable. Mais personne n’en a voulu alors que je suis quand même dans un quartier très sympa dans la vieille ville de Boulogne."
 
Même sort pour ses confrères partis à la retraite. Ils n’ont pas trouvé de successeur. Et c’est encore le cœur serré que Jérémie Caudin évoque les courriers envoyés par ses anciens patients lui souhaitant bon vent pour cette nouvelle aventure.
 
Mais il fallait qu’"il sauve sa peau", comme il dit, pour être aujourd’hui "heureux" et "serein".
 
 "Tout est fait actuellement pour faire fuir les libéraux"
 
Comme beaucoup, il porte un regard très pessimiste sur la médecine générale qui, selon lui, ne va pas aller en s’arrangeant. "La situation actuelle est gravissime et je pense que le tsunami que tout le monde s’attend à voir arriver va venir beaucoup plus vite que prévu. Tout est fait actuellement pour faire fuir les libéraux."
 
Pourquoi ne pas se reconvertir ? Il explose de rire avant de reprendre plus sérieusement : "D’abord si c’était à refaire, je referais médecine. Et puis, que voulez-vous que je fasse ? Je ne sais rien faire d’autre ! Enfin si ! Il y a un bien un métier que je pourrais faire et très bien, dit-il en plaisantant, c’est directeur de caisse. Ça, je saurai le faire avec beaucoup plus d’humanité et avec une vraie vision du terrain."

04.01.2012

Ca vous choque? Et bien cassez-vous, pauvres cons!

La clique pathétique des habituels tocards de l'UMP monte sur ses grands chevaux pour tenter de créer une "affaire" au motif que François Hollande aurait insulté leur bon maître, Nicolas Sarkozy, le célèbre humaniste hegelien qui rêvait de pendre Villepin à un "crochet de boucher"...

Morano exige des excuses publiques. Laurent Wauquiez, lâchant une minute la grappe des malades et sa sébille pleine de piécettes lancées par les banquiers de la City, accuse Hollande d'avoir la critique pour seul programme. Gérard Longuet, le mari de l'autre ( c'est une longue histoire, un jour peut-être...) lance "C'est un mauvais candidat parce que s'il démarre ainsi la campagne il la rend médiocre". Jean-François Copé, l'anguille qui soutient Sarkozy comme la corde le pendu, se dit "profondément choqué". Bon, j'arrête, je vous évite le tableau complet, la liste de troisièmes couteaux qui se roulent sur le terrain comme un footballeur italien à l'agonie.

Tous ces petits marquis, tous ces courtisans d'un régime naufragé, habitués aux colères et à la violence verbale de leur patron, se découvrent des pudeurs de vierge effarouchée, parce qu'Hollande avait expliqué aux journalistes que Sarkozy allait se présenter comme un "président de l'échec, un sale mec" mais incontournable.

Ca vous choque? Et bien cassez-vous, pauvres cons.
 

cassetoipauvrecon.gif

21.12.2011

Bon sang ne saurait mentir: les aventures de Kim-Jong Two

La légende veut que Kim Jong-Il, dans sa jeunesse tumultueuse, conçut un fils illégitime qu'il fallut éloigner  des intrigues de palais.

Kim-Jong-il.jpg

Exilé à l'étranger sous un nom d'emprunt, le petit Kim-Jong Two dût faire face aux moqueries de ses camarades, on sait comme les enfants sont cruels. Sa précoce calvitie frontale, signe héréditaire de son appartenance à la grande dynastie des Kim-Jong, récolta longtemps les quolibets. Mais ce qui ne nous tue pas nous rend plus fort, comme disait Nietzsche, ou Laurent Wauquiez en claquant la porte de son carosse sur la main tremblante des gueux.

Kim-Jong Two se forgea dans cette lointaine contrée une destinée, et se mit au service du monarque local, auquel il prêta son inénarrable talent, sans jamais dévoiler sa véritable identité.

Jusqu'au jour où, ému par l'annonce de la mort de son père, dans une émotion bien compréhensible, le plus tout jeune mais toujours fringuant exilé nord-coréen laissa un instant tomber le masque 

http://www.lemonde.fr/election-presidentielle-2012/article/2011/12/20/cope-invite-les-sympathisants-de-l-ump-a-ecrire-a-sarkozy_1620888_1471069.html

Dans sa prose compassée, les accents oubliés de la propagande nord-coréenne affleurèrent enfin:

"Cher ami, écrit M. Copé sur une page, parce que vous êtes un de ses plus fidèles soutiens, j'ai pensé que le moment était venu de faire part à Nicolas Sarkozy de votre vœu de le voir se porter à nouveau candidat à l'élection présidentielle de 2012." A sa lettre, il joint un bordereau,"aux bons soins de Jean-François Copé", que le militant est invité à signer et par lequel il "appelle de [ses] vœux" la candidature de M. Sarkozy.

"Avec tous ceux pour qui elle représente un réél espoir pour la France, je souhaite aujourd'hui vous manifester mon soutien le plus total et vous renouveler toute ma confiance", est-il écrit dans le texte que les partisans de M. Sarkozy sont invités àsigner. S'ils le souhaitent, il peuvent ajouter à la main un message personnel à l'attention du président de la République et joindre un chèque de don pour sa campagne. "A quelques semaines de cet engagement crucial pour la France et dans le difficile contexte qui est celui d'aujourd'hui, je sais que ce geste à la fois solennel, personnel et amical, touchera profondément Nicolas Sarkozy", assure M. Copé dans son courrier.

"Il est essentiel que vous puissiez lui dire combien, malgré les crises successives, il sait faire preuve de responsabilité et d'un sang froid exceptionnel pour protéger les Français et les générations futures, précise-t-il, combien il sait réformer en profondeur notre pays et replacer chaque jour la France sur le devant de la scène internationale."

"Homme d'action, homme d'expérience et homme d'Etat, il est plus que jamais celui à qui nous faisons confiance pour défendre les intérêts et les valeurs de la France", conclut-il.

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Bon sang ne saurait mentir.

20.12.2011

Christine Boutin: "Pour 350 signatures, je me couche"

On savait déjà, depuis Octobre dernier, que Christine Boutin, qu'on eût imaginé plus prude, adorait se promener nue.

http://enattendanth5n1.20minutes-blogs.fr/archive/2011/10...

On sait maintenant qu'elle couche.

Ou se couche, c'est selon.

L'anecdote est minable, mais si on ne parlait pas des anecdotes minables, qui se souviendrait même que nous avons une classe politique...

Christine Boutin, donc, se plaint d'avoir du mal à recueillir les 500 signatures de maires nécessaires à sa candidature à la Présidence de la République.


L'ancienne ministre du Président Sarkozy, l'homme qui responsabilise les cancéreux, explique à qui veut l'entendre qu'elle est de droite ( scoop!), mais qu'elle porte ( c'est tendance) un projet humaniste, où ce que l'homme est au centre.

Elle explique aussi que l'Elysée, et l'homme qu'elle a servi avec assiduité et sans moufter pendant qu'on raflait des enfants et leurs parents à la sortie des écoles, cet homme donc, au sourire si doux que les hyènes en chient de terreur, fait tout pour l'empêcher de récolter ses 500 signatures, afin d'être seul en lice à droite, ce qu'elle considère à juste titre, si c'est vrai, comme un déni de démocratie, suprêmement étonnant chez cet homme qui nous avait habitué à mieux.


Et elle explique, la Christine, benoîtement, que si d'ici fin Février elle n'a pas ses 500 signatures, elle lancera une bombe atomique sur la campagne de Nicolas Sarkozy. "Ce n'est pas une menace", explique t'elle aux journalistes, "c'est un fait". Pressée d'en dire plus, elle se tait, récuse même le terme de "menace", chacun sachant bien qu'une bombe atomique n'est pas une menace...

Et elle explique aussi que tout se passera bien pour tout le monde si elle a ses 500 signatures.

Conclusion: Christine Boutin, ministre humaniste que ni la responsabilisation des cancéreux, ni les rafles, ne gênent, est en possession de documents ou d'informations susceptibles de perturber gravement la campagne de Nicolas Sarkozy. Des informations, on peut l'imaginer, que les Français devraient connaître avant de se rendre aux urnes.

Mais Christine est correcte comme fille: si elle récolte d'ici fin février les 350 signatures de maires qui lui manquent à ce jour ( entendez, si Sarkozy et sa clique desserrent l'étau), elle gardera le silence.

Les Français ne sauront rien. Elle sera candidate et se tiendra bien, s'effaçant au second tour comme une bonne fille qu'elle est.

Le prix du silence de Christine Boutin, ministre humaniste porteuse d'un projet qu'à côté le Dalaï Lama est vert de honte,  est donc connu: 350 signatures.

Allez, Christine, je t'offre ton slogan de campagne: "Pour 350 signatures, je me couche".

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Le livre-confession d'une femme qui ne veut pas se taire, sauf si vous le demandez gentiment...

16.12.2011

N'est pas George Orwell qui veut: le parcours exemplaire d'un ex-trotskyste, Christopher Hitchens

Christopher Hitchens est mort.

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En France, son nom est quasiment inconnu du grand public.

En Angleterre, aux Etats-Unis, il reste comme l'un des plus brillants polémistes du 20eme siècle.

Né en 1949, il fut envoyé en pensionnat par sa mère en fonction du raisonnement suivant: "S'il y a une classe supérieure dans ce pays, Christopher en fera partie".

Christopher Hitchens poursuivit ses études à Oxford. Dès son plus jeune âge, il se livra à ce numéro d'équilibriste que nombre de chiens de garde français pratiquent avec adresse, comme il l'avoua lui-même: écrire en tant "qu'allié de la classe ouvrière" tout en côtoyant avec gourmandise les riches, les puissants, le faste, dans les soirées en vogue.

Pendant des années, Hitchens écrivit, portant le fer dans la plaie, face au pouvoir de l'Eglise, aux guerres impérialistes, à la domination.

Dans les années 80, il quitta Londres pour les Etats-Unis, le New Statesman ( à gauche de la gauche britannique) pour le Nation ( idem... aux USA)... puis Slate et Vanity Fair.

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L'ex-trotskyste, qui avait écrit plusieurs livres sur George Orwell, au contact de ses nouveaux employeurs changea peu à peu son regard sur le monde, jusqu'à soutenir avec ferveur la guerre néo-conservatrice de Bush en Irak au prétexte de "changer le régime", d'empêcher Saddam Hussein de faire de l'Irak "sa salle de tortures privées", et de "résister au fascisme islamique". Il rompit avec fracas avec ses anciens camarades opposés à la guerre, qu'il conspua largement dans les colonnes de journaux et à la télévision, utilisant son sens de la réthorique et son panache pour les ridiculiser et servir de caution intellectuelle et morale à Bush, junior, Dick Cheney et autres Rumsfeld.

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En 2010, il fut diagnostiqué porteur d'un cancer de l'oesophage, complication fréquente de l'alcoolo-tabagisme, dont il vient de mourir.

Parcours exemplaire.

S'il était né en France, Christopher Hitchens aurait fini directeur à France-Inter. N'est pas George Orwell qui veut.

 

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