Avertir le modérateur

04/03/2011

Eric Zemmour et l'UMP: un mariage d'amour chez les white trash

zemmour-burns.jpg

 

Eric Zemmour?

Moi je dis: "Total respect"

A commencé en léchant les pompes de PPDA, a descendu un à un les échelons de la bassesse, fournissant au marchand d'armes Dassault des chroniques roboratives sur la mort de l'Occident aux mains de hordes mahométanes, a poursuivi sa carrière chez Ruquier, le spécialiste du rire pas drôle, gendre idéal des ménagères qui n'ont pas Internet.

A mis au point un amusant numéro de mâle viril incapable de changer les couches d'un môme, pour étaler ses phéromones de mâle suprémaciste, ce qui est quand même un exploit quand on a le sex-appeal d'un accident de poussette sur un passage à niveau.

http://lmsi.net/Les-choses-en-main

Finit condamné par la Justice pour incitation à la discrimination raciale, ce qui suffit à le faire adouber et acclamer par la meute UMP, ramassis de tarés ayant confié les clefs du pays à un incapable.

Vous applaudissez Zemmour, amis UMP? Vous applaudissez celui qui éructe tout haut ce que vous n'osez même pas murmurer tout bas, le slip sur les chevilles, votre dernier numéro de VALEURS ACTUELLES sur les genoux, et une crampe au poignet?

Allez, je ne suis pas chien. Une petite vidéo pour vous, pour que vous puissiez continuer d'être fier de votre liberté de penser(sic) loin du politiquement correct, des droits-de-l'hommiste, et de la bien-pensance qui vous écrase, pauvres petits biquets, va...

Mais je vous préviens, c'est du lourd.

http://www.ina.fr/video/CAF96034711/colin-jordan-et-franc...

( Comme vous avez la capacité de concentration d'un poisson rouge atteint de saprolégniose cérébrale, je vous le précise: les premières secondes de ce clip INA sont muettes, il vous faudra attendre quelques secondes pour voir apparaître Jeanne d'Arc, et remplir enfin ce foutu Kleenex)

18/01/2011

Avant le MEDIATOR, il y eut le VIOXX: retour sur les fossoyeurs de l'information médicale indépendante

L'affaire du MEDIATOR semble en passe de faire enfin comprendre au grand public  ce que les lanceurs d'alerte tentent de dénoncer depuis des années. Survenant après les affaires du Staltor ( anticholestérolémiant de Bayer retiré du marché en catastrophe en 1997) et du Vioxx ( anti-inflammatoire vanté par une majorité de media... puis retiré du commerce en catastrophe en 2004), survenant un an après la pitoyable campagne de vaccination H1N1 de Roselyne Bachelot-Narquin flanquée de sa cohorte d'experts nullissimes, l'affaire du MEDIATOR sert de détonateur. Il y en aura d'autres...

 

1440576_3_90ad_xavier-bertrand-le-15-novembre-a-paris.jpg
Xavier Bertrand, fossoyeur de l'Option Médecin Référent et du Fonds de Promotion de l'Information Médicale ( indépendante)

Xavier Bertrand promet des réformes, une mise à plat. Ceux qui ont confronté cet ancien assureur AXA depuis quelques années, depuis qu'il n'était que le secrétaire d'Etat de Philippe Douste-Blazy, peuvent avoir quelques doutes. Comme le disait Einstein: "Ne comptez pas sur ceux qui ont créé les problèmes pour les résoudre..." J'y reviendrai...

 

Fossoyeurs-070109-03.jpg

Dans l'intervalle, voici un extrait du livre "LES FOSSOYEURS" publié en 2007, dans lequel j'analyse l'affaire du Vioxx. On y retrouve les mêmes arguments sur les firmes, la visite "médicale", le médicament, les agences, qui ont fait les beaux jours de SERVIER et consorts. Et du syndicaliste acceptant le "mécénat" des firmes, au ministre incompétent, on approche d'un peu plus près ce système.

"Dans un ouvrage récent basé sur un long entretien, « Le grand méchant loup pharmaceutique », cherchant à présenter systématiquement les agences du médicament sous un jour favorable en minimisant certains de leurs travers comme l’indépendance toute relative de certains experts vis-à-vis des firmes(*), Philippe Urfalino, sociologue, peu avare de qualificatifs désobligeants vis-à-vis des donneurs d’alerte qui dénoncent les travers des firmes, répond d’une manière très surprenante à l’interpellation de son intervieweur :

« Question : Les « relations » peuvent aussi prendre la forme de la collusion d’intérêts… On pense par exemple aux 20000 euros par médecin et par an que les firmes pharmaceutiques consacrent à la communication sur leurs produits.

Philippe Urfalino : C’est vrai, l’industrie pharmaceutique est le mécène du milieu médical… »

urfalino.jpg

 

J’ai cherché dans le Petit Robert la définition de mécène : « protecteur généreux des arts et des sciences ».

Cette définition d’une surprenante clémence contraste avec les qualificatifs employés pour les donneurs d’alerte, ces médecins, ces scientifiques, qui pointent depuis des années, en France et à l’étranger, les errances du secteur pharmaceutique : « je suis frappé par une certaine tendance à la diabolisation, qui confine ça et là au retour de la théorie du complot…( la revue Prescrire) plaide l’existence du camp des firmes et du profit d’un côté et du camp des malades de l’autre… ce que je voudrais mettre en cause ici, c’est une mauvaise information, des amalgames et une grille de lecture fautive…les visiteurs médicaux sont parmi les rares interlocuteurs qui se soucient des besoins du médecin ».

Cette défense de la visite médicale n’est pas neuve, comme n’est pas neuve la mise en cause des donneurs d’alerte. Comme je l’ai écrit dans « Patients si vous saviez », la Revue Prescrire, revue française indépendante d’information sur le médicament, est dans le collimateur des firmes depuis de nombreuses années. Membre d’un réseau international de revues thérapeutiques indépendantes, elle constitue pour le médecin soucieux d’une information scientifique débarrassée de l’argumentation marketing et économique, un outil majeur, voire indispensable. Mais sa critique argumentée des techniques de communication des firmes met mal à l’aise ceux des médecins qui continuent à voir dans ces dernières un simple « mécène ». A les en croire, l’implication de Big Pharma ( selon le vocable adopté par John Le Carré après son magistral roman « La constance du jardinier) dans l’information du corps médical ne pose pas problème.

 

questcequelacsmf.jpg

C’est la thèse défendue par la Confédération des Syndicats Médicaux Français, dans « Qu’est-ce que la CSMF ? », un petit ouvrage très informatif publié aux éditions l’Archipel :

« Question : Les laboratoires et leurs campagnes de marketing auprès du corps médical et des malades ne risquent-ils pas d’exercer une influence abusive dans le domaine des prescriptions médicamenteuses ?

Michel Chassang : Toute dérive peut être dangereuse. Elle doit être dénoncée et combattue. Pour la visite médicale, il convient de veiller à améliorer le qualitatif et donc son contenu… Pour autant, il ne faut pas exagérer l’ « intoxication » supposée des médecins en matière de visite médicale, constamment mise en avant par le lobby anti-industrie pharmaceutique. Les médecins savent quand même distinguer l’information médicale de la pression « marketing »… »

Est-ce si sûr ?

 

medaille.jpg

Michel Chassang, Président de la CSMF, fossoyeur de l'Option Médecin Référent, médaillé

 

 

Le Vioxx : une affaire exemplaire

 

vioxx.jpg

Un exemple frappant, celui du retrait précipité du Vioxx ( rofecoxib) en septembre 2004, a contribué à ébranler profondément ce type de certitude. Ce médicament destiné à soulager les douleurs de l’arthrose visait un large marché : une partie importante de la population des pays riches est touchée par l’arthrose, les douleurs rhumatismales. Or le Vioxx fait l’objet, avant même sa commercialisation, d’une promotion intense, y compris dans les médias grand public : ce médicament prétendument révolutionnaire bénéficierait d’un atout majeur par rapport aux anti-inflammatoires classiques : une excellent tolérance digestive. Pour tous les patients souffrant d’aigreurs d’estomac liées à la prise fréquente d’anti-inflammatoires, c’est, apparemment, une bonne nouvelle, et l’attente générée dans le public par cette information… désintéressée… est forte.

Une chronologie simple permet de retracer cette affaire :

Mai 1999 : autorisation de mise sur le marché aux USA du Vioxx

Novembre 1999 : autorisation de mise sur le marché en France du Vioxx

Le prix demandé aux patients est élevé : 10 francs français par comprimé quand la dose quotidienne d’un anti-inflammatoire classique comme l’ibuprofène revient à 2 francs. Dans un premier temps, le médicament n’obtiendra pas le remboursement par la Sécurité Sociale, car le tarif demandé semble trop élevé par rapport à l’avancée thérapeutique vantée.

Le laboratoire fait bénéficier les pharmacies hospitalières d’un prix extrêmement bas, 1 centime le comprimé, soit 1000 fois moins cher que le prix en ville. Ce véritable dumping a pour but d’amorcer la prescription hospitalière, sachant que, selon le Professeur Hazebroucq, directeur de la pharmacie centrale de l’Assistance Publique Hôpitaux de Paris : « Les firmes savent bien qu’un médicament prescrit par un grand professeur d’université a peu de chance d’être changé par un médecin généraliste… »

Dès cette époque, le résumé des caractéristiques du médicament publié aux USA fait état d’une tendance à l’hypertension artérielle plus élevée sous Vioxx.

Mai 2000 : l’étude VIGOR, présentée à un congrès britannique, compare le Vioxx à un anti-inflammatoire classique, le naproxène. Elle laisse apparaître une augmentation des accidents cardiaques sous Vioxx

Août 2000 : la Revue Prescrire titre « Rofécoxib, un antalgique AINS décevant : Vioxx comprimés » et fait part d’un doute sur une augmentation des risques cardiaques dans une étude en cours, en notant que «  ces données sont difficiles à interpréter en l’absence de compte-rendu détaillé ». La Revue, véritable « bible » des médecins soucieux d’accéder à une information indépendante, considère que le Vioxx « n’apporte rien de nouveau », et ceci alors que la promotion du médicament auprès des médecins bat son plein.

Novembre 2000 :dans un second article consacré à une étude après un an de commercialisaion en Grande-Bretagne, la Revue Prescrire répètera que « le bilan laisse persister un doute quand à un risque cardiaque particulier »

Février 2001 : une analyse détaillée de l’étude VIGOR par l’administration américaine du médicament n’est pas en faveur du Vioxx : s’il semble exister une diminution des effets indésirables digestifs graves, celle-ci est annulée par un excès d’accidents cardiovasculaires graves, et ce dès le premier mois de prise du médicament. De plus, les experts de la FDA découvrent que l’incidence des accidents vasculaires a été minorée par les médecins et chercheurs ayant signé l’étude.

Juin 2001 : le Vioxx est admis au remboursement en France

Août 2001 : le Dr Topol, cardiologue américain, publie dans le Journal of the American Medical Association, une revue de l’étude VIGOR passée au crible avec son équipe : les taux d’infarctus sont significativement plus élevés sous Vioxx qu’avec un placebo ( « médicament » chimiquement neutre utilisé comme témoin).

Le laboratoire Merck a rencontré le Dr Topol et tenté d’obtenir, sans succès, le retrait de son article, avant publication.

Le service marketing du laboratoire Merck remet en cause les conclusions de l’étude VIGOR : ce ne serait pas le Vioxx qui causerait plus d’accidents vasculaires… mais le naproxène auquel il était comparé, qui serait protecteur vasculaire ( le naproxène n’a jamais été utilisé dans cette indication)

Les congrès, les journaux médicaux, sont envahis de communiqués de presse assurant de la sécurité cardiovasculaire du Vioxx , thèse appuyée par les nombreuses prises de position de grands professeurs de médecine que Gilles Bardelay, de la Revue Prescrire, qualifie dans le Monde de « dealers d’opinion »…

En France, l’Agence de Sécurité Sanitaire… critique les « faiblesses méthodologiques » du travail du Dr Topol, et reprend à son compte les explications du marketing de Merck : s’il y a excès d’infarctus sous Vioxx, « cette différence serait liée à l’action antiaggrégante plaquettaire ( fluidité sanguine) du naproxène que ne possède pas le rofecoxib »

Mars 2002 : Au salon du Medec, grand-messe de la formation et de la communication médicale sponsorisée par les firmes pharmaceutiques, le Vioxx est plébiscité par les 6282 médecins participants amenés à désigner les « meilleurs médicaments de l’année »

Septembre 2002 : En présence du Professeur Michel Boisron, Président du Comite Médical du Medec 2002, du professeur Bernard Glorion, Président du Conseil National de l’Ordre des médecins, du Dr Claude Maffioli, président de la CSMF et Président du Comité Médical du Medec 2003, de divers représentants du ministère de la Recherche, de l’Assemblée Nationale, de députés et sénateurs illustres…le Vioxx reçoit le « Prix du Médicament de l’Année », dans la catégorie « recherches internationales », pour «  sa remarquable tolérance gastro-intestinale qui a été plébiscitée plus encore que son efficacité anti-inflammatoire. » selon le Quotidien du Médecin.

 

claude_maffioli.jpg

Claude Maffioli, ex-Président de la CSMF, candidat maheureux de l'UMP à Reims ( 2002), puis membre du collège de la Haute Autorité de Santé jusque récemment

2002 : l’Assurance-Maladie rembourse environ 116 millions d’euros pour le Vioxx

2003 : l’Assurance-Maladie rembourse environ 125 millions d’euros pour le Vioxx

Avril 2004 : l’Agence européenne du Médicament annonce que le Vioxx n’a pas montré « d’avantage gastro-intestinal significatif » et que sur le plan cardiaque, les médicaments de sa classe « pourraient présenter un léger désavantage de sécurité par rapport » aux anti-inflammatoires plus classiques. L’autorisation de mise sur le marché n’est pas révisée. Le prix du médicament reste identique.

Septembre 2004 : à la suite d’une nouvelle étude, la firme MSD annonce le retrait du Vioxx suite à la mise en évidence d’effets indésirables cardiaques sévères. Une estimation américaine fait alors état d’environ 30.000 infarctus et morts subites d’origine cardiaque imputables au Vioxx, sans compter les accidents vasculaires cérébraux.

Aucune agence française ne publie d’estimation de l’incidence des dégâts cardiovasculaires du Vioxx en France, selon le principe bien connu du nuage radioactif de Tchernobyl, qui veut que les catastrophes sanitaires ne passent pas nos frontières, grâce au zèle et à la vigilance de nos élites.

3 Janvier 2005 : Nos élites. Parlons-en.

 

220px-Philippe_Douste-Blazy_ABr124875_cropped.jpg

Philippe Douste-Blazy, spécialiste en cardiologie, professeur de santé publique, ministre de la Santé, fossoyeur de l'Option Médecin Référent et du Fonds de Promotion de l'Information Médicale ( indépendante), célèbre inventeur du massage cardiaque assis.

Philippe Douste-Blazy, spécialiste en cardiologie, professeur de santé publique, ministre de la Santé, venu faire la promotion de la réforme qui porte son nom sur RTL, est interrogé par Gérard Courtois, au sujet du Vioxx. Plus de trois mois après le retrait brutal de ce médicament.

« Philippe Douste-Blazy : …un médicament c'est très sérieux, çà a des effets positifs et négatifs. Ça donne une autorisation de mise sur le marché et on fait ces médicaments là, on les donne aux personnes pour des indications données.
Alors là attention parce qu'aujourd'hui, nous n'avons absolument pas, nous, estimé qu'il y avait plus d'effets négatifs que d'effets positifs et donc nous, et d'autres pays dans le monde, y compris d'ailleurs la FDA, la Food and Drug Administration, très dure aux États-unis, n'ont pas estimé qu'il y avait plus de problèmes négatifs que de problèmes positifs, donc ils ont continué.
En réalité qu'est ce qui s'est passé ? Un article dans l'Herald Tribune ou le New York Times, je ne me souviens plus, sort, donc on rend public, disons qu'il pourrait y avoir quelques problèmes pour cet anti-inflammatoire, l'opinion publique se rend compte de cela, vous les journalistes, et c'est normal, vous en parlez. A partir de là le président directeur général de la grande société pharmaceutique décide que pour des raisons de marketing, il vaut mieux le retirer du marché tout de suite plutôt que de continuer ce produit parce que dans un journal à grand tirage, on dit qu'il peut y avoir des effets secondaires. Mais oui il peut y avoir des effets secondaires ! Résultat, il l'enlève, dés l'instant où il l'enlève, çà finit par une émission comme celle-là par quelqu'un de très sérieux comme vous qui dit, mais on enlève ce médicament parce qu'il est dangereux. Mais en fait…

Gérard Courtois : C'est ce que les patients ou les malades peuvent imaginer !

Philippe Douste-Blazy : Oui c'est ce que tout le monde croit ! Ou peuvent imaginer. En réalité je crois que le président directeur général a eu peur de faire face à un article grand public où on parle d'effets secondaires bien classiques et bien connus en médecine, et a peur à ce moment là pour son action et pour la bourse.

Richard Arzt : Quelle sera la solution ?

Philippe Douste-Blazy :Je dis qu'il faut faire attention, que la bourse, le rendement à court terme c'est très gentil mais çà a des limites, c'est la raison pour laquelle je plaide pour un capitalisme social et libéral. Je pense que c'est très important comme philosophie de penser. Le capitalisme, l'ultralibéralisme n'est pas un bon système. Là je crains, enfin s'il doit y avoir des problèmes pour Vioxx, faisons le, je suis le premier à vouloir les enlever les médicaments qui sont dangereux donc je veux dire moi je suis ni de près ni de loin proche des industries pharmaceutiques. Je dis simplement que là, dans le cas particulier aucun expert au monde n'a trouvé qu'il y avait un effet négatif. Or il se trouve que le PDG l'enlève, si le PDG l'enlève c'est qu'il a peur pour son action à court terme, donc pour ses actionnaires à court terme. Ça, si c'est çà, c'est lamentable.

Gérard Courtois : Autrement dit à vos yeux, les contrôles sont assez stricts tels qu'ils existent et les experts sont suffisamment indépendants ou totalement indépendants des laboratoires pharmaceutiques ?

Richard Arzt : C'est les journaux qui de temps en temps compliquent la chose !

Philippe Douste-Blazy :Non, non, pas du tout ! Non, çà c'est un second sujet, donc le premier sujet dont je parle, c'est en effet le grand public est mis au courant par des journaux d'effets secondaires et nous on sait qu'il y a des effets secondaires, nous les médecins…

Gérard Courtois : Il arrive qu'en dehors des grands journaux il y ait également des publications scientifiques qui…

Philippe Douste-Blazy : Alors çà c'est autre chose, lorsque Nature sort en disant qu'il y a un effet secondaire terrible, le médicament est mort tout de suite et heureusement il est enlevé du marché. Les agences du médicament aussi, françaises, européennes, américaines peuvent l'enlever… »

Echange surprenant. A plus d’un titre. L’explication donnée par le ministre de la Santé, spécialiste en cardiologie, professeur de santé publique, au sujet du Vioxx, l’un des scandales médicamenteux les plus retentissants de ces dernières années, est la suivante :

-Il n’y a pas de problème particulier avec le Vioxx, et il n’y a eu aucune publication scientifique sur d’éventuels effets négatifs du Vioxx.

-La décision de retrait est disproportionnée, et liée à un réflexe de panique face à un risque de chute de l’action boursière de la firme qui fabrique le médicament.

Notons la remise en cause par le ministre de l’ultralibéralisme et du capitalisme financier sauvage ! Hormis cet éclair de lucidité, cette interview ouvre un vaste questionnement sur le fonctionnement de notre système français de pharmacovigilance…

 

Que nous révèle l’affaire du Vioxx de la sécurité sanitaire en France ?

Que nous révèle cette affaire de la manière dont sont formés et informés les médecins ? de la manière dont sont formés et informés leurs représentants les plus illustres ?

Comment expliquer que dès le mois d’Août 2000, des généralistes, des spécialistes, des pharmaciens, des étudiants en médecine, lecteurs d’une revue indépendante en langue française, soient déjà alertés de l’existence d’un possible risque cardiovasculaire du Vioxx … mais que dix-huit mois plus tard, 6000 de leurs confrères, professionnels de santé comme eux, élisent ce médicament « Médicament de l’Année ». Comment expliquer que près plus de quatre ans cette première mise en garde en langue française, et alors que des dizaines d’articles sont parus à ce sujet dans la presse internationale, le ministre de la Santé puisse aligner à l’antenne d’une grande radio d’ahurissantes contre-vérités ?

Je n’ai pas la réponse à ces questions.

Franchement, elles me dépassent.

Elles donnent au petit médecin généraliste référent à 20 euros que j’étais alors, au misérable petit médecin traitant à 23 euros que je suis aujourd’hui, qui ne reçoit pas les représentants commerciaux des firmes et n’a jamais prescrit de rofecoxib malgré la pression insistante de certains services hospitaliers ou de certains patients, de fortes migraines. (*)

Et j’imagine, au vu des sommes qu’a dépensé la Sécurité Sociale à la suite de la mise sur le marché d’un médicament aux effets indésirables graves sur la foi d’études savamment retravaillées… que ces questions donneraient aussi de fortes migraines à ces assurés sociaux qu’on cherche à tout prix à responsabiliser, dont on diminue la couverture maladie, qu’on accuse de frauder avec l’argent de l’assurance-maladie solidaire. «  Selon que vous serez puissant ou misérable… » écrivait La Fontaine, qui devait déjà avoir compris comment fonctionnent nos élites politiques, implacables avec les faibles, indulgentes envers les puissants…

 

SarkozyServier.jpg

Ces deux-là, on ne les présente plus.

 

 

19/07/2010

Laurent Wauquiez le Huron, dans "On peut pas décemment appeler ça racoler"

sarkozy-christine-lagarde-laurent-wauquiez-anpe-ocde-cdi-chomage-chomeurs-emploi-crise.jpg

 

Laurent Wauquiez, qu'on se le dise, est un iconoclaste, une sorte d'OVNI politique, tant sa trajectoire dans le ciel étoilé de la Sarkozye est particulière.

Faudrait pas se méprendre, hein? Faudrait pas imaginer qu'on a là du gros bourgeois UMP lourd, enveloppes en fin de repas et blagues hortefeuxiennes de sous-préfecture pétainiste sur les bicots et autres Auvergnats?

 

Non, avec Laurent Wauquiez, on entre dans une sphère restreinte, que seuls arpentent des Dominique de Villepin et autres cabotins sauveurs de la France. On entre au Panthéon des hommes politiques intègres, profonds, capables d'abnégation, capables de porter le fer dans la plaie et de penser contre son camp ( pour paraphraser dans la même sentence Albert Londres et Edwy Plenel).

 

Car Laurent Wauquiez, mesdames et messieurs, n'est pas n'importe qui.

Laurent Wauquiez est un Huron.

En anglais, pour le bénéfice de ses généreux donateurs d'Outremanche: "LAURENT WAUQUIEZ IS A HIIIOURONNNE, ladies and gentlemen, please give freely while I pass the sebille among you."

Pour ceux que cette affirmation laisse pantois, un petit coup de Wikipedia:

"Dans ses "Dialogues curieux entre l'auteur et un sauvage de bon sens qui a voyagé", le baron de La Hontan met en scène un Huron qui critique la société sur le thème du bon sauvage. Dans un roman de Voltaire, L'Ingénu, le héros est un jeune Huron qui arrive en France. Le regard étranger du Huron permet à Voltaire de s'interroger sur certaines des coutumes françaises qui peuvent paraître bizarres à un étranger, et lui permettent de critiquer notamment les Jésuites et les Jansénistes. C'est de ce roman que vient l'expression un Huron pour désigner une personne aux mœurs sauvages."

Une personne aux moeurs sauvages, un peu comme Hugh Jackman dans AUSTRALIA, quoi. Han Solo dans L'EMPIRE CONTRE-ATTAQUE. Un héros solitaire et ombrageux qui n'obéit qu'aux exigences de son éthique personnelle. Un OVNI en politique, un Huron. Raymond Aubrac et Stéphane Hessel, à côté, c'est Laurel et Hardy.

 

C'est pas moi qui le dit, hein. C'est çuikidikilé, et c'est Laurent Wauquiez Himself qui le dit, dans un ouvrage qu'il commit chez un éditeur qui fut aussi le mien, j'ai nommé Guy Birenbaum.

 

9782350760278.jpg

Ce livre, que je lus, donc, est un assez intéressant exercice d'autocongratulation modeste dans lequel Laurent Wauquiez explique tout du long comment que la politique, c'est un métier noble et intéressant pour les jeunes qui en veulent, pas du tout le panier de crabes qu'on croit mais une belle entreprise, même qu'il remercie ses parrains qui l'ont bien aidé comme Jacques Barrot ( à noter les belles pages sur la france rurale aux mille clochers, etc....) avant, dans les dernières dix pages, sentant venir les changements ( Sarkozy commence à distancer nettement à l'époque la résistance villepinesque) de se livrer à un hallucinant panégyrique du Nicolas, un gars qui sent super bon la France, qui connaît super-bien les chansons de Michel Sardou et les chante avec coeur, un gars, quoi, qui mieux que personne peut incarner la France parce que le projet qu'il a à lui, la France d'Après, c'est De Gaulle + les Rolling Stones, quoi, le mec est une sorte de foutu rocker résistant de la première heure...

Et là, t'es forcé d'admirer le gars qui t'a fait une modeste démonstration du fait qu'il est lui-même un OVNI en politique, et qui finit son bouquin de rebelle autoproclamé en tapant sur le clavier avec la langue fièrement collée au pantalon du Sarlusconi himself, les yeux brillant d'une affection rantanplanesque tout ce qu'il y a de classique dans ces milieux où la culture du chef remplace avantageusement toute vélléité d'autonomie ou de réflexion personnelle.

T'es forcé d'admirer la "personne aux moeurs sauvages", prise la main dans la caisse de son micro-parti de poche. (J'adore l'expression, quel dommage pour Al Capone de ne pas avoir eu un conseiller en communication aussi performant).

Laurent Wauquiez, messieurs-dames, le quadra aux dents blanches et au sourire Colgate qui nous la joue à l'Assemblée "face" à l'opposition depuis des semaines sur le mode: "Attention, c'est mal ce que vous faites, c'est laid. Vous jouez avec la démocratie, vous faites le jeu des extrêmes, l'honneur d'un homme, et quel homme, est en jeu ici, restez dignes"...

Laurent Wauquiez, le Huron qui passe la sébille en fin de banquet chez les banquiers de la City et de Wall Street, le Huron qui pris la main dans le sac commence par mentir comme un arracheur de dents avant de minimiser sa collecte.

http://www.lexpress.fr/actualite/politique/financement-po...

T'imagines un peu les Huronnes du Bois de Boulogne à l'oeuvre: "Non, monsieur l'Agent, je faisais pas le tapin, ou alors si un peu quand même mais les clients n'ont pas été très généreux...on peut pas décemment appeler ça racoler..."

 

Bouffon, va. Allez, bonnes vacances, et la bise à tata Liliane.

 

PS: Tu noteras, ami de la littérature amérindienne, l'accroche du livre du Huron, du rebelle autoproclamé: " petit manuel ( Valls) à l'attention de ceux qui veulent secouer la politique". Les mendiants secouent la sébille, le Huron secoue la politique, c'est ainsi

 

16/11/2007

« C'était un vendeur d'assurances…donc, pour lui, tout est bon » : Xavier Bertrand et les syndicats

 

 

 

626213689a1329bd6be39788686f9fd4.png

 

C’est un des puissants barons de Nicolas Sarkozy.

Passé à l’ «ennemi » en Décembre 2006 après avoir longtemps œuvré, dans le clan des juppéistes, à tenter d’éviter que les syndicats médicaux proches de l’UMP fassent allégeance à celui que détestait la chiraquie.

L’échec de cette manœuvre tacticienne étant patent, Xavier Bertrand rejoignit ( provoquant la colère et la surprise de Jacques Chirac) le candidat à la présidentielle.

d6a499fda9b97f39a0e9f300696b482b.jpg

 

Dans Le Monde, Rémi Barroux et Christophe Jakubyszyn notent : La force de Xavier Bertrand, qui fait de lui un vrai politique, c'est de ne pas s'attacher. Séguin, Juppé, Chirac, Raffarin, Sarkozy : il a pris appui sur chacun, l'un après l'autre. Sans ciller, il confirme : « Je ne suis pas proche de Juppé, je ne suis proche de personne. Certes, Juppé est la première personne qui m'a fait confiance et je m'en souviens. Raffarin aussi, je lui suis reconnaissant. Je suis fidèle par la reconnaissance. »

Non content de rejoindre le clan Sarkozy, Xavier Bertrand, à la différence de ralliés sans envergure ( au hasard, Philippe Douste-Blazy), occupe d’emblée une place de choix dans l’organigramme, en devenant porte-parole du candidat.


 

8e44592fc4f58c08c79d309ce95ce94a.jpg

« Ce n’est pas trop dur de dire comme porte-parole l’inverse de ce  que vous disiez comme ministre? » lui demandait Eric Favereau ( Libération).

A quoi Xavier Bertrand, qui longtemps et à juste titre combattit l’idée de franchises sur les soins avant de les défendre une fois passé dans le camp sarkozyste, répondait : « Ce n’est pas le cas. Car je ne suis pas du genre à changer de position, Je revendique la cohérence ».

Et effectivement, Xavier Bertrand est un homme intelligent et cohérent. Sa manière de gérer les relations syndicales ne varie pas, depuis des années. A l’heure où, Ministre du Travail, des Relations Sociales et de la Solidarité, il négocie avec les syndicats… en refusant apparemment d’envoyer à Sud-Rail la lettre de « proposition de méthode » concoctée avec Nicolas Sarkozy, il est intéressant de se souvenir de la manière dont, en tant que Ministre de la Santé, il tissa des liens très serrés avec… ceux des syndicats médicaux qui lui agréaient.

 

PETIT RAPPEL DES FAITS, EN VIDEO EDUCATIVE:

http://www.dailymotion.com/relevance/search/bertrand+%C3%...

 

ET DANS LE TEXTE:

(adapté de Les Fossoyeurs, ed Privé-Michel Lafon) 

En Juin 2006, les médecins votent aux élections professionnelles, et ce vote a valeur de test sur leur adhésion à la réforme Douste-Blazy-Bertrand. Les syndicats signataires proches de l’UMP ( CSMF et SML) sont minoritaires chez les généralistes, qui votent à près de 60% pour les opposants à la convention.

Par un tour de passe-passe, Xavier Bertrand va alors confier au sénateur Vasselle le dépôt d’un amendement adopté en catimini au Sénat pour ôter tout pouvoir de nuisance aux syndicats que le pouvoir a décidé de considérer « non représentatifs » malgré leur succès électoral(*).

a67f6d0da31d778135fbcab9cd403da9.jpg

 

Ce déni démocratique contre lequel s’élèveront les députés et sénateurs de l’opposition (**) constitue le seul moyen pour Xavier Bertrand de sauvegarder l’axe UMP-CSMF bien mis à mal dans les urnes, car contrairement aux prévisions, MG France, Espace Généraliste et FMF se sont rejoint pour créer, au-delà de leurs divergences, une intersyndicale majoritaire qui, devant le refus de reconnaissance de sa représentativité issue des urnes, use d’un artifice juridique pour s’opposer aux avenants signés par la CSMF… même lorsque ceux-ci s’accompagnent de revalorisations financières pour les médecins.

« Les syndicats doivent être reconnus représentatifs parce qu’ils ont été élus, pas parce que le ministre l’a décidé ! » martèle le président de MG France. Bombardés de mails et de lettres par des généralistes furieux de voir le ministre de la santé s’asseoir ainsi sur le vote de 29.000 médecins pour continuer à privilégier la CSMF et le SML, les sénateurs réutilisent la bonne vieille technique du copier-coller pour renvoyer les généralistes à leur néant, paraphrasant Philippe Bas, ancien secrétaire général de l’Elysée, ubuesque ministre de la Sécurité Sociale, qui déclare qu’il n’est pas question de donner à des syndicats qu’il a décidé de considérer non-représentatifs « un pouvoir de nuisance qui ne s’accompagne pas d’un pouvoir constructif ».

Michel Chassang, président de la CSMF, botte en touche en assurant n’avoir rien demandé : « Je n’approuve ni ne désapprouve. Je constate simplement que le Parlement a décidé d’exprimer clairement l’esprit du législateur en corrigeant son erreur initiale. Mais c’est le problème de la représentation nationale, pas le mien ».

 

Son prédécesseur à la tête de la CSMF, le Dr Claude Maffioli, candidat UMP malheureux aux législatives de 2002 ( Investi par l’UMP, il se verra éliminé au premier tour par Catherine Vautrin, dissidente… tragiques aléas de la démocratie…), nommé à la HAS et président de l’Union Nationale des Professions Libérales, s’émeut de l’avis du Conseil économique sensible aux arguments des opposants : l’UNAPL « refuse de faire de l’élection un critère principal, voire unique, de mesure de la représentativité. »

 

5683570b8a8dca6b4d8c9cb93c3b1671.jpg

Selon l’UNAPL, ce serait « une prime donnée à ceux qui n’ont pas de programme et qui ne sont que simplement contestataires ». Ah… délices de la démocratie… Entre l’UMP d’un côté et les représentants de la CSMF de l’autre, les opposants redécouvrent la stéréo.

L’intersyndicale majoritaire saisira le Conseil Constitutionnel, et l’opposition parlementaire fera de même, en vain. Mais la manœuvre laisse quand même de grosses traces de pneu dans la purée du petit, au moment où le gouvernement prône le dialogue social devant les syndicats de salariés ( lesquels demandent eux aussi, tout simplement, que la représentativité soit liée aux résultats électoraux).

Quelque temps plus tard, et dans le but louable de fluidifier les relations sociales, les présidents des syndicats signataires désavoués par la majorité des généralistes seront décorés de la Légion d’Honneur en Janvier 2007.

0f03876b0dddd4e94309c8dea3b622af.jpg

 

 

Le titre de cette chronique est une citation de François Chérèque

c6b4e56de9f018108665649b3e34c1e8.jpg

 

( qui n’est tout de même pas Emiliano Zapata)

60f701cd5b928cf869924e7163de6888.jpg

 

dans Le Monde, 16/10/2007.

 

 

 

*  Le Docteur Jean Leonetti, député-maire UMP d’Antibes et auteur de la loi sur le droit des malades et la fin de vie, donnera l’explication de cette manœuvre : « Le gouvernement a choisi la voie sénatoriale pour faire voter son texte, car chez les députés, à quelques mois des élections législatives,  cet amendement ne serait jamais passé ».

 

 

** Le Sénateur Jean-Pierre Godefroy, représentant du groupe socialiste, fustigera cette manœuvre indigne : « Cela revient finalement à annuler autoritairement les résultats d’une élection contrôlée par l’Etat…Si votre conception du dialogue social, c’est  de choisir vos interlocuteurs en évacuant tous ceux qui ne sont pas d’accord avec vous, ce n’est plus du dialogue social, c’est se regarder dans le miroir !.. Et pourquoi ne pas changer demain le résultat de toutes les élections dans le pays en disant que tel corps électoral n’est pas représentatif ? Dans un texte comme celui-ci, oser un tel morceau de bravoure, c’est se moquer de l’opinion publique. »

faa95905a92f8371301322324dc412e1.jpg
 
Toute l'info avec 20minutes.fr, l'actualité en temps réel Toute l'info avec 20minutes.fr : l'actualité en temps réel | tout le sport : analyses, résultats et matchs en direct
high-tech | arts & stars : toute l'actu people | l'actu en images | La une des lecteurs : votre blog fait l'actu