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06/05/2010

La crise de l’euro sur lémarchés expliquée aux enfants ou « Moi aussi je peux faire Alain Minc… »

La crise de l’euro sur lémarchés expliquée aux enfants ou

« Moi aussi je peux faire Alain Minc… »

 

-sans les images, pour ceux qui sont encore sous Explorer, les pauvres-

Les autres, glissez jusqu'au billet précédent :-)

 

Tu te demandes pourquoi je te cause de la situation économique ?

Tu te dis… « Eh, faut pas trop qu’il se prenne le chou, le gars… c’est pas parce qu’il est médecin et qu’il a anticipé en hurlant dans le désert depuis des années pendant que Sarko et ses AXA-boys dépecaient la Sécu, c’est pas parce qu’il a décrypté en direct-live l’hallucinant foirage H1N1 pendant que les médias recopiaient les communiqués de presse du staff de Grosselime… qu’il est fondé à soudain s’la péter économiste… parce qu’économiste, c’est un boulot sérieux. T’as qu’à voir Eric Le Boucher ou Daniel Cohen ou Jean-Marc Sylvestre…. Ooops, mauvaise pioche…. Et puis comme commentateur, quelle crédibilité il a, hein ? N’est pas Alain Minc ou Laurent Joffrin ou Jean-Luc Mélenchon qui veut ! »

Oui, je sais, c’est laid, je fais les questions et les réponses. Mais je ne vois pas, donc, pourquoi moi aussi je ne t’expliquerais pas « Comment ça marche ? » ne serait-ce que parce que ça te fera autrement marrer que d’écouter Fillon sur TF1 t’expliquer en peinant à déboucher le tube de vaseline entre les dents qu’il va devoir prendre des décisions difficiles pour que tu n’ailles pas te faire voir chez les Grecs mais directement ici sur place, courtesy of the French Government que 53% de tes compatriotes ont installé il y a trois ans, une éternité.

Bon, alors on commence par quoi ?

Par le fait que le système financier libéral vanté par nos économistes de cour, mais ça tu le sais, est une foire d’empoigne, un marché aux bestiaux insane où s’agitent des connards de compétition, des boutonneux cocaïnés qui adulent la gagne, des investisseurs mafieux, et des boursicoteurs panurgistes cons comme un rouleau sans PQ, avec juste un tout petit morceau rose encore collé sur la ligne du carton.

Et c’est par ces derniers cons-là qu’il faut commencer, tu vois, parce que c’est eux, pour l’instant, la cible de toute cette agitation. Pas la cause, la cible.

Le but, actuellement, c’est de faire plonger l' ( ze ioûûûûrô, en états-uniens), de faire naître sur lémarchés une inquiétude, afin que les connards dont auquel je te parle se ruent sur des valeurs refuge, dont, tiens-toi bien, le $ ( en français, in french, le dollââr) . D’ailleurs, tous les économistes te l’expliquent gravement, ouh là là, l’euro est à son plus bas depuis au moins, ouh là là, quelques mois ( l’économiste pense avec son cul et même ses hémorroïdes ont Alzheimer)… 1,29 dollar seulement pour 1 euro, hier sur lémarchés ! Ouh là la catastrophe !

Et tout ça c’est la faute de ces enc… de Grecs…, et de Portugais et d’Espagnols, trop dépensiers, voilà c’est dit. (Comme dit mon fils « Montons un groupe FaceBook pour créer des lois contre l’homophobie, mais des vraies, hein, pas des lois de taffioles »)

Sauf que, suis-moi mon gars tu vas voir c’est pas compliqué, il suffit de ne pas lire la presse et on s’y retrouve facilement… sauf que, donc… les déficits de la Grande-Bretagne sont catastrophiques, du même ordre, sinon pire que ceux du Portugal et de l’Espagne.

Because la Grande-Bretagne, je t’explique, s’est mangée des décennies de thatchérisme et de blairisme pendant lesquelles l’horizon indépassable c’était le pognon, le flouze, ze money makes ze world go round, etc… Que Londres, souviens-toi, c’était LA CITY. Que l’économie britannique, depuis trop longtemps, s’était réduite à une spéculation financière virtuelle. Après trente ans entre les mains de la folle, de l’homme en gris, puis du criminel de guerre au sourire Colgate ( tu auras reconnu Maggie, John Major et Tony Blaireau), la Grande-Bretagne ( que j’aime) est un pays vendable à l’encan, poste anglo-saxon avancé de l’économie états-unienne , qui va plus que mal.

Ce jour, les Anglais votent. Quoiqu’ils votent, la magouille est d’avance préparée, ils auront droit à un gouvernement d’union nationale ( Lib Dem + « New Labour », Lib Dem + Thatcherites reconvertis ?.. c’est excitant et varié comme Sarko-DSK en 2012) qui va annoncer assez vite que ouh là là les comptes sont pires que prévus, et faire aux Anglais, censés aimer les punitions corporelles, le coup du gouvernement grec ( mais avec des scones). Comment je le sais ? Comme dit l’autre, pour savoir quel Etat va faire défaut sur sa dette, suis les enflures de Goldman-Sachs à la trace. Après avoir maquillé les comptes grecs, G-S a maquillé les comptes anglais, juste le temps d’une élection.

Et c’est pour ça que les agences de notations US continuent à semer la merde sur des pays de la zone euro à l’économie certes flageolante, en jouant le scotome sur la Grande-Bretagne ( va voir dans le dico ce qu’est un scotome, bordel !)

 

Parce que le jour où le déficit grand-breton va être révélé, ça va être la cata pour la livre, et pour le dollar, par contagion, les deux pays étant liés au niveau de leurs petites turpitudes économiques, les agences de notations ayant enflé comme ça pas mal de monde depuis des années en maintenant fictivement le cours du dollar et de la livre.

Les USA, je te fais vite le tour : récession, Etat en quasi-faillite après avoir renfloué avec les sous publics les pertes des banques, continuant à pomper du pognon pour renflouer le secteur, sans succès :

http://www.romandie.com/infos/news/201005060623053AWP.asp

Extrait: " L'organisme américain de refinancement hypothécaire Freddie Mac a encore perdu 7,980 milliards de dollars au premier trimestre et demande 10,6 milliards d'aide supplémentaires au Trésor pour éponger son déficit."

Mes potes américains me font quasiment tous le même constat : paupérisation, fragilisation, des secteurs entiers de la middle class dévissent, et je te cause pas des pauvres, des bidonvilles qui foisonnent, du fait que la Californie et le Massachussets font la course pour savoir quel Etat sera le premier à se déclarer en faillite et se mettre sous tutelle du gouvernement fédéral…

Ca fait des lustres que la Banque Federale Americaine maquille ses comptes, imprime du dollar comme s’il en pleuvait, comptant sur les Chinois pour racheter ses obligations. Obligations pourries, surtout depuis le rachat des actifs bancaires après la crise des subprimes. ( Tu te souviens des subprimes, en 2008 ? Tu te souviens d’avoir entendu ce crétin de Jean-Marc Sylvestre t’expliquer sur France-Inter un matin que le problème c’est que les banquiers américains avaient été trop généreux… ben oui, c’est connu, le banquier, tu le laisses faire, il te donnerait sa chemise… dans le vide sidéral qui tient lieu de cerveau à le grenouille de lémarchés. )

Et la dette américaine, donc, tu vois, les Chinois ont commencé à faire savoir que le monde entier n’a pas assez d’argent pour la racheter… ( Le jaune est sournois. Christine Lagarde n’a pas saisi toutes les subtilités du propos, mais elle s’est dit ce jour là que ça sentait quand même probablement très mauvais pour le petit job qu’elle escomptait reprendre aux USA une fois éjectée de son siège de Ministre des Annonces Economiques Ridicules)

Le jour où les Chinois commencent à douter, l’édifice s’effondre. Donc les agences US, les mêmes qui notaient Lehman Brothers AAA+++ la veille de son effondrement, te disent aujourd’hui : GB et USA AAA++++, Grèce beurk, Portugal beurk, Espagne beurk, France pas top, etc…

Tu crois que face à ça, le gouvernement français, et les gouvernements Zeuropéens fiers de l’être, tellement fiers qu’ils t’ont enfoncé profondément ton bulletin NON de 2005 là où le soleil ne brille pas, juste pour satisfaire leur fantasme de grande puissance, tu crois qu’ils réagiraient en disant : « Eh les mecs vous déconnez ! Vous êtes pas plus crédibles qu’un Attali ou un Minc, on dirait Christine Lagarde quand elle a repris du Meursault, faut arrêter… L’économie européenne est pas au top mais vous vous êtes regardés ? »

Tu crois qu’ils t’expliqueraient clairement que dans le monde qu’ils ont construit, ta vie, tes économies, ta maison, ton boulot, ta famille, ton pays, sont à la merci des attaques de rapaces financiers qui jusqu’ici constituaient leur idéal ? Que c’est à une vraie guerre que tu es convié, l’éternelle guerre des riches contre les pauvres, de ceux qui vendent leur travail contre ceux qui spéculent sur du vent ?

Non. Ton gouvernement saisit l’occasion. Occasion double. En laissant plonger ( tout est relatif ) l’euro, ils espèrent pouvoir relancer les exportations ( ce qui est probablement faux parce qu’ils rêvent d’un monde, d’une mondialisation heureuse, qui n’existe pas et n’a jamais existé, chacun va bientôt se resserrer sur son pré carré).

Mais surtout, surtout, ça permet à tous ces abrutis qui te serinent que l’horizon libéral est indépassable, que THERE IS NO ALTERNATIVE ( Christine Lagarde, encore, paraphrasant Thatcher récemment, on a les idoles emperruquées qu’on peut), ça leur permet de ne pas confronter l’échec de leur misérable vision du monde, et d’expliquer à leurs populations que les temps sont durs et qu’il va falloir faire de gros sacrifices. Enfin, tu m’as compris, il va falloir que les mêmes que d’habitude, les usual suspects, toi, moi, la petite vieille que tu croises chez le boulanger et qui compte ses centimes ( non, je ne te parle pas de Bernadette Chirac), que nous, quoi, on se serre la ceinture pour le bien commun des rentiers.

Aux Grecs, apparemment, on a essayé de leur faire, et ça l’fait pas. Je suis pas sûr que ça marche non plus ici.

Mais au moins t’auras été prévenu. Sors pas tes économies pour acheter des dollars. N’écoute pas non plus ton banquier, quoiqu’il te conseille, si tu as un peu de thunes. Quand tu vois un de ces cons à la télé, éteins. Quand tes yeux glissent sur un éditorial joffrinien, détourne-toi.

Alors je sais, j’ai des copains, pas tous des salauds, qui me disent « Oui, mais les Occidentaux ne se rendent pas compte à quel point, au niveau privé ou au niveau public, ils ont vécu à crédit pendant des années » ( C’est le syndrôme Bayrou, j’appelle ça : le brave mec, plutôt humaniste, plutôt doloriste, qui lit des livres au lieu de les colorier, mais avale la soupe libérale sans grimace, parce que, tu vois, THERE IS NO ALTERNATIVE).

Franchement, mon gars, la vieille avec ses centimes, qui va morfler en premier, tu crois qu’elle vivait au-dessus de ses moyens ?

La prochaine fois, je te parlerai peut-être de la répartition des richesses entre les revenus du travail et les revenus du capital, ne serait-ce que pour ne pas laisser cette question capitale dans les mains d’un Jean-Luc Mélenchon. Parce que dans les durs temps à venir, va aussi falloir, mon gars, que tu te gardes des populistes de gôôôche, même si parfois t’es soulagé quand ils te semblent être les seuls à dire ce que les autres taisent. Ca ne les dédouane pas du reste, et de leur récupération en cours. Le facteur s’est mangé un râteau malgré Drucker, Mélenchon la joue plus serré entre Voici-le soutien à Zemmour un grand intellectuel ombrageux-le soutien à Madame Sarkozy très digne dans la tourmente- sans oublier H1N1, mais on y reviendra, je te lâcherai pas cervelle de moineau, jamais je te lâcherai ;-)

A plus, gars.

PS: MAIS OUI, je sais que c'est une photo de Jean-Marc Sylvestre ;-)))

Mais franchement, tu la raterais, l'occase de montrer cette tronche réjouie de laquais du capitalisme?

Et si tu veux voir Alain Minc, allume ta télé, gars.

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