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29/03/2012

Ramper...

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2007. Ségolène Royal, allumée poitevine, visite la Chine. Sur la muraille, après avoir vanté la célérité de la justice chinoise ( qui n'arrive cependant pas à la cheville de la Cheka, convenons-en), la zélatrice de l'identité nationale et du drapeau aura ce mot magnifique:

"Comme le disent les Chinois... qui vient sur la Grande Muraille conquiert la bravitude."

Fidèle d'entre les fidèles ( un peu comme Copé avec Sarkozy, voyez), l'innénarrable Jack Lang osa:

"Je suis un peu envieux, j'aurais un peu aimé inventer ce beau mot"


Puis, assura, fort de sa grande expérience vidéoludique, que le mot était "fréquemment employé dans certains jeux vidéos"

Dont les célèbres "Bravitude Raider", "Silent Bravitude Hill" et "Call of Bravitude".

Il y a quelques jours, voulant faire le malin, le "pocket-president" à nous qu'on a ( c'est pas moi, monsieur, c'est The Guardian qui le dit) a lui aussi fait preuve d'inventivité sémantique:

"Je veux apporter des réponses. Oh, des réponses qu'on ne comprendra pas dans un certain nombre de cercles dirigeants. Des réponses qu'on va regarder avec cette... méprisance, cette attitude hautaine"

Méprisance, le mot est lâché, avec un petit geste de la main très petit-marquis.

Et comme Royal eût Lang, de Blois, Sarkozy a Boutin:

" La méprisance, c'est un très beau mot qui dit bien ce qu'il veut dire"

Ramper, ce sont les premiers kilomètres qui sont les plus difficiles

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12/03/2012

Gérard Depardieu, visionnaire désintéressé

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1998: Gérard Depardieu, rayonnant, prend fait et cause dans les pages des journaux médicaux pour le Cholstat( cérivastatine) , médicament destiné à lutter contre le cholestérol.

"C'est ENORME, mais pourtant c'est tout petit", clame le Gérard, avec le sourire de circonstance

 

gérard depardieu,nicolas sarkozy,c'est beau l'amitié virile entre êtres d'exception


2001: Dans la quiétude de l'été, la cérivastatine est brutalement retirée du commerce dans le monde entier après le décès de centaines de patients.

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2002: Gérard Depardieu, très colère, prend fait et cause pour Rafik Khalifa, l'ami milliardaire à lui qu'il a, mis en cause par le méchant député Noël Mamère, qui refuse d'assister à un match de rugby en présence de celui qu'il accuse de servir de prête-nom et de recycleur d'argent sale pour le clan des généraux algériens qui tiennent le pays. Gérard fustige ces propos "racistes et fascistes", demande que Mamère soit "chassé de son parti", et, royal, explique qu'à l'idée de lui faire face, Mamère a "peut-être chié dans son froc en velours".

2003: Rafik Khalifa, très généreux avec ses amis, fait l'objet d'un mandat d'arrêt international pour « abus de confiance, banqueroute par détournement d'actifs, banqueroute par dissimulation de comptabilité, blanchiment en bande organisée ». En 2010, il sera condamné à la prison à perpétuité.

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Mars 2012: Gérard Depardieu, ému mais combatif , massacre la syntaxe, et prend fait et cause pour Nicolas Sarkozy : "Depuis que ce nouvel ami qu'est Nicolas Sarkozy avec Carla Bruni est au pouvoir, je n'entends que du mal de cet homme qui fait que du bien"

Mai 2012: .......

08/03/2012

Nicolas est comme un petit garçon, confirme tante Liliane

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"Nous sommes des gens modestes"

Carla-Bruni Sarkozy, ex-mannequin, millionnaire, fan de "L'amour est dans le Pré" et de pulls qui grattent.

 

"Je sais que c'est quelqu'un qui ne s'autorise comme loisirs qu'un peu de lecture, qu'un film de temps en temps, qui a une vie d'une austérité extrême"

Claude Guéant, grand chambellan, racoleur de voix d'extrême-droite.

 

Liliane Bettencourt confirme ces propos plein de bon sens:

"Nicolas est un garçon très modeste, un ascète. Une simple enveloppe kraft le réjouit pendant des heures."

 

06/03/2012

Affaires courantes: six billets pour le prix d'un

Au pas de charge, six billets pour le prix d'un. Parce qu'on n'a pas que ça à faire, j'ai un roman à terminer:

 

Le complot européen contre Hollande:

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Tempête dans un verre d'eau. Merkel, Monti et Cameron recevront tous trois Hollande quand il sera président de la République.

Une autre question?

Sarkozy aussi voyagera. Si un criminel de guerre comme Tony Blair peut faire payer cher ses conférences, il y a de l'espoir pour Nicolas.

 

L'épuration ne passera pas:

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C'est Mozart qu'on assassine. Sarkozy et sa clique de roquets UMP hurlent à la mort. Hollande aurait promis l'épuration. On sait à quel point, pendant cinq ans, les nominations exemplaires d'une République irréprochable se sont faites dans les règles de la méritocratie sarkozyste. On en a encore récemment la preuve avec le professeur Juvin, conseiller santé de l'UMP et grand défenseur des franchises sur les soins. Député européen, maire d'une grande agglomération, il réussit à se faire nommer, en plus,  chef de service des urgences de l'Hôpital Georges Pompidou, malgré son absentéisme déjà remarqué dans son précédent poste. En bon sarkozyste, l'homme ne se mouche pas du col: "Mon intelligence me porte partout». En 2007 dans le Quotidien du Médecin, il expliquait benoîtement: «Je suis meilleur à faire de la politique qu'à soigner mes patients». On avait compris.

(PS: sur la photo, pour ceux qui ne le reconnaîtraient pas, l'endive David Martinon, éphémère porte-parole sarkozyste, trahi par son ami de toujours Sarkozy-fils, viré par Sarkozy-père après son lamentable plantage en briguant la mairie de Neuilly, nommé consul général de France à Los Angeles aux frais du contribuable)

Les belles histoires du Père Castor:

Morin et Boutin sont rentrés au bercail la queue basse, ralliant Sarkozy qu'ils avaient vilipendé pendant quelques mois une fois que la soupe ministérielle eût refroidie. Nihous, leader de "Chasse, Pêche et Traditions", s'est rallié, pour cause de valeurs communes, au candidat de "Rolex, Fouquet's et Stock-Options". Fermez le ban

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"Et alors la marmotte, elle met le chocolat dans le papier d'alu"


Bayonne, ton univers impitoyable:

Avant même d'être obligé de fuir le coeur historique de la vieille ville sous les huées, le Petit Président à nous quon a s'était illustré avec sa fameuse réplique condescendante face à un couple d'agriculteurs un peu trop revendicatifs: "Ben moi je ne suis pas propriétaire de quarante hectares, hein, OK..." Il faut voir ce morceau d'anthologie pour réaliser à quel point le candidat peut suinter le mépris social. Les petits mouvements de la main pour inciter la femme à la fermer, le toucher  du bout des doigts sur la poitrine, comme pour repousser l'homme, grand moment pour un Président habitué des visites Potemkine.

Il fallait pas y hallaler:

"Le premier sujet de préoccupation ou de discussion des Français, hein, ch'parle sous vot'contrôle, c'est cette question de la viande halal. Alors, faudrait-il ne laisser que ceux qui aboient s'exprimer sur ce sujet?": dixit Nicolas Sarkozy, candidat à la ramasse, le 5 mars 2012, Saint-Quentin.

Le vertige me prend à commenter cette saillie. Je savais ce minable prêt à tout, mais je n'osais imaginer, dans mes rêves humides, qu'il creuserait sa défaite aussi vite, et avec une si admirable constance dans la nullité.1/ Oser affirmer que la "question de la viande halal" préoccuperait au premier chef les Français, dans la situation sociale et économique du pays, de l'Europe, du monde entier, c'est vraiment faire preuve d'une déconnexion effarante avec la réalité quotidienne. A côté de cela, ne pas connaître le prix d'un ticket de métro est une bien mince offense. 2/ Mieux encore, coller ainsi aux thèmes de Marine Le Pen, les intégrer et les légitimer, c'est montrer à quel point l'UMP et l'équipe de campagne de Sarkozy ne maîtrisent plus rien, et certainement pas les thèmes de campagne.

Last but not least, les gags de la Marine:

Invitée à s'exprimer à la télévision, Marine Le Pen explique benoîtement que si la situation budgétaire le rendait indispensable, si elle devait se livrer à des coupes claires dans les dépenses, elle supprimerait le remboursement de l'interruption volontaire de grossesse afin de permettre aux personnes âgées de voir leurs médications mieux remboursées. Sans même aborder le plan sociétal, sur le plan strictement comptable, c'est évidemment une connerie sans nom, car inciter à mettre au monde des enfants non désirés, parfois dans des situations sociales très difficiles, c'est in fine grever les dépenses sociales de l'Etat ( à moins de commencer à manger les enfants des pauvres, une solution préconisée par Swift il y a quelques siècles, mais Marine a t'elle lu Swift?) Le problème de Marine Le Pen, outre sa nullité économique, c'est qu'on n'a pas vraiment l'impression qu'elle comprend quelque chose aux notes que doivent lui écrire ses conseillers sur les questions de santé. A la télévision elle fustigeait il y a peu les dépenses médicamenteuses insensées liées au lobbying de Big Pharma. Peu après avoir pris position, en pleine polémique sur le remboursement des médicaments anti-Alzheimer , POUR le maintien de la prise en charge des ces médicaments inutiles et dangereux( dont je rappelle aux sourds et malentendants qu'ils ne servent à rien qu'à grever le budget social et à faire "vivre" la "filière" gériatrique, au prix de quelques accidents vasculaires, et sans aucun intérêt démontré pour les malades). Alors, Marine, un peu de cohérence? Evidemment, sur la table de chevet, entre la Revue Prescrire ou Brasillach, il va falloir choisir.

 

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05/03/2012

Ce que vous ne lirez nulle part ailleurs sur la loi Kouchner et les droits des malades

 

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On fête les dix ans de la loi Kouchner sur les droits des malades.

Loi censée mettre un terme au paternalisme médical, loi censée consacrer le droit du patient à être correctement informé sur son état de santé.

Loi dont le point principal, mis en avant dans tous les articles et communiqués de presse qu'on peut lire ces jours-ci, est le droit du patient à accéder directement à son dossier.

Et tout cela est vrai.

Mais il y a des choses que vous ne lirez nulle part sur la loi Kouchner, et ses conséquences.

C'est l'article d'Anne Jeanblanc dans le Point qui m'amène à réagir

http://www.lepoint.fr/chroniqueurs-du-point/anne-jeanblanc/droits-des-patients-un-anniversaire-mitige-pour-la-loi-kouchner-02-03-2012-1437315_57.php

Non pas qu'il contienne des inexactitudes, mais justement parce qu'il contient des perles.

Anne Jeanblanc interviewe Nicolas Brun, du CISS ( le CISS est ce Collectif Interassociatif sur la Santé, regroupement d'associations de patients, dont le Président, Christian Saout s'est longtemps illustré par son soutien farouche à la loi HPST de Roselyne Bachelot, et par son silence pendant l'affaire H1N1).

Après avoir évoqué avec pertinence la possibilité aujourd'hui offerte au patient d'avoir accès à son dossier médical après une hospitalisation, le représentant du CISS poursuit:

"Nous, en tant qu'association, avons été plutôt atterrés par le contenu des dossiers. Soit ils étaient pratiquement vides, soit ils renfermaient des hypothèses émises par des externes lors de leur apprentissage, ou encore des appréciations subjectives sur le malade. Ils étaient d'ailleurs tellement mal faits que les médecins hospitaliers préféraient souvent consulter les dossiers de soins des infirmières... Depuis que les patients peuvent directement consulter leur dossier, la situation a bien évolué, même s'il reste encore des progrès à accomplir."

Les dossiers... ( j'en tremble d'avance) renfermaient "des hypothèses émises par les externes lors de leur apprentissage".

Qu'on se rassure, nombre de dossiers hospitaliers ne contiennent plus d'hypothèses émises par les externes lors de leur apprentissage, et à la lecture de la majorité des compte-rendus que je reçois, ils ne contiennent plus grand chose, d'ailleurs, qui ne rentre pas dans la grille pré-établie de codage certainement pondue par un quelconque aéropage de contrôleurs qualité.

Il faut savoir que, de mon temps ( un temps que par définition les moins de vingt ans, etc...), l'externe était souvent le premier membre du corps médical à voir le patient après son arrivée à l'hôpital, que ce soit aux urgences ou directement dans le lit d'un service. L'externe et l'infirmière étaient souvent les premiers, parfois même quasiment les seuls, à voir le patient chaque jour, plusieurs fois par jour. Le rôle de l'externe était justement de réaliser une observation pour chaque malade, et cette observation était pour l'externe un moyen d'apprendre son métier, mais aussi d'apprendre à rédiger. Motif d'hospitalisation, habitus du patient, histoire de la maladie, antécédents, examen clinique, hypothèses, conclusions, l'observation était un genre littéraire et obéissait à des codes.

Parce que l'externe était en apprentissage, cette observation intiale, qu'il poursuivait ensuite au jour le jour pendant l'hospitalisation du patient, était aussi nourrie en parallèle par l'interne, les médecins qui se relayaient au chevet du patient. Au lit du malade, c'était souvent à l'externe qu'on demandait de résumer l'histoire de la maladie, les faits saillants, avant de se tourner vers le patient pour préciser certains éléments, corriger d'éventuelles erreurs, vérifier certains élements de l'examen. Et au lit du malade, souvent, deux personnes notaient ce qui se passait pendant la visite, l'externe, dans le dossier médical, l'infirmière, dans le dossier de soins.

L'externe apprenait son métier, mais en apprenant son métier il faisait gagner un temps précieux au reste de l'équipe médicale, aux médecins senior, et évitait au patient de répéter dix fois les mêmes informations à des praticiens différents.

Et, c'est là que je veux en venir, l'externe, quelle folie, émettait des hypothèses. Ca faisait partie de son boulot, d'ailleurs, d'émettre des hypothèses, d'établir un diagnostic différentiel.

Ce dont semble rêver le représentant du CISS, c'est un dossier vierge d'hypothèses, un dossier parfait dans lequel seul existerait le diagnostic final, sans le tâtonnement qui a permis d'y arriver.

Et "grâce" à la loi Kouchner sur les droits des malades, et à sa déclinaison dans nombre de services hospitaliers, c'est un peu ce que nous voyons aujourd'hui.

Pas d'hypothèses, très peu d'informations sur le cheminement intellectuel et médical qui a conduit à abandonner certaines pistes, à en privilégier, d'autres.

Reste le diagnostic final, comme tombé du ciel.

Pourquoi cet appauvrissement?

Parce que nombre de médecins, et nombre d'administrateurs, d'agents du contentieux, ont craint que la richesse des dossiers à l'ancienne, leur caractère bordélique certes, qui accompagnait une réflexion médicale en cours, leur porte tort.

Alors les dossiers ont commencé à maigrir, on a pesé chaque mot, son poids juridique éventuel, on a passé sous silence, par omission, les digressions, les hypothèses non confirmées.

On a aussi par la même occasion souvent gommé les incidents survenant pendant l'hospitalisation, et même certains accidents. Les aléas d'une hospitalisation, malaises vagaux, chutes, voire même accidents hémorragiques, les tâtonnements diagnostiques ou thérapeutiques , etc..., nous sont aujourd'hui souvent narrés par les patients, alors que le compte-rendu d'hospitalisation nous explique benoîtement que "l'hospitalisation s'est déroulée sans problème".

J'ai ainsi reçu il n'y a pas si longtemps un compte-rendu d'accouchement dans lequel toutes les cases étaient cochées bien comme il faut pour satisfaire le logiciel et les contrôleurs qualité, mais auquel manquait l'information cruciale que le nourrisson avait eu la clavicule cassée pendant l'accouchement.

Les droits des malades ont évolué. On leur a donné accès à leur dossier. Le codage s'est intensifié au détriment de la singularité de chaque observation, et l'appréciation même de cette subjectivité s'est perdue. Tout le monde applaudit.

Attendons encore un peu et la même chose arrivera à nos dossiers de médecine générale, dans lesquels, figurez-vous, des types qui ne sont même pas des spécialistes hospitaliers habitués des plateaux télé se permettent encore d'émettre des hypothèses.

Mais que fait la police?

 

 
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