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20/01/2010

H1N1: Comme un sourire de Xavier Bertrand...

 

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Jean-François Copé s’est forgé une légende, celle de rival de Nicolas Sarkozy.

Tout y fait ventre, ses spins doctors ont bien chiadé l’affaire.

Jean-François Copé serait un grand serviteur de l’Etat.
Jean-François Copé porte haut la Mémoire du Général.

Jean-François Copé est le secret espoir de tous ces bourgeois de droite effarés ( pas autant que nous) d’avoir mis à la tête du pays une brochette de pervers narcissiques plus incompétents les uns que les autres.
Jean-François Copé serait le meilleur d’entre Eux, une sorte d’Alain Juppé mâtiné de Villepin, le joker d’une UMP à la ramasse, le Jiminy Cricket d’une droite bling-bling Fouquettisée.

Une conscience de droite, un conservateur propre sur lui, garant de la France éternelle. Guaino sans les névroses, quoi. De Gaulle sans les cheveux.

 

 

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Sauf que.

Sauf que, votre Honneur, quand le Nouveau Centre réclame une commission d’enquête sur la gestion de la pandémie H1N1, Jean-François Copé n’apprécie pas.
Car même s’il n’y a pas grand-chose à attendre de l’immense majorité des députés et sénateurs ( A propos, Jean-Luc Mélenchon, matamore de comptoir, j’attends toujours ta réponse.. enfin, ma pomme et quelques dizaines de milliers d’internautes qui à ce jour ont lu la petite missive que je t’ai faite…), même s’il n’y a pas grand-chose à en attendre, disais-je, cette commission aura certainement a cœur d’étudier le fiasco auquel ont présidé Roselyne Bachelot, Brice l’Auvergnat désinhibé et Nicolas, « Celui qui glousse dans les cimetières ».

 

Cette commission se penchera sur la façon dont un gouvernement qui pioche chaque année 180 millions d’euros de franchises dans les poches des malades, qui étrangle financièrement la médecine générale, qui pousse les personnels des hôpitaux à l’abattage, aura dépensé près de 2 milliards d’euros pour réussir à vacciner 7% de sa population, en laissant dans la nature une proportion non négligeable des personnes à risque.

 

Et là, Jean-François Copé n’est pas d’accord.

Jean-François Copé rechigne.

Jean-François Copé « espère que ce n’est pas une approche inamicale ».

Parce qu’il parle comme ça, Jean-François Copé, qui nous promet pourtant depuis longtemps d’arrêter la langue de bois…

 

 

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Parce que pour Jean-François Copé, comme pour ses virils compagnons de l’UMP, la politique de la France, c’est une affaire d’amitié avant tout. De petits arrangements entre amis. Et ça a quelque chose de touchant, tu vois. Comme un sourire de Xavier Bertrand.

 

 

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18/01/2010

H1N1: "Pandémie: pourquoi les Français doutent-ils?"

« La France a le meilleur système de santé du monde, selon l’OMS ». « Le plan pandémique français est un exemple pour le monde entier ».

 

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Ces affirmations répétées par les technocrates ministériels devaient un jour ou l’autre être balayées par une crise sanitaire. C’est chose faite. Pour ceux qui pratiquent encore la médecine générale, ce petit métier voué à disparaître pour cause d’entrave au néolibéralisme financier, ce n’est pas une surprise. Ainsi dès 2007 j’avais créé un blog, « en attendant H5N1 », rassemblant données médicales parcellaires sur les risques sanitaires et commentaires désabusés sur la destruction accélérée du système solidaire français.

Mais je dois l’avouer, même pour un observateur averti, l’ampleur du fiasco H1N1 est surprenante. Ainsi les Français ont mis en doute les consignes péremptoires assénées à longueur d’antenne par ministres et experts. Par quel miracle ?

Fin Octobre, l’un d’eux livre son analyse. Antoine Flahault, directeur de l’Ecole des hautes études en santé publique, s’était hasardé mi-Août 2009 à une prévision basée sur une lecture hâtive des chiffres de décès dans deux îles de l’Océan Indien, reprise dans la quasi-totalité des média comme une vérité scientifique : la mortalité de la grippe H1N1 serait cent fois supérieure à celle de la grippe saisonnière. Dans ce contexte, on comprend l’étonnement de l’expert quand, dix semaines plus tard, la population boude les vaccinodromes. Son explication? Nous assisterions aux effets à long terme de… Mai 1968, aux caprices « d’enfants gâtés » : « Tout l’édifice patiemment construit pour le bien commun semble s’écrouler sous nos pieds : la population tourne massivement le dos et s’en va en maugréant... Peut-être, les barricades cèderont-elles ? Peut-être, la raison reviendra-t-elle ? » Cette explication sarkocompatible sur les méfaits de l’esprit de 68 en dit long sur le désarroi de nos élites, ainsi que sur leur déconnexion du réel. Et l’on a droit, comme toujours, au couplet sur les méfaits d’Internet : « une blogosphère insensée s’agite et semble mieux à même de convaincre l’opinion…souvent réfractaire aux données scientifiques… elle a des accents parfois paranoïaques, agite volontiers la théorie du complot, dénonce sans la moindre preuve les manipulations d’Etat… »

Ces affirmations n’expliquent pas comment une proportion très importante de professionnels de santé eux-mêmes font partie des vaccino-sceptiques. Ceux-ci seront désignés dans les média comme des irresponsables, voire des propagandistes sectaires, ce sera l’analyse râbachée sans nuance par Hélène Cardin sur France-Inter, qui prendra la défense d’experts épinglés pour leurs conflits d’intérêt non dévoilés avec Big Pharma, tout en raillant la piétaille généraliste, inculte et uniquement motivée par le manque à gagner que représenteraient les vaccinodromes.

A la vérité, c’est sur Internet en grande partie que la bataille d’arguments s’est livrée, médecins et infirmiers décortiquant patiemment les publications scientifiques, « vulgarisant » leur contenu parfois abscons pour leurs lecteurs, quand les médias en majorité servaient la soupe au plan pandémique. Et l’erreur majeure d’un gouvernement qui vit de l’instrumentalisation de peurs fabriquées aura été d’écarter d’autorité du plan pandémique les généralistes, troufions individualistes jugés comme incompétents. Imposer aux Français il y a cinq ans un médecin traitant, pour ensuite leur expliquer qu’ils avaient confié leur santé à un imbécile incapable de respecter la chaîne du froid, c’était ajouter un mensonge de trop à une longue série d’affirmations politiques et industrielles calamiteuses.

 

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Christian Lehmann est médecin généraliste et écrivain

 

Paru dans l'Humanité, samedi 16 janvier 2010

12/01/2010

VACCIN ET GRIPPE H1N1: C'EST MEME A CA QU'ON LES RECONNAIT

"Les cons, ça ose tout, c'est même à ça qu'on les reconnaît" Michel Audiard

 

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" Tout a été bien géré"

" Le gouvernement a pris les bonnes décisions et n'en a pas trop fait"

"L'épidémie de grippe A (H1N1) nous aura permis de développer nos capacités d'adaptation à des crises d'un type nouveau"

 

Nicolas Sarkozy, 12 Janvier 2009

 

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08/01/2010

VACCIN ET GRIPPE H1N1 : IL EST TROP TARD POUR SAUVER WILLY

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Il est trop tard pour sauver Willy.

Il est trop tard, définitivement trop tard, pour éviter à Roselyne Bachelot de payer le prix politique de son incompétence et de son autoritarisme, de ses choix industriels et organisationnels désastreux, de sa méconnaissance profonde de ce qui tisse la relation médecin-patient et de son mépris de la piétaille généraliste.

Je ne sauverai pas Willy, donc. Je n'écoulerai pas les stocks vaccinaux de la ministre, une fois l'épidémie passée.

Avant-hier encore, certains médias claironnaient l'immense succès des vaccinodromes en recopiant les communiqués triomphalistes du ministère alignant des chiffres de fréquentations gonflés par la panique artificiellement entretenue par la ministre et le calamiteux Directeur Général de la Santé. Aujourd'hui, le fiasco que j'ai dénoncé sans relâche depuis des mois( avec d'autres ) apparaît enfin à tous dans son énormité. Et Roselyne Bachelot capitule en rase campagne devant les médecins libéraux qui demandaient depuis des mois de pouvoir vacciner simplement à leur cabinet ceux de leurs patients pour qui la vaccination pouvait être utile, et qu'elle ridiculisait à chaque conférence de presse, son ironie malsaine répétée en écho par des idiots utiles comme François Chérèque ou Jean-Luc Mélenchon ( dont la forte pensée: " Devant les campagnes de santé publique, on fait d’abord la campagne on discute après, pas l’inverse..." lui sera je l'espère rappelée par ses pairs sénateurs et la presse s'il participe un jour à une commission d'enquête sur ce fiasco exemplaire)...

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Mais il n'est pas question de sauver Willy, d'écouler les stocks ministériels, à ce stade beaucoup trop tardif. La vaccination de masse a échoué, la vaccination ciblée enfin possible arrive beaucoup trop tardivement. Tant que nous y sommes, pourquoi ne pas vacciner contre la grippe espagnole, à ce stade, par "principe de précaution"? Peut-être certains patients à risque important, ou ayant des difficultés de déplacement, demanderont-ils à se faire vacciner dès maintenant sans attendre l'inclusion probable de la souche H1N1 dans le vaccin saisonnier de l'hiver prochain, dont on peut espérer que les processus de fabrication seront un peu mieux rodés que ceux du vaccin pandémique, mais cela ne changera pas grand chose au fiasco engendré par la technocratie au service d'un pouvoir politique dramatiquement incompétent et uniquement habile à créer des psychoses entretenant son délire sécuritaire.

Je reproduis ici, avec jubilation, l'article de mon ami Dominique Dupagne, en attendant la suite:

http://www.atoute.org/n/article144.html

 

Roselyne Bachelot capitule devant les médecins généralistes

Le coût de la vaccination contre la grippe A/H1N1 va être divisé par 20

 

Après une réunion tendue ce jeudi 7 janvier entre Roselyne Bachelot et les représentants des médecins libéraux, les derniers freins à une vaccination en ville par les médecins libéraux ont été levés.

Certains craignaient le pire : que les autorités sanitaires s’accrochent à leurs procédures controversées, responsables de l’échec de la vaccination dans les gymnases.

Les représentants des médecins libéraux ont tenu bon. La Ministre a capitulé et autorisé la mise en place d’un circuit de vaccination simplifié, c’est à dire inspiré de celui mis en place pour la grippe saisonnière qui donnait jusqu’ici toute satisfaction.

Les vaccins seront délivrés par les pharmaciens, professionnels de la gestion des médicaments.

Les vaccins seront réalisés par les médecins ou les infirmiers, autres professionnels qualifiés, pour leurs patients, dans un climat de confiance qui manquait cruellement dans les centres Bachelot.

La Ministre et son staff ne pouvaient pas imposer quoi que ce soit : quand la maison brûle à cause du barbecue, le propriétaire imprudent n’explique pas aux pompiers comment travailler. ( NDLR: la mise en gras est de moi, certaines phrases dont celle-ci atteignent à la perfection, c'est presque aussi bon que du Philip Roth...)

Certes, il y aura sans doute peu de candidats à une vaccination controversée, pour une épidémie évaporée. Mais le climat qui l’entoure retrouvera un peu de sérénité. Cette vaccination ne pourra pas démarrer avant une dizaine de jours, le temps d’approvisionner les pharmacies.

Le coût de la vaccination sera donc de 22 euros si elle se fait dans le cadre d’une consultation spécifique (revue des antécédents et réponse aux questions du patient, information sur les effets indésirables, choix puis prescription du vaccin le plus adapté) à 0 euros si elle a lieu pendnat une consultation de routine pour un autre motif, comme c’est souvent le cas. Une tarification de 6,60 euros a été négociée avec les syndicats pour les vaccinations multiples lors de séances spécifiques organisées par le médecin et ne nécessitant pas une consultation préalable. Ce sera sans doute une éventualité assez rare, du fait des nombreuses questions que les patients se posent sur les vaccins pandémiques. D’ailleurs, dans les gymnases, toutes les injections étaient précédées d’une consultation médicale.

Le coût moyen de la vaccination en ville qui tournera donc autour de 10 euros sera donc 20 fois inférieur à celui de la vaccination en centre qui mobilisait un nombre invraisemblable de personnels de santé pour une productivité ridicule et un coût unitaire dépassant les 200 euros (certains parlent même de 500 euros, la mission parlementaire en cours de création précisera ce montant). Pour employer un mot à la mode dans les cercles sanitaire, l’efficience était proche de zéro.

J’avais montré dans un article récent à quel point le modèle soviétique copié par la Ministre et son entourage était aussi improductif que coûteux.

Espérons que cette gabegie marquera les esprits à l’heure ou la réforme de la santé (Loi HPST), du même auteur, s’apprête à finir de ruiner l’hôpital public. Ce que nous avons vécu avec la vaccination Bachelot n’est que le modèle réduit d’une des/organisation plus globale. Une santestroïka s’impose d’urgence.

J’ai demandé à Claude Bronner, président du syndicat Union Généraliste, son sentiment sur l’issue de cette discussion : "Ma première impression est qu’il a fallu beaucoup trop longtemps pour que la réalité s’impose à notre administration politique et sanitaire. J’avais écrit dans UG Zapping 02 du 18 mai , à propos d’un préfet : “De même il se débrouillera bien avec les généralistes quand tout le reste du plan Grippe aura foiré...” On y est enfin, après avoir passé en revue toutes les erreurs à ne pas commettre, dont celle de ne pas s’appuyer sur les généralistes. Les patients vont pouvoir se faire vacciner pour la grippe H1N1 comme pour la saisonnière, à cette exception près que les médecins devront encore quelques temps faire chercher (ou chercher eux mêmes) les vaccins dans les Centres de vaccination. Vaccination au cours d’une consultation ou d’une visite, vaccination au cours de séances spécifiques, le patient choisit son médecin, le médecin choisit sa manière de travailler. Exactement comme cela aurait dû être depuis le début. Le débat scientifique sur l’intérêt de cette vaccination va s’enrichir des bilans des différentes stratégies de prises en charge et les débats vont continuer sur le prochain retour du virus et sur sa virulence. Bref, on n’a pas fini de parler de la grippe et de la vaccination et il va être intéressant de suivre l’évolution dans les mois à venir..."

 

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