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13/11/2009

FOIRAGE VACCINAL: LA CONSEQUENCE INELUCTABLE DES CHOIX POLITIQUES ET INDUSTRIELS DE ROSELYNE BACHELOT

Foirage vaccinal : la conséquence inéluctable des choix politiques et industriels de Roselyne Bachelot

 

 

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Il est encore trop tôt pour tirer toutes les leçons, dont certaines pourraient se révéler fort amères, de l’échec prévisible de la campagne vaccinale mise en œuvre par la ministre de la santé Roselyne Bachelot entourée de ses experts et hauts spécialistes si compétents, mais apparemment incapables de gérer une crise sanitaire d’ampleur.

 

A ce stade, quelques précisions :

 

J’ai écrit ici, sur ce blog, qu’hélas la grippe H1N1 n’était pas une « grippette », que comme toute grippe elle pouvait causer des syndrômes de détresse respiratoire aigüe ( SDRA) nécessitant la réanimation et pouvant s’avérer mortels, et ceci de manière aléatoire, touchant donc parfois des sujets en bonne santé, sans antécédent médical ( même si ce n’est pas le plus courant).

 

J’ai écrit aussi que, parce que cette grippe cible plus particulièrement les sujets jeunes, des décès de sujets jeunes en bonne santé pourraient survenir, ce qui en soi rend cette pandémie préoccupante, et nécessite de la gérer avec compétence.

 

Compétence dans les décisions, compétence dans la communication.

 

A l’évidence, nous sommes loin du compte.

Certes des décisions ont été prises, et parmi elles celle de doter le pays d’un plus grand nombre d’appareils de respiration extra-corporelle, permettant de passer en réanimation le cap aigü de quelques jours pendant lequel les patients atteints de SDRA ne peuvent littéralement plus respirer, leurs poumons étant noyés de virus. Cette mesure, et cette technique très récente, apparemment très efficace, semblent expliquer le moindre taux de mortalité de ces SDRAs, usuellement considérés comme mortels une fois sur deux alors que le taux de survie ici attendrait, selon le Dr Pierre Carli du Samu de Paris, les 80% ( chiffre superposable à ce que j’ai lu dans les premières études néo-zélandaises et américaines).

 

 

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Et dans le cadre de ces SDRAs, je comprends l’inquiétude des confrères travaillant dans des services d’urgence et de réanimation, l’insistance de certains d’entre eux à inciter les professionnels de santé, le public, à se faire vacciner. Car leur crainte, jamais clairement avouée me semble t’il, c’est que le système de santé, bien délabré par les attaques répétées des cost-cutters libéraux, ne puisse faire face à un afflux de SDRAs en services de réanimation, en clair, qu’ils soient submergés.

 

Mais à ce stade, toutes les questions que se pose depuis Avril 2009 une majorité de médecins généralistes du pays restent sans réponse.

 

Parce que la ministre est incapable d’argumenter sur les choix politiques, les choix de santé publique, les choix industriels qu’elle a imposés.

 

Les Français le constatent : une vaccination de masse a été mise en place dans des gymnases, hors des cabinets médicaux, dans des conditions précaires amenant certains préfets, en toute incohérence, à réquisitionner des généralistes pour aller meubler des locaux déserts, au moment où leurs patients malades ont le plus besoin d’eux, dans leurs cabinets.

 

Pourquoi la vaccination n’a-t-elle pas été confiée aux médecins traitants, qui chaque année vaccinent des patients contre le tétanos, la grippe saisonnière, d’autres pathologies ?

 

Pourquoi un schéma quasi-militaire a-t-il été mis en place avec gymnases, réquisitions, convocations par courrier en fonction de critères définis par l’Assurance-Maladie, qui n’est pas à même de définir les patients réellement à risque ?

 

Pourquoi le pouvoir donne t'il l'impression d'avoir privilégié un plan de continuité de l'activité économique plutôt qu'un plan de protection des populations?

 

Les journalistes butent sur ces questions, ne trouvent pas réponse ou feignent de ne pas la trouver. Celle-ci tient en deux phrases, deux affirmations que j’ai maintes fois répétées, depuis « PATIENTS SI VOUS SAVIEZ », ed. Points Seuil, en 2002. Non qu’il soit glorieux ou plaisant de jouer le rôle de Cassandre, j’ai assez écrit que le seul rôle d’une vigie sur le pont du Titanic est d’angoisser avant les autres, quand la capitainerie est sourde à l’évidence et aux alertes.

 

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Première constatation, évidente :

 

Les experts scentifiques et le pouvoir politique, dans ce pays, gouvernement et parlement compris ( à de rarissimes exceptions) n’ont aucune idée de ce que sont les médecins généralistes, et ne leur témoignent qu’un profond mépris.

 

Imaginer un seul instant que les généralistes seraient à même de prendre une part active dans un plan pandémie jusque dans sa conception, imaginer un seul instant qu’en ce début de 21ème siècle la population de leurs patients leur voue encore une confiance que les politiques ont depuis longtemps perdue, est inconcevable pour ces imbéciles.

 

Oh certes ici et là on entendra répéter à l’envie que « le généraliste est indispensable, etc, etc... » mais l’idée qu’il pourrait être autre chose qu’un exécutant zélé ne leur traverse pas l’esprit. D’ailleurs, et on le voit avec les réquisitions de non volontaires, un état pré-fasciste n’a pas besoin de professionnels de santé consciencieux et responsables, mais d’exécutants aux ordres…

 

Seconde constatation :

 

L’échec du plan vaccinal français est directement lié aux choix politiques et industriels imposés par la ministre. Dans un pays où l’absence d’indépendance de nombreux experts vis-à-vis des firmes pharmaceutiques a été dénoncée à l’envi sans que rien ne change, il suffit d’une crise sanitaire pour précipiter l’inéluctable…

 

Quel autre pays a fait de tels choix, franchement ?

 

Quel autre pays a préféré à une vaccination ciblée avec des vaccins ne comportant pas d’additifs ( adjuvants ou conservateurs) litigieux, une vaccination de masse hors du circuit de soin habituel, au prétexte, je cite le cabinet de la ministre, que celle-ci «  s'est appuyée sur le fait que les laboratoires lui ont dit qu'ils livreraient les vaccins en boîte multidose »( Le Généraliste, 11 Septembre 2009).

Mesure-t’on dans les médias la débilité de la démarche ?

 

On argumentera que les laboratoires étaient pressés par le temps, que pour fabriquer un nombre de doses vaccinales nécessaire en peu de temps, il fallait recourir à des expédients, à savoir diminuer la dose d’antigène vaccinal, délicat et lent à préparer, et forcer la dose des adjuvants afin d’obtenir quand même une réponse immunitaire correcte. Tant qu’à faire, on utilisait aussi un adjuvant, le squalène, sur lequel pesaient quelques doutes quant à la survenue plus fréquente d’effets secondaires locaux immédiats, ou neurologiques retardés, et on injectait à chaque vaccination une dose d’adjuvant jamais utilisée jusqu’alors dans un vaccin.

 

Deuxième idée de génie, on conditionnait les vaccins par doses de 10 injections dans le même flacon, pour produire plus...  et gagner plus. Ce qui impliquait donc d’ajouter un conservateur antibactérien dans ces flacons pour éviter des infections lors des ponctions répétées dans le flacon… Et comme par hasard, le conservateur utilisé, à base de mercure, le thimerosal, avait été retiré du commerce depuis une dizaine d’années car son inocuité n’était pas certaine.

 

Comme l’écrivait le Professeur Claude Béraud sur son blog fin 2008 au sujet des controverses vaccinales :

 

 

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« Les conséquences de ces controverses sont graves car elles induisent dans une partie de la population deux conséquences. En premier lieu, le rejet de toutes les vaccinations . En second lieu, la mise en œuvre de thérapeutiques inutiles et non sans risque (10000 enfants dont l’autisme est attribué ou serait aggravé par le thimerosal sont aux USA traités, chaque année, par des chélateurs destinés à éliminer l’ethyl mercure). [31]

Pour éviter ces errements, il serait raisonnable d’éviter que dans la composition des vaccins entrent des substances qui peuvent être considérées par la population comme dangereuses même si ces risques n’ont pas été démontrés par des études cliniques, biologiques et épidémiologiques. »

 

 

http://www.claudeberaud.fr/?51-que-penser-des-controverse...

 

 

Ca semble évident, mais apparemment ni pour la ministre, ni pour ses experts proches acquis au discours des firmes… J’ai ainsi lu récemment l’un d’entre eux, à qui on demandait pourquoi, si les femmes enceintes étaient « à risque », et donc à vacciner en priorité, le vaccin sans adjuvant n’était pas disponible rapidement en quantité suffisante, expliquer que la vaccination était un acte individuel, et qu’après tout on n’obligeait personne à se vacciner ! Mais ces gens-là se regardent-ils dans la glace le matin ?

 

A partir du moment où ces choix catastrophiques d’incompétence et d’amateurisme étaient faits, le reste suivait : il apparaissait légitime de court-circuiter les généralistes parfois réticents à suivre les grandes transhumances vaccinales imposées par les experts ( au hasard, le vaccin contre le papillomavirus censé protéger les jeunes filles pubères…) et à mettre en place une vaccination de masse sur un mode militaire, dix par dix.

 

Manque de chance, le réel se rappelle aujourd’hui aux experts et à la ministre. Totalement rétifs à leurs explications foireuses, les Français se retournent vers le galeux, le cul-terreux généraliste, et celui-ci, en l’état actuel des connaissances, ne peut que faire part de ses doutes, quand bien même il n’est pas de principe opposé à la vaccination. Car contrairement à ce qu’affirment les textes orwelliens pondus par le ministère, les vaccins proposés, à ce stade, n’ont pas tous le même rapport bénéfice-risques :

« Seuls les vaccins dotés d'une autorisation de mise sur le marché (AMM) seront utilisés pour vacciner la population. Aussi, chacun doit considérer que tous les vaccins offrent le même niveau d'efficacité et de sécurité. Aussi, il n'est pas prévu d'offrir le choix du vaccin aux personnes qui viendront se faire vacciner.

En revanche, dans des cas très particuliers, comme celui des femmes enceintes ou celui de certaines allergies en particulier, le professionnel de santé qui effectuera la vaccination pourra être amené à choisir un vaccin plutôt qu'un autre. »

 

http://www.sante-sports.gouv.fr/IMG//pdf/Lancement_de_la_campagne_vaccinale_contre_la_grippe_A_H1N1_dans_les_centres_de_vaccination.pdf

 

 


 

Est-ce à dire que les généralistes chercheraient aujourd’hui à « récupérer » la vaccination anti-H1N1 pour toucher le jackpot au cabinet médical ?

 

C’est un peu ce qu’on entend dans les insinuations pas toujours aimables de Danièle Messager, le 12 Novembre 2009, sur France Inter, cette radio dont le directeur actuel vira en son temps Martin Winckler de l’antenne après une petite controverse avec les Entreprises du Médicament dont celles-ci ne se tirèrent pas trop mal… Confrontée au très libéral Michel Chassang, de la CSMF, syndicat dont la proximité idéologique avec l’UMP pendant la campagne du candidat Sarkozy donna lieu à d’intenses moments d’émotion ( cf LES FOSSOYEURS, ed Privé-Michel Lafon, 2007), Danièle Messager s’inquiète de ce que les médecins généralistes puissent demander à être payés pour la vaccination. C’est assez comique : imagine t’elle demander au LEEM pourquoi les vaccins ne sont pas gratuits ?

 

 

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A cette heure, les patients à risque, les patients obèses ou insuffisants respiratoires ou cardiaques, les femmes enceintes, devraient pouvoir après un colloque singulier avec le praticien qui les connaît le mieux et depuis longtemps, décider, éléments statistiques et médicaux en main, de se vacciner ou non avec un vaccin sans adjuvant. Au lieu de quoi, lorsqu’ils se tournent vers leur médecin traitant, celui-ci ne peut que constater son impuissance : comment conseiller un patient sur l’intérêt de la vaccination quand le professionnel de santé n’est pas en mesure de connaître le vaccin qui sera injecté, la présence éventuelle probable d’un additif, et lequel, enfin le conditionnement du vaccin en multi-doses ?

 

J’ai volontairement omis de parler ici du cas de probable syndrôme de Guillain-Barré post-vaccinal survenu chez une professionnelle de santé sur un petit échantillon de personnes vaccinées. Car avant même cet évènement qui ne rassurera pas les candidats éventuels à la vaccination, la messe était dite.

Lorsqu’on sous-estime l’intelligence et les réticences de la population, lorsqu’on se gargarise de mensonges et de communication sur les franchises, les plans cancer et j’en passe, on est fort démuni lorsqu’on constate qu’on n’a plus aucune crédibilité.

 

Lorsqu’on méprise les médecins de base, les cul-terreux de généralistes, qu’on charge leur barque quotidiennement de brimades administratives, qu’on leur enjoint des objectifs de santé publique décidés sans aucune concertation réelle avec leur problématique et leurs connaissances de terrain, on est fort démuni lorsqu’on constate qu’un passé de visiteuse médicale ne suffit pas à définir une politique de santé publique.

 

 

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PS : Un de mes confrères et amis, le docteur Georges Delamare, grand klongiste devant l’Eternel, réagissait ce matin à un article du Figaro sur le plan vaccinal :

« Toutes les erreurs en la matière ont été commises, et le foirage de cette vaccination restera dans les annales comme l'exemple même de ce qu'il ne fallait pas faire. Bachelot est la seule responsable, elle n'a pas voulu écouter les gens de terrain, a négocié des vaccins à des tarifs démentiels, on apprend qu'en Suisse pour des commandes beaucoup moins importantes, que les prix étaient de 30% moins élevés qu'en France. Elle a tenté une gestion étatique comme avec sa loi HPST, et a démontré l'impuissance du gouvernement et du système face au bon sens commun et malgré la propagande inusitée du ministère des sports! »

 

Le modérateur du quotidien de l’inénarrable Serge Dassault a préféré surseoir : « Votre message et/ou contenu a été modéré. Nous ne publions aucun message ou contenu à caractère diffamatoire ou discriminatoire. »

 

Sans la liberté de blâmer, il n’est point, etc….

22/09/2009

Vaccins H1N1 et information du patient: le petit doigt sur la couture du pantalon

 

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A l’heure où j’écris ces lignes, le 22 Septembre 2009, , les vaccins H1N1 n’ont toujours pas obtenu en Europe leur Autorisation de Mise sur le Marché. Leur efficacité, leur sécurité d’emploi ne sont pas encore déterminés. Des inquiétudes se sont faites jour sur les conditions de fabrication de certains d’entre eux, certaines firmes ayant choisi d’utiliser des adjuvants pour « booster » l’efficacité des vaccins tout en diminuant la dose d’antigène viral, long et difficile à fabriquer en quantité suffisante eu égard aux promesses de doses « pré-vendues »… Experts, professionnels de santé sur le terrain, pharmacologues, participent de cette controverse, qui n’est pas une polémique, mais une démarche scientifique normale. Aucun médicament ne devrait être mis sur le marché, aucun article médical ne devrait être publié, sans qu’une critique honnête et argumentée n’en soit possible. Les arguments de ceux qui sont favorables à la vaccination, comme ceux des opposants, sont audibles. Les arguments des firmes pharmaceutiques aussi : les gouvernements les ont mis en demeure, en très peu de temps, de fabriquer un vaccin en très grande quantité… d’où leur demande d’immunité juridique en cas d’effet secondaire post-vaccinal ( octroyé au moins aux USA et au Canada, si je ne m’abuse)… mais cette immunité juridique pose évidemment quelque question quand les tenants de la vaccination expliquent que les conditions de fabrication du vaccin H1N1 sont en tout point similaires à celles du vaccin antigrippal saisonnier….

 

A l’heure où j’écris ces lignes, donc, il est impossible de se prononcer sur l’efficacité et l’inocuité des vaccins H1N1, puisque les données ne sont pas encore disponibles. Tout au plus notera t’on qu’il existe des vaccins avec ou sans adjuvants, et que les vaccins multidoses ( là encore dans le but de hâter la fabrication d’un nombre conséquent de doses) contiennent un conservateur anti-bactérien à base de mercure, le thiomersal, retiré des vaccins dans les années 2000 suite à un doute sur un lien avec l’autisme. Mais personne à l’heure actuelle n’est en mesure de déterminer si les vaccins anti H1N1, au-delà de la création d’anticorps, sont efficaces pour protéger la personne vaccinée contre le virus H1N1, ni, surtout, si une vaccination de masse n’amènerait pas à constater des effets indésirables neurologiques rares, comme ce fut le cas lors de la campagne vaccinale US de 1976. On en est réduit aux hypothèses, aux modèles mathématiques, et à l’incertitude.

D'autant que la gravité intrinsèque de la grippe pandémique H1N1 est encore aujourd'hui très difficile à déterminer, certains considérant qu'elle est moins dangereuse qu'une grippe saisonnière (  en se référant, par exemple, au faible nombre de décès déclarés aux USA par rapport au nombre de personnes atteintes par le virus), d'autres affirmant qu'elle serait à même de déclencher cent fois plus de syndrômes de détresse respiratoire aigûe que la grippe saisonnière ( voir note précédente sur l'estimation du Pr. Antoine Flahault). Et de la gravité réelle de la pandémie dépend bien évidemment le rapport "bénéfice-risque" du vaccin...

 

Or cette incertitude scientifique ne fait guère le jeu du politique. Ayant commandé 94 millions de doses de vaccin pour, semble t’il, près d’un milliard d’euros, la Ministre de la Santé ne peut se résoudre à payer le prix politique nécessaire si la campagne vaccinale s’avérait un échec. Notons d’ailleurs la prudence de loup du président de la République, qui ne s’est pas à ma connaissance exprimé sur ce sujet…

On a donc appris la semaine dernière que la France faisait don de 10 millions de doses vaccinales aux populations du tiers-monde… Charité bien ordonnée….

 

Interrogée à plusieurs reprises après la divulgation de sondages révélant qu’à l’heure actuelle, près de la moitié des professionnels de santé expriment des doutes sur leur décision de se vacciner éventuellement , Roselyne Bachelot s’est fendue de la déclaration suivante : « Je n'imagine pas qu'un professionnel de santé puisse ne pas se faire vacciner »

Singulier manque d’imagination, surtout lorsqu’on saisit aisément que ces sondages, ces prises de position, doivent bien être parvenus aux oreilles de la Ministre… qui recevait donc, en fin de semaine, les représentants des syndicats de médecins libéraux, afin de les exhorter à porter la bonne parole, comme le révèle Le Quotidien du Médecin le 21 Septembre 2009. On jugera de la pression qui a été mise sur ces confrères, on jugera aussi de la proximité de certains d’entre eux (grands perdants des dernières élections professionnelles mais maintenus en place par quelque tour de passe-passe législatif) vis-à-vis du pouvoir politique, ou de leur finesse, en fonction de leur réponse. Certains bottent en touche en attendant les conclusions des essais en cours (C’est bien le moins, et c’est une prudence minimale, médicale autant que politique), d’autres n’hésitent pas à se manifester comme champion du monde du petit doigt sur la couture du pantalon. Florilège…

 

 

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Dr Pierre Lévy (CSMF) : un problème d’information

« La ministre est très préoccupée par cette question de l’adhésion personnelle des médecins à la vaccination. Il faut que les médecins soient eux-mêmes convaincus pour mettre en œuvre le plan de vaccination de masse. Or, actuellement, le lobby antivaccinal se répand dans les médias pour susciter doutes et inquiétudes. Nous pouvons espérer que, lorsque l’Agence européenne du médicament publiera les conclusions des essais en cours, nous disposerons de tous les éléments pharmacologiques et scientifiques pour combattre les idées fausses qui circulent aujourd’hui, en particulier sur les adjuvants. Les malentendus seront alors dissipés. »

Dr Jean-Claude Régi (FMF) : une question évolutive

« Les médecins sont soumis, comme les autres, aux campagnes médiatiques qui entretiennent la confusion. Mais leur état d’esprit par rapport à la vaccination ne pourra qu’évoluer avec les données épidémiologiques qui montrent que l’on n’est pas en présence d’une simple "grippette". Le ministère sait qu’il pourra s’appuyer sur le sens des responsabilités des médecins. Leur adhésion à l’intérêt d’une vaccination de masse ne fait pas de doute, dès lors que conclusions sur les essais seront connus. »

Dr Martial Olivier-Kœhret (MG France) : la majorité des médecins recommandera le vaccin

« Les médecins sont sans doute troublés par les informations qui circulent au gré des événements et d’une certaine psychose ambiante. Ils restent demandeurs de données scientifiques et vérifiées. Ils réclament aussi la création dans les plus brefs délais d’une cellule d’aide à la décision ville-hôpital, ainsi qu’un retour d’information sur leurs patients vaccinés. Cela dit, nous n’avons aucun doute sur l’éthique personnelle des praticiens, qui va prendre le dessus. Quand bien même ils seraient personnellement dans l’expectative, les médecins, dans leur écrasante majorité, vont inciter leurs patients à se faire vacciner. »

Dr Christian Jeambrun (SML) : état de guerre

« Face à la pandémie, les médecins sont là pour prêter main-forte aux pouvoirs publics. Nous allons vivre un état de guerre. Les libéraux ne sauraient exprimer le moindre état d’âme personnel sur le vaccin, sauf à provoquer un effet démobilisateur sur les patients qui serait désastreux. Se faire vacciner est certes un choix individuel. Mais, compte tenu de l’exemplarité qui doit être la leur, les médecins qui refusent personnellement le vaccin devront avoir à cœur de ne pas en faire état auprès de leurs patients. »

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Le silence qui suit Mozart, c’est encore du Mozart...

 


 

PS: Un confrère consterné par cette dernière prise de position me rappelle utilement deux articles du code de déontologie médicale...

 

Code de Déontologie :

 

Article 14 (article R.4127-14 du code de la santé publique)

Les médecins ne doivent pas divulguer dans les milieux médicaux un procédé nouveau de diagnostic ou de traitement insuffisamment éprouvé sans accompagner leur communication des réserves qui s'imposent. Ils ne doivent pas faire une telle divulgation dans le public non médical.

 

Article 35 (article R.4127-35 du code de la santé publique)

Le médecin doit à la personne qu'il examine, qu'il soigne ou qu'il conseille une information loyale, claire et appropriée sur son état, les investigations et les soins qu'il lui propose. Tout au long de la maladie, il tient compte de la personnalité du patient dans ses explications et veille à leur compréhension. Toutefois, sous réserve des dispositions de l'article L. 1111-7, dans l'intérêt du malade et pour des raisons légitimes que le praticien apprécie en conscience, un malade peut être tenu dans l'ignorance d'un diagnostic ou d'un pronostic graves, sauf dans les cas où l'affection dont il est atteint expose les tiers à un risque de contamination.

Un pronostic fatal ne doit être révélé qu'avec circonspection, mais les proches doivent en être prévenus, sauf exception ou si le malade a préalablement interdit cette révélation ou désigné les tiers auxquels elle doit être faite.

 

08/09/2009

Grippe ou Vaccin: qui est "naïf", et pour combien de temps encore?

H1N1, encore?????

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Une classe ferme dans un lycée et les journaux télévisés diffusent l'information comme si une troisième Twin Tower venait de s'effondrer. Une aide-soignante est arrêtée pour un syndrôme grippal non identifié et l'ensemble du personnel de l'établissement pour personnes âgées dans lequel elle travaille est bombardé de Tamiflu et contraint de travailler masqué.

Les informations les plus diverses, les notules de blog, sont immédiatement citées en référence: ainsi de la prévision de la mortalité du virus pandémique, claironnée sur tous les médias il y a deux semaines: "La grippe H1N1 aurait une mortalité cent fois supérieure à celle d'une grippe saisonnière". Diantre, bigre, sapristi, quelle horreur! Cette" information" a diffusé comme une traînée de poudre pendant des jours et des jours, reprise internationalement, avant de commencer à être critiquée du bout des lèvres pour ses faiblesses méthodologiques ( dans le British Medical Journal, entre autres). D'où venait-elle? Du blog d'Antoine Flahault, directeur de l'Ecole des hautes études en santé publique. Généralement bien informé, cet expert qui a écrit de nombreux papiers intéressants sur le grippe H1N1 s'est livré  le 19 Août 2009, dans "Grippe maligne à Maurice" à une estimation à la louche de la mortalité de H1N1 à partir d'un calcul tout ce qu'il y a d'aléatoire. Cette première prévision basée sur le nombre de Syndrômes de Détresse Respiratoire Aigüe directement liés au virus aurait pu rester ce qu'elle était, une première estimation basée sur un calcul de pourcentage d'autant plus délicat que le nombre de cas de grippe cliniquement indécelables, ou les particularités du développement du virus selon les environnements géographiques et les systèmes de santé, n'est pas connue. Non: l'estimation a été aussitôt saisie par les médias et affichée en tête de gondole, parce qu'elle permettait d'attiser encore un peu plus la peur et de faire marcher le système médiatique. Ceci ne signifie pas qu'Antoine Flahault ait tort, mais que devant une menace aussi imprécise, tout "expert", à quelque niveau que ce soit, peut se laisser entraîner par le système en surchauffe.

Or, à l'heure actuelle, au vu des éléments que je peux collecter en lisant la littérature médicale, en tentant de croiser les informations, la virulence de la grippe H1N1 me semble ( et je peux bien entendu me tromper) peu ou prou comparable à celle de la grippe saisonnière... Seule différence avec une année "classique", me semble-t'il: le fait que le virus A H1N1 pourrait infecter beaucoup de monde en même temps car une grande partie de la population ( en gros, ceux qui sont nés après 1957, date de son dernier grand passage répértorié) n'aurait pas d'immunité même partielle contre ce virus, ne l'ayant jamais rencontré ( on parle, et l'image est jolie, d'une population "naïve" face au virus). Le problème serait alors un problème social et sanitaire avant d'être un problème purement médical: comment le système de santé, laminé comme il l'est en ville comme à l'hôpital par la marche forcée ( quoique masquée) vers une privatisation au profit des assurances et certaines mtuelles complémentaires qui poussent des cris d'orfraie pour la galerie mais escomptent bien tirer bénéfice de la situation à long terme ( j'y reviendrais, messieurs qu'on nomme grand, enfoirés qui marchent à notre tête...)... comment le système de santé, donc, tiendrait-il face à un afflux soudain de malades, dans un pays où les professionnels de santé de premier recours sont constamment maltraités par le pouvoir, et euthanasiés en silence pour laisser la place à des call-centers qui demain orienteront les patients vers les cliniques privées?

Sur le plan de la gestion du risque pandémique, quelques voix s'élèvent ENFIN pour questionner la restriction des libertés publiques qui découle de certains plans gouvernementaux. Disons-le clairement: un gouvernement aussi incompétent et liberticide que celui dont nous bénéficions actuellement, un gouvernement qui ne se maintient que par la peur et la propagande, un gouvernement où l'hypocrisie, le reniement et le mensonge sont devenus ligne de conduite, ne peut fonctionner qu'en attisant les peurs, et en prétendant protéger la population contre la menace extérieure ( la délinquance - que le Président se fait fort d'éradiquer depuis combien de décennies, déjà?), les vilains banquiers, la burqa, le virus...)

Mais comme le disait Abraham Lincoln: "On peut mentir à certaines personnes tout le temps, on peut mentir à tout le monde un certain temps, mais on ne peut pas mentir à tout le monde tout le temps".

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( Question subsidiaire: cet homme aurait-il été autorisé à suivre le Président lors d'une visite d'usine?)

 

Or il vient un moment où la propagande se heurte au réel, et ce moment est proche... Je tâcherai d'être concis:

En ce mois de Septembre 2009, la pandémie grippale A H1N1 annoncée semble, en l'état actuel des connaissances, heureusement moins inquiétante qu'on pouvait le craindre au début de l'année.
Les généralistes ont été amenés à suivre et traiter des patients potentiellement atteints par le virus, depuis des mois, sans attendre les consignes gouvernementales et en faisant les frais, au quotidien, du hiatus entre les théories des experts et la réalité quotidienne. ( difficultés d'approvisionnement en masques, impossibilité de faire tester les patients suspects, parcours du combattant pour déclarer les cas groupés...)
A l'heure actuelle, une polémique se développe sur la qualité des vaccins proposés dans le cadre de la campagne organisée par le gouvernement. La revue de pharmacologie ARZNEI TELEGRAMM ( équivalent allemand de la Revue Prescrire), relayée en France par un syndicat infirmier ( le SNPI) , soulève la question de la composition vaccinale, certaines firmes semblant avoir diminué la dose d'antigène et augmenté la dose d'adjuvant pour répondre à la demande, au risque d'effets indésirables locaux immédiats, et avec un doute sur la possible survenue à long terme d'effets indésirables sévères ( Une précédente campagne vaccinale dirigée contre une alerte pandémique à H1N1 en 1976 s'est soldée aux USA par des milliers de cas de pathologies neurologiques imputés au vaccin sur 46 millions de personnes vaccinées).

Parce que cette question de la composition des vaccins est une question cruciale, je vous renvoie au site qui a le premier traduit en français ces alertes:  http://pharmacritique.20minutes-blogs.fr/

et en particulier sur la traduction de l'article d'ARZNEI TELEGRAMM:

Grippe A: un vaccin douteux aux adjuvants risqués sera expérimenté directement sur la population, déplore Arznei-Telegramm

http://pharmacritique.20minutes-blogs.fr/archive/2009/08/...

 

Sur le même site, ou chez mon ami le docteur Dominique Dupagne : http://www.atoute.org/n/article127.html, la vidéo qui risque de signer l'arrêt de mort de la campagne vaccinale Bachelot. Seize minutes... seize minutes hallucinantes qui reprennent par le menu le fiasco de la campagne vaccinale US de 1976 pour une alerte de pandémie de grippe porcine qui jamais ne se matérialisa: "The Epidemic that never was"... ( PS: à propos de la traduction en français de cette vidéo remarquable, une toute petite erreur, que je corrige parce que cela a son importance: le soldat décédé lors d'une marche forcéeà Fort Dix, premier et unique mort suspect de H1N1 en 1976, a été réanimé sans succès par bouche-à-bouche par son sergent instructeur... qui n'a pas été contaminé. C'est ce que décrit le présentateur de l'émission CBS 60 Minutes, et qui n'a pas été relevé par le traducteur)

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On en reparle dans quelques jours, quand la Ministre lance son plan vaccinal ( déjà dans les départements, les DDASS sollicitent les médecins pour participer aux équipes vaccinales). On en reparle surtout quand vont commencer à circuler plus largement les informations sur le nombre de professionnels de santé informés qui refuseront la vaccination alors même qu'on la leur proposera en priorité...

http://www.syndicat-infirmier.com/Pensez-vous-refuser-le-...

 

La population française est certes "naïve" face au virus H1N1. Le restera-t'elle encore longtemps face au vaccin pandémique? On en reparle d'ici quinze jours, quand tous les journalistes de France seront devenus experts en adjuvants vaccinaux ;-)

 
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