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23/09/2011

ALZHEIMER: UN DESASTRE INTELLECTUEL ET MORAL

 

 

Dans les médias, je l'ai dit, les grrrrands spécialistes se répandent pour défendre, derrière les médicaments anti-Alzheimer, leur "boutique".

Le but: tout faire pour que ces médicaments n'obtiennent pas lors de leur réévaluation en cours à la Commission de Transparence une note de Service Médical rendu "insuffisante", qui amènerait à leur déremboursement , entraînant la ruine de la filière et la décrédibilisation des prescripteurs, mais seulement une note de Service Médical Rendu "faible", permettant en jouant avec les mots de sauver la face et de continuer à prescrire, mais en baissant progressivement la voilure, ces médicaments présentés jusqu'ici par les grrrrands professeurs comme utiles voire indispensables.

Ce petit extrait d'une émission diffusée en 2008, dans laquelle interviennent le professeur Bruno Dubois et le docteur Dominique Dupagne, est ahurissante. Allez, ça dure 1 minute 43, faites-moi plaisir, écoutez-ça...

http://www.youtube.com/watch?v=wNDrASRaGTY&feature=youtu.be

 

Alors que le généraliste explique les graves effets indésirables de ces médicaments, le spécialiste ( qui fait actuellement le tour des média sans que ses liens d'intérêt n'apparaissent bien clairement...) avoue benoîtement ( en insistant, qui plus est ) que les médicaments ne ralentissent pas l'évolution de la maladie ( "je crois", renchérit-il même" qu'il y a eu une communication excessive en disant que ça ralentit la maladie, non, ça ne ralentit pas la maladie, on est d'accord"), avant d'expliquer que les médicaments ont permis de faire déplacer les patients et de faire vivre et fructifier la filière gériatrique et neurologique. Des médicaments, soulignons-le, dont le professeur Dubois lui-même vient quelques secondes auparavant de souligner l'inefficacité ( sans même parler des effets indésirables). Qu'importe, du moment qu'on a structuré la maladie ( concept aberrant)... Mais est-ce que ces gens s'entendent parler? Comment peut-on reconnaître attirer des patients dans des services de neurologie ou des consultations de la mémoire au moyen de médicaments potentiellement dangereux dont on a parfaitement conscience ("on est bien d'accord") de l'inefficacité??? Mon parallèle avec Charcot et son musée pathologique vivant me semble chaque jour qui passe plus juste et plus terrifiant...

 

A ce stade, les bras me tombent. Parfois j'ai envie de m'asseoir et pleurer, franchement.

Alzheimer, c'est un désastre intellectuel et moral. Mais pas seulement chez les patients.

 

 

22/09/2011

Knock Knock... il y a quelqu'un?

jouvet_knock.jpg

 

Lorsque la poussière retombera sur les "médicaments anti-Alzheimer", lorsqu'il sera enfin avéré que leurs effets indésirables graves ne sont contrebalancés par aucune efficacité réelle, on ne trouvera plus personne pour les défendre, ou même se souvenir en avoir prescrit.

Ce fut déjà le cas avec le Mediator, et avec le Vioxx, ce sera le cas demain avec le Protelos.

Les grrrrands spécialistes poussent des hauts cris, puis se terrent, rasent les murs, se font oublier un temps. Et pour les lanceurs d'alerte, c'est l'écoeurement, à chaque fois, de voir comment le système prend les mêmes et recommence...

Mais ne soyons pas triste, même au milieu de ce marasme il y a de quoi rigoler un peu. Ainsi l'innénarrable Dominique Dupagne a t'il déniché un document fort intéressant sur le confrère qui a pondu dans le Monde son plaidoyer pour la sauvegarde de la filière gériatrique, en vilipendant les "confrères médiatiques" et la revue Prescrire, qui mettent en doute l'utilité des médicaments anti-Alzheimer.

http://www.atoute.org/n/article227.html

A défaut de notoriété médiatique, on y apprend que les conférences du confrère sont sponsorisées par d'émouvants mécènes, en toute transparence. Rappelons que tout médecin intervenant sur le domaine du médicament dans un média grand public ( genre... les colonnes du Monde... ) est sensé révéler ses éventuels liens d'intérêt. C'est la loi, que voulez-vous... et ce serait plutôt utile pour savoir d'où on parle, et de qui on se fait, éventuellement, le porte-voix.

Rappelons pour enfoncer le clou qu'à l'heure actuelle, la Commission de Transparence ( excusez-moi, j'ai failli m'étouffer de rire) a refilé aux seuls industriels ses conclusions, pour leur permettre de se défendre, j'imagine. D'où la vertueuse levée de boucliers des grrrands spécialistes...

Je clôturerai aujourd'hui avec ce post d'un petit généraliste à 23 euros. Seul dans son coin il remarque que le chiffre des patients atteints de la maladie en France lui semble artificiellement gonflé, et il décrypte la manip. Ne vous inquiétez pas. Il n'est pas expert, il n'émarge pas à la HAS, il ne dîne pas avec Servier ( Grosselime non plus, paraît-il) et donc de son témoignage personne n'aura rien à foutre. On ne va tout de même pas écouter un enfant de cinq ans qui crie que le monsieur est tout nu, alors même que tous les conseillers admirent les oripeaux du roi...

"Le nombre de patients atteints de maladie d'Alzheimer n'est pas du tout
connu et on nous bassine avec un nombre variant selon les journalistes
de 850 000 à 1 000 000.
Or il n'y en a "que" 350 000 environ admis en Affection Longue Durée pour ce motif...
N'y a-t-il pas un problème?
Nos chercheurs se basent pour les estimations plus hautes sur l'étude
Paquid qui a un biais majeur, c'est qu'elle a supposé que le taux
d'hospitalisation des patients atteints d'un Alzheimer ne différait pas
de celui des autres patients. Or cela et faux. Nous hospitalisons plus souvent, plus
facilement un patient dont les fonctions cérébrales sont détériorées car
il ne pourra pas gérer le traitement en ambulatoire pendant une
infection par exemple. Donc le jour du comptage de Paquid, il est
possible que les patients atteints de cette démence aient été plus présents
dans les hôpitaux, proportionnellement, que les autres patients.

Il y a deux ou trois ans une étude du réseau Sentinelle nous demandait
le nombre de patients Alzheimer dans notre patientèle et en concluait...
qu'on ne savait pas les diagnostiquer car on en avait moins que ce que
l'étude prévoyait.
J'avais eu de longues discussions avec les auteurs de l'article sur
cette possibilité mais ils n'en ont pas démordu, si on en a moins dans
nos cabinet que les prévisions, c'est qu'on ne sait pas les
diagnostiquer et qu'il faut donc envoyer tous les vieux en consultation
mémoire....

A ce propos, le chercheur ne savait pas qu'un MMS ou d'autres tests de mémoire se
pratiquaient couramment dans un cabinet de MG...

Un stage en MG de ville devrait être obligatoire pour tous les PU-PH. ( praticiens hospitaliers)"

 

 

21/09/2011

L'Alzheimer, ça eût payé...

KNOCK_1950.jpg

 

A l'approche de la journée de l'Alzheimer, et alors que notre petit président à nous qu'on a a fait des pieds et des mains ( surtout des mains) pendant des années pour tenter de convaincre qu'il s'intéressait à cette maladie, au point de pondre un indigent Plan Alzheimer financé ( cherchez l'erreur) par les franchises... que paient les malades Alzheimer..., le petit monde des grrrrands spécialistes de la maladie s'affole, et monte au créneau.

C'est qu'après le retoquage ( grâce au Formindep, collectif de soignants et de citoyens indépendants) pour conflits d'experts à gogo par la Haute Autorité de Santé ( énième agence dont l'intitulé même prêterait à sourire dans la Roumanie de Ceaucescu)  de sa lamentable recommandation sur la prise en charge de la maladie ( qui stipulait en gros que les médicaments servaient surtout à faire exister la "filière" de prise en charge de la maladie...), et dans un environnement financier contraint, la poursuite du remboursement de médicaments largement prescrits et promus par ces mêmes grrrrands spécialistes de la spécialité est aujourd'hui en danger. A cause de la revue Prescrire, et de "certains médecins médiatiques", à cause de la dissémination sur Internet de thèses médicales mettant en évidence la supercherie orchestrée jusque-là en toute impunité par les pontes de la spécialité, le rapport bénéfice-risque de ces médicaments inutiles et pourvoyeurs de graves effets indésirables n'est plus assuré. Et c'est Billancourt qu'on désespère, toute la filière Alzheimer qui crie au meurtre.

Les grrrands spécialistes expliquent à des journalistes bouche bée qu'il n'y a pas de débat sur l'efficacité de ces médicaments chez les grrrrrands spécialistes ( mais c'est bien ce qu'on vous reproche, crétins!). Certains expliquent benoîtement qu'on pourrait ( si certains de ces foutus généralistes ne freinaient pas des quatre fers) améliorer nettement le dépistage précoce, et ainsi créer une cohorte de pauvres gens à qui on annoncerait dix ans plus tôt qu'ils sont prédestinés à développer une maladie contre laquelle il n'y a pas de traitement à l'heure actuelle...( Je ne sais pas pourquoi, mais cela me fait penser au professeur Charcot, qui vivait dans "son" monde à la Salpétrière à la fin du 19ème siècle entouré de ce qu'il appelait avec gourmandise "mon musée pathologique vivant"...)

Et les zélateurs des traitements, sans même se relire, écrivent des articles qui feront date, comme celui-ci, tiré du Monde, insistant sur le "rôle structurant" de médicaments inefficaces sur l'évolution de la maladie et dotés d'effets secondaires:

http://www.lemonde.fr/idees/article/2011/09/19/bientot-plus-de-malades-d-alzheimer-en-france_1574305_3232.html

On vérifiera avec plaisir dans les réactions à l'article que les confrères ou les simples citoyens sont moins crédules ou moins aveuglés que l'espérerait "la filière":

http://www.lemonde.fr/idees/reactions/2011/09/19/bientot-plus-de-malades-d-alzheimer-en-france_1574305_3232.html

Ce dont les malades d'Alzheimer ont besoin, ce ne sont pas des médicaments aux graves effets indésirables vasculaires, mais d'être entourés d'aidants, d'accompagnants, d'humains. L'avoir "oublié" pour faire fonctionner la filière médicale et pharmaceutique est une honte.

 

17/09/2011

Lawrence Joffryn, t'es vraiment une brêle

C'est mesquin, je sais.

Se moquer du Nouvel Obs, c'est mesquin.

Le Nouvel Obs, son Claude Perdriel, son Jean Daniel à étole "témoin du siècle", hier son Jacques Julliard "révolutionnaire germano-pratin", et aujourd'hui son Laurent Joffrin, de retour après avoir presque réussi à flinguer Libé.

Donc, vacances, quelques jours, j'achète le Nouvel Obs. Pas par faiblesse passagère, mais parce que je kiffe trop sa race le DVD "Philip Roth sans complexe" qui est offert avec ce news-magazine pour bobos, emballé d'ailleurs avec Challenges, le journal qui s'honore de la prose humaniste du gros Denis Kessler, l'homme qui soulève sa couette la nuit en rêvant enterrer le pacte de 45.

Le Nouvel Obs, donc, et cette couv.

 

P1050160.JPG

"Philippe Roth.

Le roi."

Je regarde cette couv, la belle gueule de mon écrivain préféré, et je me dis: "Mais que cette couverture est con...". 

Le roi. Le roi? Le roi de quoi? Roth, le roi??? 

Je me dis: "Ce n'est pas possible, le type qui a pondu cette couv ne connaît rien à Roth, à son oeuvre, à la littérature. Il n'y a pas de rois en littérature, ni de reines ni de vassaux, la littérature ce n'est pas ça, ça n'a rien à voir. Le type qui a pondu cette couv a fait ça en cinq minutes en pondant l'accroche la plus con du siècle débutant pour pouvoir passer à autre chose, sa collection de photos porno archivées sur le disque dur de la rédaction. "

Il me faut un certain temps pour me rendre compte que c'est probablement le cas.

Philippe Roth. Le roi.

Philippe Roth.

Philippe.

Lawrence Joffryn, t'es vraiment une brêle.

 

 

 

15/09/2011

Pute pour le Cac 40...

Quelques jours de vacances. J'achète Le Monde, face à la plage. Une faiblesse passagère.

"Marchés affolés, politique impuissante" éditorialise l'éditorialiste.

Un petit mot sur les économistes, " de tout poil, hier conseilleurs sentencieux, désormais dépassés par les évènements et réduits à déplorer "l'irrationalité des marchés".

C'est l'éditorialiste qui italise, parce qu'on sent poindre son agacement. Devant ces économistes si volages, hier bien appliqués à lécher la raie des marchés, aujourd'hui faisant la moue de peur d'être éviscérés en place publique par les petits épargnants qu'ils ont grugé avec tant de morgue pendant des années. 

Et il continue, l'éditorialiste: "Au-delà des manoeuvres intéressées et des spéculations irresponsables, ceux-ci ( les marchés, faut suivre, sinon ça sert à rien...), pourtant, ne font que rappeler aux autorités politiques les deux défauts congénitaux de l'euro..." et bla et bla et bla....

Je lis ça, je m'arrête sur "irresponsables". Parfois il suffit d'un mot. D'un coup, tu réalises que pour l'éditorialiste du Monde, il existe des spéculations responsables. Tu tiques. 

Et tu réalises que ce que tu es en train de lire, c'est, somme toute, une laude appuyée au bon sens ( ah, le fameux bon sens des Eric Le Boucher et Jean-Marc Sylvestre...) des marchés, qui ne font que rappeler aux politiques, etc...

Voilà. C'est ça. Quand t'es "les marchés", c'est un peu comme pour Le Pen et De Villiers dans les années 90-2000, tu fais rien qu'à te heurter au politiquement correct alors que tu fais rien que rappeler, etc...

Le Monde. Quotidien Vespéral des Marchés, comme on dit du côté d'Acrimed.

Le Monde, qui page après page, pathétique crobard de Plantu après pathétique crobard de Plantu, t'explique que va falloir être sérieux maintenant et accepter l'austérité que t'impose la finance parce que "There Is No Alternative". 

Le Monde. Avant la poubelle, tu feuillettes distraitement, et tu tombes sur le cahier  Mode Hommes, le genre de truc qui provoque une discrète érection barbichue à Laurent Joffrin. Et en couv, sous l'intertitre "Un eldorado à conquérir", on t'explique que "le marché de la mode masculine résisterait mieux à la crise". T'es trop ravi d'être mis au parfum, surtout quand, sous la photo du sous-Chabal en couv, tu tombes sur le prix de la montre portée par le gars en mocassins Burberry et kilt en laine noir KENZO ( prix sur demande). La montre? Une babiole à 21735 euros.

Et là tu te dis: enfin, les gars, vous ne pourriez pas au moins faire semblant de faire du journalisme, et pas la pute pour le Cac 40?

 
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