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06/03/2012

Affaires courantes: six billets pour le prix d'un

Au pas de charge, six billets pour le prix d'un. Parce qu'on n'a pas que ça à faire, j'ai un roman à terminer:

 

Le complot européen contre Hollande:

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Tempête dans un verre d'eau. Merkel, Monti et Cameron recevront tous trois Hollande quand il sera président de la République.

Une autre question?

Sarkozy aussi voyagera. Si un criminel de guerre comme Tony Blair peut faire payer cher ses conférences, il y a de l'espoir pour Nicolas.

 

L'épuration ne passera pas:

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C'est Mozart qu'on assassine. Sarkozy et sa clique de roquets UMP hurlent à la mort. Hollande aurait promis l'épuration. On sait à quel point, pendant cinq ans, les nominations exemplaires d'une République irréprochable se sont faites dans les règles de la méritocratie sarkozyste. On en a encore récemment la preuve avec le professeur Juvin, conseiller santé de l'UMP et grand défenseur des franchises sur les soins. Député européen, maire d'une grande agglomération, il réussit à se faire nommer, en plus,  chef de service des urgences de l'Hôpital Georges Pompidou, malgré son absentéisme déjà remarqué dans son précédent poste. En bon sarkozyste, l'homme ne se mouche pas du col: "Mon intelligence me porte partout». En 2007 dans le Quotidien du Médecin, il expliquait benoîtement: «Je suis meilleur à faire de la politique qu'à soigner mes patients». On avait compris.

(PS: sur la photo, pour ceux qui ne le reconnaîtraient pas, l'endive David Martinon, éphémère porte-parole sarkozyste, trahi par son ami de toujours Sarkozy-fils, viré par Sarkozy-père après son lamentable plantage en briguant la mairie de Neuilly, nommé consul général de France à Los Angeles aux frais du contribuable)

Les belles histoires du Père Castor:

Morin et Boutin sont rentrés au bercail la queue basse, ralliant Sarkozy qu'ils avaient vilipendé pendant quelques mois une fois que la soupe ministérielle eût refroidie. Nihous, leader de "Chasse, Pêche et Traditions", s'est rallié, pour cause de valeurs communes, au candidat de "Rolex, Fouquet's et Stock-Options". Fermez le ban

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"Et alors la marmotte, elle met le chocolat dans le papier d'alu"


Bayonne, ton univers impitoyable:

Avant même d'être obligé de fuir le coeur historique de la vieille ville sous les huées, le Petit Président à nous quon a s'était illustré avec sa fameuse réplique condescendante face à un couple d'agriculteurs un peu trop revendicatifs: "Ben moi je ne suis pas propriétaire de quarante hectares, hein, OK..." Il faut voir ce morceau d'anthologie pour réaliser à quel point le candidat peut suinter le mépris social. Les petits mouvements de la main pour inciter la femme à la fermer, le toucher  du bout des doigts sur la poitrine, comme pour repousser l'homme, grand moment pour un Président habitué des visites Potemkine.

Il fallait pas y hallaler:

"Le premier sujet de préoccupation ou de discussion des Français, hein, ch'parle sous vot'contrôle, c'est cette question de la viande halal. Alors, faudrait-il ne laisser que ceux qui aboient s'exprimer sur ce sujet?": dixit Nicolas Sarkozy, candidat à la ramasse, le 5 mars 2012, Saint-Quentin.

Le vertige me prend à commenter cette saillie. Je savais ce minable prêt à tout, mais je n'osais imaginer, dans mes rêves humides, qu'il creuserait sa défaite aussi vite, et avec une si admirable constance dans la nullité.1/ Oser affirmer que la "question de la viande halal" préoccuperait au premier chef les Français, dans la situation sociale et économique du pays, de l'Europe, du monde entier, c'est vraiment faire preuve d'une déconnexion effarante avec la réalité quotidienne. A côté de cela, ne pas connaître le prix d'un ticket de métro est une bien mince offense. 2/ Mieux encore, coller ainsi aux thèmes de Marine Le Pen, les intégrer et les légitimer, c'est montrer à quel point l'UMP et l'équipe de campagne de Sarkozy ne maîtrisent plus rien, et certainement pas les thèmes de campagne.

Last but not least, les gags de la Marine:

Invitée à s'exprimer à la télévision, Marine Le Pen explique benoîtement que si la situation budgétaire le rendait indispensable, si elle devait se livrer à des coupes claires dans les dépenses, elle supprimerait le remboursement de l'interruption volontaire de grossesse afin de permettre aux personnes âgées de voir leurs médications mieux remboursées. Sans même aborder le plan sociétal, sur le plan strictement comptable, c'est évidemment une connerie sans nom, car inciter à mettre au monde des enfants non désirés, parfois dans des situations sociales très difficiles, c'est in fine grever les dépenses sociales de l'Etat ( à moins de commencer à manger les enfants des pauvres, une solution préconisée par Swift il y a quelques siècles, mais Marine a t'elle lu Swift?) Le problème de Marine Le Pen, outre sa nullité économique, c'est qu'on n'a pas vraiment l'impression qu'elle comprend quelque chose aux notes que doivent lui écrire ses conseillers sur les questions de santé. A la télévision elle fustigeait il y a peu les dépenses médicamenteuses insensées liées au lobbying de Big Pharma. Peu après avoir pris position, en pleine polémique sur le remboursement des médicaments anti-Alzheimer , POUR le maintien de la prise en charge des ces médicaments inutiles et dangereux( dont je rappelle aux sourds et malentendants qu'ils ne servent à rien qu'à grever le budget social et à faire "vivre" la "filière" gériatrique, au prix de quelques accidents vasculaires, et sans aucun intérêt démontré pour les malades). Alors, Marine, un peu de cohérence? Evidemment, sur la table de chevet, entre la Revue Prescrire ou Brasillach, il va falloir choisir.

 

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05/03/2012

Ce que vous ne lirez nulle part ailleurs sur la loi Kouchner et les droits des malades

 

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On fête les dix ans de la loi Kouchner sur les droits des malades.

Loi censée mettre un terme au paternalisme médical, loi censée consacrer le droit du patient à être correctement informé sur son état de santé.

Loi dont le point principal, mis en avant dans tous les articles et communiqués de presse qu'on peut lire ces jours-ci, est le droit du patient à accéder directement à son dossier.

Et tout cela est vrai.

Mais il y a des choses que vous ne lirez nulle part sur la loi Kouchner, et ses conséquences.

C'est l'article d'Anne Jeanblanc dans le Point qui m'amène à réagir

http://www.lepoint.fr/chroniqueurs-du-point/anne-jeanblanc/droits-des-patients-un-anniversaire-mitige-pour-la-loi-kouchner-02-03-2012-1437315_57.php

Non pas qu'il contienne des inexactitudes, mais justement parce qu'il contient des perles.

Anne Jeanblanc interviewe Nicolas Brun, du CISS ( le CISS est ce Collectif Interassociatif sur la Santé, regroupement d'associations de patients, dont le Président, Christian Saout s'est longtemps illustré par son soutien farouche à la loi HPST de Roselyne Bachelot, et par son silence pendant l'affaire H1N1).

Après avoir évoqué avec pertinence la possibilité aujourd'hui offerte au patient d'avoir accès à son dossier médical après une hospitalisation, le représentant du CISS poursuit:

"Nous, en tant qu'association, avons été plutôt atterrés par le contenu des dossiers. Soit ils étaient pratiquement vides, soit ils renfermaient des hypothèses émises par des externes lors de leur apprentissage, ou encore des appréciations subjectives sur le malade. Ils étaient d'ailleurs tellement mal faits que les médecins hospitaliers préféraient souvent consulter les dossiers de soins des infirmières... Depuis que les patients peuvent directement consulter leur dossier, la situation a bien évolué, même s'il reste encore des progrès à accomplir."

Les dossiers... ( j'en tremble d'avance) renfermaient "des hypothèses émises par les externes lors de leur apprentissage".

Qu'on se rassure, nombre de dossiers hospitaliers ne contiennent plus d'hypothèses émises par les externes lors de leur apprentissage, et à la lecture de la majorité des compte-rendus que je reçois, ils ne contiennent plus grand chose, d'ailleurs, qui ne rentre pas dans la grille pré-établie de codage certainement pondue par un quelconque aéropage de contrôleurs qualité.

Il faut savoir que, de mon temps ( un temps que par définition les moins de vingt ans, etc...), l'externe était souvent le premier membre du corps médical à voir le patient après son arrivée à l'hôpital, que ce soit aux urgences ou directement dans le lit d'un service. L'externe et l'infirmière étaient souvent les premiers, parfois même quasiment les seuls, à voir le patient chaque jour, plusieurs fois par jour. Le rôle de l'externe était justement de réaliser une observation pour chaque malade, et cette observation était pour l'externe un moyen d'apprendre son métier, mais aussi d'apprendre à rédiger. Motif d'hospitalisation, habitus du patient, histoire de la maladie, antécédents, examen clinique, hypothèses, conclusions, l'observation était un genre littéraire et obéissait à des codes.

Parce que l'externe était en apprentissage, cette observation intiale, qu'il poursuivait ensuite au jour le jour pendant l'hospitalisation du patient, était aussi nourrie en parallèle par l'interne, les médecins qui se relayaient au chevet du patient. Au lit du malade, c'était souvent à l'externe qu'on demandait de résumer l'histoire de la maladie, les faits saillants, avant de se tourner vers le patient pour préciser certains éléments, corriger d'éventuelles erreurs, vérifier certains élements de l'examen. Et au lit du malade, souvent, deux personnes notaient ce qui se passait pendant la visite, l'externe, dans le dossier médical, l'infirmière, dans le dossier de soins.

L'externe apprenait son métier, mais en apprenant son métier il faisait gagner un temps précieux au reste de l'équipe médicale, aux médecins senior, et évitait au patient de répéter dix fois les mêmes informations à des praticiens différents.

Et, c'est là que je veux en venir, l'externe, quelle folie, émettait des hypothèses. Ca faisait partie de son boulot, d'ailleurs, d'émettre des hypothèses, d'établir un diagnostic différentiel.

Ce dont semble rêver le représentant du CISS, c'est un dossier vierge d'hypothèses, un dossier parfait dans lequel seul existerait le diagnostic final, sans le tâtonnement qui a permis d'y arriver.

Et "grâce" à la loi Kouchner sur les droits des malades, et à sa déclinaison dans nombre de services hospitaliers, c'est un peu ce que nous voyons aujourd'hui.

Pas d'hypothèses, très peu d'informations sur le cheminement intellectuel et médical qui a conduit à abandonner certaines pistes, à en privilégier, d'autres.

Reste le diagnostic final, comme tombé du ciel.

Pourquoi cet appauvrissement?

Parce que nombre de médecins, et nombre d'administrateurs, d'agents du contentieux, ont craint que la richesse des dossiers à l'ancienne, leur caractère bordélique certes, qui accompagnait une réflexion médicale en cours, leur porte tort.

Alors les dossiers ont commencé à maigrir, on a pesé chaque mot, son poids juridique éventuel, on a passé sous silence, par omission, les digressions, les hypothèses non confirmées.

On a aussi par la même occasion souvent gommé les incidents survenant pendant l'hospitalisation, et même certains accidents. Les aléas d'une hospitalisation, malaises vagaux, chutes, voire même accidents hémorragiques, les tâtonnements diagnostiques ou thérapeutiques , etc..., nous sont aujourd'hui souvent narrés par les patients, alors que le compte-rendu d'hospitalisation nous explique benoîtement que "l'hospitalisation s'est déroulée sans problème".

J'ai ainsi reçu il n'y a pas si longtemps un compte-rendu d'accouchement dans lequel toutes les cases étaient cochées bien comme il faut pour satisfaire le logiciel et les contrôleurs qualité, mais auquel manquait l'information cruciale que le nourrisson avait eu la clavicule cassée pendant l'accouchement.

Les droits des malades ont évolué. On leur a donné accès à leur dossier. Le codage s'est intensifié au détriment de la singularité de chaque observation, et l'appréciation même de cette subjectivité s'est perdue. Tout le monde applaudit.

Attendons encore un peu et la même chose arrivera à nos dossiers de médecine générale, dans lesquels, figurez-vous, des types qui ne sont même pas des spécialistes hospitaliers habitués des plateaux télé se permettent encore d'émettre des hypothèses.

Mais que fait la police?

 

01/03/2012

Ceci n'est pas une pipe

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Après six mois de silence ( douloureux pour son fan-club) , le 24 février 2012, Alain Juppé alimente à nouveau son blog, non sans être taraudé par le doute:

"Vais-je trouver le temps d’écrire régulièrement mon “carnet de campagne” ? L’envie me tenaille. Il y aurait tant de choses à dire! Mais aujourd’hui Tunis, demain Cotonou et Ouagadougou, dimanche le Mali où s’aggravent les affrontements avec la rébellion touarègue : la tâche de ministre des affaires étrangères est exigeante."

Et oui. Alain Juppé, c'est pas Nadine Morano, c'est du lourd. Le sort du monde et de l'agglomération bordelaise repose entre les mains de celui que naguère tentait Venise, quand d'autres twittent en direct depuis Rungis, sur la droite juste après les crustacés.

Et depuis ce 24 février, brusquement, jusqu'à deux fois par jour, voici que le ministre occupé par les affaires du monde prend le temps de bloguer, de lancer moultes piques contre François Hollande et ses insupportables mesures confiscatrices, si éloignées de la bonhomie fiscale du Président des Quiches. Juppé ose même ( c'est à ça qu'on les reconnaît) : "Je crois plus à la pression morale et sociale qu’à la confiscation fiscale". (La pression morale et sociale, rien de tel pour faire trembler Liliane, n'est-ce-pas... Mais prends-moi pour un con, Alain, ne te gêne pas)

On aurait mauvais fond, on penserait volontiers qu'au Château, on a insisté lourdement pour que le meilleur d'entre eux aille au charbon, en service commandé. Pas du tout.

Ce qui motive cet homme chauve mais velu question gaullisme, c'est, comment le dire sans blesser sa légendaire pudeur.... c'est l'amour.

"Ce matin , à l’écoute des radios, une image océane me vient à l’esprit: Nicolas Sarkozy, c’est la vague, puissante, sans cesse renouvelée qui apporte chaque jour son lot d’idées neuves et de propositions fortes. François Hollande, c’est le galet, roulé dans le ressac, qui tente d’exister. Différence avec le galet :Il s’use vite."

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Oh oui, Nicolas, prends-moi telle la puissante vague sans cesse renouvelée, roule-moi tel le galet!

Je serais Carla Bruni, je serais moyennement rassurée.

17/02/2012

Sarkozy et la France du NON: "You talkin' to me, punk?"

 

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"You talking to me ? You talkin' to me? You talkin' to me? You talkin' to me? Then who the hell else are you talkin' to? You talkin' to me? Well I'm the only one here. Who the fuck do you think you're talking to?"

 

Non mais j’y crois pas… You talkin' to me, punk ?

 

T’as vu comment tu m’causes, petit personnage disgrâcieux ?

 

Tu crois que tu peux insulter mon intelligence comme ça, tranquille ?

 

« Je veux rendre la parole à cette France du Non »

 

Ôte moi d’un doute, là, bouffon, tu crois pas vraiment un mot de ce que tu racontes, rassures-moi ?

 

Parce que là tu t’adresses  plus à ton cœur de cible, aux blaireaux que tu as enfariné avant de les tondre, aux gars qui ont avalé ton « travailler plus pour gagner plus » et se sont mangé le Fouquet’s, le bling-bling, la perte du pouvoir d'achat, la valse des incompétents obscènes au sommet de l'Etat… Non, tu t’adresses à nous, là...

 

Tu t’adresses à la France du Non, à qui tu as enfilé à sec la ratification du traité de Lisbonne par le Parlement, et qui t’a vu encore récemment refuser aux Grecs exsangues un référendum sur la manière dont les spéculateurs allaient pouvoir les bouffer...

Franchement je sais pas qui te conseille, mais tu vas dans le mur…

"You talkin' to me???"

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Qui t’a vendu que t’allais nous faire gober tes bobards, bouffon ?

 

Un de tes sbires ultra-droitier ? Peltier ? Buisson ?

Ou un de tes amis de trente ans qui affûte déjà sa dague ? Copé ? Fillon ? Raffarin ?

 

Ah mais, j’oubliais, j’oubliais la première Dame, Mâdâme Monmari...

 

« Je ne m’y connais pas tellement mais franchement, je trouve qu’il a tout bien fait »

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 Tu sais, en campagne ça l'fait moyen d’être le Président des Quiches. 

08/02/2012

Nadine Morano, on avait dit... pas le physique...

"Le problème d'image d'Eva Joly ne vient pas que de son accent, c'est physique. On sent du coup qu'il n'y a pas de communicant derrière" 

Nadine Morano, marché de Rungis, juste après les crustacés.

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