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22/03/2011

Aux portes de l'abattoir

Pour ceux qui comme moi ont vu venir en 2007 la catastrophe nationale, impuissants à lui faire barrage, pour ceux qui n'ont jamais dévié de leur détestation initiale de l'arriviste inculte que Guaino et Guéant, misérables Geppetto, ont façonné en lui taillant un constume beaucoup trop grand de défenseur amoureux de la France de Jaurès et des clochers ruraux...

Pour tous ceux qui ont subi l'ignominie, le ridicule, la honte, de voir des Dati, des Besson, des Kouchner, des Hortefeux, représenter la France...

Pour ceux qui ont vu chasser les parents à la porte des écoles, les Rom à la périphérie des villes...

Pour ceux qui ont vu des Rama Yade minauder devant Khadafi, jouant sur tous les tableaux, rebelle mais pas trop, des Fadela Amara trouver l'instrumentalisation de l'immigration dégueulasse, mais pas au point de lâcher la mangeoire...

Pour ceux qui ont vu la curée de représentants de commerce UMP voter la pénalisation des malades dans les deux Assemblées...

Pour tous ceux qui ont subi comme une blessure chaque sentence martiale de pacotille, chaque approximation ridicule, chaque rodomontade du crétin de Nagy-Bocsa devant une médiature terrifiée à l'idée de déplaire...

Pour tous ceux-là qui attendaient enfin le réveil du pays, il est temps de se caler dans le fauteuil pour la dernière bobine du film avec le carton de pop-corn ( extra-large, Xavier Bertrand Supersized), et de savourer le pay-off.

L'UMP est dans la nasse où Sarkozy s'est enfermé. Et il n'y aucune porte de sortie. AUCUNE.

Je reste stupéfait par les analyses à deux balles que je lis... Fillon se poserait en recours, tel autre guignol refuserait le Ni-Ni, tel autre serait pour le Front Républicain, Xavier Bertrand, comique de situation, donnerait sa préférence au vote blanc, comme son slip...

Il n'y a aucune porte de sortie.

Appeler au Front Républicain, c'est conforter l'accusation de Marine Le Pen d'une supercherie UMPS au sein de laquelle, une fois les empoignades de plateaux télévisés terminées, on se sert la louche et on se partage le gâteau entre gens du même monde. Impensable, et contre-productif.

Appeler au Ni-Ni, c'est pemettre au Front National de s'implanter localement, de gagner encore du terrain.

De toute façon, Sarkozy est perdu, et l'UMP, tous ces petits notables accrochés à leurs prébendes, est perdue avec. UNION POUR LA MAJORITE PRESIDENTIELLE, ça veut bien dire ce que ça semble signifier. Pas Union pour le Progrès, ou Union pour Une Certaine Idée de la France, ou Parti "Socialiste" ( excusez-moi de pouffer). Non, ça signifie que ce parti de godillots n'a pour seul et unique but que de se trouver un leader pour rester en place(s).

Et parce que ces imbéciles ont cru en 2006 que l'arriviste Sarkozy pouvait être un bon cheval, même si clairement il foulait aux pieds une bonne partie de ce qui, bon an mal an, avait fait partie de l'héritage du gaullisme...

Parce qu'ils ont tous frétillé du fion pour se ranger sous la bannière de l'incapable, pondant des dithyrambes sur sa grandeur d'âme et sa proximité au peuple français ( certain passage du "livre" du pitoyable Laurent Wauquiez à ce sujet sont à se tordre, ça enfonce Stéphane Guillon et Ricky Gervais sous acide)...

Pour toutes ces raisons, ils sont collectivement responsables ( à quelques rarissimes exceptions) de la situation actuelle.

Et les commentaires ridicules que je lis dans la presse sur le fait que le refus du Ni-Ni présidentiel serait, de la part de Fillon entre autre, le signe d'un "refus d'une dérive droitière" du Président, SONT A SE PISSER DESSUS DE RIRE. ( et je sais de quoi je parle)

Car si cette attitude neutre envers les électeurs du FN est évidemment une tentative de non-agression de Sarkozy en vue d'un éventuel, très hypothétique second tour des présidentielles, dans les faits, la dérive droitière du Président, nous la subissons tous depuis 2007, ET FILLON ET LES AUTRES GUGUSSES QUI ARBORENT SOUDAIN LEUR CROIX DE LORRAINE en ont pris toute leur part.

Ni le gommeux Fillon, ni la cruche Pécresse, ni la madone d'Internet NKM, ni le mendiant Wauquiez, ni le louvoyant Copé, n'ont jamais ouvert la bouche pour dénoncer les errements du régime Sarkozy.

Or dans les faits, les mots du FN, les idées du FN, une bonne partie du programme du FN, Sarkozy les a installés au pouvoir, à travers Besson, Hortefeux, Guéant, Guaino... sans qu'aucun des rebelles de la vingt-cinquième heure ne moufte.

Sarkozy a installé la rampe de lancement de Marine Le Pen, tandis que les médias applaudissaient de voir combien il avait "affaibli le père" en subitilisant ses idées. L'UMP a suivi, à fond, troupeau bovin seulement préoccupé de continuer à brouter.

C'est l'heure où s'ouvrent les portes de l'abattoir.

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