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08/10/2013

"Comment pouvez-vous taxer les malades?"

Nous sommes le 3 Octobre 2007.

A l'Assemblée Nationale, une parlementaire socialiste interpelle le premier Ministre, François Fillon, au sujet des comptes de la Sécurité Sociale.

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"Monsieur le Premier ministre, la faillite que vous avez dénoncée est, pour une bonne part, celle des comptes sociaux. C'est la vôtre, celle des gouvernements qui se succèdent depuis 2002, puisque, depuis cette date, la sécurité sociale, année après année, bat des records de déficit.
Cet échec est aussi celui des plans d'austérité que vous avez mis en place, lesquels plombent le pouvoir d'achat des Français et des malades sans rien régler sur le fond : augmentation de la CSG et de la CRDS, non-remboursement d'un euro sur les consultations et de 18 euros sur les actes lourds, et ce en plus du forfait hospitalier, non remboursé, qui passe à 16 euros. Vous annonciez le sauvetage de la sécurité sociale, vous avez organisé son naufrage !
Et vous récidivez en instaurant une nouvelle taxe, la taxe sur les malades ! Il fallait y penser, vous avez osé le faire. Car les franchises, c'est bien cela : une énième taxe de 50 euros que vont devoir payer les malades pour se soigner ; une énième taxe qui ne marchera pas davantage que les précédentes, et que vous augmenterez évidemment aussitôt après les municipales. Mais aujourd'hui, monsieur le Premier ministre, vous vous préparez à un véritable choc de défiance. Les Français ne veulent pas de ces cadeaux fiscaux que l'on consent aux plus aisés, alors que l'on crée pour les autres des impôts et de nouvelles taxes.
Ma question est donc simple : alors qu'un Français sur huit et un jeune sur quatre renoncent à se soigner pour des raisons financières, comment pouvez-vous taxer les malades, l'inefficacité de ces franchises étant par ailleurs largement prouvée ?"

(Applaudissements sur les bancs du groupe socialiste, radical, citoyen et divers gauche et du groupe de la Gauche démocrate et républicaine.)

Nous sommes le 9 Octobre 2013, six ans plus tard.

Devenue ministre de la Santé, cette Pasionaria de 2007, comme ses camarades François Hollande, Jean-Marc Ayrault, Christian Paul, Catherine Lemorton, s'accommode fort bien des franchises qu'elle jugeait hier insupportables. Lorsqu'il apparaît que son annonce d'une prochaine généralisation du tiers-payant va poser un problème logistique de récupération de ces franchises, elle reconnaît à demi-mots que "la question de la gestion des franchises est posée". Pas la question de leur suppression, notez-bien. La question de leur gestion.

Marisol Touraine, Ministre des Affaires Sociales, de la Santé et des Reniements. Dans ses oeuvres.

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