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08/12/2009

VACCIN ET GRIPPE H1N1 : AUX RACINES DE L’INCOMPETENCE ET DE L’AUTORITARISME

 

 

VACCIN ET GRIPPE H1N1 : AUX RACINES DE L’INCOMPETENCE ET DE L’AUTORITARISME

 

 

 

Jusqu’à la semaine dernière, le Président de la République que le monde entier nous envie n’avait pas en public prononcé l’acronyme H1N1.

 

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Contraint de prendre les rênes par la gestion calamiteuse de sa ministre fuschia des sports et de la santé, il a comme à son habitude fait preuve de ce mélange d’autoritarisme et d’incompétence qui signe la patte sarkozyste :

 

Ouverture des vaccinodromes le dimanche par réquisitions en chaîne de personnels administratif et hospitalier , déclarations martiales dans les média aux ordres, et limogeage à peine déguisé du directeur de la DDASS de Paris, histoire que les homologues de ce dernier fassent bien dans leur froc… ( Rappelez-vous qu’au début 2009, le directeur de la police de la Manche avait été « muté », ce qui, selon des sources proches de la préfecture, pouvait être considéré comme la conséquence du mécontentement du président de la République ayant entendu des manifestants le siffler à Saint-Lô le 12 janvier.)


C’est que l’heure est grave. Nonobstant le martèlement pujadassique comme quoi « LA FIN EST PROCHE », le profil de l’épidémie en France ressemble terriblement à celui que l’on peut observer dans les autres pays, bien loin de la courbe des décès observés lors d’une épidémie de grippe saisonnière ( même si, répétons-le, le fait que le virus frappe des sujets plus jeunes marque douloureusement les consciences et les cœurs).

 

 

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Si la pandémie s’essouffle, il faudra au pouvoir justifier le milliard d’euros dépensés, le bordel des vaccinodromes, les décisions incohérentes de court-circuiter les médecins généralistes pour mettre en scène une organisation vaccinale digne des années de plomb…

Il faudra pouvoir afficher au compteur, coûte que coûte, un nombre de vaccinés suffisant pour oser se glorifier du plan pandémique et prétendre avoir arrêté le virus grâce à l’action concertée de Brice, Nicolas, Roselyne, Eric et François…

 

Au rythme actuel, malgré la politique de terreur organisée par le ministère de la Santé, on n’en prend pas le chemin. Attendons-nous donc à de nouvelles décisions hâtives, autoritaires et incompétentes, dans les jours à venir.


En attendant ( H5N1), je vous livre cette petite confession personnelle, ce voyage aux racines de l’incompétence et de l’autoritarisme :

 

 

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J’attendais H5N1. Le titre ce blog en témoigne. J’attendais H5N1 depuis plusieurs années. Rien ne se profilait à l’horizon, après les grandes craintes de l’hiver 2005-2006.

 

Si j’attendais cette pandémie virale à transmission respiratoire, c’est en grande partie parce qu’à l’époque, m’étant invité à quelque colloque sur le plan pandémique « sous le haut patronage de Xavier Bertrand », alors ministre de la Santé, j’avais pu, de visu, constater le gouffre qui séparait nos décisionnaires du petit monde des troufions dont je faisais partie, et, plus inquiétant, leur total divorce d’avec la réalité.

 

Le colloque avait pour titre « Ethique et Pandémie Grippale ».

 

Son but : anticiper les ruptures que pourrait entraîner une pandémie grippale dans le tissu de la société, afin de s’y préparer. Si les aspects purement médicaux étaient mis en avant, avec de nombreuses communications sur la disponibilité des lits et du matériel de réanimation nécessaire à faire face à une pandémie dans un pays où la restructuration hospitalière « à flux tendu » avait amené à fermer 10% des lits de réanimation sur les cinq dernières années ( C’est en changeant tous un peu qu’on peut tout changer, souvenez-vous-en…), nombre des communications du colloque, et des échanges avec la salle, eurent trait à la manière dont la société vivrait une pandémie grippale, et la manière dont pourrait être gérée sa prise en charge en médecine de ville, et la diffusion des informations.

 

Rappelez-vous que nous parlions alors de la grippe H5N1, dont la mortalité apparaissait d’emblée très importante ( 50% de décès parmi les sujets infectés, annonçait-on) et non de l’actuelle pandémie H1N1, dont la mortalité pour l’instant sur le globe n’atteint pas celle d’une épidémie de grippe saisonnière, malgré les tentatives désespérées du CDC américain de modifier ses méthodes de comptage pour tripler le nombre de morts, ou les prédictions de certains experts français «  la grippe H1N1 pourrait être cent fois plus meurtrière que la grippe saisonnière… », souvenez-vous en encore, c’était un calcul au doigt mouillé pratiqué par le professeur Antoine Flahault, repris tel quel par nombre de média en septembre 2009, tandis qu’à l’étranger les commentateurs s’étouffaient quand à la méthode utilisée…

 

Nous parlions de H5N1, donc, en ce 15 Septembre 2006, et d’une épidémie tuant un malade sur deux. Aujourd’hui, il n’existe à ma connaissance aucune vidéo sur le net de ce colloque, alors que pourtant le gouvernement avait très tôt médiatisé son plan pandémique, mettant à la disposition du public un site internet où s’accumulaient les petits films préventifs et les interviews de Didier Houssin, Directeur Général de la Santé.

 

S’il est possible de dénicher sur le net un document papier de 35 pages censé constituer une synthèse des principales interventions et des échanges avec la salle,

 

http://pandemie-grippale.gouv.fr/IMG/pdf/Synthese_colloqu...

 

celui-ci n’est qu’un pâle succédané de ce qui s’est dit pendant ces quelques heures, et en particulier pendant certaines interventions enregistrées en vidéo que l’on n’a au final probablement pas voulu porter à la connaissance du public.

 

Parmi ces interventions, celle de Xavier Emmanuelli fut la plus frappante, la plus révélatrice pour moi du divorce entre nos élites et le réel, et celle qui fit quelques remous au sein même des journalistes présents. « La pandémie, c’est la guerre », avait commencé le cofondateur de Médecins Sans Frontières, le Président fondateur du SAMU social de Paris et du SAMU Social International… Accepter l’état de guerre, c’est accepter que les mesures prises soient appliquées de manière autoritaire au détriment, c’est inévitable, des libertés individuelles. » En bref, un plan de lutte contre une pandémie, c’est la dictature contre le chaos…

 

 

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Parmi les journalistes présents, Anne Jeanblanc, du Point, fit le compte-rendu le plus fidèle de l’intervention de Xavier Emmanuelli, dans un article remarquable :

 

http://www.lepoint.fr/actualites-societe/2007-01-17/epidemie-quand-la-grippe-aviaire-frappera/920/0/14352

 

dont je reproduis quelques extraits :


« Pour se protéger d'une grave épidémie, la société doit employer les grands moyens, avec un seul objectif: la sauvegarde du groupe, parfois au détriment de l'individu.

Si une épidémie de grippe aviaire venait à ravager la France, préparez-vous à quelques surprises. En particulier de la part des autorités médicales et sanitaires, auprès desquelles vous auriez pourtant, dans la panique, le réflexe de vous réfugier. Oui, car, en cas de pandémie, «les professionnels de la santé seront amenés à protéger le groupe plus que l'individu», selon la formule inquiétante du docteur Xavier Emmanuelli, anesthésiste-réanimateur et président du Samu social. »

…Un euphémisme qui masque une véritable tragédie morale: il faudra sauver en priorité les vies les plus utiles. Comme celles des professionnels indispensables au fonctionnement de la société.

Autrement dit, si vous êtes un adulte jeune, que vous avez des diplômes, un métier et des enfants, on s'occupera mieux de vous que si vous êtes une personne âgée, un enfant ou un chômeur... On n'aimerait pas être à la place du médecin qui devra, devant une foule se pressant dans le hall de son hôpital, indiquer les personnes qui pourront avoir accès aux lits de réanimation et celles qu'on enverra dans un centre de quarantaine, même si elles ont manifestement besoin de soins hospitaliers intensifs. Comme le dit Xavier Emmanuelli, «le triage n'est pas éthique»... Et pourtant ce sera bel et bien, face à une pandémie, la mission des personnels de santé et des autorités sanitaires. »

 

Si Xavier Emmanuelli parla donc de triage, de l’application d’un principe de médecine de catastrophe à uns situation pandémique, il insista aussi sur la nécessité de contrôler l’information.

S’appuyant sur ses expériences personnelles en médecine humanitaire ((le choléra à Goma, au Zaïre, le tremblement de terre de Leninakan, en Arménie...), il n’hésita pas à déclarer que l’information serait alors, pour le bien des populations, sous contrôle.

Pas question de laisser proliférer les articles critiques, voir les blogs contestatataires.

L’idéal, expliqua t’il, étant d’avoir un locuteur unique s’adressant aux populations pour leur délivrer la communication gouvernementale. « Dans mon expérience, les gens ont plus confiance si on leur impose un interlocuteur militaire… »

 

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( Cf : la synthèse du colloque le transcrit ainsi : « La seule parade face à la désorganisation sociétale consiste à désigner un responsable légitime, dont l’expérience montre que le militaire est le plus efficace. » )

 

 

 

Il y eut dans la salle un mouvement de recul, perceptible particulièrement sur les bancs de la presse. Sans être interrompu, sans soulever débat à la tribune, Xavier Emmanuelli venait de révéler le rêve mouillé des politiques : face au chaos, pour le bien des populations, instaurer la dictature.

 

 

 

Comme le retranscrit une autre journaliste présente, Nellie Pons, dans le Quotidien du Médecin :

 

« Tout doit être pensé différemment. Accepter l’état de guerre, explique le Dr Emmanuelli, c’est accepter que les mesures prises soient appliquées de manière autoritaire au détriment, c’est inévitable, des libertés individuelles : les décisions de mise en quarantaine, le maintien forcé à domicile n’en sont que les premiers exemples.

Quant à la déontologie médicale telle qu’on l’entend habituellement, secret, libre choix du médecin et colloque singulier, elle disparaît bien sûr. «Les codes de déontologie vont exploser, les médecins ont une obligation de soins, elle se fait sur la base du volontariat ou de la réquisition, les soignants travaillent sous protection. Ils sont dans l’obligation de filtrer, trier les patients, selon une hiérarchie fixée par les autorités... L’accès aux soins implique de ficher la population avec la mise en place de cartes et de tickets

Pour Xavier Emmanuelli, une pandémie nécessite un surcroît d’autorité et de légalité, des pouvoirs d’exception qui doivent être décidés à l’avance afin d’être légitimés. Selon lui, un plan de lutte contre une pandémie, c’est la dictature contre le chaos. »

 

 

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Ces réflexions, aussi dérangeantes qu’elles puissent être, ne me surprenaient qu’à moitié. Pour une raison qui semblera farfelue : très jeune, j’avais ingurgité des quantités de romans d’anticipation ou de science-fiction, dans lesquels ces scénarios de pandémie ou de catastrophe étaient très répandus ( surtout en Grande-Bretagne). Et de même qu’au lendemain du 11 Septembre 2001 les commentateurs découvrirent qu’Hollywood avait anticipé depuis longtemps les évènements du WTC, les auteurs de SF anglais avaient « modelisé » les comportements humains, ceux des individus et ceux des gouvernements, en cas de catastrophe ou de pandémie. Certes, il s’agissait de romans, mais qu’est-ce qu’un think-tank gouvernemental sinon un brainstorming fictionnel, tentant d’anticiper ce qui se passerait « au cas où ? »…

 

 


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Ce qui me semblait vraiment étrange, c’était qu’un orateur puisse en toute bonne conscience expliquer à la congrégation présente, et face à la presse, que museler cette dernière au profit d’une information militarisée était dans les cartons.

 

Au-delà de ces considérations éthiques, je fus personnellement surpris par l’aplomb de Xavier Emmanuelli lorsqu’il décrivit la gestion de l’épidémie « vue d’en haut ». Il faisait constamment référence à des expériences de terrain en médecine de catastrophe, qui m’apparaissaient très difficilement transposables dans le cadre d’une pandémie virale à transmission respiratoire. Au moment des questions de la salle, j’en profitais pour saisir un micro et lui poser la question :

 

-Je suis médecin généraliste, je m’intéresse à ces questions de gestion d’une pandémie depuis des années, et je suis un peu inquiet de la manière dont notre organisation sur le terrain est présentée comme allant de soi… Nombre de confrères hospitaliers, ici à cette tribune ou ailleurs sur Internet, expliquent qu’en cas de pandémie ils ne pourront faire face à l’afflux de patients inquiets vers les centres hospitaliers, aggravant le risque de contamination, et qu’il nous faudra, à nous généralistes, « tenir ». A cette tribune, les intervenants font souvent référence aux médecins généralistes comme si nous constituions en France un réseau de premier recours solide et doté des moyens de fonctionner comme dans d’autres pays. Ce n’est absolument pas le cas. Nous sommes isolés, souvent sans secrétariat. Imaginer nous envoyer, masqués et en combinaison, crapahuter dans les cages d’escalier tout en restant en contact téléphonique avec le SAMU et les services de secours pour gérer les appels et les transferts hospitaliers tient du délire…

 

Je n’ai pas mémoire exacte de ce que Xavier Emmanuelli me répondit, mais cela fut transcrit ainsi dans la synthèse des actes du colloque :

 

« En cas de crise, le volontariat des soignants est implicite, mais n'empêche pas la réquisition, qui se calque sur le traitement des militaires et de leurs familles, l'Etat devant indemniser les manques à gagner et prévoir les formations adéquates.

Le contrôle des médias doit être total pour gérer la crise, devant permettre l'efficacité des mesures d'exception en dissimulant les désordres induits.

En ce qui concerne les modalités de la participation de la médecine de ville, on ne peut raisonner que par analogie avec la médecine de catastrophe, par exemple lors d'un tremblement de terre. Le territoire est découpé en zones. Il pourrait en être de même pour les médecins de ville qui seraient référants et qui pourraient être secondés en particulier par les étudiants en médecine. »

Dans mon souvenir, Xavier Emmanuelli avait fait référence à un tremblement de terre survenu en Turquie ou en Arménie, et avait expliqué que chaque médecin s’était vu affecté à une zone, un quartier. Malgré ma tentative de protestation, il ne fit aucun cas des différences qui m’apparaissaient évidentes entre les deux situations. D’un côté, un médecin amené à administrer les premiers secours aux blessés avec l’aide de secouristes ou de bénévoles, de l’autre un médecin généraliste isolé sans aucune aide administrative ou logistique censé se rendre au domicile de patients contagieux par voie respiratoire nécessitant en milieu hospitalier une combinaison de protection digne des films-catastrophe.

C’est de ce jour qu’est née ma conviction que le plan pandémie grippale était une vaste foutaise, que derrière les rodomontades ministérielles, l’alliance de l’incompétence et de l’autoritarisme, face au virus H5N1, nous amènerait au désastre.

Aujourd’hui, lorsqu’on voit comment est gérée la pandémie H1N1, avec un taux de mortalité sans aucune mesure avec celui qui était attendu pour H5N1, on est en droit de se demander ce qui se passerait si nous étions confrontés à une crise sanitaire d’ampleur.

Sur cette question de l’alliance de l’autoritarisme et de l’incompétence, je signale l’article remarquable de mon ami le docteur Dominique Dupagne sur: les premiers enseignements du "plan vaccination" Bachelot.

http://www.atoute.org/n/article136.html

Il y décortique avec une acuité sociologique que je n’ai pas le mirage désastreux de l’organisation planifiée par les élites sans concertation avec les acteurs de terrain, le foutage de gueule que constitue la « démarche-qualité » ( Roselyne Bachelot se gargarisant à l’envi de la traçabilité maximum des vaccins…), et enfin, la fin de la médecine générale. J’invite chacun à lire cet article dans son intégralité mais pour les feignants, j’en recopie ici ce segment, qui résume parfaitement ma position sur ce dernier sujet :

« Dernier enseignement du plan de vaccination Bachelot : le niveau de considération de la Ministre pour les médecins généralistes se situe désormais entre le parquet et la moquette de l’avenue de Ségur. Les derniers généralistes français (ils ne sont plus remplacés) sont considérés par leur tutelle comme des incapables, indignes de prescrire certains médicaments , de gérer une vaccination de masse, d’obtenir des postes à l’université, et d’être rémunérés comme leurs confrères .

En désaisissant les médecins généralistes d’une mission dont ils s’acquittaient parfaitement depuis des années, Roselyne Bachelot ajoute la touche finale et nécessaire à la désorganisation par l’Organisation : décourager les agents de terrain. Il ne suffit pas de créer des procédures qui bloquent le travail, il faut aussi nier la compétence des agents pour les placer dans un état profond de démotivation. Ils diminuent alors spontanément leur productivité. Certains vont jusqu’à s’approprier la machine à détruire dans une démarche de servitude volontaire. La foi des dirigeants dans leur Organisation et leur Qualité est telle qu’ils finissent par croire qu’elles peuvent suffire à faire le travail.

Ne voyez dans ce paragraphe ni une plainte corporatiste ni une demande de soutien, c’est un constat froid, une sorte d’avis de décès. Il est trop tard pour arrêter ce désastre car les jeunes ont très bien compris le message et refusent ce métier de paria. Il n’y a pas de retour en arrière possible. Cette situation est très spécifique de la France et elle contribue à la disparition prochaine de la sécurité sociale, désormais irréversible elle aussi. Personne ne sait ce qui émergera de ce champ de ruines. »

 

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03/12/2009

"On se voudrait Jaurès… " : Lettre ouverte au sénateur Mélenchon à propos de grippe H1N1 et de vaccin…

"On se voudrait Jaurès… "

Lettre ouverte au sénateur Mélenchon à propos de grippe H1N1 et de vaccin…

 

 

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" Devant les campagnes de santé publique, on fait d’abord la campagne on discute après, pas l’inverse..."

 

 

Monsieur le Sénateur,

 

le mépris poujadiste et l’incompétence sur les questions de santé publique dont tu as fait preuve lors de l’émission de Pierre Weill sur France-Inter le dimanche 29 Novembre atteignent des sommets et me poussent à t’écrire.

 

Parce qu’il m’est arrivé de te lire, parce qu’il m’est arrivé de partager tes colères, parce que tu es l’un des rares « socialistes » que j’ai vu se déplacer lors des manifestations organisées par les associations de professionnels de santé et de citoyens qui tentaient sans grand relai parmi la caste politique de stopper la destruction du système de santé solidaire largement entamée sous Chirac et accélérée sous Sarkozy, ta prestation m’a été révélatrice. De ce que tu es. De ce que l’on peut attendre de toi.

 

C’était dimanche 29 Novembre, donc, sur le plateau de l’émission de Pierre Weill, « C’est demain la veille » sur France-Inter. Comme l’annonce le site de la radio, « Chaque dimanche, entouré de plusieurs personnalités ( éditorialistes, politiques, économistes…) Pierre Weill anime, en direct, le débat autour des perspectives de l’actualité de la semaine à venir. »

 

On t’a invité, tu es venu. Dans la position du contorsionniste qui critique le système médiatique et y participe pourtant…

 

Je connais cette position, je l’ai longtemps pratiquée. De 2005 à 2008 je me suis livré à cet exercice d’équilibriste, sur une autre radio, où je me suis donc retrouvé, lors de la campagne au sujet du Traité Européen, être le seul partisan du « NON » à l’antenne sur un aréopage de près de quinze « personnalités ».

 

Où je me suis ensuite retrouvé l’un des seuls à tenter d’alerter sur la destruction du système de santé solidaire que je voyais se profiler à l’horizon de la France d’Après…

 

Je sais le danger de cet univers, le risque de la connivence.

 

On se voudrait imprécateur, on se retrouve supplétif du système.

 

On se voudrait Jaurès, on finit Philippe Val.

 

Dimanche 29 Novembre donc, et tu es là, entouré de Jean-Marie Colombani, le digne héritier d’Hubert Beuve-Méry, et de Luc Ferry, philosophe sarko-compatible pour paquebot *

 

 

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Tu es là, entouré de deux éminents éditocrates, dans la posture du critique des médias à qui on ne la fait pas.

 

Et quand Pierre Weill te donne la parole pour te questionner sur la grippe H1N1 ( car le propre de l’éditocrate qui se respecte est d’avoir un avis sur tout, et surtout un avis), tu n’y vas pas avec le dos de la cuiller, fustigeant les média, demandant à Pierre Weill de faire un mea-culpa pour toutes ces émissions qui ont dénigré le plan de vaccination gouvernemental, alors qu’aujourd’hui, Mâme Michu, que l’épidémie est là, et que les Français se ruent dans les gymnases, il serait bon pour les média de battre leur coulpe d’ex-Saint-Thomas.

 

Pierre Weill a beau te répondre, sur la radio dont la direction de l’antenne a été confiée à Jean-luc Hees et Philippe Val, que, ma foi, dans tout ça les média n’ont fait que leur boulot, tu as cette phrase sublime, que Bouvard et Pinochet n’auraient pas reniée :

 

« Devant les campagnes de santé publique, on fait d’abord la campagne on discute après, pas l’inverse. Ca c’est le premier élément à charge de tous ceux qui ont semé du scepticisme sur cette affaire… »

 

Weill essaie alors de faire valoir que les Français eux-même ont fait, et font toujours, preuve de scepticisme, et tu rétorques, avec la superbe d’un Oui-Ouiste fustigeant la plèbe :

 

« Les Français n’étaient pas sceptiques… Les sondages on s’en fout…. » pour finir en grand démocrate sur «  Si on avait fait un sondage pour savoir si les gens pensent que la terre était plate ou ronde, il est vraisemblable que les gens auraient déclaré qu’elle était plate, à l’époque… »

 

 

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Ce genre d’argument sur la connerie supposée des « gens », du « peuple », ne te rappelle t’il pas les plus belles heures du débat sur la Constitution en 2005 ? Pour un peu, tu nous aurais réécrit l’édito de Serge July au lendemain du Non au traité Européen… Car de même que le partisan du Non était à l’envi caricaturé en xénophobe borné guidé par ses plus bas instincts, tu n’as cessé au cours de cette émission de dénoncer comme rétrogrades, inconscients et pour tout dire simplement criminels ceux qui avaient à un moment ou à un autre émis des doutes sur la cohérence des décisions politiques et industrielles du ministre de la Santé et de ses principaux experts. Qu’importe que cette controverse soit basée sur des analyses différentes des données scientifiques qui s’accumulent au fil des articles dans la presse médicale internationale, amenant à relativiser le danger posé par le virus par rapport aux craintes initiales. Qu’importe si ceux qui rechignent à la fabrique du consentement vaccinal par la terreur orchestrée se retrouvent parmi des professionnels de santé informés, souvent les premiers à analyser et dénoncer les petits arrangements avec la vérité des multinationales pharmaceutiques. Avec un gros bon sens poujadiste, tu n’as cessé de déverser ton mépris, de menacer de la schlague ceux qui agissent tout d’abord en professionnels conscients et responsables plutôt qu’en exécutants zélés.

 

 

Après ta tirade sur le peuple irresponsable, tu n’as pas fini. Grisé par ton audace ( attaquer Pierre Weill sans bousculer les deux éditocrates importants que demain tu retrouveras dans les salons et qui te rendront la pareille), tu te lances enfin dans le vif du sujet, à savoir la possibilité pour les généralistes de vacciner de manière ciblée leurs patients à risque :

 

« Sinon, pour l’affaire des médecins, évidemment c’est Chérèque qui a raison, c’est une affaire de pognon tout à l’heure on le disait hors-antenne bon alors ça ça posera d’autres problèmes…. Et bien parce que si vous allez dans le centre vous faire vacciner c’est gratuit si vous allez chez votre médecin vous devrez le payer à l’acte avec tous les débordements habituels auxquels ces gens se livrent sur le dos de la Sécurité Sociale et de la santé publique… »

 

Quelle chance pour le gouvernement. Pour le prix d’un idiot utile, Sarkozy vient de s’en payer deux… car ce que Sarkozy, l’homme de la franchise sur les soins et de la mise à bas du programme social de la Résistance, pense tout bas, Chérèque** ( quelle aubaine !) le dit tout haut…

S’essuyer les pieds sur les généralistes est un sport national chez les élites politiques du pays. C’est aussi, en hâtant leur disparition programmée par le capitalisme financier, précipiter le système de santé vers son américanisation. Mais que t’importe, tu auras eu ton quart d’heure de gloire médiatique…

 

Je ne m’attarderai pas sur ta méconnaissance crasse de ce qu’est une vaccination, sur le fait que la grande erreur du gouvernement est d’avoir cru qu’il s’agissait simplement d’une « piqûre » quand il s’agit avant tout d’une réflexion commune, d’une prise de décision, en fonction de l’histoire clinique du patient, de ses facteurs de risque, du rapport bénéfice-risque du vaccin considéré, et que cet acte dépend donc souvent du rapport de confiance mutuel établi de longue date entre un patient et son médecin… Je soulignerai simplement, puisque tu n’es pas un scientifique mais un homme politique prétendant à l’arbitrage de la cité, ton ignorance économique. Qui, à part Roselyne Bachelot et toi, croit vraiment que « si vous allez dans le centre vous faire vacciner c’est gratuit » quand le coût de l’opération dépasse le milliard d’euros, sans compter le coût qui restera à charge des communes, et que l’Etat, bien entendu, ne prendra pas en compte…

 

 

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Dans toute cette diatribe, ce qui t’anime, c’est cette erreur d’analyse aberrante qui t’amène à applaudir au délirant plan vaccinal du gouvernement parce qu’il t’apparaît à tort comme une résurgence du « collectif » par rapport au « chacun pour soi » du libéralisme. Là où nombre de Français, citoyens et professionnels de santé, découvrent consternés le bordel en gymnase inventé par la ministre et ses conseillers, tu crois voir enfin naître une nouvelle génération de dispensaires ouverts au peuple dans des conditions de prise en charge optimale et solidaire. Or un gymnase n’est pas un cabinet médical. Si tu ne le sais pas, les Français s’en rendent compte…

 

Après ta charge contre ces généralistes qui ne pensent qu’au pognon, charge qui dédouane efficacement le gouvernement et la ministre de leurs choix politiques et industriels plus que discutables***, tu recevras les félicitations de tes collègues éditocrates.

Luc Ferry glosera comme à son accoutumée sur la « paranoïa sur Internet », « Rika Zaraï contre le patron de l’Institut Pasteur » comme si ceux qui mettent en doute le plan vaccinal étaient tous des charlatans sectaires. Antienne habituelle du bon sens des élites face au marécage d’Internet, ça ne te rappelle rien ???

 

Suit un moment d’anthologie sur la rémunération des médecins, où Ferry explique que ceux-ci devraient « enfin » accepter d’être payés en partie au forfait sur des missions de service public. L’ancien ministre de Jean-Pierre Raffarin ne sait évidemment pas que c’est sous la férule de ce dernier, en 2004, que son comparse Philippe Douste-Blazy, pour assurer à l’UMP les voix des syndicats médicaux les plus réactionnaires, mit à bas le système du médecin référent qui instituait justement en médecine générale ce paiement au forfait… Et ce n’est pas toi qui va le lui rappeler car, soyons clair, du mode de rémunération des généralistes, tu n’as rien à foutre, à partir du moment où tu peux entre compères du même monde fustiger un « ennemi de classe » qui, rage suprême, garde l’estime d’une grande partie de la population…

 

Après avoir célébré ton « triomphe », Colombani modèrera tes propos sur le goût de lucre des généralistes ( pendant qu’en arrière-plan on t’entendra t’esclaffer bruyamment) puis reprendra la posture du penseur multicartes fustigeant l’obscurantisme du net, se lamentant qu’ « On ne croit plus à la parole des experts » et, plus tard, que « Le doute scientifique était entretenu par une partie du corps médical lui-même… »

Pendant un instant, écoutant ceci, je me suis dit que l’un de vous réagirait peut-être à cette révélation surprenante, car c’est bien au sein-même de la communauté scientifique et médicale que la controverse était née, et perdurait ( ce qui est, du point de vue du citoyen, extrêmement sain en démocratie).


Que nenni ! On te redonna la parole, et tu pus alors enfoncer le clou, et donner la mesure de ton incompétence et de ta dangerosité.

 

Car faisant fi d’argumentations scientifiques que tu avais probablement parcouru d’un derrière distrait et auxquelles tu n’entravais que pouic : (vaccination de masse contre vaccination ciblée, vaccin avec ou sans adjuvant, technique de vaccination proposée pour les vaccins multidoses et risques d’erreur ou de contamination, irresponsabilité juridique des laboratoires, profil de l’épidémie, étude des vagues pandémiques dans les pays déjà touchés avant le nôtre, définition des personnes à risque, répartition et mortalité des syndrômes de détresse respiratoire aigüe, date de disponibilité des vaccins par rapport au déclenchement de l’épidémie, analyse des vagues annuelles de grippe saisonnière…), tu livras le fond de ta pensée :

 

Les médecins et les infirmiers, ces gueux, pourtant premiers concernés au quotidien, rechignaient à la vaccination ? Qu’importe ! Il fallait rendre pour les professionnels de santé hospitaliers la vaccination obligatoire :

 

« Voilà une pression qu’il faudrait exercer sur eux ! » (sic)

 

 

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Puis, admettant quand même que l’aide des généralistes pour la vaccination pouvait être utile, tu eus ce mot merveilleux :

« Il y a une décision qui peut être prise par le pouvoir politique qui est de dire et ben ça vous êtes tous à la corvée, vous êtes tous réquisitionnés et vous serez payés tant par vaccin, ça ça prend cinq minutes à décider »

 

Cinq minutes à décider ?

 

Tu as raison. Je vais te dire, Pol Pot ou Staline n’auraient même pas tergiversé aussi longtemps.

 

 

 

Christian Lehmann

 

 

Médecin généraliste depuis 1984

Auteur de « Les Fossoyeurs… notre santé les intéresse » en 2007

Fondateur de l « Appel contre la franchise Sarkozy » en 2007

 

 

 

* Dix jours en mer avec trois astres de la pensée française

http://www.monde-diplomatique.fr/2009/08/FONTENELLE/17746

 

** François Chérèque, syndicaliste responsable, qui lors d’un meeting patronal pose comme condition l’absence de tout journaliste afin de parler à bâtons rompus et de livrer le fond de sa pensée : « Sarkozy nous a présenté un calendrier pour les réformes et moi et ça me va très bien. On s'y met dès juillet. »

Compte rendu de la rencontre organisée le 27 mars 2007, entre leader de la centrale et le cercle patronal « ETHIC », dirigé par Mme Sophie de Menthon.
Extrait du livre de Jacques Cotta, « Riches et presque décomplexés » (Fayard), p 125.

 

***

http://enattendanth5n1.20minutes-blogs.fr/archive/2009/11...

30/11/2009

GRIPPE ET VACCIN H1N1: CHEREQUE ET BACHELOT SONT DANS UN BATEAU

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-Allo, Roselyne ?

 

 

 

 

 

 

 

 

200911101025991186411990.jpg-Ouiiiiiiiiiiiiiiii…...

 

 

 

 

 

 

 

 

-C’est Xavier, Roselyne. Je sors de chez le Président et il n’est pas content du tout…

 

-Ah booooooooooooooon ?

 

-Oui, mais ça ne devrait pas t’étonner, aussi, vu la manière dont tu gères ton plan de vaccination, là….

 

-Tu crooooooiiiiiis ?

 

-Evidemment. Voilà plus de six mois que cette épidémie se profile et que le Président fait semblant de ne même pas savoir ce qu’est le H1N1, histoire de ne pas se faire éclabousser par ton fiasco prévisible… Et là, on est arrivés à un tel niveau de connerie et d’incompétence que même avec le soutien sans faille de nos principaux médias ( au fait, Josiane, vous me ferez penser à renvoyer un bouquet à Hélène Cardin, de France-Inter…)..

 

-Hélèèèèèèène… Oh choueeeeettte, c’est une copiiiiine…

 

-Oui, Roselyne, on sait que tu as plein de chouettes copains dans l’industrie, et que les copains et les copines de tes chouettes experts sont tes meilleurs relais d’opinion, mais même avec leur aide, au niveau de foutoir où tu es en train de nous mettre, là, le Président a dû pour la première fois parler de la grippe H1N1, et tu sais qu’il a horreur de ça. « Je ne veux pas qu’ensuite on puisse retracer la moindre décision politique ou industrielle jusqu’à moi », il nous l’avait bien répété en Conseil des ministres il y a quinze jours…

 

-J’écoutais pas, j’essayais mon nouveau portable. J’ai demandé à Didier de m’appeler dès qu’il y avait un nouveau mort de la grippe. Et si c’est un enfant, de m’envoyer un texto en urgence. Je voudrais pas louper ça !

 

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-C’est un souci d’information qui t’honore, Roselyne. Tu es bien l’une des nôtres…. Pour revenir à ton plan, quand même, ça commence à se voir un peu, qu’au rythme actuel il faudrait six mois pour vacciner toute la population…

 

-Ben oui, mais moi j’y peux rien, c’est la chaîne du froiiiiid, Xâââvier, la chaîne du froiiidd….

 

-Oui, je sais, on a les mêmes conseillers en com, Roselyne, quoiqu’au moins les miens savaient lire… mais ce que je veux te dire, c’est que le coup des généralistes, là, j’le sens pas trop.

 

-Oh tu rigôôôles mon Xâââvier, tu te gausses de ta Roselyyyyyne, hein ? Parce que quand même, la semaine dernière, qu’est-ce que je leur ai mis à ces gueux !!! « Roselyne Bachelot rembarre les médecins ». Même que c’était dans le JDD et que j’ai gardé la copie, tu veux que je ta twiiiiite ou que je te la faceboooooke, mon Xâââvier ?

 

-Euh, non, merci. Merci. J’ai ma dose. Mais c’est le JDD, Roselyne, c’est comme le Figaro, j’ai les articles avant publication. Je les ai même avant que la rédaction les reçoive…

 

-Oh c’que t’es fort, Xâââvier !

 

-Oui, c’est ça. Ecoute Roselyne, les généralistes reviennent à la charge, et ça va devenir compliqué à gérer. Il faut anticiper un peu, il faut être pro-actifs !

 

-Oh oui Xâââvierr, d’ailleurs je dis toujours : « le bifidus, y’a que ça de vrai » !

 

-Non, connas… Roselyne ! PRO-ACTIF !!! Ca veut dire qu’il faut avoir un coup d’avance sur les évènements. Comment tu crois que j’ai baisé Chirac et Villepin en me ralliant au tar… au Président dans la dernière ligne droite ? En étant PRO-ACTIF !

 

-T’as fait la campagne sous bifidus, mon Xâââvier ?

 

-( Josiane, allez me chercher le carton de Lexomil, s’il vous plaît, et une bouteille d’Evian…) Bon écoute, Roselyne, on va essayer de faire simple. Tu ne peux pas continuer à réquisitionner les généralistes en pleine épidémie au moment où ils soignent les malades dans leurs cabinets…

 

-Quelle horreuuuuur ! Ils soignent des malades au cabinet, les généralistes !!! Heureusement que je ne m’entoure que d’experts du Ministère, tu rends compte ! Dans les cabinets !!! Mais je vais leur envoyer l’IGAS et la DGSE, moi, à ces malpropres ! Encore une bonne raison de vacciner dans les gymnases, j’y avais pas pensé…

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-Ecoute, Roselyne, ma patience a des limites. J’ai bossé avec Douste pendant près d’un an, donc on pourrait croire que je résiste à tout, niveau crétinerie patentée, mais tu t’approches dangereusement de la ligne jaune, là. Et d’ailleurs, à propos de jaune, revenons-en au fait…

 

-Ouiii, mon Xâââvier…

 

-Les généralistes, tu ne peux plus les réquisitionner, et ils vont tous répéter qu’ils sont à même de vacciner les patients à risque. Certes, ça ne résoudrait pas ton problème de stock à écouler, mais pour l’opinion, la vaccination ciblée chez le généraliste, ça se tient. Alors il faut absolument les renvoyer dans les cordes une nouvelle fois…

 

-Compte sur ta Roselyyyyne, mon Xâââvier…

 

-Non, non, t’es totalement décrédibilisée, bougresse. Si demain tu expliques que la pandémie est terminée les gens vont se ruer dans les centres, alors tu vas surtout fermer ta gueule, ce coup-ci, OK ? Tu vas me laisser faire…

 

-Mais t’es plus ministre de la Santé, mon Xâââvier, ou alors personne ne me dit plus rien…

 

-Non, mais je l’ai été, et j’ai encore de belles connections. Alors écoute, Roselyne. Il y a un truc qui marche à tous les coups, c’est le fric, le pognon. Si on veut avant  tout surtout éviter qu'on pose la question du coût global de ton bordel en gymnase, on doit absolument couper l’élan des généralistes et laminer la confiance que les patients leurs gardent, donc il nous faut largement répandre l’idée que s’ils veulent vacciner, c’est pour toucher du blé…

 

-Oh c’est laiiid ! Ils ont qu’à prendre des actions chez Sanofiiiiiii, comme tout le monde, enfin quooooooiiii ?

 

-Ben oui. Pour qui se prennent ces cons ? « Travailler plus pour gagner plus », ils vont pas essayer de nous faire gober ça non ? Sauf que tu n’as plus la crédibilité de le dire...

 

-On pourrait demander à Christiiiiiine, c’est une bonne copine. Ou à Eriiiiiic…

 

 

-Oui, t’as raison, ça l’ferait bien. Demander à une avocate d’affaires conseillère d’une multinationale actu-economie-Eric-Woeth_articlephoto.jpgfinancière néerlandaise de dénoncer l’appétit de lucre de généralistes à 22 euros, c’est bien une idée à toi, ça… Ou à l’autre pingouin dont la femme gère l’une des plus grosses fortunes de France, ça me semble absolument top. Si on ne t’avait pas Roselyne, il faudrait t’inventer… Non, je vais te dire ce qu’on va faire. On va demander à un type qui peut encore pour quelque temps faire semblant de représenter le peuple, de parler à notre place. Un type absolument sûr, qui soutient de toutes ses petites forces les réformes du patron ( cf http://www.solidaires-paca.org/spip.php?article285 )… En plus, il déteste les généralistes, donc c’est parfait. Ce qu’il y a de bien avec lui, c’est qu’il fait où on lui dit de faire, et qu’il peut dire tout haut dans les médias ce que Christine, Eric et le patron pensent tout bas…

 

-Ah ben c’est formidâââble, Xâââvier, et tu la sors d’où, cette perle-là ?

 

-T’inquiète, cocotte, et lis bien l’AFP…

 

 

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GRIPPE A: FRANCOIS CHEREQUE JUGE LES GENERALISTES HYPOCRITES

 

PARIS - François Chérèque qualifie d'hypocrite la colère des médecins généralistes, écartés de la campagne de vaccination contre la grippe A (H1N1), et estime que le mode de rémunération des praticiens devrait être réformé pour faciliter des missions de service public.

 

«C'est une question de coût, il y a toujours une question de pognon derrière ça», explique t-il.

Invité dimanche du Grand rendez-vous Europe1/Le Parisien-Aujourd'hui en France,  le leader syndical a estimé que les patients paieront plus cher : «Si vous allez chez votre médecin pour vous faire vacciner, vous allez payer une visite. On nous dit c'est 8 euros, mais on se moque de nous, parce que vous allez y aller, vous allez faire voir un autre problème de santé, et ce sera 22 + 8, ce sera 30 euros

 

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19/11/2009

VACCIN H1N1, LA FUITE EN AVANT: ROSELYNE BACHELOT INVOQUE LA CHAINE DU FROID POUR EVINCER LES GENERALISTES

 

 

H1N1, LA FUITE EN AVANT: ROSELYNE BACHELOT INVOQUE LA CHAINE DU FROID POUR EVINCER LES GENERALISTES

 

Où en sommes-nous de la pandémie H1N1, et du lourd plan de vaccination élaboré par la ministre et ses experts ?

 

 

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Le Principe de Peter est un principe satirique imaginé dans les années 60 par Laurence Peter et Raymond Hull, relatif à l’organisation hiérarchique.

 

Il stipule que « tout employé tend à s’élever à son niveau d’incompétence », et il en découle, selon le corollaire de Peter, qu’ « avec le temps, tout poste sera occupé par un incompétent incapable d’en assumer la responsabilité. »

 

Enfant, je dévorais des livres, et j’ai volé le Principe de Peter dans la librairie proche de mon lycée pour le lire avidement, sans saisir l’ironie des deux auteurs. J’en ai expliqué les principes à mon père, qui en souriant m’a expliqué qu’il fallait prendre le livre au second degré, que Peter et Hull s’étaient livrés à un exercice de style certes réjouissant mais surtout destiné à faire rire.

 

Quarante ans plus tard, à chaque déclaration de la Ministre des Sports déléguée à la Santé, à chaque prise de position des ses principaux conseillers et experts, à chaque interview du Directeur Général de la Santé Didier Houssin, je repense à ce petit livre de Poche à couverture claire, et je mesure à quel point mon père s’est trompé.

 

 

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Où en sommes-nous de la pandémie H1N1, et du lourd plan de vaccination paramilitaire élaboré par la ministre et ses experts ?

 

Un échec, je l’ai déjà écrit.

« 200.000 personnes vaccinées sur l’ensemble du territoire »… « La vaccination s’accélère », affirme la ministre…

 

Un petit calcul effectué par le docteur Xavier Tarpin mérite d’être ici évoqué :

 

 

200.000 vaccinés, dont 50.000 hospitaliers, et 150.000 Français « à haut risque » sur les 9 millions concernés…

 

Pour 1080 centres.

 

Réquisitionnant médecins, infirmières et personnels administratifs dans des centres dont les mairies doivent assumer la logistique.

 

Soit 140 personnes par centre en une semaine.

 

Pour mémoire, un médecin généraliste, seul dans son cabinet, reçoit en moyenne 140 personnes par semaine…

 

 

« La vaccination s’accélère », explique Roselyne Bachelot. Espérant peut-être que la méthode Coué la protège du coût politique du fiasco dont elle portera, avec son entourage, la responsabilité…

En début de semaine, des voix « autorisées » se sont enfin élevées, bien tardives, pour demander que le plan de vaccination soit intégralement revu, qu’y soient enfin associés les médecins généralistes, dépositaires de la confiance des patients.

C’est ainsi qu’Antoine Flahault, épidémiologiste, directeur de l’Ecole des hautes études en santé publique, est monté au créneau dans une interview au Figaro pour inciter la ministre à revoir sa copie.

Des parlementaires de tout bord ont fait de même, reconnaissant à mi-voix l’échec du plan gouvernemental.

Mais le même jour, alors que les journalistes s’emparaient du dossier, et, tels Monsieur Jourdain, se posaient enfin la question qui fâche : « Pourquoi les généralistes ne pourraient-ils pas vacciner dans leur cabinet ? Pourquoi serait-on obligé de les réquisitionner dans des gymnases déserts pour vacciner des patients dont ils ne connaissent pas les antécédents ? », Luc Chatel, le porte-parole que le monde entier nous envie, l’homme qui murmure à l’oreille des caddies, expliquait doctement dans un point-presse que l’éviction des généralistes était parfaitement cohérente : « Le gouvernement a fait un choix pragmatique, qui est de vacciner le plus grand nombre de Français dans un temps limité grâce à des vaccins multiples et à des centres de vaccination de proximité, qui permettent des vaccinations en grand nombre pendant une même journée" expliquait-il. « Si nous n'avons pas choisi les médecins généralistes et les cabinets médicaux privés pour procéder à la vaccination, c'est parce que nous avons un procédé de vaccination particulier qui sont des vaccins groupés", poursuit-il, "les flacons servent à plusieurs vaccinations, ils ne peuvent pas être utilisés au-delà de vingt-quatre heures (...) Si les vaccins multidoses étaient délivrés dans chaque cabinet médical (...) il y aurait eu un gâchis énorme de vaccins ».

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Ainsi que je l’avais révélé trois jours plus tôt sur ce blog, Luc Chatel dit vrai. Il omet certes de préciser que le « procédé de vaccination particulier qui sont des vaccins groupés » résulte uniquement des choix politiques et industriels de la ministre, et de sa soumission aux diktats des firmes pharmaceutiques.

 

Je renvoie ceux qui le désirent à la lecture de ce post :

http://enattendanth5n1.20minutes-blogs.fr/archive/2009/11...

dans lequel sont analysées les conséquences médicales de ces choix industriels ayant privilégié l’achat de vaccins contenant des adjuvants dont l’inocuité n’est pas démontrée, et dont le conditionnement en multidoses nécessite l’adjonction d’un conservateur au mercure dont l’utilisation avait été stoppée en vertu du principe de précaution depuis une dizaine d’années.

Quand au « gâchis énorme de vaccins…si les vaccins multidoses étaient délivrés dans chaque cabinet médical », il suffit de lire les compte-rendus des personnels présents dans les centres de vaccination pour savoir que l’organisation paramilitaire démente mise en place entraîne chaque jour un gâchis considérable…

Mais ce Lundi 16 Novembre, un malheur n’arrivant jamais seul pour la ministre, un nouveau vaccin recevait son autorisation de mise sur le marché. Il s’agissait du PANENZA, de Sanofi-Pasteur, « le vaccin des femmes enceintes et des enfants », ainsi que le présentait une grande partie de la presse. Plus prosaïquement, le PANENZA, que la Revue Prescrire conseille en cas de vaccination ciblée, est un vaccin fragmenté sans adjuvant, et dont le conditionnement existe en multidoses ET en unidoses, même si, faisant preuve de cette immense clairvoyance qui la caractérise, la ministre a privilégié le conditionnement multidoses, avec les conséquences déjà analysées.

Qu’importe… Si la ministre décidait enfin de revoir son plan vaccinal, si, comme l’espéraient certains commentateurs sans oser taxer Roselyne Bachelot d’incompétence notoire, elle observait « un virage à 180° du plan vaccinal », il était peut-être encore possible de sortir de la crise actuelle, et de mettre en place, en lieu d’une vaccination de masse dans les gymnases, une vaccination ciblée pour les personnes à risque qui le désireraient, auprès de leur médecin traitant. NON PAS POUR ECOULER LES STOCKS DE L’EX VISITEUSE MEDICALE… mais en choisissant, en fonction des données actuelles de la science, le vaccin qui semblerait au médecin et au patient informé, le plus adapté.

( Au sujet du passé de Roselyne Bachelot, qui certainement devrait militer pour le droit à l’oubli sur Internet, cette petite trouvaille dûe au docteur Dominique Dupagne ( www. atoute.org) qui montre comment le CV de la ministre a été nettoyé au Karcher...)

 

AVANT:

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APRES:

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Pendant quelques jours, le doute plana. Une réunion était mise en place ce jeudi 19 Novembre 2009 au ministère avec les représentants des syndicats médicaux.

Parmi ces représentants, on trouve de tout ( revoyez les épisodes précédents), des zélateurs du plan vaccinal, doigt sur la couture du pantalon, exhortant les médecins au « devoir de réserve » cher à Eric Raoult …

( pour mémoire : « Face à la pandémie, les médecins sont là pour prêter main-forte aux pouvoirs publics. Nous allons vivre un état de guerre. Les libéraux ne sauraient exprimer le moindre état d’âme personnel sur le vaccin, sauf à provoquer un effet démobilisateur sur les patients qui serait désastreux. Se faire vacciner est certes un choix individuel. Mais, compte tenu de l’exemplarité qui doit être la leur, les médecins qui refusent personnellement le vaccin devront avoir à cœur de ne pas en faire état auprès de leurs patients. »

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Christian Jeambrun, du SML

Vous, je ne sais pas, mais moi, c’est comme l’eau ferrugineuse, je ne m’en lasse pas…)

 

…et des syndicalistes d’emblée beaucoup plus critiques, demandant que les ministres respectent l’indépendance scientifique des médecins :

« Le vaccin contre H1N1 n’arrêtera pas l'épidémie, c’est trop tard et ce n’est pas la faute du gouvernement. ll n’est pas certain que le rapport bénéfice-risque d’une vaccination généralisée soit favorable et les pressions exercées pour amener les professionnels de santé à soutenir à tout prix le choix du gouvernement de vacciner un maximum de français doivent cesser et être remplacées par une information sereine.
Pour la vaccination, la France a mis en place un dispositif technocratique disproportionné et hasardeux, négligeant l'expérience des médecins-traitants et leur raisonnement scientifique. L'organisation laisse de côté les médecins généralistes tout en envisageant de les réquisitionner !
Les pays qui nous entourent s’appuient sur les médecins traitants pour vacciner raisonnablement la population.
».

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Claude Bronner et Jean-Paul Hamon, d’UNION GENERALISTE


Reste qu’au sein de la profession, les avis divergeaient, entre ceux qui y voyaient le moyen de pouvoir vacciner leurs patients à risque ( avec leur consentement) et ceux qui craignaient que la ministre ne fasse ensuite porter la responsabilité de son foirage vaccinal aux pelés, aux galeux dont elle n’avait pendant des mois écouté aucun conseil, aucune exhortation.

Avant même cette réunion du Jeudi 19 Novembre 2009, pourtant, la messe était dite. Car comme à leur habitude, ministre et conseillers ne convoquaient les représentants des généralistes que… pour leur annoncer les décisions qu’ils avaient prises seuls comme des grands, et sans aucune attention aux suggestions et retours du terrain.

Ainsi, sur le site web du JDD, d’Arnaud Lagardère ( le frère de l'Autre), le fond de la pensée gouvernementale était dévoilé avant même que la réunion ait eu lieu: « Roselyne Bachelot rembarre les médecins ».

Dans le Figaro, à la télévision, la sinistre Roselyne Bachelot livrait le fond de sa pensée, occasionnant probablement au cadavre de Laurence Peter une érection post-mortem du meilleur aloi. Car même mort, on aime voir validées des théories auxquelles on a consacré sa vie…

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Commençons donc cette analyse de la pensée Shadock par cette information dûe à l’AFP :

"La ministre de la Santé Roselyne Bachelot a indiqué aujourd'hui qu'une fois achevée la vaccination contre la grippe H1N1 dans les centres spécialement mis en place, il serait possible que la vaccination se poursuive au printemps dans les cabinets médicaux"

 

Autrement dit: une fois la vaccination achevée elle se poursuivra.


C’est pas beau comme de l’antique ? C’est pas digne d’un Bernard Laporte, franchement ?

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Poursuivons, donc:

 

"Je reçois à mon cabinet, nous recevons des médecins généralistes, ou leurs syndicats représentatifs pour voir si dans une deuxième phase de la vaccination, en 2010, on pourrait passer le relai aux médecins généralistes... On verra avec eux, parce qu'il faut qu'ils nous donnent des garanties de sécurité évidemment de cette vaccination"

 

 

Evidemment, hein…. Après avoir acheté des vaccins multidoses avec adjuvants et conservateurs douteux en quantité industrielle à des firmes qui ont obtenu l’immunité juridique en cas de pépin, la ministre va insister pour que les généralistes qui se prêteraient à la vaccination pour protéger certains de leurs patients lui offrent des garanties de sécurité…

Mais de quelles garanties pourrait-il s’agir ? Quels problèmes insurmontables poserait donc cette vaccination en cabinet de ville ?

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" Nous sommes sur une campagne de vaccination en centres collectifs, parce que ce n'est pas possible autrement, ne serait-ce que la livraison des vaccins à 50.000 cabinets généralistes avec le respect de la chaîne du froid" a dit la ministre.

Ben oui. Comment n'y ai-je pas pensé plus tôt, crétin que je suis... Ca se voit que j'ai pas fait l'ENA... "la chaîne du froid, mon cher Watson, la chaîne du froid..." C'est parce qu'on ne peut garantir le respect de la chaîne du froid en cabinet de ville que les médecins généralistes ne vaccinent pas les patients contre le tétanos.

La diphtérie.


La poliomyélite.


La rougeole.


Les oreillons.


La rubéole.


La typhoïde.


L'hépatite A.


La grippe saisonnière.



Et j'en passe...


C'est sûr, les choses seraient plus simples s'il existait des pharmacies dans ce pays. Ou si Carl Paul Gottfried Von Linde avait inventé le réfrigérateur en 1876 au lieu de devenir pianiste virtuose aux Jeux Olympiques d'Helsinki en 1903 et premier astronaute allemand sur la Lune en 1911.

La chaîne du froid...

 

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A ce stade, on ne sait plus ce qui domine, de la stupidité ou du cynisme.

 

Dans un cas comme dans l'autre, je ne peux que repenser au Principe de Peter de mes douze ans kleptomanes, qu'aujourd'hui j'énoncerai autrement:

" Voter pour des baltringues can be vachement dangerous to your health."

 

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13/11/2009

FOIRAGE VACCINAL: LA CONSEQUENCE INELUCTABLE DES CHOIX POLITIQUES ET INDUSTRIELS DE ROSELYNE BACHELOT

Foirage vaccinal : la conséquence inéluctable des choix politiques et industriels de Roselyne Bachelot

 

 

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Il est encore trop tôt pour tirer toutes les leçons, dont certaines pourraient se révéler fort amères, de l’échec prévisible de la campagne vaccinale mise en œuvre par la ministre de la santé Roselyne Bachelot entourée de ses experts et hauts spécialistes si compétents, mais apparemment incapables de gérer une crise sanitaire d’ampleur.

 

A ce stade, quelques précisions :

 

J’ai écrit ici, sur ce blog, qu’hélas la grippe H1N1 n’était pas une « grippette », que comme toute grippe elle pouvait causer des syndrômes de détresse respiratoire aigüe ( SDRA) nécessitant la réanimation et pouvant s’avérer mortels, et ceci de manière aléatoire, touchant donc parfois des sujets en bonne santé, sans antécédent médical ( même si ce n’est pas le plus courant).

 

J’ai écrit aussi que, parce que cette grippe cible plus particulièrement les sujets jeunes, des décès de sujets jeunes en bonne santé pourraient survenir, ce qui en soi rend cette pandémie préoccupante, et nécessite de la gérer avec compétence.

 

Compétence dans les décisions, compétence dans la communication.

 

A l’évidence, nous sommes loin du compte.

Certes des décisions ont été prises, et parmi elles celle de doter le pays d’un plus grand nombre d’appareils de respiration extra-corporelle, permettant de passer en réanimation le cap aigü de quelques jours pendant lequel les patients atteints de SDRA ne peuvent littéralement plus respirer, leurs poumons étant noyés de virus. Cette mesure, et cette technique très récente, apparemment très efficace, semblent expliquer le moindre taux de mortalité de ces SDRAs, usuellement considérés comme mortels une fois sur deux alors que le taux de survie ici attendrait, selon le Dr Pierre Carli du Samu de Paris, les 80% ( chiffre superposable à ce que j’ai lu dans les premières études néo-zélandaises et américaines).

 

 

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Et dans le cadre de ces SDRAs, je comprends l’inquiétude des confrères travaillant dans des services d’urgence et de réanimation, l’insistance de certains d’entre eux à inciter les professionnels de santé, le public, à se faire vacciner. Car leur crainte, jamais clairement avouée me semble t’il, c’est que le système de santé, bien délabré par les attaques répétées des cost-cutters libéraux, ne puisse faire face à un afflux de SDRAs en services de réanimation, en clair, qu’ils soient submergés.

 

Mais à ce stade, toutes les questions que se pose depuis Avril 2009 une majorité de médecins généralistes du pays restent sans réponse.

 

Parce que la ministre est incapable d’argumenter sur les choix politiques, les choix de santé publique, les choix industriels qu’elle a imposés.

 

Les Français le constatent : une vaccination de masse a été mise en place dans des gymnases, hors des cabinets médicaux, dans des conditions précaires amenant certains préfets, en toute incohérence, à réquisitionner des généralistes pour aller meubler des locaux déserts, au moment où leurs patients malades ont le plus besoin d’eux, dans leurs cabinets.

 

Pourquoi la vaccination n’a-t-elle pas été confiée aux médecins traitants, qui chaque année vaccinent des patients contre le tétanos, la grippe saisonnière, d’autres pathologies ?

 

Pourquoi un schéma quasi-militaire a-t-il été mis en place avec gymnases, réquisitions, convocations par courrier en fonction de critères définis par l’Assurance-Maladie, qui n’est pas à même de définir les patients réellement à risque ?

 

Pourquoi le pouvoir donne t'il l'impression d'avoir privilégié un plan de continuité de l'activité économique plutôt qu'un plan de protection des populations?

 

Les journalistes butent sur ces questions, ne trouvent pas réponse ou feignent de ne pas la trouver. Celle-ci tient en deux phrases, deux affirmations que j’ai maintes fois répétées, depuis « PATIENTS SI VOUS SAVIEZ », ed. Points Seuil, en 2002. Non qu’il soit glorieux ou plaisant de jouer le rôle de Cassandre, j’ai assez écrit que le seul rôle d’une vigie sur le pont du Titanic est d’angoisser avant les autres, quand la capitainerie est sourde à l’évidence et aux alertes.

 

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Première constatation, évidente :

 

Les experts scentifiques et le pouvoir politique, dans ce pays, gouvernement et parlement compris ( à de rarissimes exceptions) n’ont aucune idée de ce que sont les médecins généralistes, et ne leur témoignent qu’un profond mépris.

 

Imaginer un seul instant que les généralistes seraient à même de prendre une part active dans un plan pandémie jusque dans sa conception, imaginer un seul instant qu’en ce début de 21ème siècle la population de leurs patients leur voue encore une confiance que les politiques ont depuis longtemps perdue, est inconcevable pour ces imbéciles.

 

Oh certes ici et là on entendra répéter à l’envie que « le généraliste est indispensable, etc, etc... » mais l’idée qu’il pourrait être autre chose qu’un exécutant zélé ne leur traverse pas l’esprit. D’ailleurs, et on le voit avec les réquisitions de non volontaires, un état pré-fasciste n’a pas besoin de professionnels de santé consciencieux et responsables, mais d’exécutants aux ordres…

 

Seconde constatation :

 

L’échec du plan vaccinal français est directement lié aux choix politiques et industriels imposés par la ministre. Dans un pays où l’absence d’indépendance de nombreux experts vis-à-vis des firmes pharmaceutiques a été dénoncée à l’envi sans que rien ne change, il suffit d’une crise sanitaire pour précipiter l’inéluctable…

 

Quel autre pays a fait de tels choix, franchement ?

 

Quel autre pays a préféré à une vaccination ciblée avec des vaccins ne comportant pas d’additifs ( adjuvants ou conservateurs) litigieux, une vaccination de masse hors du circuit de soin habituel, au prétexte, je cite le cabinet de la ministre, que celle-ci «  s'est appuyée sur le fait que les laboratoires lui ont dit qu'ils livreraient les vaccins en boîte multidose »( Le Généraliste, 11 Septembre 2009).

Mesure-t’on dans les médias la débilité de la démarche ?

 

On argumentera que les laboratoires étaient pressés par le temps, que pour fabriquer un nombre de doses vaccinales nécessaire en peu de temps, il fallait recourir à des expédients, à savoir diminuer la dose d’antigène vaccinal, délicat et lent à préparer, et forcer la dose des adjuvants afin d’obtenir quand même une réponse immunitaire correcte. Tant qu’à faire, on utilisait aussi un adjuvant, le squalène, sur lequel pesaient quelques doutes quant à la survenue plus fréquente d’effets secondaires locaux immédiats, ou neurologiques retardés, et on injectait à chaque vaccination une dose d’adjuvant jamais utilisée jusqu’alors dans un vaccin.

 

Deuxième idée de génie, on conditionnait les vaccins par doses de 10 injections dans le même flacon, pour produire plus...  et gagner plus. Ce qui impliquait donc d’ajouter un conservateur antibactérien dans ces flacons pour éviter des infections lors des ponctions répétées dans le flacon… Et comme par hasard, le conservateur utilisé, à base de mercure, le thimerosal, avait été retiré du commerce depuis une dizaine d’années car son inocuité n’était pas certaine.

 

Comme l’écrivait le Professeur Claude Béraud sur son blog fin 2008 au sujet des controverses vaccinales :

 

 

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« Les conséquences de ces controverses sont graves car elles induisent dans une partie de la population deux conséquences. En premier lieu, le rejet de toutes les vaccinations . En second lieu, la mise en œuvre de thérapeutiques inutiles et non sans risque (10000 enfants dont l’autisme est attribué ou serait aggravé par le thimerosal sont aux USA traités, chaque année, par des chélateurs destinés à éliminer l’ethyl mercure). [31]

Pour éviter ces errements, il serait raisonnable d’éviter que dans la composition des vaccins entrent des substances qui peuvent être considérées par la population comme dangereuses même si ces risques n’ont pas été démontrés par des études cliniques, biologiques et épidémiologiques. »

 

 

http://www.claudeberaud.fr/?51-que-penser-des-controverse...

 

 

Ca semble évident, mais apparemment ni pour la ministre, ni pour ses experts proches acquis au discours des firmes… J’ai ainsi lu récemment l’un d’entre eux, à qui on demandait pourquoi, si les femmes enceintes étaient « à risque », et donc à vacciner en priorité, le vaccin sans adjuvant n’était pas disponible rapidement en quantité suffisante, expliquer que la vaccination était un acte individuel, et qu’après tout on n’obligeait personne à se vacciner ! Mais ces gens-là se regardent-ils dans la glace le matin ?

 

A partir du moment où ces choix catastrophiques d’incompétence et d’amateurisme étaient faits, le reste suivait : il apparaissait légitime de court-circuiter les généralistes parfois réticents à suivre les grandes transhumances vaccinales imposées par les experts ( au hasard, le vaccin contre le papillomavirus censé protéger les jeunes filles pubères…) et à mettre en place une vaccination de masse sur un mode militaire, dix par dix.

 

Manque de chance, le réel se rappelle aujourd’hui aux experts et à la ministre. Totalement rétifs à leurs explications foireuses, les Français se retournent vers le galeux, le cul-terreux généraliste, et celui-ci, en l’état actuel des connaissances, ne peut que faire part de ses doutes, quand bien même il n’est pas de principe opposé à la vaccination. Car contrairement à ce qu’affirment les textes orwelliens pondus par le ministère, les vaccins proposés, à ce stade, n’ont pas tous le même rapport bénéfice-risques :

« Seuls les vaccins dotés d'une autorisation de mise sur le marché (AMM) seront utilisés pour vacciner la population. Aussi, chacun doit considérer que tous les vaccins offrent le même niveau d'efficacité et de sécurité. Aussi, il n'est pas prévu d'offrir le choix du vaccin aux personnes qui viendront se faire vacciner.

En revanche, dans des cas très particuliers, comme celui des femmes enceintes ou celui de certaines allergies en particulier, le professionnel de santé qui effectuera la vaccination pourra être amené à choisir un vaccin plutôt qu'un autre. »

 

http://www.sante-sports.gouv.fr/IMG//pdf/Lancement_de_la_campagne_vaccinale_contre_la_grippe_A_H1N1_dans_les_centres_de_vaccination.pdf

 

 


 

Est-ce à dire que les généralistes chercheraient aujourd’hui à « récupérer » la vaccination anti-H1N1 pour toucher le jackpot au cabinet médical ?

 

C’est un peu ce qu’on entend dans les insinuations pas toujours aimables de Danièle Messager, le 12 Novembre 2009, sur France Inter, cette radio dont le directeur actuel vira en son temps Martin Winckler de l’antenne après une petite controverse avec les Entreprises du Médicament dont celles-ci ne se tirèrent pas trop mal… Confrontée au très libéral Michel Chassang, de la CSMF, syndicat dont la proximité idéologique avec l’UMP pendant la campagne du candidat Sarkozy donna lieu à d’intenses moments d’émotion ( cf LES FOSSOYEURS, ed Privé-Michel Lafon, 2007), Danièle Messager s’inquiète de ce que les médecins généralistes puissent demander à être payés pour la vaccination. C’est assez comique : imagine t’elle demander au LEEM pourquoi les vaccins ne sont pas gratuits ?

 

 

Fossoyeurs-070109-03.jpg

 

A cette heure, les patients à risque, les patients obèses ou insuffisants respiratoires ou cardiaques, les femmes enceintes, devraient pouvoir après un colloque singulier avec le praticien qui les connaît le mieux et depuis longtemps, décider, éléments statistiques et médicaux en main, de se vacciner ou non avec un vaccin sans adjuvant. Au lieu de quoi, lorsqu’ils se tournent vers leur médecin traitant, celui-ci ne peut que constater son impuissance : comment conseiller un patient sur l’intérêt de la vaccination quand le professionnel de santé n’est pas en mesure de connaître le vaccin qui sera injecté, la présence éventuelle probable d’un additif, et lequel, enfin le conditionnement du vaccin en multi-doses ?

 

J’ai volontairement omis de parler ici du cas de probable syndrôme de Guillain-Barré post-vaccinal survenu chez une professionnelle de santé sur un petit échantillon de personnes vaccinées. Car avant même cet évènement qui ne rassurera pas les candidats éventuels à la vaccination, la messe était dite.

Lorsqu’on sous-estime l’intelligence et les réticences de la population, lorsqu’on se gargarise de mensonges et de communication sur les franchises, les plans cancer et j’en passe, on est fort démuni lorsqu’on constate qu’on n’a plus aucune crédibilité.

 

Lorsqu’on méprise les médecins de base, les cul-terreux de généralistes, qu’on charge leur barque quotidiennement de brimades administratives, qu’on leur enjoint des objectifs de santé publique décidés sans aucune concertation réelle avec leur problématique et leurs connaissances de terrain, on est fort démuni lorsqu’on constate qu’un passé de visiteuse médicale ne suffit pas à définir une politique de santé publique.

 

 

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PS : Un de mes confrères et amis, le docteur Georges Delamare, grand klongiste devant l’Eternel, réagissait ce matin à un article du Figaro sur le plan vaccinal :

« Toutes les erreurs en la matière ont été commises, et le foirage de cette vaccination restera dans les annales comme l'exemple même de ce qu'il ne fallait pas faire. Bachelot est la seule responsable, elle n'a pas voulu écouter les gens de terrain, a négocié des vaccins à des tarifs démentiels, on apprend qu'en Suisse pour des commandes beaucoup moins importantes, que les prix étaient de 30% moins élevés qu'en France. Elle a tenté une gestion étatique comme avec sa loi HPST, et a démontré l'impuissance du gouvernement et du système face au bon sens commun et malgré la propagande inusitée du ministère des sports! »

 

Le modérateur du quotidien de l’inénarrable Serge Dassault a préféré surseoir : « Votre message et/ou contenu a été modéré. Nous ne publions aucun message ou contenu à caractère diffamatoire ou discriminatoire. »

 

Sans la liberté de blâmer, il n’est point, etc….

 
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