Avertir le modérateur

10/05/2010

Du Martin Hirsch Circus au plagiaire servile Alain Minc, les Bouvard et Pécuchet du bouclier sanitaire

 

 

Du Martin Hirsch Circus au plagiaire servile Alain Minc, les Bouvard et Pécuchet du bouclier sanitaire

 

J’aurais pu vous parler de la crise financière, de la manière dont elle s’étend, mais ce sera pour une autre fois. Remarquez simplement que même Obama s’est inquiété de la situation en Europe. Pas parce que les Etats-Unis en ont quelque chose à foutre, bien entendu, mais parce que c’est l’arroseur arrosé. Le petit jeu pervers des agences de notations anglo-saxonnes tentant de miner la zone euro pour passer sous silence encore quelque temps la catastrophique situation économique de la Grande-Bretagne et des USA n’a pas fonctionné. Ou, au contraire, elle a trop bien fonctionné, lémarchés prenant peur aussi bien de la situation aussi bien sur le Vieux Continent que, par contagion panurgiste, aux Etats-Unis.


Mais ce n’est pas le sujet du jour. Le sujet du jour, c’est la collusion d’élites corrompues, c’est la rencontre au dessus du corps agonisant de notre protection sociale d’un plagiaire servile et d’un spécialiste du charity-business, j’ai nommé Alain Minc et Martin Hirsch.

 

Alors je n’ai pas vraiment du temps à perdre avec ces deux lascars, parce qu’à la différence des éditorialistes qui « analysent » depuis quarante-huit heures les propositions iconoclastes de ces deux Fossoyeurs, j’ai des malades à m’occuper ;-)

 

Mais quand même, quand même, brièvement :

 

Alain Minc, le plagiaire servile, c’est quand même le genre d’esprit fulgurant et indépendant qui de tout temps conseille les puissants, pour expliquer à quel point le pays doit quitter les vieilles chaînes de 1945 et se lancer tout nu, tout fringant dans la grande bataille ultralibérale, qui profitera à tout le monde because lémarchés s’autorégulent toujours à la plus grande joie de tous. Alain Minc, quand tu veux le retrouver, tu fais une analyse d’ADN sur la salive au fondement du pantalon de notre bien-aimé Président.

 

Martin Hirsch, c’est le type qui a profité de l’aura de l’Abbé Pierre pour aller bosser chez Sarkozy en tant que Haut Commissaire aux Solidarités Actives ( regarde-moi juste cet intitulé et demande toi si combien de temps encore ces imbéciles vont nous amuser avec de tels hochets ?) et mettre en place le RSA, permettant de consolider le travail précaire dans ce pays sous couvert de charité chrétienne. C’est le type qui expliquait que Sarko allait voir ce qu’il allait voir, qu’il démissionnerait si on ne provisionnait pas le RSA à hauteur de 6 milliards par an, et a gardé son maroquin quand on lui a jeté 1,5 milliards. C’est sûr, il faut choisir, on ne peut pas à la fois sauver le système bancaire et financer la solidarité : la politique, c’est savoir faire des choix.

 

C’est surtout, surtout, souvenez-vous en, le type qui, en mai 2007, questionné par un auditeur de France Inter, déclare son opposition à la franchise sur les soins : « Est-ce que j'approuverai cette mesure? La réponse est non… J'ai dit il y a quinze jours, un mois, deux mois, trois mois que ça ne me paraissait pas une bonne mesure.»

Martin Hirsch, fidèle à sa dénomination, laisse quand même une « ouverture » après cette prise de position ferme et droite dans ses bottes, en concluant : «Je peux être convaincu mais je pense vraiment que ce n'est pas ce qu'il faut faire»

Xavier Bertrand, Ministre du Travail, va calmer le jeu sur I-Télé, avec cette manière pateline qui évoque irrésistiblement la voix du serpent Kaa dans le Livre de la Jungle : « Un gouvernement, ce n'est pas un régiment. Ce que l'on demande aux membres  du gouvernement, ce n'est pas de renier leurs idées, leur convictions, ni même  leurs amitiés, mais d'apporter ce qu'ils ont et ce qu'ils sont… Sur la franchise sur les soins, on ne lui demande pas de  changer de position aussitôt du jour au lendemain parce qu'il rentre au gouvernement. Par  contre, il y aura un travail de pédagogie, qui sera à faire pour tout le monde  sur cette question des franchises ».

Le talent pédagogique de Xavier Bertrand fera une fois de plus merveille. Car « aussitôt du jour au lendemain », Martin Hirsch, au terme d’une héroïque résistance de 24 heures, va se rétracter entièrement, « pleinement rassuré » par les précisions de Roselyne Bachelot et de Xavier Bertrand : en effet, il a obtenu l’assurance que la mesure « sera accompagnée des exonérations nécessaires pour tenir compte des situations sociales très dégradées ». Autrement dit, que les pauvres, cœur de cible du Martin Hirsch Circus, seront épargnés. Les dames patronnesses, les épouses des maîtres de forges, gagnaient jadis leur paradis en distribuant pain rassis et étoles trouées à leurs pauvres. Aujourd’hui, à défaut de paradis, on garde son maroquin.

 

Alors que s’est-il passé ce week-end, pour réunir ces Bouvard et Pécuchet du capitalisme financier ? Je te le résume : Alain Minc, le plagiaire servile, a été invité dans un de ces média qui invitent des plagiaires serviles ( il a l’embarras du choix, note-bien) et a raconté une bien belle histoire, comme quoi son papounet, au plagiaire servile, un vieux monsieur de 102 ans, il avait été bien malade et avait coûté 100.000 euros à la collectivité. Et donc, le Minc, il se demandait, comme ça, tout seul dans sa petite tête ( parce qu’il réfléchit, le mec, c’est pas le genre à colporter pour le compte du Medef et des assureurs des « concepts » décoiffants pour savonner la planche de la protection sociale, que nenni !), si ça serait pas une bien belle idée ma foi que l’Etat se paie sur la bête, euh, pardon, que l’Etat se rembourse sur les sous du papounet. En plagiaire servile, ça donne : que l’Etat récupère les dépenses de santé des très vieux riches. Question de pouvoir mieux financer la Sécu, tu vois, une fois qu’elle n’aura plus rien de solidaire ou de sécurisant…

 

Cette proposition à la con, tu l’as déjà lue, tu l’as déjà vue. C’est celle que portait le Danube de la Pensée, Jean-Marc Sylvestre, dans son pathétique ouvrage sur sa maladie à lui qu’il avait eu « Une petite douleur à l’épaule gauche », c’est l’idée qu’il martelait dans ce colloque où pour la première fois je l’avais rencontré, et où j’avais pris conscience de l’existence des Fossoyeurs ( c’est aux éditions Privé, Michel Lafon, et c’est de la bonne, tu y trouveras des cons de compétition et des salopards itou).

 

Et comme par hasard, un soudard sarkozyste n’intervenant jamais seul, c’est Martin Hirsch, de l’autre côté du court, qui monte au filet et explique que, ah tiens il est vachement surpris parce qu’il ne s’y attendait pas, mais qu’elle est vraiment ébouriffante cette proposition et que justement ça lui rappelle un truc qu’il avait dans ses cartons, le bouclier sanitaire, et que ce serait sûrement bien d’en parler à Nicolas Sarkozy pour lui donner de bonnes idées parce qu’il a tellement de travail en ce moment, ce pauvre homme, à juguler avec ses petits bras la crise financière née des concepts foireux qu’il a de tout temps soutenu, que ça serait bien de lui donner un coup de main.

 

Et dans l’ombre Claude Bébéar ( ex PDG d’AXA, ex et actuel milliardaire) d’applaudir, lui qui à ce fameux colloque était venu expliquer qu’il était pris en charge en affection longue durée et ne comprenait pas, pas plus que Jean-marc Sylvestre, pourquoi on ne le faisait pas payer !

 

A ce stade, la plupart des défenseurs de la Sécurité Sociale hurleront au loup : « Ce sont nos vieux qu’on assassine, ce sont les dépenses de santé de la toute fin de vie qui sont en ligne de mire, continuez comme ça et poussez carrément les médecins à euthanasier les vieux ! » SAUF QUE… SAUF QUE…

Sauf que ( je sais que ça ne se dit pas, et s’écrit encore moins)… sauf que AXA, le Medef, et Bouvard et Pécuchet ont prévu le coup, et que leur réponse est déjà prête : « Meuh non…. Meuh non….. comment vous vous emballez, les gars ! C’est pas du tout notre pensée de faire payer les vieux, mais juste les vieux… riches ! Vous allez quand même pas critiquer quand on demande, un peu comme un Bakounine de jardin, de faire payer la classe possédante ? »

Et là il y a du flottement en face. Faire payer les riches, ça l’fait….


SAUF QUE… SAUF QUE… Ne croyez pas une seconde que le but du bouclier sanitaire soit de mieux répartir la charge de la protection sociale. Le but, le but du bouclier sanitaire de Hirsch, le but poursuivi par les assureurs depuis longtemps, le but de Nicolas Sarkozy quand il a tenté en 2007 d’instaurer une franchise de 50 euros sèche sur les dépenses de santé, le but est de discriminer entre les populations et, petit à petit, de détruire l’idée même de cotisations solidaires. « Faire payer les riches malades », c’est avant tout faire payer des malades, et rendre le discours des assureurs encore plus tentant à une partie de la population : «
Regardez-donc, la Sécu ne vous rembourse plus rien….pourquoi continuer à cotiser pour toutes ces feignasses, alors que nous….
»

 

Le bouclier sanitaire que tentent de faire avancer, à peine masqués, le plagiaire servile et l’adepte du charity-business, c’est un appel à briser la solidarité en vidant la Sécurité Sociale de son sens. Les « riches » paient déjà pour leurs soins, en cotisant sur les revenus de leur travail. A chacun selon ses besoins, à chacun selon ses moyens.

 

La proposition de Bouvard et Pécuchet a pour seul but de confondre encore les termes du conflit en cours, de détourner l’attention du rapt commis depuis un quart de siècle, pendant lequel 10% du PIB a été détourné des salaires vers les profits des actionnaires, avec pour résultat inéluctable le déficit de financement actuel.

 

 

PS : Si tu veux en savoir plus, t’as le choix. Tu peux lire « Les Fossoyeurs », ou tu peux t’acheter en kiosque le dernier numéro de FAKIR, trois euros je crois, avec un bien bel article sur la manière dont les « élites » détruisent le programme du Conseil National de la Résistance, et une bien belle enquête chez Emmaüs, avec Là-bas si j’y suis, pour y voir comment Martin Hirsch reconstruit sa légende. « Martin Hirsch, Et si c’était le pire ? » ça s’appelle. Et ce point d’interrogation, tu te demandes s’il a pas l’impression d’avoir été posé-là pour la forme, alors qu’il pourrait tranquillement aller pointer au RSA devant une CAF fermée.

 

http://www.fakirpresse.info/

 

PPS: T'as compris. C'est le même post que tout à l'heure, mais pour les ceusses qui utilisent encore la passoir Internet Explorer, c'est sans les images, pour que ça passe.

Du Martin Hirsch Circus au plagiaire servile Alain Minc, les Bouvard et Pécuchet du bouclier sanitaire

Du Martin Hirsch Circus au plagiaire servile Alain Minc, les Bouvard et Pécuchet du bouclier sanitaire

 

 

797780-957218.jpg

 

J’aurais pu vous parler de la crise financière, de la manière dont elle s’étend, mais ce sera pour une autre fois. Remarquez simplement que même Obama s’est inquiété de la situation en Europe. Pas parce que les Etats-Unis en ont quelque chose à foutre, bien entendu, mais parce que c’est l’arroseur arrosé. Le petit jeu pervers des agences de notations anglo-saxonnes tentant de miner la zone euro pour passer sous silence encore quelque temps la catastrophique situation économique de la Grande-Bretagne et des USA n’a pas fonctionné. Ou, au contraire, elle a trop bien fonctionné, lémarchés prenant peur aussi bien de la situation aussi bien sur le Vieux Continent que, par contagion panurgiste, aux Etats-Unis.


Mais ce n’est pas le sujet du jour. Le sujet du jour, c’est la collusion d’élites corrompues, c’est la rencontre au dessus du corps agonisant de notre protection sociale d’un plagiaire servile et d’un spécialiste du charity-business, j’ai nommé Alain Minc et Martin Hirsch.

 

Alors je n’ai pas vraiment du temps à perdre avec ces deux lascars, parce qu’à la différence des éditorialistes qui « analysent » depuis quarante-huit heures les propositions iconoclastes de ces deux Fossoyeurs, j’ai des malades à m’occuper ;-)

 

Mais quand même, quand même, brièvement :

 

Alain Minc, le plagiaire servile, c’est quand même le genre d’esprit fulgurant et indépendant qui de tout temps conseille les puissants, pour expliquer à quel point le pays doit quitter les vieilles chaînes de 1945 et se lancer tout nu, tout fringant dans la grande bataille ultralibérale, qui profitera à tout le monde because lémarchés s’autorégulent toujours à la plus grande joie de tous. Alain Minc, quand tu veux le retrouver, tu fais une analyse d’ADN sur la salive au fondement du pantalon de notre bien-aimé Président.

 

Martin Hirsch, c’est le type qui a profité de l’aura de l’Abbé Pierre pour aller bosser chez Sarkozy en tant que Haut Commissaire aux Solidarités Actives ( regarde-moi juste cet intitulé et demande toi combien de temps encore ces imbéciles vont nous amuser avec de tels hochets ?) et mettre en place le RSA, permettant de consolider le travail précaire dans ce pays sous couvert de charité chrétienne. C’est le type qui expliquait que Sarko allait voir ce qu’il allait voir, qu’il démissionnerait si on ne provisionnait pas le RSA à hauteur de 6 milliards par an, et a gardé son maroquin quand on lui a jeté 1,5 milliards. C’est sûr, on ne peut pas à la fois sauver le système bancaire et financer la solidarité : la politique, c’est savoir faire des choix.

 

 

Fossoyeurs-070109-03.jpg

 

C’est surtout, surtout, souvenez-vous en, le type qui, en mai 2007, questionné par un auditeur de France Inter, déclare son opposition à la franchise sur les soins : « Est-ce que j'approuverai cette mesure? La réponse est non… J'ai dit il y a quinze jours, un mois, deux mois, trois mois que ça ne me paraissait pas une bonne mesure.»

Martin Hirsch, fidèle à sa dénomination, laisse quand même une « ouverture » après cette prise de position ferme et droite dans ses bottes, en concluant : «Je peux être convaincu mais je pense vraiment que ce n'est pas ce qu'il faut faire»

Xavier Bertrand, Ministre du Travail, va calmer le jeu sur I-Télé, avec cette manière pateline qui évoque irrésistiblement la voix du serpent Kaa dans le Livre de la Jungle : « Un gouvernement, ce n'est pas un régiment. Ce que l'on demande aux membres  du gouvernement, ce n'est pas de renier leurs idées, leur convictions, ni même  leurs amitiés, mais d'apporter ce qu'ils ont et ce qu'ils sont… Sur la franchise sur les soins, on ne lui demande pas de  changer de position aussitôt du jour au lendemain parce qu'il rentre au gouvernement. Par  contre, il y aura un travail de pédagogie, qui sera à faire pour tout le monde  sur cette question des franchises ».

Le talent pédagogique de Xavier Bertrand fera une fois de plus merveille. Car « aussitôt du jour au lendemain », Martin Hirsch, au terme d’une héroïque résistance de 24 heures, va se rétracter entièrement, « pleinement rassuré » par les précisions de Roselyne Bachelot et de Xavier Bertrand : en effet, il a obtenu l’assurance que la mesure « sera accompagnée des exonérations nécessaires pour tenir compte des situations sociales très dégradées ». Autrement dit, que les pauvres, cœur de cible du Martin Hirsch Circus, seront épargnés. Les dames patronnesses, les épouses des maîtres de forges, gagnaient jadis leur paradis en distribuant pain rassis et étoles trouées à leurs pauvres. Aujourd’hui, à défaut de paradis, on garde son maroquin.

 

Alors que s’est-il passé ce week-end, pour réunir ces Bouvard et Pécuchet du capitalisme financier ? Je te le résume : Alain Minc, le plagiaire servile, a été invité dans un de ces média qui invitent des plagiaires serviles ( il a l’embarras du choix, note-bien) et a raconté une bien belle histoire, comme quoi son papounet, au plagiaire servile, un vieux monsieur de 101 ans, il avait été bien malade et avait coûté 100.000 euros à la collectivité. Et donc, le Minc, il se demandait, comme ça, tout seul dans sa petite tête ( parce qu’il réfléchit, le mec, c’est pas le genre à colporter pour le compte du Medef et des assureurs des « concepts » décoiffants pour savonner la planche de la protection sociale, que nenni !), si ça serait pas une bien belle idée ma foi que l’Etat se paie sur la bête, euh, pardon, que l’Etat se rembourse sur les sous du papounet. En plagiaire servile, ça donne : que l’Etat récupère les dépenses de santé des très vieux riches. Question de pouvoir mieux financer la Sécu, tu vois, une fois qu’elle n’aura plus rien de solidaire ou de sécurisant…

 

Cette proposition à la con, tu l’as déjà lue, tu l’as déjà vue. C’est celle que portait le Danube de la Pensée, Jean-Marc Sylvestre, dans son pathétique ouvrage sur sa maladie à lui qu’il avait eu « Une petite douleur à l’épaule gauche », c’est l’idée qu’il martelait dans ce colloque où pour la première fois je l’avais rencontré, et où j’avais pris conscience de l’existence des Fossoyeurs ( c’est aux éditions Privé, Michel Lafon, et c’est de la bonne, tu y trouveras des cons de compétition et des salopards itou).

 

Et comme par hasard, un soudard sarkozyste n’intervenant jamais seul, c’est Martin Hirsch, de l’autre côté du court, qui monte au filet et explique que, ah tiens il est vachement surpris parce qu’il ne s’y attendait pas, mais qu’elle est vraiment ébouriffante cette proposition et que justement ça lui rappelle un truc qu’il avait dans ses cartons, le bouclier sanitaire, et que ce serait sûrement bien d’en parler à Nicolas Sarkozy pour lui donner de bonnes idées parce qu’il a tellement de travail en ce moment, ce pauvre homme, à juguler avec ses petits bras la crise financière née des concepts foireux qu’il a de tout temps soutenu, que ça serait bien de lui donner un coup de main.

 

Et dans l’ombre Claude Bébéar ( ex PDG d’AXA, ex et actuel milliardaire) d’applaudir, lui qui à ce fameux colloque était venu expliquer qu’il était pris en charge en affection longue durée et ne comprenait pas, pas plus que Jean-Marc Sylvestre, pourquoi on ne le faisait pas payer !

 

A ce stade, la plupart des défenseurs de la Sécurité Sociale hurleront au loup : « Ce sont nos vieux qu’on assassine, ce sont les dépenses de santé de la toute fin de vie qui sont en ligne de mire, continuez comme ça et poussez carrément les médecins à euthanasier les vieux ! » SAUF QUE… SAUF QUE…

Sauf que ( je sais que ça ne se dit pas, et s’écrit encore moins)… sauf que AXA, le Medef, et Bouvard et Pécuchet ont prévu le coup, et que leur réponse est déjà prête : « Meuh non…. Meuh non….. comment vous vous emballez, les gars ! C’est pas du tout notre pensée de faire payer les vieux, mais juste les vieux… riches ! Vous allez quand même pas critiquer quand on demande, un peu comme un Bakounine de jardin, de faire payer la classe possédante ? »

Et là il y a du flottement en face. Faire payer les riches, ça l’fait….


SAUF QUE… SAUF QUE… Ne croyez pas une seconde que le but du bouclier sanitaire soit de mieux répartir la charge de la protection sociale. Le but, le but du bouclier sanitaire de Hirsch, le but poursuivi par les assureurs depuis longtemps, le but de Nicolas Sarkozy quand il a tenté en 2007 d’instaurer une franchise de 50 euros sèche sur les dépenses de santé, le but est de discriminer entre les populations et, petit à petit, de détruire l’idée même de cotisations solidaires. « Faire payer les riches malades », c’est avant tout faire payer des malades, et rendre le discours des assureurs encore plus tentant à une partie de la population : «
Regardez-donc, la Sécu ne vous rembourse plus rien….pourquoi continuer à cotiser pour toutes ces feignasses, alors que nous….
»

 

Le bouclier sanitaire que tentent de faire avancer, à peine masqués, le plagiaire servile et l’adepte du charity-business, c’est un appel à briser la solidarité en vidant la Sécurité Sociale de son sens. Les « riches » paient déjà pour leurs soins, en cotisant sur les revenus de leur travail. A chacun selon ses besoins, à chacun selon ses moyens.

 

La proposition de Bouvard et Pécuchet a pour seul but de confondre encore les termes du conflit en cours, de détourner l’attention du rapt commis depuis un quart de siècle, pendant lequel 10% du PIB a été détourné des salaires vers les profits des actionnaires, avec pour résultat inéluctable le déficit de financement actuel.

 

 

j45-1-100501_couv-numero45.jpg

 

 

PS : Si tu veux en savoir plus, t’as le choix. Tu peux lire « Les Fossoyeurs », ou tu peux t’acheter en kiosque le dernier numéro de FAKIR, trois euros je crois, avec un bien bel article sur la manière dont les « élites » détruisent le programme du Conseil National de la Résistance, et une bien belle enquête chez Emmaüs, avec Là-bas si j’y suis, pour y voir comment Martin Hirsch reconstruit sa légende. « Martin Hirsch, Et si c’était le pire ? » ça s’appelle. Et ce point d’interrogation, tu te demandes s’il a pas l’impression d’avoir été posé-là pour la forme, alors qu’il pourrait tranquillement aller pointer au RSA devant une CAF fermée.

 

http://www.fakirpresse.info/

07/05/2010

La nuit sécuritaire

v-for-vendetta-rain.jpg

 

Le délire sécuritaire de la clique sarkozyste se développe, enfle, boursoufle.


Il y a là dedans du calcul, bien entendu: créer de l'angoisse, créer de la peur, marteler inlassablement la menace des déments, des burqas, des djeunz de banlieue, des anars brûleurs de banques, c'est tenter de redonner un peu de légitimité, celle de la matraque, à un pouvoir vil, abject, consternant d'inefficacité satisfaite.

Mais il y a aussi là-dessous toute une "vision" ( j'utilise les guillemets) du monde, vision de l'Autre vu comme un ennemi.

Le dernier acte du délire en date a été annoncé par Roselyne Bachelot, à la stupéfaction des psychiatres, il y a quelques jours.

Voici comment Mathieu Belhasen, interne en psychiatrie, décrypte la psychiatrie version Big Brother:

 

Depuis le discours de Sarko à Antony, une réforme de la psychiatrie était prévue. Un rapport (le rapport Couty) qui concernait l'organisation des soins suite à la réforme HPST a été remis à Bachelot en janvier 2009, rapport qui a été enterré.

Depuis, une seule chose intéresse le gouvernement, en accord avec les associations de patients, de famille et la majorité des collègues: une loi réformant les HDT et HO (loi de 1990).
Un projet de loi a été dévoilé fin mars portant sur les soins sans consentement. Il faut y voir là une dérive sémantique. Dans le préambule de ce projet de loi, il est dit que cette loi est faite pour "faciliter et améliorer l'accès aux soins" et "la continuité des soins", ce que nous souhaitons tous bien évidemment.

MAIS "soin" est à entendre ici comme synonyme de "contrainte", soit un accès renforcé à la contrainte et une continuité de la contrainte.

La nouveauté est donc la création de soins sans consentement en ambulatoire. (et nous y sommes farouchement opposé au sein du collectif des 39 contre la nuit sécuritaire).

Comment cela va-t-il se passer:


En gros, la famille, des proches ou des professionnels déclarent une situation comme problématique.
La personne est emmenée dans une unité de 72h pour y être évaluée (garde à vue psychiatrique de 3 JOURS!) avec une certificat à 24h et à 72h. Au terme des 72h: soit la personne est hospitalisée, soit elle est en soins sous contrainte chez elle avec obligation de venir au CMP ou en hôpital de jour.
Si la personne ne vient pas à son RDV, le psy doit prévenir le directeur pour que celui ci prenne les dispositions pour que la personne soit soignée.
Cela permet d'éviter l'hospitalisation à la personne (et donc cela fait des économies puisqu'il y a autant de lits que de logement!) mais sans aucun moyen humain supplémentaire dans la cité. Donc le soins sans consentement = injection de neuroleptique retard à domicile.

Le problème est le suivant:
- instauration d'un climat de défiance ou les professionnels deviennent juste des auxiliaires de l'ordre public, ce qui aura pour conséquence que les personnes hésiteront à entrer en relation avec les psys (d'autant plus que Bachelot veut que les psys libéraux participent au dispositif sous l'autorité d'un PH hospitalier...)

- le soin est ici résumé à la contrainte et à une conception uniquement médicamenteuse, à savoir le neuroleptique retard à domicile. (ce  qui arrange pour "évaluer" les pratiques professionnelles et protocoliser la discipline avec des arguments supposés scientifiques... La HAS ne peut que se réjouir)

- La facilité de la mise sous contrainte n'est en rien associée avec une facilité de levée de la contrainte: il y aura des commissions se réunissant de temps en temps pour faire valoir le droit des patients...

- De plus, le dispositif est cautionné par le recours possible au juge des libertés et à la commission départementales des "soins" psychiatriques, qui, vu le climat actuel, fera comme tout le monde,à savoir qu'ils appliqueront le principe de précaution!

-Enfin, les antécédents des patients passés en unité pour malade difficile ou ayant été hospitalisés en HO resteront indélébiles, ce qui installera d'emblée un principe de précaution dans les unités de 72h où les personnels ne connaîtront pas les patients.

En résumé, c'est une loi sécuritaire et pas sanitaire. C'est une loi qui ne voit le problème de la psychiatrie que par le petit bout de la lorgnette: répondre au faits médiatiques qui instillent la peur.
Par exemple, il est fréquent de mettre des patients en HDT aux urgences pour qu'ils soient pris par leur secteur (ceux ci refusant les HL!). On peut imaginer que quelqu'un qui viendra au CMP pour bénéficier de soins sera renvoyer au mieux sur le privé, au pire nul part, car les places auront toutes été embolisées par les patients en soins sous contrainte.

Ce sont donc les patients qui payent l'incurie du dispositif, des manques de moyens et du désinvestissement progressif des professionnels qui n'ont plus une idée progressiste et engagée de la psychiatrie mais juste un besoin de se couvrir de manière médico-légale.

Sur un plan plus général, rappelons la phrase de Bonnafé "le degré de civilisation d'une société se mesure au traitement qu'elle réserve à ses fous, aux déviants et à ses marges".
Que le droit d'exception devienne monnaie courante en psychiatrie sous couvert d'une politique de la peur rappelle de bien mauvais souvenirs!

Au sein des 39, ce que nous pensons c'est qu'il y a trois axes indissociables pour penser et agir sur le malaise actuel:
1- La question des moyens
2- Formations de qualité des professionnels aux soins psychiques et à la spécificité de la psychiatrie dans le champ médical et dans le champ social.
3- Formation qui s'appuie nécessairement sur une conception de la folie et de la maladie mentale autre qu'une approche symptomatique ou lésionnelle à savoir une approche d'abord et avant tout relationnelle (biopsychosocial comme dit l'autre) avec posée comme question sous jacente, celle du sens (présent dans toute maladie développée par une personne.. ce qui ne va pas ravir Michel Onfray!)

C'est à ce prix que la peur, la violence, la stigmatisation pourront être travaillée d'une autre manière. je vous renvoie sur le documentaire de Borrel qui est en accès libre sur Mediapart pendant encore 10 jours et qui fait un panorama des enjeux en psychiatrie:
http://www.mediapart.fr/content/un-monde-sans-fous-ou-les-derives-de-la-psychiatrie


Mathieu Bellahsen

06/05/2010

La crise de l’euro sur lémarchés expliquée aux enfants ou « Moi aussi je peux faire Alain Minc… »

La crise de l’euro sur lémarchés expliquée aux enfants ou

« Moi aussi je peux faire Alain Minc… »

 

-sans les images, pour ceux qui sont encore sous Explorer, les pauvres-

Les autres, glissez jusqu'au billet précédent :-)

 

Tu te demandes pourquoi je te cause de la situation économique ?

Tu te dis… « Eh, faut pas trop qu’il se prenne le chou, le gars… c’est pas parce qu’il est médecin et qu’il a anticipé en hurlant dans le désert depuis des années pendant que Sarko et ses AXA-boys dépecaient la Sécu, c’est pas parce qu’il a décrypté en direct-live l’hallucinant foirage H1N1 pendant que les médias recopiaient les communiqués de presse du staff de Grosselime… qu’il est fondé à soudain s’la péter économiste… parce qu’économiste, c’est un boulot sérieux. T’as qu’à voir Eric Le Boucher ou Daniel Cohen ou Jean-Marc Sylvestre…. Ooops, mauvaise pioche…. Et puis comme commentateur, quelle crédibilité il a, hein ? N’est pas Alain Minc ou Laurent Joffrin ou Jean-Luc Mélenchon qui veut ! »

Oui, je sais, c’est laid, je fais les questions et les réponses. Mais je ne vois pas, donc, pourquoi moi aussi je ne t’expliquerais pas « Comment ça marche ? » ne serait-ce que parce que ça te fera autrement marrer que d’écouter Fillon sur TF1 t’expliquer en peinant à déboucher le tube de vaseline entre les dents qu’il va devoir prendre des décisions difficiles pour que tu n’ailles pas te faire voir chez les Grecs mais directement ici sur place, courtesy of the French Government que 53% de tes compatriotes ont installé il y a trois ans, une éternité.

Bon, alors on commence par quoi ?

Par le fait que le système financier libéral vanté par nos économistes de cour, mais ça tu le sais, est une foire d’empoigne, un marché aux bestiaux insane où s’agitent des connards de compétition, des boutonneux cocaïnés qui adulent la gagne, des investisseurs mafieux, et des boursicoteurs panurgistes cons comme un rouleau sans PQ, avec juste un tout petit morceau rose encore collé sur la ligne du carton.

Et c’est par ces derniers cons-là qu’il faut commencer, tu vois, parce que c’est eux, pour l’instant, la cible de toute cette agitation. Pas la cause, la cible.

Le but, actuellement, c’est de faire plonger l' ( ze ioûûûûrô, en états-uniens), de faire naître sur lémarchés une inquiétude, afin que les connards dont auquel je te parle se ruent sur des valeurs refuge, dont, tiens-toi bien, le $ ( en français, in french, le dollââr) . D’ailleurs, tous les économistes te l’expliquent gravement, ouh là là, l’euro est à son plus bas depuis au moins, ouh là là, quelques mois ( l’économiste pense avec son cul et même ses hémorroïdes ont Alzheimer)… 1,29 dollar seulement pour 1 euro, hier sur lémarchés ! Ouh là la catastrophe !

Et tout ça c’est la faute de ces enc… de Grecs…, et de Portugais et d’Espagnols, trop dépensiers, voilà c’est dit. (Comme dit mon fils « Montons un groupe FaceBook pour créer des lois contre l’homophobie, mais des vraies, hein, pas des lois de taffioles »)

Sauf que, suis-moi mon gars tu vas voir c’est pas compliqué, il suffit de ne pas lire la presse et on s’y retrouve facilement… sauf que, donc… les déficits de la Grande-Bretagne sont catastrophiques, du même ordre, sinon pire que ceux du Portugal et de l’Espagne.

Because la Grande-Bretagne, je t’explique, s’est mangée des décennies de thatchérisme et de blairisme pendant lesquelles l’horizon indépassable c’était le pognon, le flouze, ze money makes ze world go round, etc… Que Londres, souviens-toi, c’était LA CITY. Que l’économie britannique, depuis trop longtemps, s’était réduite à une spéculation financière virtuelle. Après trente ans entre les mains de la folle, de l’homme en gris, puis du criminel de guerre au sourire Colgate ( tu auras reconnu Maggie, John Major et Tony Blaireau), la Grande-Bretagne ( que j’aime) est un pays vendable à l’encan, poste anglo-saxon avancé de l’économie états-unienne , qui va plus que mal.

Ce jour, les Anglais votent. Quoiqu’ils votent, la magouille est d’avance préparée, ils auront droit à un gouvernement d’union nationale ( Lib Dem + « New Labour », Lib Dem + Thatcherites reconvertis ?.. c’est excitant et varié comme Sarko-DSK en 2012) qui va annoncer assez vite que ouh là là les comptes sont pires que prévus, et faire aux Anglais, censés aimer les punitions corporelles, le coup du gouvernement grec ( mais avec des scones). Comment je le sais ? Comme dit l’autre, pour savoir quel Etat va faire défaut sur sa dette, suis les enflures de Goldman-Sachs à la trace. Après avoir maquillé les comptes grecs, G-S a maquillé les comptes anglais, juste le temps d’une élection.

Et c’est pour ça que les agences de notations US continuent à semer la merde sur des pays de la zone euro à l’économie certes flageolante, en jouant le scotome sur la Grande-Bretagne ( va voir dans le dico ce qu’est un scotome, bordel !)

 

Parce que le jour où le déficit grand-breton va être révélé, ça va être la cata pour la livre, et pour le dollar, par contagion, les deux pays étant liés au niveau de leurs petites turpitudes économiques, les agences de notations ayant enflé comme ça pas mal de monde depuis des années en maintenant fictivement le cours du dollar et de la livre.

Les USA, je te fais vite le tour : récession, Etat en quasi-faillite après avoir renfloué avec les sous publics les pertes des banques, continuant à pomper du pognon pour renflouer le secteur, sans succès :

http://www.romandie.com/infos/news/201005060623053AWP.asp

Extrait: " L'organisme américain de refinancement hypothécaire Freddie Mac a encore perdu 7,980 milliards de dollars au premier trimestre et demande 10,6 milliards d'aide supplémentaires au Trésor pour éponger son déficit."

Mes potes américains me font quasiment tous le même constat : paupérisation, fragilisation, des secteurs entiers de la middle class dévissent, et je te cause pas des pauvres, des bidonvilles qui foisonnent, du fait que la Californie et le Massachussets font la course pour savoir quel Etat sera le premier à se déclarer en faillite et se mettre sous tutelle du gouvernement fédéral…

Ca fait des lustres que la Banque Federale Americaine maquille ses comptes, imprime du dollar comme s’il en pleuvait, comptant sur les Chinois pour racheter ses obligations. Obligations pourries, surtout depuis le rachat des actifs bancaires après la crise des subprimes. ( Tu te souviens des subprimes, en 2008 ? Tu te souviens d’avoir entendu ce crétin de Jean-Marc Sylvestre t’expliquer sur France-Inter un matin que le problème c’est que les banquiers américains avaient été trop généreux… ben oui, c’est connu, le banquier, tu le laisses faire, il te donnerait sa chemise… dans le vide sidéral qui tient lieu de cerveau à le grenouille de lémarchés. )

Et la dette américaine, donc, tu vois, les Chinois ont commencé à faire savoir que le monde entier n’a pas assez d’argent pour la racheter… ( Le jaune est sournois. Christine Lagarde n’a pas saisi toutes les subtilités du propos, mais elle s’est dit ce jour là que ça sentait quand même probablement très mauvais pour le petit job qu’elle escomptait reprendre aux USA une fois éjectée de son siège de Ministre des Annonces Economiques Ridicules)

Le jour où les Chinois commencent à douter, l’édifice s’effondre. Donc les agences US, les mêmes qui notaient Lehman Brothers AAA+++ la veille de son effondrement, te disent aujourd’hui : GB et USA AAA++++, Grèce beurk, Portugal beurk, Espagne beurk, France pas top, etc…

Tu crois que face à ça, le gouvernement français, et les gouvernements Zeuropéens fiers de l’être, tellement fiers qu’ils t’ont enfoncé profondément ton bulletin NON de 2005 là où le soleil ne brille pas, juste pour satisfaire leur fantasme de grande puissance, tu crois qu’ils réagiraient en disant : « Eh les mecs vous déconnez ! Vous êtes pas plus crédibles qu’un Attali ou un Minc, on dirait Christine Lagarde quand elle a repris du Meursault, faut arrêter… L’économie européenne est pas au top mais vous vous êtes regardés ? »

Tu crois qu’ils t’expliqueraient clairement que dans le monde qu’ils ont construit, ta vie, tes économies, ta maison, ton boulot, ta famille, ton pays, sont à la merci des attaques de rapaces financiers qui jusqu’ici constituaient leur idéal ? Que c’est à une vraie guerre que tu es convié, l’éternelle guerre des riches contre les pauvres, de ceux qui vendent leur travail contre ceux qui spéculent sur du vent ?

Non. Ton gouvernement saisit l’occasion. Occasion double. En laissant plonger ( tout est relatif ) l’euro, ils espèrent pouvoir relancer les exportations ( ce qui est probablement faux parce qu’ils rêvent d’un monde, d’une mondialisation heureuse, qui n’existe pas et n’a jamais existé, chacun va bientôt se resserrer sur son pré carré).

Mais surtout, surtout, ça permet à tous ces abrutis qui te serinent que l’horizon libéral est indépassable, que THERE IS NO ALTERNATIVE ( Christine Lagarde, encore, paraphrasant Thatcher récemment, on a les idoles emperruquées qu’on peut), ça leur permet de ne pas confronter l’échec de leur misérable vision du monde, et d’expliquer à leurs populations que les temps sont durs et qu’il va falloir faire de gros sacrifices. Enfin, tu m’as compris, il va falloir que les mêmes que d’habitude, les usual suspects, toi, moi, la petite vieille que tu croises chez le boulanger et qui compte ses centimes ( non, je ne te parle pas de Bernadette Chirac), que nous, quoi, on se serre la ceinture pour le bien commun des rentiers.

Aux Grecs, apparemment, on a essayé de leur faire, et ça l’fait pas. Je suis pas sûr que ça marche non plus ici.

Mais au moins t’auras été prévenu. Sors pas tes économies pour acheter des dollars. N’écoute pas non plus ton banquier, quoiqu’il te conseille, si tu as un peu de thunes. Quand tu vois un de ces cons à la télé, éteins. Quand tes yeux glissent sur un éditorial joffrinien, détourne-toi.

Alors je sais, j’ai des copains, pas tous des salauds, qui me disent « Oui, mais les Occidentaux ne se rendent pas compte à quel point, au niveau privé ou au niveau public, ils ont vécu à crédit pendant des années » ( C’est le syndrôme Bayrou, j’appelle ça : le brave mec, plutôt humaniste, plutôt doloriste, qui lit des livres au lieu de les colorier, mais avale la soupe libérale sans grimace, parce que, tu vois, THERE IS NO ALTERNATIVE).

Franchement, mon gars, la vieille avec ses centimes, qui va morfler en premier, tu crois qu’elle vivait au-dessus de ses moyens ?

La prochaine fois, je te parlerai peut-être de la répartition des richesses entre les revenus du travail et les revenus du capital, ne serait-ce que pour ne pas laisser cette question capitale dans les mains d’un Jean-Luc Mélenchon. Parce que dans les durs temps à venir, va aussi falloir, mon gars, que tu te gardes des populistes de gôôôche, même si parfois t’es soulagé quand ils te semblent être les seuls à dire ce que les autres taisent. Ca ne les dédouane pas du reste, et de leur récupération en cours. Le facteur s’est mangé un râteau malgré Drucker, Mélenchon la joue plus serré entre Voici-le soutien à Zemmour un grand intellectuel ombrageux-le soutien à Madame Sarkozy très digne dans la tourmente- sans oublier H1N1, mais on y reviendra, je te lâcherai pas cervelle de moineau, jamais je te lâcherai ;-)

A plus, gars.

PS: MAIS OUI, je sais que c'est une photo de Jean-Marc Sylvestre ;-)))

Mais franchement, tu la raterais, l'occase de montrer cette tronche réjouie de laquais du capitalisme?

Et si tu veux voir Alain Minc, allume ta télé, gars.

La crise de l’euro sur lémarchés expliquée aux enfants ou « Moi aussi je peux faire Alain Minc… »

 

 

 

 

La crise de l’euro sur lémarchés expliquée aux enfants ou

« Moi aussi je peux faire Alain Minc… »

 

 

39993238001-medias--les-3-conseils-de-Jean-Marc-Sylvestre-.jpg

 

 

Tu te demandes pourquoi je te cause de la situation économique ?

 

Tu te dis… « Eh, faut pas trop qu’il se prenne le chou, le gars… c’est pas parce qu’il est médecin et qu’il a anticipé en hurlant dans le désert depuis des années pendant que Sarko et ses AXA-boys dépecaient la Sécu, c’est pas parce qu’il a décrypté en direct-live l’hallucinant foirage H1N1 pendant que les médias recopiaient les communiqués de presse du staff de Grosselime… qu’il est fondé à soudain s’la péter économiste… parce qu’économiste, c’est un boulot sérieux. T’as qu’à voir Eric Le Boucher ou Daniel Cohen ou Jean-Marc Sylvestre…. Ooops, mauvaise pioche…. Et puis comme commentateur, quelle crédibilité il a, hein ? N’est pas Alain Minc ou Laurent Joffrin ou Jean-Luc Mélenchon qui veut ! »

 

Oui, je sais, c’est laid, je fais les questions et les réponses. Mais je ne vois pas, donc, pourquoi moi aussi je ne t’expliquerais pas « Comment ça marche ? » ne serait-ce que parce que ça te fera autrement marrer que d’écouter Fillon sur TF1 t’expliquer en peinant à déboucher le tube de vaseline entre les dents qu’il va devoir prendre des décisions difficiles pour que tu n’ailles pas te faire voir chez les Grecs mais directement ici sur place, courtesy of the French Government que 53% de tes compatriotes ont installé il y a trois ans, une éternité.

 

Bon, alors on commence par quoi ?

 

Par le fait que le système financier libéral vanté par nos économistes de cour, mais ça tu le sais, est une foire d’empoigne, un marché aux bestiaux insane où s’agitent des connards de compétition, des boutonneux cocaïnés qui adulent la gagne, des investisseurs mafieux, et des boursicoteurs panurgistes cons comme un rouleau sans PQ, avec juste un tout petit morceau rose encore collé sur la ligne du carton.

 

Et c’est par ces derniers cons-là qu’il faut commencer, tu vois, parce que c’est eux, pour l’instant, la cible de toute cette agitation. Pas la cause, la cible.

 

Le but, actuellement, c’est de faire plonger l' ( ze ioûûûûrô, en états-uniens), de faire naître sur lémarchés une inquiétude, afin que les connards dont auquel je te parle se ruent sur des valeurs refuge, dont, tiens-toi bien, le $ ( en français, in french, le dollââr) . D’ailleurs, tous les économistes te l’expliquent gravement, ouh là là, l’euro est à son plus bas depuis au moins, ouh là là, quelques mois ( l’économiste pense avec son cul et même ses hémorroïdes ont Alzheimer)… 1,29 dollar seulement pour 1 euro, hier sur lémarchés ! Ouh là la catastrophe !

 

Et tout ça c’est la faute de ces enc… de Grecs…, et de Portugais et d’Espagnols, trop dépensiers, voilà c’est dit. (Comme dit mon fils « Montons un groupe FaceBook pour créer des lois contre l’homophobie, mais des vraies, hein, pas des lois de taffioles »)

 

Sauf que, suis-moi mon gars tu vas voir c’est pas compliqué, il suffit de ne pas lire la presse et on s’y retrouve facilement… sauf que, donc… les déficits de la Grande-Bretagne sont catastrophiques, du même ordre, sinon pire que ceux du Portugal et de l’Espagne.

 

Because la Grande-Bretagne, je t’explique, s’est mangée des décennies de thatchérisme et de blairisme pendant lesquelles l’horizon indépassable c’était le pognon, le flouze, ze money makes ze world go round, etc… Que Londres, souviens-toi, c’était LA CITY. Que l’économie britannique, depuis trop longtemps, s’était réduite à une spéculation financière virtuelle. Après trente ans entre les mains de la folle, de l’homme en gris, puis du criminel de guerre au sourire Colgate ( tu auras reconnu Maggie, John Major et Tony Blaireau), la Grande-Bretagne ( que j’aime) est un pays vendable à l’encan, poste anglo-saxon avancé de l’économie états-unienne , qui va plus que mal.

 

Ce jour, les Anglais votent. Quoiqu’ils votent, la magouille est d’avance préparée, ils auront droit à un gouvernement d’union nationale ( Lib Dem + « New Labour », Lib Dem + Thatcherites reconvertis ?.. c’est excitant et varié comme Sarko-DSK en 2012) qui va annoncer assez vite que ouh là là les comptes sont pires que prévus, et faire aux Anglais, censés aimer les punitions corporelles, le coup du gouvernement grec ( mais avec des scones). Comment je le sais ? Comme dit l’autre, pour savoir quel Etat va faire défaut sur sa dette, suis les enflures de Goldman-Sachs à la trace. Après avoir maquillé les comptes grecs, G-S a maquillé les comptes anglais, juste le temps d’une élection.

 

Et c’est pour ça que les agences de notations US continuent à semer la merde sur des pays de la zone euro à l’économie certes flageolante, en jouant le scotome sur la Grande-Bretagne ( va voir dans le dico ce qu’est un scotome, bordel !)

 

 

voirdmla.jpg

 

Parce que le jour où le déficit grand-breton va être révélé, ça va être la cata pour la livre, et pour le dollar, par contagion, les deux pays étant liés au niveau de leurs petites turpitudes économiques, les agences de notations ayant enflé comme ça pas mal de monde depuis des années en maintenant fictivement le cours du dollar et de la livre.

 

Les USA, je te fais vite le tour : récession, Etat en quasi-faillite après avoir renfloué avec les sous publics les pertes des banques, continuant à pomper du pognon pour renflouer le secteur, sans succès :

 

http://www.romandie.com/infos/news/201005060623053AWP.asp

 

Extrait: " L'organisme américain de refinancement hypothécaire Freddie Mac a encore perdu 7,980 milliards de dollars au premier trimestre et demande 10,6 milliards d'aide supplémentaires au Trésor pour éponger son déficit."

 

 

Mes potes américains me font quasiment tous le même constat : paupérisation, fragilisation, des secteurs entiers de la middle class dévissent, et je te cause pas des pauvres, des bidonvilles qui foisonnent, du fait que la Californie et le Massachussets font la course pour savoir quel Etat sera le premier à se déclarer en faillite et se mettre sous tutelle du gouvernement fédéral…

 

Ca fait des lustres que la Banque Federale Americaine maquille ses comptes, imprime du dollar comme s’il en pleuvait, comptant sur les Chinois pour racheter ses obligations. Obligations pourries, surtout depuis le rachat des actifs bancaires après la crise des subprimes. ( Tu te souviens des subprimes, en 2008 ? Tu te souviens d’avoir entendu ce crétin de Jean-Marc Sylvestre t’expliquer sur France-Inter un matin que le problème c’est que les banquiers américains avaient été trop généreux… ben oui, c’est connu, le banquier, tu le laisses faire, il te donnerait sa chemise… dans le vide sidéral qui tient lieu de cerveau à le grenouille de lémarchés. )

 

Et la dette américaine, donc, tu vois, les Chinois ont commencé à faire savoir que le monde entier n’a pas assez d’argent pour la racheter… ( Le jaune est sournois. Christine Lagarde n’a pas saisi toutes les subtilités du propos, mais elle s’est dit ce jour là que ça sentait quand même probablement très mauvais pour le petit job qu’elle escomptait reprendre aux USA une fois éjectée de son siège de Ministre des Annonces Economiques Ridicules)

 

 

1225798954-wily.gif

 

Le jour où les Chinois commencent à douter, l’édifice s’effondre. Donc les agences US, les mêmes qui notaient Lehman Brothers AAA+++ la veille de son effondrement, te disent aujourd’hui : GB et USA AAA++++, Grèce beurk, Portugal beurk, Espagne beurk, France pas top, etc…

 

Tu crois que face à ça, le gouvernement français, et les gouvernements Zeuropéens fiers de l’être, tellement fiers qu’ils t’ont enfoncé profondément ton bulletin NON de 2005 là où le soleil ne brille pas, juste pour satisfaire leur fantasme de grande puissance, tu crois qu’ils réagiraient en disant : « Eh les mecs vous déconnez ! Vous êtes pas plus crédibles qu’un Attali ou un Minc, on dirait Christine Lagarde quand elle a repris du Meursault, faut arrêter… L’économie européenne est pas au top mais vous vous êtes regardés ? »

 

Tu crois qu’ils t’expliqueraient clairement que dans le monde qu’ils ont construit, ta vie, tes économies, ta maison, ton boulot, ta famille, ton pays, sont à la merci des attaques de rapaces financiers qui jusqu’ici constituaient leur idéal ? Que c’est à une vraie guerre que tu es convié, l’éternelle guerre des riches contre les pauvres, de ceux qui vendent leur travail contre ceux qui spéculent sur du vent ?

 

 

goldman-sachs-party-cartoon.jpg

 

Non. Ton gouvernement saisit l’occasion. Occasion double. En laissant plonger ( tout est relatif ) l’euro, ils espèrent pouvoir relancer les exportations ( ce qui est probablement faux parce qu’ils rêvent d’un monde, d’une mondialisation heureuse, qui n’existe pas et n’a jamais existé, chacun va bientôt se resserrer sur son pré carré).

 

Mais surtout, surtout, ça permet à tous ces abrutis qui te serinent que l’horizon libéral est indépassable, que THERE IS NO ALTERNATIVE ( Christine Lagarde, encore, paraphrasant Thatcher récemment, on a les idoles emperruquées qu’on peut), ça leur permet de ne pas confronter l’échec de leur misérable vision du monde, et d’expliquer à leurs populations que les temps sont durs et qu’il va falloir faire de gros sacrifices. Enfin, tu m’as compris, il va falloir que les mêmes que d’habitude, les usual suspects, toi, moi, la petite vieille que tu croises chez le boulanger et qui compte ses centimes ( non, je ne te parle pas de Bernadette Chirac), que nous, quoi, on se serre la ceinture pour le bien commun des rentiers.

 

Aux Grecs, apparemment, on a essayé de leur faire, et ça l’fait pas. Je suis pas sûr que ça marche non plus ici.

 

Mais au moins t’auras été prévenu. Sors pas tes économies pour acheter des dollars. N’écoute pas non plus ton banquier, quoiqu’il te conseille, si tu as un peu de thunes. Quand tu vois un de ces cons à la télé, éteins. Quand tes yeux glissent sur un éditorial joffrinien, détourne-toi.

 

Alors je sais, j’ai des copains, pas tous des salauds, qui me disent « Oui, mais les Occidentaux ne se rendent pas compte à quel point, au niveau privé ou au niveau public, ils ont vécu à crédit pendant des années » ( C’est le syndrôme Bayrou, j’appelle ça : le brave mec, plutôt humaniste, plutôt doloriste, qui lit des livres au lieu de les colorier, mais avale la soupe libérale sans grimace, parce que, tu vois, THERE IS NO ALTERNATIVE).

Franchement, mon gars, la vieille avec ses centimes, qui va morfler en premier, tu crois qu’elle vivait au-dessus de ses moyens ?

 

La prochaine fois, je te parlerai peut-être de la répartition des richesses entre les revenus du travail et les revenus du capital, ne serait-ce que pour ne pas laisser cette question capitale dans les mains d’un Jean-Luc Mélenchon. Parce que dans les durs temps à venir, va aussi falloir, mon gars, que tu te gardes des populistes de gôôôche, même si parfois t’es soulagé quand ils te semblent être les seuls à dire ce que les autres taisent. Ca ne les dédouane pas du reste, et de leur récupération en cours. Le facteur s’est mangé un râteau malgré Drucker, Mélenchon la joue plus serré entre Voici-le soutien à Zemmour un grand intellectuel ombrageux-le soutien à Madame Sarkozy très digne dans la tourmente- sans oublier H1N1, mais on y reviendra, je te lâcherai pas cervelle de moineau, jamais je te lâcherai ;-)

 

A plus, gars.

 

 

PS: MAIS OUI, je sais que c'est une photo de Jean-Marc Sylvestre ;-)))

Mais franchement, tu la raterais, l'occase de montrer cette tronche réjouie de laquais du capitalisme?

Et si tu veux voir Alain Minc, allume ta télé, gars.

 
Toute l'info avec 20minutes.fr, l'actualité en temps réel Toute l'info avec 20minutes.fr : l'actualité en temps réel | tout le sport : analyses, résultats et matchs en direct
high-tech | arts & stars : toute l'actu people | l'actu en images | La une des lecteurs : votre blog fait l'actu