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19/11/2009

VACCIN H1N1, LA FUITE EN AVANT: ROSELYNE BACHELOT INVOQUE LA CHAINE DU FROID POUR EVINCER LES GENERALISTES

 

 

H1N1, LA FUITE EN AVANT: ROSELYNE BACHELOT INVOQUE LA CHAINE DU FROID POUR EVINCER LES GENERALISTES

 

Où en sommes-nous de la pandémie H1N1, et du lourd plan de vaccination élaboré par la ministre et ses experts ?

 

 

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Le Principe de Peter est un principe satirique imaginé dans les années 60 par Laurence Peter et Raymond Hull, relatif à l’organisation hiérarchique.

 

Il stipule que « tout employé tend à s’élever à son niveau d’incompétence », et il en découle, selon le corollaire de Peter, qu’ « avec le temps, tout poste sera occupé par un incompétent incapable d’en assumer la responsabilité. »

 

Enfant, je dévorais des livres, et j’ai volé le Principe de Peter dans la librairie proche de mon lycée pour le lire avidement, sans saisir l’ironie des deux auteurs. J’en ai expliqué les principes à mon père, qui en souriant m’a expliqué qu’il fallait prendre le livre au second degré, que Peter et Hull s’étaient livrés à un exercice de style certes réjouissant mais surtout destiné à faire rire.

 

Quarante ans plus tard, à chaque déclaration de la Ministre des Sports déléguée à la Santé, à chaque prise de position des ses principaux conseillers et experts, à chaque interview du Directeur Général de la Santé Didier Houssin, je repense à ce petit livre de Poche à couverture claire, et je mesure à quel point mon père s’est trompé.

 

 

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Où en sommes-nous de la pandémie H1N1, et du lourd plan de vaccination paramilitaire élaboré par la ministre et ses experts ?

 

Un échec, je l’ai déjà écrit.

« 200.000 personnes vaccinées sur l’ensemble du territoire »… « La vaccination s’accélère », affirme la ministre…

 

Un petit calcul effectué par le docteur Xavier Tarpin mérite d’être ici évoqué :

 

 

200.000 vaccinés, dont 50.000 hospitaliers, et 150.000 Français « à haut risque » sur les 9 millions concernés…

 

Pour 1080 centres.

 

Réquisitionnant médecins, infirmières et personnels administratifs dans des centres dont les mairies doivent assumer la logistique.

 

Soit 140 personnes par centre en une semaine.

 

Pour mémoire, un médecin généraliste, seul dans son cabinet, reçoit en moyenne 140 personnes par semaine…

 

 

« La vaccination s’accélère », explique Roselyne Bachelot. Espérant peut-être que la méthode Coué la protège du coût politique du fiasco dont elle portera, avec son entourage, la responsabilité…

En début de semaine, des voix « autorisées » se sont enfin élevées, bien tardives, pour demander que le plan de vaccination soit intégralement revu, qu’y soient enfin associés les médecins généralistes, dépositaires de la confiance des patients.

C’est ainsi qu’Antoine Flahault, épidémiologiste, directeur de l’Ecole des hautes études en santé publique, est monté au créneau dans une interview au Figaro pour inciter la ministre à revoir sa copie.

Des parlementaires de tout bord ont fait de même, reconnaissant à mi-voix l’échec du plan gouvernemental.

Mais le même jour, alors que les journalistes s’emparaient du dossier, et, tels Monsieur Jourdain, se posaient enfin la question qui fâche : « Pourquoi les généralistes ne pourraient-ils pas vacciner dans leur cabinet ? Pourquoi serait-on obligé de les réquisitionner dans des gymnases déserts pour vacciner des patients dont ils ne connaissent pas les antécédents ? », Luc Chatel, le porte-parole que le monde entier nous envie, l’homme qui murmure à l’oreille des caddies, expliquait doctement dans un point-presse que l’éviction des généralistes était parfaitement cohérente : « Le gouvernement a fait un choix pragmatique, qui est de vacciner le plus grand nombre de Français dans un temps limité grâce à des vaccins multiples et à des centres de vaccination de proximité, qui permettent des vaccinations en grand nombre pendant une même journée" expliquait-il. « Si nous n'avons pas choisi les médecins généralistes et les cabinets médicaux privés pour procéder à la vaccination, c'est parce que nous avons un procédé de vaccination particulier qui sont des vaccins groupés", poursuit-il, "les flacons servent à plusieurs vaccinations, ils ne peuvent pas être utilisés au-delà de vingt-quatre heures (...) Si les vaccins multidoses étaient délivrés dans chaque cabinet médical (...) il y aurait eu un gâchis énorme de vaccins ».

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Ainsi que je l’avais révélé trois jours plus tôt sur ce blog, Luc Chatel dit vrai. Il omet certes de préciser que le « procédé de vaccination particulier qui sont des vaccins groupés » résulte uniquement des choix politiques et industriels de la ministre, et de sa soumission aux diktats des firmes pharmaceutiques.

 

Je renvoie ceux qui le désirent à la lecture de ce post :

http://enattendanth5n1.20minutes-blogs.fr/archive/2009/11...

dans lequel sont analysées les conséquences médicales de ces choix industriels ayant privilégié l’achat de vaccins contenant des adjuvants dont l’inocuité n’est pas démontrée, et dont le conditionnement en multidoses nécessite l’adjonction d’un conservateur au mercure dont l’utilisation avait été stoppée en vertu du principe de précaution depuis une dizaine d’années.

Quand au « gâchis énorme de vaccins…si les vaccins multidoses étaient délivrés dans chaque cabinet médical », il suffit de lire les compte-rendus des personnels présents dans les centres de vaccination pour savoir que l’organisation paramilitaire démente mise en place entraîne chaque jour un gâchis considérable…

Mais ce Lundi 16 Novembre, un malheur n’arrivant jamais seul pour la ministre, un nouveau vaccin recevait son autorisation de mise sur le marché. Il s’agissait du PANENZA, de Sanofi-Pasteur, « le vaccin des femmes enceintes et des enfants », ainsi que le présentait une grande partie de la presse. Plus prosaïquement, le PANENZA, que la Revue Prescrire conseille en cas de vaccination ciblée, est un vaccin fragmenté sans adjuvant, et dont le conditionnement existe en multidoses ET en unidoses, même si, faisant preuve de cette immense clairvoyance qui la caractérise, la ministre a privilégié le conditionnement multidoses, avec les conséquences déjà analysées.

Qu’importe… Si la ministre décidait enfin de revoir son plan vaccinal, si, comme l’espéraient certains commentateurs sans oser taxer Roselyne Bachelot d’incompétence notoire, elle observait « un virage à 180° du plan vaccinal », il était peut-être encore possible de sortir de la crise actuelle, et de mettre en place, en lieu d’une vaccination de masse dans les gymnases, une vaccination ciblée pour les personnes à risque qui le désireraient, auprès de leur médecin traitant. NON PAS POUR ECOULER LES STOCKS DE L’EX VISITEUSE MEDICALE… mais en choisissant, en fonction des données actuelles de la science, le vaccin qui semblerait au médecin et au patient informé, le plus adapté.

( Au sujet du passé de Roselyne Bachelot, qui certainement devrait militer pour le droit à l’oubli sur Internet, cette petite trouvaille dûe au docteur Dominique Dupagne ( www. atoute.org) qui montre comment le CV de la ministre a été nettoyé au Karcher...)

 

AVANT:

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APRES:

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Pendant quelques jours, le doute plana. Une réunion était mise en place ce jeudi 19 Novembre 2009 au ministère avec les représentants des syndicats médicaux.

Parmi ces représentants, on trouve de tout ( revoyez les épisodes précédents), des zélateurs du plan vaccinal, doigt sur la couture du pantalon, exhortant les médecins au « devoir de réserve » cher à Eric Raoult …

( pour mémoire : « Face à la pandémie, les médecins sont là pour prêter main-forte aux pouvoirs publics. Nous allons vivre un état de guerre. Les libéraux ne sauraient exprimer le moindre état d’âme personnel sur le vaccin, sauf à provoquer un effet démobilisateur sur les patients qui serait désastreux. Se faire vacciner est certes un choix individuel. Mais, compte tenu de l’exemplarité qui doit être la leur, les médecins qui refusent personnellement le vaccin devront avoir à cœur de ne pas en faire état auprès de leurs patients. »

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Christian Jeambrun, du SML

Vous, je ne sais pas, mais moi, c’est comme l’eau ferrugineuse, je ne m’en lasse pas…)

 

…et des syndicalistes d’emblée beaucoup plus critiques, demandant que les ministres respectent l’indépendance scientifique des médecins :

« Le vaccin contre H1N1 n’arrêtera pas l'épidémie, c’est trop tard et ce n’est pas la faute du gouvernement. ll n’est pas certain que le rapport bénéfice-risque d’une vaccination généralisée soit favorable et les pressions exercées pour amener les professionnels de santé à soutenir à tout prix le choix du gouvernement de vacciner un maximum de français doivent cesser et être remplacées par une information sereine.
Pour la vaccination, la France a mis en place un dispositif technocratique disproportionné et hasardeux, négligeant l'expérience des médecins-traitants et leur raisonnement scientifique. L'organisation laisse de côté les médecins généralistes tout en envisageant de les réquisitionner !
Les pays qui nous entourent s’appuient sur les médecins traitants pour vacciner raisonnablement la population.
».

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Claude Bronner et Jean-Paul Hamon, d’UNION GENERALISTE


Reste qu’au sein de la profession, les avis divergeaient, entre ceux qui y voyaient le moyen de pouvoir vacciner leurs patients à risque ( avec leur consentement) et ceux qui craignaient que la ministre ne fasse ensuite porter la responsabilité de son foirage vaccinal aux pelés, aux galeux dont elle n’avait pendant des mois écouté aucun conseil, aucune exhortation.

Avant même cette réunion du Jeudi 19 Novembre 2009, pourtant, la messe était dite. Car comme à leur habitude, ministre et conseillers ne convoquaient les représentants des généralistes que… pour leur annoncer les décisions qu’ils avaient prises seuls comme des grands, et sans aucune attention aux suggestions et retours du terrain.

Ainsi, sur le site web du JDD, d’Arnaud Lagardère ( le frère de l'Autre), le fond de la pensée gouvernementale était dévoilé avant même que la réunion ait eu lieu: « Roselyne Bachelot rembarre les médecins ».

Dans le Figaro, à la télévision, la sinistre Roselyne Bachelot livrait le fond de sa pensée, occasionnant probablement au cadavre de Laurence Peter une érection post-mortem du meilleur aloi. Car même mort, on aime voir validées des théories auxquelles on a consacré sa vie…

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Commençons donc cette analyse de la pensée Shadock par cette information dûe à l’AFP :

"La ministre de la Santé Roselyne Bachelot a indiqué aujourd'hui qu'une fois achevée la vaccination contre la grippe H1N1 dans les centres spécialement mis en place, il serait possible que la vaccination se poursuive au printemps dans les cabinets médicaux"

 

Autrement dit: une fois la vaccination achevée elle se poursuivra.


C’est pas beau comme de l’antique ? C’est pas digne d’un Bernard Laporte, franchement ?

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Poursuivons, donc:

 

"Je reçois à mon cabinet, nous recevons des médecins généralistes, ou leurs syndicats représentatifs pour voir si dans une deuxième phase de la vaccination, en 2010, on pourrait passer le relai aux médecins généralistes... On verra avec eux, parce qu'il faut qu'ils nous donnent des garanties de sécurité évidemment de cette vaccination"

 

 

Evidemment, hein…. Après avoir acheté des vaccins multidoses avec adjuvants et conservateurs douteux en quantité industrielle à des firmes qui ont obtenu l’immunité juridique en cas de pépin, la ministre va insister pour que les généralistes qui se prêteraient à la vaccination pour protéger certains de leurs patients lui offrent des garanties de sécurité…

Mais de quelles garanties pourrait-il s’agir ? Quels problèmes insurmontables poserait donc cette vaccination en cabinet de ville ?

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" Nous sommes sur une campagne de vaccination en centres collectifs, parce que ce n'est pas possible autrement, ne serait-ce que la livraison des vaccins à 50.000 cabinets généralistes avec le respect de la chaîne du froid" a dit la ministre.

Ben oui. Comment n'y ai-je pas pensé plus tôt, crétin que je suis... Ca se voit que j'ai pas fait l'ENA... "la chaîne du froid, mon cher Watson, la chaîne du froid..." C'est parce qu'on ne peut garantir le respect de la chaîne du froid en cabinet de ville que les médecins généralistes ne vaccinent pas les patients contre le tétanos.

La diphtérie.


La poliomyélite.


La rougeole.


Les oreillons.


La rubéole.


La typhoïde.


L'hépatite A.


La grippe saisonnière.



Et j'en passe...


C'est sûr, les choses seraient plus simples s'il existait des pharmacies dans ce pays. Ou si Carl Paul Gottfried Von Linde avait inventé le réfrigérateur en 1876 au lieu de devenir pianiste virtuose aux Jeux Olympiques d'Helsinki en 1903 et premier astronaute allemand sur la Lune en 1911.

La chaîne du froid...

 

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A ce stade, on ne sait plus ce qui domine, de la stupidité ou du cynisme.

 

Dans un cas comme dans l'autre, je ne peux que repenser au Principe de Peter de mes douze ans kleptomanes, qu'aujourd'hui j'énoncerai autrement:

" Voter pour des baltringues can be vachement dangerous to your health."

 

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22/09/2009

Vaccins H1N1 et information du patient: le petit doigt sur la couture du pantalon

 

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A l’heure où j’écris ces lignes, le 22 Septembre 2009, , les vaccins H1N1 n’ont toujours pas obtenu en Europe leur Autorisation de Mise sur le Marché. Leur efficacité, leur sécurité d’emploi ne sont pas encore déterminés. Des inquiétudes se sont faites jour sur les conditions de fabrication de certains d’entre eux, certaines firmes ayant choisi d’utiliser des adjuvants pour « booster » l’efficacité des vaccins tout en diminuant la dose d’antigène viral, long et difficile à fabriquer en quantité suffisante eu égard aux promesses de doses « pré-vendues »… Experts, professionnels de santé sur le terrain, pharmacologues, participent de cette controverse, qui n’est pas une polémique, mais une démarche scientifique normale. Aucun médicament ne devrait être mis sur le marché, aucun article médical ne devrait être publié, sans qu’une critique honnête et argumentée n’en soit possible. Les arguments de ceux qui sont favorables à la vaccination, comme ceux des opposants, sont audibles. Les arguments des firmes pharmaceutiques aussi : les gouvernements les ont mis en demeure, en très peu de temps, de fabriquer un vaccin en très grande quantité… d’où leur demande d’immunité juridique en cas d’effet secondaire post-vaccinal ( octroyé au moins aux USA et au Canada, si je ne m’abuse)… mais cette immunité juridique pose évidemment quelque question quand les tenants de la vaccination expliquent que les conditions de fabrication du vaccin H1N1 sont en tout point similaires à celles du vaccin antigrippal saisonnier….

 

A l’heure où j’écris ces lignes, donc, il est impossible de se prononcer sur l’efficacité et l’inocuité des vaccins H1N1, puisque les données ne sont pas encore disponibles. Tout au plus notera t’on qu’il existe des vaccins avec ou sans adjuvants, et que les vaccins multidoses ( là encore dans le but de hâter la fabrication d’un nombre conséquent de doses) contiennent un conservateur anti-bactérien à base de mercure, le thiomersal, retiré des vaccins dans les années 2000 suite à un doute sur un lien avec l’autisme. Mais personne à l’heure actuelle n’est en mesure de déterminer si les vaccins anti H1N1, au-delà de la création d’anticorps, sont efficaces pour protéger la personne vaccinée contre le virus H1N1, ni, surtout, si une vaccination de masse n’amènerait pas à constater des effets indésirables neurologiques rares, comme ce fut le cas lors de la campagne vaccinale US de 1976. On en est réduit aux hypothèses, aux modèles mathématiques, et à l’incertitude.

D'autant que la gravité intrinsèque de la grippe pandémique H1N1 est encore aujourd'hui très difficile à déterminer, certains considérant qu'elle est moins dangereuse qu'une grippe saisonnière (  en se référant, par exemple, au faible nombre de décès déclarés aux USA par rapport au nombre de personnes atteintes par le virus), d'autres affirmant qu'elle serait à même de déclencher cent fois plus de syndrômes de détresse respiratoire aigûe que la grippe saisonnière ( voir note précédente sur l'estimation du Pr. Antoine Flahault). Et de la gravité réelle de la pandémie dépend bien évidemment le rapport "bénéfice-risque" du vaccin...

 

Or cette incertitude scientifique ne fait guère le jeu du politique. Ayant commandé 94 millions de doses de vaccin pour, semble t’il, près d’un milliard d’euros, la Ministre de la Santé ne peut se résoudre à payer le prix politique nécessaire si la campagne vaccinale s’avérait un échec. Notons d’ailleurs la prudence de loup du président de la République, qui ne s’est pas à ma connaissance exprimé sur ce sujet…

On a donc appris la semaine dernière que la France faisait don de 10 millions de doses vaccinales aux populations du tiers-monde… Charité bien ordonnée….

 

Interrogée à plusieurs reprises après la divulgation de sondages révélant qu’à l’heure actuelle, près de la moitié des professionnels de santé expriment des doutes sur leur décision de se vacciner éventuellement , Roselyne Bachelot s’est fendue de la déclaration suivante : « Je n'imagine pas qu'un professionnel de santé puisse ne pas se faire vacciner »

Singulier manque d’imagination, surtout lorsqu’on saisit aisément que ces sondages, ces prises de position, doivent bien être parvenus aux oreilles de la Ministre… qui recevait donc, en fin de semaine, les représentants des syndicats de médecins libéraux, afin de les exhorter à porter la bonne parole, comme le révèle Le Quotidien du Médecin le 21 Septembre 2009. On jugera de la pression qui a été mise sur ces confrères, on jugera aussi de la proximité de certains d’entre eux (grands perdants des dernières élections professionnelles mais maintenus en place par quelque tour de passe-passe législatif) vis-à-vis du pouvoir politique, ou de leur finesse, en fonction de leur réponse. Certains bottent en touche en attendant les conclusions des essais en cours (C’est bien le moins, et c’est une prudence minimale, médicale autant que politique), d’autres n’hésitent pas à se manifester comme champion du monde du petit doigt sur la couture du pantalon. Florilège…

 

 

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Dr Pierre Lévy (CSMF) : un problème d’information

« La ministre est très préoccupée par cette question de l’adhésion personnelle des médecins à la vaccination. Il faut que les médecins soient eux-mêmes convaincus pour mettre en œuvre le plan de vaccination de masse. Or, actuellement, le lobby antivaccinal se répand dans les médias pour susciter doutes et inquiétudes. Nous pouvons espérer que, lorsque l’Agence européenne du médicament publiera les conclusions des essais en cours, nous disposerons de tous les éléments pharmacologiques et scientifiques pour combattre les idées fausses qui circulent aujourd’hui, en particulier sur les adjuvants. Les malentendus seront alors dissipés. »

Dr Jean-Claude Régi (FMF) : une question évolutive

« Les médecins sont soumis, comme les autres, aux campagnes médiatiques qui entretiennent la confusion. Mais leur état d’esprit par rapport à la vaccination ne pourra qu’évoluer avec les données épidémiologiques qui montrent que l’on n’est pas en présence d’une simple "grippette". Le ministère sait qu’il pourra s’appuyer sur le sens des responsabilités des médecins. Leur adhésion à l’intérêt d’une vaccination de masse ne fait pas de doute, dès lors que conclusions sur les essais seront connus. »

Dr Martial Olivier-Kœhret (MG France) : la majorité des médecins recommandera le vaccin

« Les médecins sont sans doute troublés par les informations qui circulent au gré des événements et d’une certaine psychose ambiante. Ils restent demandeurs de données scientifiques et vérifiées. Ils réclament aussi la création dans les plus brefs délais d’une cellule d’aide à la décision ville-hôpital, ainsi qu’un retour d’information sur leurs patients vaccinés. Cela dit, nous n’avons aucun doute sur l’éthique personnelle des praticiens, qui va prendre le dessus. Quand bien même ils seraient personnellement dans l’expectative, les médecins, dans leur écrasante majorité, vont inciter leurs patients à se faire vacciner. »

Dr Christian Jeambrun (SML) : état de guerre

« Face à la pandémie, les médecins sont là pour prêter main-forte aux pouvoirs publics. Nous allons vivre un état de guerre. Les libéraux ne sauraient exprimer le moindre état d’âme personnel sur le vaccin, sauf à provoquer un effet démobilisateur sur les patients qui serait désastreux. Se faire vacciner est certes un choix individuel. Mais, compte tenu de l’exemplarité qui doit être la leur, les médecins qui refusent personnellement le vaccin devront avoir à cœur de ne pas en faire état auprès de leurs patients. »

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Le silence qui suit Mozart, c’est encore du Mozart...

 


 

PS: Un confrère consterné par cette dernière prise de position me rappelle utilement deux articles du code de déontologie médicale...

 

Code de Déontologie :

 

Article 14 (article R.4127-14 du code de la santé publique)

Les médecins ne doivent pas divulguer dans les milieux médicaux un procédé nouveau de diagnostic ou de traitement insuffisamment éprouvé sans accompagner leur communication des réserves qui s'imposent. Ils ne doivent pas faire une telle divulgation dans le public non médical.

 

Article 35 (article R.4127-35 du code de la santé publique)

Le médecin doit à la personne qu'il examine, qu'il soigne ou qu'il conseille une information loyale, claire et appropriée sur son état, les investigations et les soins qu'il lui propose. Tout au long de la maladie, il tient compte de la personnalité du patient dans ses explications et veille à leur compréhension. Toutefois, sous réserve des dispositions de l'article L. 1111-7, dans l'intérêt du malade et pour des raisons légitimes que le praticien apprécie en conscience, un malade peut être tenu dans l'ignorance d'un diagnostic ou d'un pronostic graves, sauf dans les cas où l'affection dont il est atteint expose les tiers à un risque de contamination.

Un pronostic fatal ne doit être révélé qu'avec circonspection, mais les proches doivent en être prévenus, sauf exception ou si le malade a préalablement interdit cette révélation ou désigné les tiers auxquels elle doit être faite.

 

08/09/2009

Grippe ou Vaccin: qui est "naïf", et pour combien de temps encore?

H1N1, encore?????

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Une classe ferme dans un lycée et les journaux télévisés diffusent l'information comme si une troisième Twin Tower venait de s'effondrer. Une aide-soignante est arrêtée pour un syndrôme grippal non identifié et l'ensemble du personnel de l'établissement pour personnes âgées dans lequel elle travaille est bombardé de Tamiflu et contraint de travailler masqué.

Les informations les plus diverses, les notules de blog, sont immédiatement citées en référence: ainsi de la prévision de la mortalité du virus pandémique, claironnée sur tous les médias il y a deux semaines: "La grippe H1N1 aurait une mortalité cent fois supérieure à celle d'une grippe saisonnière". Diantre, bigre, sapristi, quelle horreur! Cette" information" a diffusé comme une traînée de poudre pendant des jours et des jours, reprise internationalement, avant de commencer à être critiquée du bout des lèvres pour ses faiblesses méthodologiques ( dans le British Medical Journal, entre autres). D'où venait-elle? Du blog d'Antoine Flahault, directeur de l'Ecole des hautes études en santé publique. Généralement bien informé, cet expert qui a écrit de nombreux papiers intéressants sur le grippe H1N1 s'est livré  le 19 Août 2009, dans "Grippe maligne à Maurice" à une estimation à la louche de la mortalité de H1N1 à partir d'un calcul tout ce qu'il y a d'aléatoire. Cette première prévision basée sur le nombre de Syndrômes de Détresse Respiratoire Aigüe directement liés au virus aurait pu rester ce qu'elle était, une première estimation basée sur un calcul de pourcentage d'autant plus délicat que le nombre de cas de grippe cliniquement indécelables, ou les particularités du développement du virus selon les environnements géographiques et les systèmes de santé, n'est pas connue. Non: l'estimation a été aussitôt saisie par les médias et affichée en tête de gondole, parce qu'elle permettait d'attiser encore un peu plus la peur et de faire marcher le système médiatique. Ceci ne signifie pas qu'Antoine Flahault ait tort, mais que devant une menace aussi imprécise, tout "expert", à quelque niveau que ce soit, peut se laisser entraîner par le système en surchauffe.

Or, à l'heure actuelle, au vu des éléments que je peux collecter en lisant la littérature médicale, en tentant de croiser les informations, la virulence de la grippe H1N1 me semble ( et je peux bien entendu me tromper) peu ou prou comparable à celle de la grippe saisonnière... Seule différence avec une année "classique", me semble-t'il: le fait que le virus A H1N1 pourrait infecter beaucoup de monde en même temps car une grande partie de la population ( en gros, ceux qui sont nés après 1957, date de son dernier grand passage répértorié) n'aurait pas d'immunité même partielle contre ce virus, ne l'ayant jamais rencontré ( on parle, et l'image est jolie, d'une population "naïve" face au virus). Le problème serait alors un problème social et sanitaire avant d'être un problème purement médical: comment le système de santé, laminé comme il l'est en ville comme à l'hôpital par la marche forcée ( quoique masquée) vers une privatisation au profit des assurances et certaines mtuelles complémentaires qui poussent des cris d'orfraie pour la galerie mais escomptent bien tirer bénéfice de la situation à long terme ( j'y reviendrais, messieurs qu'on nomme grand, enfoirés qui marchent à notre tête...)... comment le système de santé, donc, tiendrait-il face à un afflux soudain de malades, dans un pays où les professionnels de santé de premier recours sont constamment maltraités par le pouvoir, et euthanasiés en silence pour laisser la place à des call-centers qui demain orienteront les patients vers les cliniques privées?

Sur le plan de la gestion du risque pandémique, quelques voix s'élèvent ENFIN pour questionner la restriction des libertés publiques qui découle de certains plans gouvernementaux. Disons-le clairement: un gouvernement aussi incompétent et liberticide que celui dont nous bénéficions actuellement, un gouvernement qui ne se maintient que par la peur et la propagande, un gouvernement où l'hypocrisie, le reniement et le mensonge sont devenus ligne de conduite, ne peut fonctionner qu'en attisant les peurs, et en prétendant protéger la population contre la menace extérieure ( la délinquance - que le Président se fait fort d'éradiquer depuis combien de décennies, déjà?), les vilains banquiers, la burqa, le virus...)

Mais comme le disait Abraham Lincoln: "On peut mentir à certaines personnes tout le temps, on peut mentir à tout le monde un certain temps, mais on ne peut pas mentir à tout le monde tout le temps".

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( Question subsidiaire: cet homme aurait-il été autorisé à suivre le Président lors d'une visite d'usine?)

 

Or il vient un moment où la propagande se heurte au réel, et ce moment est proche... Je tâcherai d'être concis:

En ce mois de Septembre 2009, la pandémie grippale A H1N1 annoncée semble, en l'état actuel des connaissances, heureusement moins inquiétante qu'on pouvait le craindre au début de l'année.
Les généralistes ont été amenés à suivre et traiter des patients potentiellement atteints par le virus, depuis des mois, sans attendre les consignes gouvernementales et en faisant les frais, au quotidien, du hiatus entre les théories des experts et la réalité quotidienne. ( difficultés d'approvisionnement en masques, impossibilité de faire tester les patients suspects, parcours du combattant pour déclarer les cas groupés...)
A l'heure actuelle, une polémique se développe sur la qualité des vaccins proposés dans le cadre de la campagne organisée par le gouvernement. La revue de pharmacologie ARZNEI TELEGRAMM ( équivalent allemand de la Revue Prescrire), relayée en France par un syndicat infirmier ( le SNPI) , soulève la question de la composition vaccinale, certaines firmes semblant avoir diminué la dose d'antigène et augmenté la dose d'adjuvant pour répondre à la demande, au risque d'effets indésirables locaux immédiats, et avec un doute sur la possible survenue à long terme d'effets indésirables sévères ( Une précédente campagne vaccinale dirigée contre une alerte pandémique à H1N1 en 1976 s'est soldée aux USA par des milliers de cas de pathologies neurologiques imputés au vaccin sur 46 millions de personnes vaccinées).

Parce que cette question de la composition des vaccins est une question cruciale, je vous renvoie au site qui a le premier traduit en français ces alertes:  http://pharmacritique.20minutes-blogs.fr/

et en particulier sur la traduction de l'article d'ARZNEI TELEGRAMM:

Grippe A: un vaccin douteux aux adjuvants risqués sera expérimenté directement sur la population, déplore Arznei-Telegramm

http://pharmacritique.20minutes-blogs.fr/archive/2009/08/...

 

Sur le même site, ou chez mon ami le docteur Dominique Dupagne : http://www.atoute.org/n/article127.html, la vidéo qui risque de signer l'arrêt de mort de la campagne vaccinale Bachelot. Seize minutes... seize minutes hallucinantes qui reprennent par le menu le fiasco de la campagne vaccinale US de 1976 pour une alerte de pandémie de grippe porcine qui jamais ne se matérialisa: "The Epidemic that never was"... ( PS: à propos de la traduction en français de cette vidéo remarquable, une toute petite erreur, que je corrige parce que cela a son importance: le soldat décédé lors d'une marche forcéeà Fort Dix, premier et unique mort suspect de H1N1 en 1976, a été réanimé sans succès par bouche-à-bouche par son sergent instructeur... qui n'a pas été contaminé. C'est ce que décrit le présentateur de l'émission CBS 60 Minutes, et qui n'a pas été relevé par le traducteur)

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On en reparle dans quelques jours, quand la Ministre lance son plan vaccinal ( déjà dans les départements, les DDASS sollicitent les médecins pour participer aux équipes vaccinales). On en reparle surtout quand vont commencer à circuler plus largement les informations sur le nombre de professionnels de santé informés qui refuseront la vaccination alors même qu'on la leur proposera en priorité...

http://www.syndicat-infirmier.com/Pensez-vous-refuser-le-...

 

La population française est certes "naïve" face au virus H1N1. Le restera-t'elle encore longtemps face au vaccin pandémique? On en reparle d'ici quinze jours, quand tous les journalistes de France seront devenus experts en adjuvants vaccinaux ;-)

 
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