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05/01/2011

Comment la santé devint rentable (16)

En 2012, la « redéfinition des critères d’affection longue durée », instaurée par Roselyne Bachelot en 2010, arriva à son terme sous l’égide de Xavier Bertrand.

 

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Les pathologies chroniques ( diabète, hypertension, etc…) n’étant plus prises en charge avant le stade des complications, seuls les ménages les plus aisés pouvaient payer les soins, les malades les plus démunis renonçant à la prévention.

 

 

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Dessin paru en 2008 sur le site www.alexiscartoon.com, lors de la précédente tentative menée par Frederic Van Roekeghem, ancien de chez AXA(R), de "redéfinir le champ des ALDs..."

© Alexis, reproduction avec l'accord de l'auteur.

( Le site d’un mec qui dessine parce qu’une infirmière gagne (au moins) 100 fois moins qu’un footballeur.)

 

30/12/2010

H1N1: Pandémie de la peur, le retour des experts la bave aux lèvres

J'interromps la série "Comment la santé devint rentable" pour reproduire ici ce message à caractère informatif, une nouvelle ALERTE URGENTE DE LA DIRECTION GENERALE DE LA SANTE, celle-là même dont le directeur, le Prrrrrofesseur Didier Houssin, s'est illustré l'an dernier par sa méritante roselynocompatibilité...

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Didier Houssin et Roselyne Bachelot-Narquin

Mon commentaire, rapide: "Couverture vaccinale insuffisante en 2011?: conséquence directe du fiasco vaccinal Bachelot. Comme le disait Abraham Lincoln: on peut mentir à tout le monde un certain temps, on peut mentir à certains tout le temps, mais on ne peut pas mentir à tout le monde tout le temps"

 

Ce message est retransmis grâce à mon ami Dominique Dupagne, avec les commentaires ironiques et mordants d'icelui.

 

Bonjour

J'ai reçu ce jour ce message de la DGS :

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Les dernières données épidémiologiques (franchissement du seuil épidémique, co-circulation des virus A(H1N1)2009, A(H3N2) et B, augmentation du nombre d’hospitalisations et de formes graves – majoritairement liées au virus A(H1N1)2009) conduisent la direction générale de la santé, sur la base des recommandations des experts formulées le 24 et le 29 décembre 2010, à actualiser les mesures de protection des personnes les plus à risque de formes graves de grippe :

1. Extension de la recommandation de vaccination rapide aux femmes enceintes et aux sujets présentant une obésité avec un indice de masse corporelle (IMC) supérieur ou égal à 30 ;

2. Confirmation de l’importance de la vaccination rapide des personnes ayant un facteur de risque habituel pour la grippe saisonnière et des professionnels de santé ;

3. Recommandation de mise sous traitement antiviral curatif, le plus précocement possible, des sujets présentant : un syndrome grippal caractérisé (si la forme clinique est jugée sévère par le médecin) ou des facteurs de risque particuliers, quelle que soit la sévérité clinique, ou une forme clinique grave d’emblée ou compliquée ;

4. Recommandation de mise sous traitement antiviral curatif par oseltamivir des femmes enceintes présentant un syndrome fébrile associé à des signes respiratoires, quel que soit le trimestre de grossesse et la présence ou non de facteurs de risque.

Enfin, en termes de prévention, l’importance du respect des mesures barrières (lavage des mains,…) mérite d'être rappelée aux patients.

Pour vos patients concernés par les recommandations vaccinales mais n’ayant pas reçu d’imprimé nominatif de prise en charge par l’Assurance maladie, vous pouvez vous procurer des imprimés vierges en les téléchargeant sur le site http://www.ameli.fr/professionnels-de-sante.php (rubrique « commande de formulaires ») ou en demandant à votre caisse d’assurance maladie de vous adresser le formulaire par messagerie ou un jeu d’imprimés par courrier. S’il le souhaite, un patient peut également se rendre à sa caisse primaire d’assurance maladie pour y retirer son imprimé.

Pour en savoir plus et consulter les documents suivants :
Avis du HCSP du 29 décembre 2010 relatif à l’actualisation de la stratégie vaccinale contre la grippe 2010-2011
Fiche pratique d’utilisation en ambulatoire des antiviraux en curatif en période de circulation du virus A(H1N1)2009

http://www.sante.gouv.fr/grippe-saisonniere (Informations destinées aux professionnels de santé)
http://www.invs.sante.fr/surveillance/grippe_dossier/ (Point épidémiologique)

------ fin de citation------------

Donc, des experts en santé publique ont attendu l'arrivé de l'épidémie pour se pencher sur l'intérêt d'étendre les recommandations de vaccination. Une telle décision ne pouvait elle pas être prise avant l'épidémie ? La rentrée universitaire a lieu généralement en octobre. En quoi l'épidémie actuelle est-elle surprenante ? Est-il vraiment judicieux de se vacciner en pleine période de contamination ?

Sur le fond lui même, tout a été dit l'année dernière. Il faut savoir que les experts qui prennent ce type de décision sont par exemple Catherine Olivier Weil si l'on en croit Carnets de Santé  http://www.carnetsdesante.fr/Weil-Olivier-Catherine
Rappelons que COW a soutenu devant le Sénat que le taux de formes graves puis de mortalité de la grippe chez l'enfant était de 20%, surestimant ainsi la réalité d'un facteur 100.000. Elle le répète deux fois http://www.dailymotion.com/video/xdllyb_le-pr-weil-olivie... Une telle méconnaissance de la réalité par les experts explique peut-être mieux que leurs conflits d'intérêts l'absurdité des mesures préconisées.

Une chose amusante : France Meslé, dans un article publié par l'INED et non démenti malgré de nombreuses erreurs, avait prétendu que la vaccination avait divisé la mortalité par 10 en 40 ans. C'est faux http://www.atoute.org/n/article163.html et cela a malheureusement été repris partout. Mais ce qui est drôle, c'est que pour appuyer sa démonstration, elle affichait une mortalité réduite à environ 300 cas par an depuis 2000, ce qui est proche de la réalité. Mais dans le même temps, l'ineffable Bruno Lina nous réaffirme dans le Figaro http://www.lefigaro.fr/sante/2010/12/28/01004-20101228ART... que la grippe fait 7 à 8000 morts annuellement.

Le facteur dix évolue donc d'un mois à l'autre selon que l'on veut valoriser le vaccin ou faire peur avec la grippe. Après le KO debout de la dernière épidémie, les cassandre ont fait profil bas, attendant avec impatience les premiers morts pour reprendre du poil de la bête. Nous allons les voir monter en épingle la moindre hospitalisation. Heureusement, les médias traditionnels se laisseront peut-être moins manipuler que l'année dernière. Une suggestion marketing : regrouper tous les cas graves français dans un seul service pour faire un effet de masse avant de convoquer la presse. Ca avait bien fonctionné l'année dernière au niveau régional.

Nous avons une santé publique digne d'une république bananière car ces âneries sont proférées dans un silence universitaire assourdissant, que seuls quelques rebelles viennent troubler en réclamant un peu de rigueur dans les statistiques nationales.

Encore une fois, je n'ai rien contre le vaccin grippal, je voudrais juste que les autorités sanitaires  arrêtent de justifier leurs choix par de la science falsifiée.

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--
Dr Dominique Dupagne
10 mesures pour sauver l'assurance maladie :
http://www.atoute.org/n/article172.html

19/11/2009

VACCIN H1N1, LA FUITE EN AVANT: ROSELYNE BACHELOT INVOQUE LA CHAINE DU FROID POUR EVINCER LES GENERALISTES

 

 

H1N1, LA FUITE EN AVANT: ROSELYNE BACHELOT INVOQUE LA CHAINE DU FROID POUR EVINCER LES GENERALISTES

 

Où en sommes-nous de la pandémie H1N1, et du lourd plan de vaccination élaboré par la ministre et ses experts ?

 

 

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Le Principe de Peter est un principe satirique imaginé dans les années 60 par Laurence Peter et Raymond Hull, relatif à l’organisation hiérarchique.

 

Il stipule que « tout employé tend à s’élever à son niveau d’incompétence », et il en découle, selon le corollaire de Peter, qu’ « avec le temps, tout poste sera occupé par un incompétent incapable d’en assumer la responsabilité. »

 

Enfant, je dévorais des livres, et j’ai volé le Principe de Peter dans la librairie proche de mon lycée pour le lire avidement, sans saisir l’ironie des deux auteurs. J’en ai expliqué les principes à mon père, qui en souriant m’a expliqué qu’il fallait prendre le livre au second degré, que Peter et Hull s’étaient livrés à un exercice de style certes réjouissant mais surtout destiné à faire rire.

 

Quarante ans plus tard, à chaque déclaration de la Ministre des Sports déléguée à la Santé, à chaque prise de position des ses principaux conseillers et experts, à chaque interview du Directeur Général de la Santé Didier Houssin, je repense à ce petit livre de Poche à couverture claire, et je mesure à quel point mon père s’est trompé.

 

 

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Où en sommes-nous de la pandémie H1N1, et du lourd plan de vaccination paramilitaire élaboré par la ministre et ses experts ?

 

Un échec, je l’ai déjà écrit.

« 200.000 personnes vaccinées sur l’ensemble du territoire »… « La vaccination s’accélère », affirme la ministre…

 

Un petit calcul effectué par le docteur Xavier Tarpin mérite d’être ici évoqué :

 

 

200.000 vaccinés, dont 50.000 hospitaliers, et 150.000 Français « à haut risque » sur les 9 millions concernés…

 

Pour 1080 centres.

 

Réquisitionnant médecins, infirmières et personnels administratifs dans des centres dont les mairies doivent assumer la logistique.

 

Soit 140 personnes par centre en une semaine.

 

Pour mémoire, un médecin généraliste, seul dans son cabinet, reçoit en moyenne 140 personnes par semaine…

 

 

« La vaccination s’accélère », explique Roselyne Bachelot. Espérant peut-être que la méthode Coué la protège du coût politique du fiasco dont elle portera, avec son entourage, la responsabilité…

En début de semaine, des voix « autorisées » se sont enfin élevées, bien tardives, pour demander que le plan de vaccination soit intégralement revu, qu’y soient enfin associés les médecins généralistes, dépositaires de la confiance des patients.

C’est ainsi qu’Antoine Flahault, épidémiologiste, directeur de l’Ecole des hautes études en santé publique, est monté au créneau dans une interview au Figaro pour inciter la ministre à revoir sa copie.

Des parlementaires de tout bord ont fait de même, reconnaissant à mi-voix l’échec du plan gouvernemental.

Mais le même jour, alors que les journalistes s’emparaient du dossier, et, tels Monsieur Jourdain, se posaient enfin la question qui fâche : « Pourquoi les généralistes ne pourraient-ils pas vacciner dans leur cabinet ? Pourquoi serait-on obligé de les réquisitionner dans des gymnases déserts pour vacciner des patients dont ils ne connaissent pas les antécédents ? », Luc Chatel, le porte-parole que le monde entier nous envie, l’homme qui murmure à l’oreille des caddies, expliquait doctement dans un point-presse que l’éviction des généralistes était parfaitement cohérente : « Le gouvernement a fait un choix pragmatique, qui est de vacciner le plus grand nombre de Français dans un temps limité grâce à des vaccins multiples et à des centres de vaccination de proximité, qui permettent des vaccinations en grand nombre pendant une même journée" expliquait-il. « Si nous n'avons pas choisi les médecins généralistes et les cabinets médicaux privés pour procéder à la vaccination, c'est parce que nous avons un procédé de vaccination particulier qui sont des vaccins groupés", poursuit-il, "les flacons servent à plusieurs vaccinations, ils ne peuvent pas être utilisés au-delà de vingt-quatre heures (...) Si les vaccins multidoses étaient délivrés dans chaque cabinet médical (...) il y aurait eu un gâchis énorme de vaccins ».

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Ainsi que je l’avais révélé trois jours plus tôt sur ce blog, Luc Chatel dit vrai. Il omet certes de préciser que le « procédé de vaccination particulier qui sont des vaccins groupés » résulte uniquement des choix politiques et industriels de la ministre, et de sa soumission aux diktats des firmes pharmaceutiques.

 

Je renvoie ceux qui le désirent à la lecture de ce post :

http://enattendanth5n1.20minutes-blogs.fr/archive/2009/11...

dans lequel sont analysées les conséquences médicales de ces choix industriels ayant privilégié l’achat de vaccins contenant des adjuvants dont l’inocuité n’est pas démontrée, et dont le conditionnement en multidoses nécessite l’adjonction d’un conservateur au mercure dont l’utilisation avait été stoppée en vertu du principe de précaution depuis une dizaine d’années.

Quand au « gâchis énorme de vaccins…si les vaccins multidoses étaient délivrés dans chaque cabinet médical », il suffit de lire les compte-rendus des personnels présents dans les centres de vaccination pour savoir que l’organisation paramilitaire démente mise en place entraîne chaque jour un gâchis considérable…

Mais ce Lundi 16 Novembre, un malheur n’arrivant jamais seul pour la ministre, un nouveau vaccin recevait son autorisation de mise sur le marché. Il s’agissait du PANENZA, de Sanofi-Pasteur, « le vaccin des femmes enceintes et des enfants », ainsi que le présentait une grande partie de la presse. Plus prosaïquement, le PANENZA, que la Revue Prescrire conseille en cas de vaccination ciblée, est un vaccin fragmenté sans adjuvant, et dont le conditionnement existe en multidoses ET en unidoses, même si, faisant preuve de cette immense clairvoyance qui la caractérise, la ministre a privilégié le conditionnement multidoses, avec les conséquences déjà analysées.

Qu’importe… Si la ministre décidait enfin de revoir son plan vaccinal, si, comme l’espéraient certains commentateurs sans oser taxer Roselyne Bachelot d’incompétence notoire, elle observait « un virage à 180° du plan vaccinal », il était peut-être encore possible de sortir de la crise actuelle, et de mettre en place, en lieu d’une vaccination de masse dans les gymnases, une vaccination ciblée pour les personnes à risque qui le désireraient, auprès de leur médecin traitant. NON PAS POUR ECOULER LES STOCKS DE L’EX VISITEUSE MEDICALE… mais en choisissant, en fonction des données actuelles de la science, le vaccin qui semblerait au médecin et au patient informé, le plus adapté.

( Au sujet du passé de Roselyne Bachelot, qui certainement devrait militer pour le droit à l’oubli sur Internet, cette petite trouvaille dûe au docteur Dominique Dupagne ( www. atoute.org) qui montre comment le CV de la ministre a été nettoyé au Karcher...)

 

AVANT:

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APRES:

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Pendant quelques jours, le doute plana. Une réunion était mise en place ce jeudi 19 Novembre 2009 au ministère avec les représentants des syndicats médicaux.

Parmi ces représentants, on trouve de tout ( revoyez les épisodes précédents), des zélateurs du plan vaccinal, doigt sur la couture du pantalon, exhortant les médecins au « devoir de réserve » cher à Eric Raoult …

( pour mémoire : « Face à la pandémie, les médecins sont là pour prêter main-forte aux pouvoirs publics. Nous allons vivre un état de guerre. Les libéraux ne sauraient exprimer le moindre état d’âme personnel sur le vaccin, sauf à provoquer un effet démobilisateur sur les patients qui serait désastreux. Se faire vacciner est certes un choix individuel. Mais, compte tenu de l’exemplarité qui doit être la leur, les médecins qui refusent personnellement le vaccin devront avoir à cœur de ne pas en faire état auprès de leurs patients. »

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Christian Jeambrun, du SML

Vous, je ne sais pas, mais moi, c’est comme l’eau ferrugineuse, je ne m’en lasse pas…)

 

…et des syndicalistes d’emblée beaucoup plus critiques, demandant que les ministres respectent l’indépendance scientifique des médecins :

« Le vaccin contre H1N1 n’arrêtera pas l'épidémie, c’est trop tard et ce n’est pas la faute du gouvernement. ll n’est pas certain que le rapport bénéfice-risque d’une vaccination généralisée soit favorable et les pressions exercées pour amener les professionnels de santé à soutenir à tout prix le choix du gouvernement de vacciner un maximum de français doivent cesser et être remplacées par une information sereine.
Pour la vaccination, la France a mis en place un dispositif technocratique disproportionné et hasardeux, négligeant l'expérience des médecins-traitants et leur raisonnement scientifique. L'organisation laisse de côté les médecins généralistes tout en envisageant de les réquisitionner !
Les pays qui nous entourent s’appuient sur les médecins traitants pour vacciner raisonnablement la population.
».

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Claude Bronner et Jean-Paul Hamon, d’UNION GENERALISTE


Reste qu’au sein de la profession, les avis divergeaient, entre ceux qui y voyaient le moyen de pouvoir vacciner leurs patients à risque ( avec leur consentement) et ceux qui craignaient que la ministre ne fasse ensuite porter la responsabilité de son foirage vaccinal aux pelés, aux galeux dont elle n’avait pendant des mois écouté aucun conseil, aucune exhortation.

Avant même cette réunion du Jeudi 19 Novembre 2009, pourtant, la messe était dite. Car comme à leur habitude, ministre et conseillers ne convoquaient les représentants des généralistes que… pour leur annoncer les décisions qu’ils avaient prises seuls comme des grands, et sans aucune attention aux suggestions et retours du terrain.

Ainsi, sur le site web du JDD, d’Arnaud Lagardère ( le frère de l'Autre), le fond de la pensée gouvernementale était dévoilé avant même que la réunion ait eu lieu: « Roselyne Bachelot rembarre les médecins ».

Dans le Figaro, à la télévision, la sinistre Roselyne Bachelot livrait le fond de sa pensée, occasionnant probablement au cadavre de Laurence Peter une érection post-mortem du meilleur aloi. Car même mort, on aime voir validées des théories auxquelles on a consacré sa vie…

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Commençons donc cette analyse de la pensée Shadock par cette information dûe à l’AFP :

"La ministre de la Santé Roselyne Bachelot a indiqué aujourd'hui qu'une fois achevée la vaccination contre la grippe H1N1 dans les centres spécialement mis en place, il serait possible que la vaccination se poursuive au printemps dans les cabinets médicaux"

 

Autrement dit: une fois la vaccination achevée elle se poursuivra.


C’est pas beau comme de l’antique ? C’est pas digne d’un Bernard Laporte, franchement ?

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Poursuivons, donc:

 

"Je reçois à mon cabinet, nous recevons des médecins généralistes, ou leurs syndicats représentatifs pour voir si dans une deuxième phase de la vaccination, en 2010, on pourrait passer le relai aux médecins généralistes... On verra avec eux, parce qu'il faut qu'ils nous donnent des garanties de sécurité évidemment de cette vaccination"

 

 

Evidemment, hein…. Après avoir acheté des vaccins multidoses avec adjuvants et conservateurs douteux en quantité industrielle à des firmes qui ont obtenu l’immunité juridique en cas de pépin, la ministre va insister pour que les généralistes qui se prêteraient à la vaccination pour protéger certains de leurs patients lui offrent des garanties de sécurité…

Mais de quelles garanties pourrait-il s’agir ? Quels problèmes insurmontables poserait donc cette vaccination en cabinet de ville ?

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" Nous sommes sur une campagne de vaccination en centres collectifs, parce que ce n'est pas possible autrement, ne serait-ce que la livraison des vaccins à 50.000 cabinets généralistes avec le respect de la chaîne du froid" a dit la ministre.

Ben oui. Comment n'y ai-je pas pensé plus tôt, crétin que je suis... Ca se voit que j'ai pas fait l'ENA... "la chaîne du froid, mon cher Watson, la chaîne du froid..." C'est parce qu'on ne peut garantir le respect de la chaîne du froid en cabinet de ville que les médecins généralistes ne vaccinent pas les patients contre le tétanos.

La diphtérie.


La poliomyélite.


La rougeole.


Les oreillons.


La rubéole.


La typhoïde.


L'hépatite A.


La grippe saisonnière.



Et j'en passe...


C'est sûr, les choses seraient plus simples s'il existait des pharmacies dans ce pays. Ou si Carl Paul Gottfried Von Linde avait inventé le réfrigérateur en 1876 au lieu de devenir pianiste virtuose aux Jeux Olympiques d'Helsinki en 1903 et premier astronaute allemand sur la Lune en 1911.

La chaîne du froid...

 

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A ce stade, on ne sait plus ce qui domine, de la stupidité ou du cynisme.

 

Dans un cas comme dans l'autre, je ne peux que repenser au Principe de Peter de mes douze ans kleptomanes, qu'aujourd'hui j'énoncerai autrement:

" Voter pour des baltringues can be vachement dangerous to your health."

 

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05/11/2007

« Déserts médicaux » : la politique du bouc-émissaire

« Il existe pour chaque problème complexe une solution simple, directe… et fausse », écrivait l’humoriste américain H.L.Mencken.

 

En ces temps de sarkozysme à courte vue, la maxime peut servir. Ainsi de la récente « victoire » des internes concernant la liberté d’installation.

 

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Une majorité d’ex ou futurs patients se dira qu’encore une fois, le corps médical exagère, imaginant avoir à faire à la réaction corporatiste de jeunes nantis ingrats qui, leurs études une fois payées par la collectivité, rêvent de se délocaliser en masse sur la Côte d’Azur pour y faire tourner la planche à billets, plutôt que d’aller secourir les déshérités et les malades au fin fond des Ardennes.

 

La réalité est plus complexe, et la proposition initiale de Roselyne Bachelot dans le Projet de Loi de Financement de la Sécurité Sociale de refuser le conventionnement des médecins s’ils ne s’installent pas dans des zones déficitaires, est l’aboutissement logique d’une politique désastreuse menée en dépit du bon sens depuis plus de vingt ans.

 

Chacun aura fait la constatation d’une diminution du nombre de médecins et d’infirmiers, du délai grandissant pour obtenir une consultation, même dans les zones apparemment encore bien pourvues en personnel soignant. Le numerus clausus, limitant le nombre d’étudiants réussissant à passer l’écueil de la première année de médecine, a été instauré et aggravé pour des raisons purement économiques : chaque médecin installé étant alors considéré comme une bactérie ou un virus dont la seule apparition dans un bassin de population antérieurement sain suffisait à générer des dépenses de santé supplémentaires pour assurer sa survie. Il fallait agir sur l’offre, pour diminuer la demande. Portée à son comble, cette mesure obtient aujourd’hui le résultat escompté : les générations du baby-boom, diplômées vers 1968, arrivent en fin de carrière…75.000 médecins vont prendre leur retraite dans les dix ans à venir et  seuls 30.000 nouveaux arrivants seront disponibles pour les remplacer... alors même que l’allongement de la durée de vie de la population augmente le recours au médecin.

 

De prétendues « mesures incitatives » à l’installation en milieu rural, dont la Ministre est censée aujourd’hui constater l’échec, n’ont en fait jamais même été mises en place. Et la politique coercitive envisagée était surtout une manière, une fois encore, pour l’Etat, de se désengager du problème de la désertification du territoire rural, de refuser de mettre en place une vraie politique d’aménagement du territoire, qui consisterait à renforcer la présence des services publics, des services au public, pour l’ensemble de nos concitoyens, quand l’heure est au démantèlement de l’Etat et de ses prérogatives, et au basculement vers le privé.

 

« La réforme de l'Etat supposera que chacun d'entre vous accepte qu'il y ait moins de services, moins de personnels, moins d'Etat sur son territoire » claironne François Fillon mi-Octobre 2007.

 

 

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Et les jeunes médecins, seulement munis de leur stéthoscope, devraient s’installer seuls là où l’Etat ferme crèches et écoles, hôpitaux et maternités de proximité ?

 

Ou être désignés comme des boucs-émissaires, alors qu’ils demandent avant tout la création de maisons médicales afin de ne pas exercer dans des conditions d’un autre âge ? Alors qu’ils font, comme leurs aînés, le constat de la désorganisation du système de santé, de l’absence de toute réflexion sur les moyens et les missions de chacun des acteurs ?

 

La menace de déconventionnement des jeunes médecins, dans un contexte de baisse démographique programmée, avait deux buts : passer sous silence le désengagement de l’Etat, et ouvrir un peu plus le champ aux assurances privées, trop contentes de voir se rapprocher le jackpot à portée de main.

 

Christian Lehmann

 

 

Pas d’angélisme : je sais bien que certains internes, certains chefs de clinique, aujourd’hui certains syndicats médicaux que ne défrisait pas hier la « responsabilisation » financière des patients, se sont drapés dans le manteau de l’assurance-maladie solidaire pour faire avancer certaines revendications corporatistes. Certains rêvaient même encore récemment de relancer le mouvement… afin de combattre les mesures d’encadrement des dépassements tarifaires contenues dans le PLFSS…

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Mais ayant participé à nombre de manifestations ces dernières semaines, en tant qu’initiateur de l’Appel contre la franchise, je ne peux pas laisser dire que les jeunes internes, externes, kinésithérapeutes, orthophonistes,  ont « utilisé » le thème de l’assurance-maladie solidaire. Certains d’entre eux étaient présents dans les manifestations contre les franchises, au gymnase Japy le 29 Septembre, puis avec la FNATH et l’ANDEVA le 13 Octobre. Et comme ces photographies le montrent (Nicolas S. Président de la République, Guillaume S. Assureur Privé...) , nombre d’entre eux ne sont pas dupes des tentatives de l’Etat de se désengager de l’assurance-maladie solidaire. Nouveaux David Vincent, ils ont compris eux aussi que les Fossoyeurs ont débarqué. Que le cauchemar a déjà commencé.

 

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01/11/2007

Franchises sur les soins : bal tragique à l’Assemblée

Ce fut une journée étrange, l’aboutissement temporaire d’un long combat.

 

Entre les consultations, j’ai suivi au cabinet médical, en direct sur Internet ce vendredi 26 Octobre, les discussions sur le Plan de Financement de la Sécurité Sociale.

 

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L’atmosphère dans l’hémicycle était bizarre, et rares les députés UMP, au point qu’en matinée la gauche était en supériorité numérique.

 

Jean-François Copé, présent malgré sa lourde charge de maire de Meaux et président de la Communauté d'agglomération, député de Seine-et-Marne et président du groupe UMP à l'Assemblée Nationale, et accessoirement avocat d’affaires, errait dans les couloirs de manière assez pathétique, aux dires du député PS Christian Paul, pour essayer de rameuter la galerie. S’il y avait si peu d’UMP présents, expliqua Copé, qui avait pourtant commis un opus intitulé « J’arrête la langue de bois » c’était… « pour toute une série de raisons pratiques ».

 

C’est qu’à quelques mois des municipales, nombre de députés-maires UMP n’étaient probablement pas très chaud pour voter le principe des franchises médicales, ayant quand même compris, comme 70% des Français, que cette mesure, simple fait du Prince, était aussi injuste socialement qu’inefficace économiquement. Et, surtout, qu’il y aurait un prix politique à payer pour cet énième alignement de la droite sur les lubies présidentielles. Après l’ouverture, l’ADN et Guy Môquet, l’UMP, droite dans ses godillots, avalait plus difficilement cette nouvelle couleuvre.

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Pas de quoi crier victoire, bien entendu, puisqu’en milieu de nuit les députés votèrent le principe des franchises. Tout juste notera t’on que le projet initial de franchise sèche sur les 50 ou 100 premiers euros de dépenses annuelles, qui aurait exclu de tout remboursement 27% des assurés sociaux ( les plus jeunes, les moins malades ) avait été abandonné par Sarkozy, au grand dam des assureurs privés * qui attendaient ce signal pour en remettre une couche vis-à-vis de ce public sur l’inanité du principe de solidarité.

 

Pas de quoi crier victoire, donc… juste l’occasion de voir, pendant des heures, les députés UMP et la Ministre subir les assauts concertés des députés de gauche les plus pertinents sur le sujet**. En face, mensonges, approximations, ce fut un vrai festival. Et au petit matin, la solidarité subit le sort de la chèvre de Monsieur Seguin*** : le loup la mangea.

 

Les députés UMP votèrent la responsabilisation des cancéreux, des diabétiques, des dialysés, des malades d'Alzheimer, des accidentés du travail, des handicapés, des victimes de l’amiante.


Et contrairement à ce qu’affirmaient les dépêches de presse, nulle part n’apparaissait dans le PLFSS le plafond des franchises à 50 euro.

Car les députés ne s’étaient prononcés que sur le principe des franchises, le plafond restant à déterminer par décret, par le fait du Prince****.

 

 

Christian Lehmann, médecin généraliste et écrivain

 

pour www.appelcontrelafranchise.org

 

 

* « Sarkozy a tué l’idée de mettre en place une vraie franchise, qui aurait consisté à ne pas prendre en charge du tout les 50 ou 100 premiers euros de dépense, puis à faire varier ce seuil en fonction des besoins de financement de la Sécu. A présent, la grogne est telle que cette mesure ne verra jamais le jour » soupire un courageux expert  anonyme, artisan de ces réformes. L’Expansion, Novembre 2007, Stéphanie Benz.

 

** Gérard Bapt, Martine Billard, Jérôme Cahuzac, Jacqueline Fraysse, Catherine Génisson, Jean-Marie Le Guen, Catherine Lemorton, Roland Muzeau, Christian Paul, Marisol Touraine…

http://www.assemblee-nationale.fr/13/cri/2007-2008/200800...

 

***A propos de Monsieur Seguin, une précision…

Le Président de la Cour des Comptes ( découvrant probablement sur le tard les écrits du Sous-Commandant Marcos) avait déclaré récemment que taxer les stock-options à l’égal des salaires rapporterait 3.5 milliards dans les caisses de la Sécu, quand les franchises pénaliseraient les plus malades, et ne ramèneraient au mieux que 850 millions d’euros. En ce vendredi bizarre, les députés taxèrent les stock-options, à hauteur de… 250 millions d’euros par an. Monsieur Lagardère, empêché par ailleurs, apprécierait leur modération.

 

 

**** « Si les dépenses augmentent, et donc le déficit augmente, on pourrait alors augmenter le montant de la franchise. »

 http://www.viewontv.com/ump/convention_270606/index.php: discours de Nicolas Sarkozy, président de l’UMP, ministre d’Etat, ministre de l’Intérieur et de l’aménagement du territoire, Paris, le 27 Juin 2006. ( reproduit sur le site www.appelcontrelafranchise.org)

 

 

 
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