
30.09.2011
François Chérèque, des envies de femme enceinte...
Il y a des jours comme ça, tu te pinces.
Tu tombes sur un édito du "Monde", le quotidien vespéral des marchés, et sous la plume de Michel Noblecourt, tu lis:
Le coup de sang de François Chérèque.
Tu te dis: "Palsambleu, mais que se passe t'il donc? Le café était trop froid, les croissants rassis? Quel émouvant drame de la mine s'est joué dans les locaux de la CFDT?"
Et tu découvres, entre les lignes d'un dithyrambe, que François Chérèque aurait récemment levé la voix sur un plateau de France2/France3, qualifiant l'affaire de Karachi "d'affaire d'Etat". Sans blague.
L'éditorialiste continue:
"Avec le basculement à gauche du Sénat, le coup de sang de François Chérèque est passé inaperçu. Il est pourtant un nouveau signe de la rupture entre la CFDT, dont la grande majorité des adhèrents votent à gauche, et Nicolas Sarkozy. Il est vrai que tout a très mal commencé entre le président élu en 2007 et le syndicaliste. D'emblée François Chérèque refuse toute connivence avec un chef de l'Etat prompt à user d'un ton familier et à tutoyer ses interlocuteurs."
Et là, tu te pinces. Bien fort. Tu vas te réveiller. Mais non, apparemment tu ne rêves pas, et c'est du premier degré.
Noblecourt aurait pu écrire:
"Le coup de sang de François Chérèque intervient au moment où la gauche emporte le Sénat."
C'aurait eu un sens assez différent, et aurait renseigné le lecteur sur la capacité du syndicaliste à sentir le sens du vent.
Et cela aurait évité de faire passer pour un opposant de la première heure le syndicaliste "de combat ", qui, lors d’un meeting patronal le 27 Mars 2007, après avoir posé comme condition à sa venue l’absence de tout journaliste afin de parler à bâtons rompus et de livrer le fond de sa pensée aux invités du cercle patronal ETHIC présidé par Sophie de Menthon, avait déclaré : « Sarkozy nous a présenté un calendrier pour les réformes et moi et ça me va très bien. On s'y met dès juillet. »
Alors, monsieur Noblecourt, je veux bien qu'aucun journaliste n'ait été invité ce jour-là ( même si Jacques Cotta, plus malin, avait forcé l'entrée comme il le relate dans son livre "Riches et presque décomplexés", chez Fayard... mais faire passer François Chérèque pour un farouche opposant de la première heure au sarkozysme, ce n'est même pas de la désinformation, c'est de la science-fiction.
Après avoir commis ce vilain billet plein de fiel, je suis tombé hier soir par hasard sur une affiche de la campagne de pub de la CFDT.
Bref, je me suis repincé.

Je me suis dit: "Les syndicalistes CFDT, ils doivent être hyper-contents de bénéficier du talent de tels créatifs... Remarque, ils ont eu de la chance, la fille aurait pu avoir envie de repeindre la chambre du bébé en jaune, pour faire ton sur ton..."

Et puis je me suis dit: "En même temps, elle a de la chance d'être enceinte. Ca aurait pu plus mal tourner"

09:35 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
29.09.2011
Octobre rose: vous reprendrez bien un peu de désinformation, comme chaque année?
Chaque année nous y avons droit.
Dans certains pays, le Royaume-Uni pour ne pas le citer, on informe les femmes honnêtement sur les avantages et les inconvénients, les bénéfices éventuels et les risques potentiels, du dépistage du cancer du sein par mammographie.
En France, non.
Pensez... En France, on est contre le cancer. Contre ce qui est mal, pour ce qui est bien. On ne va pas, en plus, réfléchir, ou informer.
Alors chaque année, au lieu d'informations complètes et complexes ( fort bien résumées en sept lignes - en gras- plus bas dans cet article), on a droit à des demi-mondaines semi-stars de télévision ou ex-épouses de rocker millionnaire sarkozyste domicilé à l'étranger ( excusez l'avalanche de pléonasmes) dévoilant un sein en "cover" de magazines féminins soudain tout émoustillés de se prêter à cette merveilleuse campagne de santé publique, imaginant peut-être ainsi s'absoudre du contenu indécent de leurs usuels articles à la gloire des anroexiques et des recettes amaigrissantes de grands spécialistes du régime incidemment pourvoyeurs de Mediator...
Et derrière ça, Frédéric Van Roekeghem et Hubert Allemand, à la Caisse Nationale d'Assurance Maladie, sont ravis de payer les médecins à la performance en fonction du pourcentage de leurs patientes s'étant soumises au dépistage. ( A noter que certains confrères naïfs qui ont tenté d'infléchir cette politique en arguant que la "performance" ne devait pas être jugée au nombre de mamographies mais éventuellement au nombre de femmes ayant été complètement informées et laissées libres de leur choix.... se sont vus expliquer clairement par la Caisse Nationale d'Assurance Maladie qu'il n'en était pas question. Comme d'habitude, comme avec H1N1, l'information honnête du public passe après le benchmarking et les belles courbes des évaluateurs psychorigides et autres control-freaks de la CNAM)
Parfois le post d'un confrère, ou d'un ami, ou les deux, est juste parfait. Et justifie ma flemme. Vous pouvez aller lire "Octobre rose" sur le blog de Jean-Claude Grange, et laisser des commentaires
http://docteurdu16.blogspot.com/2011/09/david-elia-nest-pas-un-sein.html
ou directement ici, sans rien laisser du tout.
jeudi 29 septembre 2011
David Elia n'est pas un sein.

26.09.2011
Même pas mâââââââl...

En Mars 2011, alors que le troupeau UMP ouvrait des yeux bovins en découvrant les portes de l'abattoir, j'avais commis ceci:
http://enattendanth5n1.20minutes-blogs.fr/archive/2011/03/22/aux-portes-de-l-abattoir.html
Six mois plus tard, et malgré mon absence d'illusion sur le Parti"Socialiste", c'est avec plaisir que j'ai senti hier soir le vent de panique souffler sur le parti présidentiel.
Mais rapidement, les ténors se sont repris. Ont donné du menton. Les Larché, Copé, Fillon, Pécresse et autres Raffarin ont répété à qui voulait l'entendre les élements de langage fournis par les communicants du Karachi Yacht Club à l'Elysée.
Larché, soulignons-le, qui est parti au combat pour les sénatoriales hier avec un magnifique matériel de campagne sur lequel n'apparaissait nulle part le logo de l'UMP ( preuve, sans doute, du caractère universel du bonhomme, et de son refus des étiquettes, arf...)
Et donc on a vu toute la soirée, et ce jour, ces larbins d'un système en faillite mugir sur un ton martial en montant la rampe que rien n'était joué...
C'était assez jouissif...


11:41 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : larché, copé, fillon, raffarin, pécresse, sénatoriales, même pas mal, dans ton cul le nabot
25.09.2011
Quand ça Karachie gravement dans la colle...Arnaud reprend du cake
Ca karachie assez gravement dans la colle, en ce moment, dans les revues de presse. Ceux qui ne disaient mot en n'en pensant pas moins se lâchent sur la sarkozie et sa "République irréprochable".
Heureusement, le JDD et Europe 1 sont là pour redresser le gouvernail, tant que faire se peut...
Flash info d'Europe 1 ce matin: La colère froide de Sarkozy
Le Journal du Dimanche revient sur l'affaire Karachi et cite un proche du président de la République : "Cela recommence comme en 2006 quand on a voulu accrocher Nicolas. Et qui voit-on encore ? Le même juge".
En coulisses, la "colère froide" de Nicolas Sarkozy touche ses amis, les femmes de ses amis, les juges, les médias... Pour un proche du président, les accusations portées contre Brice Hortefeux "vont faire un flop". Il va s'expliquer "et ça va se dégonfler''. En attendant, "Brice peut dire adieu à son poste de directeur de la campagne de Nicolas. Sa carrière est même peut-être terminée".
Tu entends ou tu lis ça, il t'arrive quoi? De la merde coule dans tes oreilles, s'insinue dans tes yeux. Les sbires du marchand d'armes Lagardère te racontent une belle histoire, humaine, virile, un peu comme dans "La Conquête", ce si beau film qui a amené Sarko à déjeuner avec Podalydès pour lui dire toute son admiration et citer Schopenhauer.
C'est l'histoire d'un type, il est en colère, une colère froide, parce que c'est dégueu ce qui lui arrive. Y'a un juge, toujours le même ( là on voit que c'est de l'acharnement, le mec est une sorte de Beria mâtiné de Klaus Barbie), qui fait rien qu'à l'embêter avec des accusations même pas vraies d'abord qui vont faire un flop et se dégonfler ( et exploser en vol, en comdamnant leurs initiateurs à finir lépreux, incontinents, et poursuivis partout par un gros nuage criblé d'éclairs et quand ils essaieront de s'asseoir le doigt de Dieu, qui aime Sarko, les poussera au niveau du gril costal dans le dos provoquant de terribles névralgies).
C'est l'histoire d'un mec, il est dans une telle colère froide ( un peu Clint Eastwood dans Gran Torino, tu vois, le mec il hurle pas comme un nabot hystérique, il garde une certaine dignité qui provoquerait chez le Elkabbach moyen une semi-molle, tu vois), que tout le monde autour de lui ( sauf sa femme à lui qui attend un enfant, putain la campagne de com est mal barrée, je te dis pas) prend cher, et qu'il va même ( non mais Dieu imagine t'on la souffrance intime que ce Beria fait subir à ces deux camarades inséparables?) devoir lâcher son ami de trente ans( la mort dans l'âme, car Sarko, on le sait, est fidèle en amitié, et émotif, et sensible, malgré ses six cerveaux à lui qu'il a, et comme c'est l'ex d'Arno Klarsfeld qui a fait le diagnostic sans IRM, tu imagines à quel point c'est fiable)...?
Ce n'est pas une affaire d'Etat, donc. Mais plutôt un drame, un émouvant drame humain. Merci Arnaud, tu reprendras bien du cake?
10:12 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
24.09.2011
Allégeance aux armes: Quand Copé joue avec le feu...

Allégeance aux armes... allégeance aux armes... C'était cette semaine passée le dernier appel du pied en date de Copé et Fillon aux électeurs de l'UMP séduits par Marine Le Pen.
Mais quel est le nom du fournisseur de Jean-François Copé? Takkiedine? Bourgi? Gaubert?
Je ne sais pas si c'est de la saoudienne, de la qatarie, de la pakistanaise, mais ce qui est certain, c'est que c'est de la forte...

Parce qu'imagine un peu, mon petit Jean-François, toi qui nous promets depuis des années d'arrêter la langue de bois et qui nous la joue "rebelle" au sein du clan UMP tout en appliquant à la lettre les consignes du patron ( allez, au hasard vraiment, le vote des franchises sur les soins, un grand moment de responsabilisation des cancéreux dont tu pourras être fier toute ta vie...), imagine un peu, mon petit Jean-François, que les Français, les jeunes de France, prennent vraiment les armes le jour où il apparaîtrait clairement que la France, la République, sont tombées aux mains de crapules cyniques, d'affairistes ignobles, de magouilleurs prébendiers et autres porteurs de mallette auvergnats...
Et ben tu serais vite en string, dans ta piscine, mon garçon...

23.09.2011
ALZHEIMER: UN DESASTRE INTELLECTUEL ET MORAL
Dans les médias, je l'ai dit, les grrrrands spécialistes se répandent pour défendre, derrière les médicaments anti-Alzheimer, leur "boutique".
Le but: tout faire pour que ces médicaments n'obtiennent pas lors de leur réévaluation en cours à la Commission de Transparence une note de Service Médical rendu "insuffisante", qui amènerait à leur déremboursement , entraînant la ruine de la filière et la décrédibilisation des prescripteurs, mais seulement une note de Service Médical Rendu "faible", permettant en jouant avec les mots de sauver la face et de continuer à prescrire, mais en baissant progressivement la voilure, ces médicaments présentés jusqu'ici par les grrrrands professeurs comme utiles voire indispensables.
Ce petit extrait d'une émission diffusée en 2008, dans laquelle interviennent le professeur Bruno Dubois et le docteur Dominique Dupagne, est ahurissante. Allez, ça dure 1 minute 43, faites-moi plaisir, écoutez-ça...
http://www.youtube.com/watch?v=wNDrASRaGTY&feature=youtu.be
Alors que le généraliste explique les graves effets indésirables de ces médicaments, le spécialiste ( qui fait actuellement le tour des média sans que ses liens d'intérêt n'apparaissent bien clairement...) avoue benoîtement ( en insistant, qui plus est ) que les médicaments ne ralentissent pas l'évolution de la maladie ( "je crois", renchérit-il même" qu'il y a eu une communication excessive en disant que ça ralentit la maladie, non, ça ne ralentit pas la maladie, on est d'accord"), avant d'expliquer que les médicaments ont permis de faire déplacer les patients et de faire vivre et fructifier la filière gériatrique et neurologique. Des médicaments, soulignons-le, dont le professeur Dubois lui-même vient quelques secondes auparavant de souligner l'inefficacité ( sans même parler des effets indésirables). Qu'importe, du moment qu'on a structuré la maladie ( concept aberrant)... Mais est-ce que ces gens s'entendent parler? Comment peut-on reconnaître attirer des patients dans des services de neurologie ou des consultations de la mémoire au moyen de médicaments potentiellement dangereux dont on a parfaitement conscience ("on est bien d'accord") de l'inefficacité??? Mon parallèle avec Charcot et son musée pathologique vivant me semble chaque jour qui passe plus juste et plus terrifiant...
A ce stade, les bras me tombent. Parfois j'ai envie de m'asseoir et pleurer, franchement.
Alzheimer, c'est un désastre intellectuel et moral. Mais pas seulement chez les patients.
22.09.2011
Knock Knock... il y a quelqu'un?

Lorsque la poussière retombera sur les "médicaments anti-Alzheimer", lorsqu'il sera enfin avéré que leurs effets indésirables graves ne sont contrebalancés par aucune efficacité réelle, on ne trouvera plus personne pour les défendre, ou même se souvenir en avoir prescrit.
Ce fut déjà le cas avec le Mediator, et avec le Vioxx, ce sera le cas demain avec le Protelos.
Les grrrrands spécialistes poussent des hauts cris, puis se terrent, rasent les murs, se font oublier un temps. Et pour les lanceurs d'alerte, c'est l'écoeurement, à chaque fois, de voir comment le système prend les mêmes et recommence...
Mais ne soyons pas triste, même au milieu de ce marasme il y a de quoi rigoler un peu. Ainsi l'innénarrable Dominique Dupagne a t'il déniché un document fort intéressant sur le confrère qui a pondu dans le Monde son plaidoyer pour la sauvegarde de la filière gériatrique, en vilipendant les "confrères médiatiques" et la revue Prescrire, qui mettent en doute l'utilité des médicaments anti-Alzheimer.
http://www.atoute.org/n/article227.html
A défaut de notoriété médiatique, on y apprend que les conférences du confrère sont sponsorisées par d'émouvants mécènes, en toute transparence. Rappelons que tout médecin intervenant sur le domaine du médicament dans un média grand public ( genre... les colonnes du Monde... ) est sensé révéler ses éventuels liens d'intérêt. C'est la loi, que voulez-vous... et ce serait plutôt utile pour savoir d'où on parle, et de qui on se fait, éventuellement, le porte-voix.
Rappelons pour enfoncer le clou qu'à l'heure actuelle, la Commission de Transparence ( excusez-moi, j'ai failli m'étouffer de rire) a refilé aux seuls industriels ses conclusions, pour leur permettre de se défendre, j'imagine. D'où la vertueuse levée de boucliers des grrrands spécialistes...
Je clôturerai aujourd'hui avec ce post d'un petit généraliste à 23 euros. Seul dans son coin il remarque que le chiffre des patients atteints de la maladie en France lui semble artificiellement gonflé, et il décrypte la manip. Ne vous inquiétez pas. Il n'est pas expert, il n'émarge pas à la HAS, il ne dîne pas avec Servier ( Grosselime non plus, paraît-il) et donc de son témoignage personne n'aura rien à foutre. On ne va tout de même pas écouter un enfant de cinq ans qui crie que le monsieur est tout nu, alors même que tous les conseillers admirent les oripeaux du roi...
"Le nombre de patients atteints de maladie d'Alzheimer n'est pas du tout
connu et on nous bassine avec un nombre variant selon les journalistes
de 850 000 à 1 000 000.
Or il n'y en a "que" 350 000 environ admis en Affection Longue Durée pour ce motif...
N'y a-t-il pas un problème?
Nos chercheurs se basent pour les estimations plus hautes sur l'étude
Paquid qui a un biais majeur, c'est qu'elle a supposé que le taux
d'hospitalisation des patients atteints d'un Alzheimer ne différait pas
de celui des autres patients. Or cela et faux. Nous hospitalisons plus souvent, plus
facilement un patient dont les fonctions cérébrales sont détériorées car
il ne pourra pas gérer le traitement en ambulatoire pendant une
infection par exemple. Donc le jour du comptage de Paquid, il est
possible que les patients atteints de cette démence aient été plus présents
dans les hôpitaux, proportionnellement, que les autres patients.
Il y a deux ou trois ans une étude du réseau Sentinelle nous demandait
le nombre de patients Alzheimer dans notre patientèle et en concluait...
qu'on ne savait pas les diagnostiquer car on en avait moins que ce que
l'étude prévoyait.
J'avais eu de longues discussions avec les auteurs de l'article sur
cette possibilité mais ils n'en ont pas démordu, si on en a moins dans
nos cabinet que les prévisions, c'est qu'on ne sait pas les
diagnostiquer et qu'il faut donc envoyer tous les vieux en consultation
mémoire....
A ce propos, le chercheur ne savait pas qu'un MMS ou d'autres tests de mémoire se
pratiquaient couramment dans un cabinet de MG...
Un stage en MG de ville devrait être obligatoire pour tous les PU-PH. ( praticiens hospitaliers)"
21.09.2011
L'Alzheimer, ça eût payé...

A l'approche de la journée de l'Alzheimer, et alors que notre petit président à nous qu'on a a fait des pieds et des mains ( surtout des mains) pendant des années pour tenter de convaincre qu'il s'intéressait à cette maladie, au point de pondre un indigent Plan Alzheimer financé ( cherchez l'erreur) par les franchises... que paient les malades Alzheimer..., le petit monde des grrrrands spécialistes de la maladie s'affole, et monte au créneau.
C'est qu'après le retoquage ( grâce au Formindep, collectif de soignants et de citoyens indépendants) pour conflits d'experts à gogo par la Haute Autorité de Santé ( énième agence dont l'intitulé même prêterait à sourire dans la Roumanie de Ceaucescu) de sa lamentable recommandation sur la prise en charge de la maladie ( qui stipulait en gros que les médicaments servaient surtout à faire exister la "filière" de prise en charge de la maladie...), et dans un environnement financier contraint, la poursuite du remboursement de médicaments largement prescrits et promus par ces mêmes grrrrands spécialistes de la spécialité est aujourd'hui en danger. A cause de la revue Prescrire, et de "certains médecins médiatiques", à cause de la dissémination sur Internet de thèses médicales mettant en évidence la supercherie orchestrée jusque-là en toute impunité par les pontes de la spécialité, le rapport bénéfice-risque de ces médicaments inutiles et pourvoyeurs de graves effets indésirables n'est plus assuré. Et c'est Billancourt qu'on désespère, toute la filière Alzheimer qui crie au meurtre.
Les grrrands spécialistes expliquent à des journalistes bouche bée qu'il n'y a pas de débat sur l'efficacité de ces médicaments chez les grrrrrands spécialistes ( mais c'est bien ce qu'on vous reproche, crétins!). Certains expliquent benoîtement qu'on pourrait ( si certains de ces foutus généralistes ne freinaient pas des quatre fers) améliorer nettement le dépistage précoce, et ainsi créer une cohorte de pauvres gens à qui on annoncerait dix ans plus tôt qu'ils sont prédestinés à développer une maladie contre laquelle il n'y a pas de traitement à l'heure actuelle...( Je ne sais pas pourquoi, mais cela me fait penser au professeur Charcot, qui vivait dans "son" monde à la Salpétrière à la fin du 19ème siècle entouré de ce qu'il appelait avec gourmandise "mon musée pathologique vivant"...)
Et les zélateurs des traitements, sans même se relire, écrivent des articles qui feront date, comme celui-ci, tiré du Monde, insistant sur le "rôle structurant" de médicaments inefficaces sur l'évolution de la maladie et dotés d'effets secondaires:
Magnifique exemple de disease-mongering, qui sous couvert de la compassion "Mais c'est horrible, que vont devenir les malades si on leur avoue que les médicaments qu'on leur prescrit sont inefficaces et protentiellement dangereux?", ne masque même pas la vraie crainte des prescripteurs "Mais qu'allons nous devenir, que va devenir notre "filière", si nous n'avons plus de pilules à leur prescrire?" ( Je cite, tant l'aveu est incroyable: "A quoi cela sert-il de faire un diagnostic s'il n'y a plus de traitement ? Pourquoi adresser un patient à un centre mémoire ? Pourquoi faire un suivi si on ne fait rien ? C'est la disparition assurée des centres mémoire, des réseaux et de la recherche.) Magnifique exemple d'une "pensée" médicale incapable d'imaginer que la maladie peut exister sans médicament, incapable de s'avouer impuissante, toujours convaincue qu'il vaut mieux donner à un patient un comprimé qu'une vérité difficile à entendre.
On vérifiera avec plaisir dans les réactions à l'article que les confrères ou les simples citoyens sont moins crédules ou moins aveuglés que l'espérerait "la filière":
Ce dont les malades d'Alzheimer ont besoin, ce ne sont pas des médicaments aux graves effets indésirables vasculaires, mais d'être entourés d'aidants, d'accompagnants, d'humains. L'avoir "oublié" pour faire fonctionner la filière médicale et pharmaceutique est une honte.
17.09.2011
Lawrence Joffryn, t'es vraiment une brêle
C'est mesquin, je sais.
Se moquer du Nouvel Obs, c'est mesquin.
Le Nouvel Obs, son Claude Perdriel, son Jean Daniel à étole "témoin du siècle", hier son Jacques Julliard "révolutionnaire germano-pratin", et aujourd'hui son Laurent Joffrin, de retour après avoir presque réussi à flinguer Libé.
Donc, vacances, quelques jours, j'achète le Nouvel Obs. Pas par faiblesse passagère, mais parce que je kiffe trop sa race le DVD "Philip Roth sans complexe" qui est offert avec ce news-magazine pour bobos, emballé d'ailleurs avec Challenges, le journal qui s'honore de la prose humaniste du gros Denis Kessler, l'homme qui soulève sa couette la nuit en rêvant enterrer le pacte de 45.
Le Nouvel Obs, donc, et cette couv.
"Philippe Roth.
Le roi."
Je regarde cette couv, la belle gueule de mon écrivain préféré, et je me dis: "Mais que cette couverture est con...".
Le roi. Le roi? Le roi de quoi? Roth, le roi???
Je me dis: "Ce n'est pas possible, le type qui a pondu cette couv ne connaît rien à Roth, à son oeuvre, à la littérature. Il n'y a pas de rois en littérature, ni de reines ni de vassaux, la littérature ce n'est pas ça, ça n'a rien à voir. Le type qui a pondu cette couv a fait ça en cinq minutes en pondant l'accroche la plus con du siècle débutant pour pouvoir passer à autre chose, sa collection de photos porno archivées sur le disque dur de la rédaction. "
Il me faut un certain temps pour me rendre compte que c'est probablement le cas.
Philippe Roth. Le roi.
Philippe Roth.
Philippe.
Lawrence Joffryn, t'es vraiment une brêle.
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15.09.2011
Pute pour le Cac 40...
Quelques jours de vacances. J'achète Le Monde, face à la plage. Une faiblesse passagère.
"Marchés affolés, politique impuissante" éditorialise l'éditorialiste.
Un petit mot sur les économistes, " de tout poil, hier conseilleurs sentencieux, désormais dépassés par les évènements et réduits à déplorer "l'irrationalité des marchés".
C'est l'éditorialiste qui italise, parce qu'on sent poindre son agacement. Devant ces économistes si volages, hier bien appliqués à lécher la raie des marchés, aujourd'hui faisant la moue de peur d'être éviscérés en place publique par les petits épargnants qu'ils ont grugé avec tant de morgue pendant des années.
Et il continue, l'éditorialiste: "Au-delà des manoeuvres intéressées et des spéculations irresponsables, ceux-ci ( les marchés, faut suivre, sinon ça sert à rien...), pourtant, ne font que rappeler aux autorités politiques les deux défauts congénitaux de l'euro..." et bla et bla et bla....
Je lis ça, je m'arrête sur "irresponsables". Parfois il suffit d'un mot. D'un coup, tu réalises que pour l'éditorialiste du Monde, il existe des spéculations responsables. Tu tiques.
Et tu réalises que ce que tu es en train de lire, c'est, somme toute, une laude appuyée au bon sens ( ah, le fameux bon sens des Eric Le Boucher et Jean-Marc Sylvestre...) des marchés, qui ne font que rappeler aux politiques, etc...
Voilà. C'est ça. Quand t'es "les marchés", c'est un peu comme pour Le Pen et De Villiers dans les années 90-2000, tu fais rien qu'à te heurter au politiquement correct alors que tu fais rien que rappeler, etc...
Le Monde. Quotidien Vespéral des Marchés, comme on dit du côté d'Acrimed.
Le Monde, qui page après page, pathétique crobard de Plantu après pathétique crobard de Plantu, t'explique que va falloir être sérieux maintenant et accepter l'austérité que t'impose la finance parce que "There Is No Alternative".
Le Monde. Avant la poubelle, tu feuillettes distraitement, et tu tombes sur le cahier Mode Hommes, le genre de truc qui provoque une discrète érection barbichue à Laurent Joffrin. Et en couv, sous l'intertitre "Un eldorado à conquérir", on t'explique que "le marché de la mode masculine résisterait mieux à la crise". T'es trop ravi d'être mis au parfum, surtout quand, sous la photo du sous-Chabal en couv, tu tombes sur le prix de la montre portée par le gars en mocassins Burberry et kilt en laine noir KENZO ( prix sur demande). La montre? Une babiole à 21735 euros.
Et là tu te dis: enfin, les gars, vous ne pourriez pas au moins faire semblant de faire du journalisme, et pas la pute pour le Cac 40?











