16.12.2011
N'est pas George Orwell qui veut: le parcours exemplaire d'un ex-trotskyste, Christopher Hitchens
Christopher Hitchens est mort.

En France, son nom est quasiment inconnu du grand public.
En Angleterre, aux Etats-Unis, il reste comme l'un des plus brillants polémistes du 20eme siècle.
Né en 1949, il fut envoyé en pensionnat par sa mère en fonction du raisonnement suivant: "S'il y a une classe supérieure dans ce pays, Christopher en fera partie".
Christopher Hitchens poursuivit ses études à Oxford. Dès son plus jeune âge, il se livra à ce numéro d'équilibriste que nombre de chiens de garde français pratiquent avec adresse, comme il l'avoua lui-même: écrire en tant "qu'allié de la classe ouvrière" tout en côtoyant avec gourmandise les riches, les puissants, le faste, dans les soirées en vogue.
Pendant des années, Hitchens écrivit, portant le fer dans la plaie, face au pouvoir de l'Eglise, aux guerres impérialistes, à la domination.
Dans les années 80, il quitta Londres pour les Etats-Unis, le New Statesman ( à gauche de la gauche britannique) pour le Nation ( idem... aux USA)... puis Slate et Vanity Fair.

L'ex-trotskyste, qui avait écrit plusieurs livres sur George Orwell, au contact de ses nouveaux employeurs changea peu à peu son regard sur le monde, jusqu'à soutenir avec ferveur la guerre néo-conservatrice de Bush en Irak au prétexte de "changer le régime", d'empêcher Saddam Hussein de faire de l'Irak "sa salle de tortures privées", et de "résister au fascisme islamique". Il rompit avec fracas avec ses anciens camarades opposés à la guerre, qu'il conspua largement dans les colonnes de journaux et à la télévision, utilisant son sens de la réthorique et son panache pour les ridiculiser et servir de caution intellectuelle et morale à Bush, junior, Dick Cheney et autres Rumsfeld.

En 2010, il fut diagnostiqué porteur d'un cancer de l'oesophage, complication fréquente de l'alcoolo-tabagisme, dont il vient de mourir.
Parcours exemplaire.
S'il était né en France, Christopher Hitchens aurait fini directeur à France-Inter. N'est pas George Orwell qui veut.

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