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30.01.2010

Identité nationale, d'un siècle l'autre

Vendredi 29 janvier 2010, sur la 5, dans un téléfilm britannique de bonne facture, on discutait identité nationale, entre amis. Preuve, s'il en était besoin, de la pertinence du débat lancé par Eric Besson et le Président de Nagy-Bosca.

 

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Si vous avez raté le début, comme disait le Télé 7 jours de ma jeunesse:

Au début de l'hiver 1942, le 15 janvier exactement, la petite ville de Wannsee, dans la banlieue de Berlin, est le théâtre secret d'une conférence réunissant de hauts dignitaires nazis, sous la présidence de Reinhard Heydrich.

29.01.2010

De l'art et la manière de recycler les ordures

Pendant que Villepin et Sarkozy continuent leur ballet SM, en Angleterre, la Commission d'Enquête sur la guerre en Irak auditionne un criminel de guerre, qui, quelle coincidence, est l'émissaire qu'a choisi le Quartet ( Union Européenne, Etats-Unis, Russie et ONU) pour le représenter dans le conflit israélo-palestinien. De l'art et la manière de recycler les ordures.

 

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27.01.2010

Le PS ne mérite pas ses militants

Cette lettre adressée à Martine Aubry par un ami me confirme ce que je pense depuis longtemps, à savoir que le Parti Socialiste ne mérite pas ses militants.



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"                                                                                          Madame Martine AUBRY

Première Secrétaire  du Parti Socialiste

10, Rue de Solférino

75007 PARIS CEDEX 07

Chère camarade,

Alors que le Parti Socialiste est incapable d’afficher une position claire sur aucun des grands problèmes de société (santé, éducation, sécurité, environnement etc…) ou de politique extérieure (Europe, compétition mondiale, participation aux guerres de l’OTAN, conflit israélo-palestinien etc…) je suis stupéfait de l’ouverture qu’il affiche, par ta voix, celles de François Hollande, de Manuel Valls, de Vincent Peillon, à l’allongement de l’âge légal de départ à la retraite auquel nous prépare le gouvernement à grand renfort de communication.

J’attends de mon parti, dont je suis militant et qui m’a déjà fait avaler trop de couleuvres, une position combative sur ce sujet au lieu de se montrer disposé à la collaboration et, disons-le, de se coucher.

La retraite à 60 ans est une conquête fondamentale et hautement symbolique du PS au pouvoir ancienne manière. Cela fait partie d’un bilan historique dont le PS devrait être fier et qu’il devrait revendiquer au lieu de se culpabiliser, de reconnaître et de laisser croire implicitement, comme il l’a fait si maladroitement pour les nationalisations et les 35 heures, qu’il s’est trompé.

Au lieu de courir au-devant du patronat mieux vaudrait réfléchir à la mise en place (enfin !) d’une fiscalité et d’un système de prélèvement des cotisations sociales, plus justes, mieux répartis et plus efficaces. Ce serait un vrai projet courageux.

C’est ce que je demande à mon parti et non pas une énième analyse aux canons de l’idéologie libérale et d’un parfait conformisme à la bien pensance.

Quant aux élections régionales gagnées d’avance, je t’engage, connaissant bien le PS, à éviter tout triomphalisme même si cette hypothèse se réalise. Les élections régionales ça conforte ou ça fait de parfaits petits notables (souvent cumulards d’ailleurs). Tant mieux pour eux ! Cela ne nous autorise pas à dire que nous sommes les meilleurs et donc à penser qu’on peut continuer comme cela… sans jamais rien changer. Surtout cela ne nous donne ni une idéologie, ni une politique ni même une ambition.

J’aimerais voir mon parti acteur et non pas simplement spectateur des luttes sociales… comme par exemple aujourd’hui 21 janvier contre les réductions massives d’effectifs dans la fonction publique. Une poignée de manifestants, bientôt plus un seul tellement l’espoir est mort ! Mais la souffrance, elle, existe bien ! Il y a bien longtemps que je ne vois plus le PS dans la rue en soutien à ceux qui tentent de se défendre. On ne peut pas se contenter de déclarations convenues devant la TV lors des questions au gouvernement, les mardis et mercredis après-midi, ou d’articles dans une feuille confidentielle à usage des militants. 

Ce n’est pas à la hauteur du 1er parti d’opposition (hélas par défaut dans les conditions actuelles, il faut bien le reconnaître) ni des talents éminents (selon la formule prétentieuse consacrée) qu’il est censé comprendre dans ses rangs et qui prétendent représenter une pensée différente (ah oui ! laquelle ?)… des volontés, une alternative…  c’est à prouver.

Alors, pour en revenir aux retraites, soyez dignes du passé (revendiquez le bilan comme seul le fait Jospin bien qu’avant tout -et comme d’habitude- dans un plaidoyer pro domo mais qui donne une certaine crédibilité au PS) et soyez à la hauteur du présent en étant courageux et en imaginant une politique globale conforme à nos principes et à nos valeurs, pas celles de l’OMC et du FMI.

Je te prie d’agréer, Chère Camarade, mes salutations attristées.

 

PS : Vu encore à la TV, chez Giesbert, le petit marquis omniscient Alain MINC qui n’a pas manqué de souligner à nouveau, sourire en coin, que vous êtes amis. Dans un débat sur la burqa entre lui et Tarik Ramadan, en arriver à toi, c’est un peu compliqué. Bon admettons les petites provocations de journaliste ! Mais le message subliminal devant les millions de télespectateurs d’une proximité entre toi et ce type, permets-moi de te dire que cela fait du mal. Ce n’est pas la première fois. J’aimerais te voir un jour, lors d’un débat ou d’une prise publique de parole, te démarquer catégoriquement de ce genre de penseurs."

A l'heure où j'écris ces lignes, Martine Aubry a courageusement changé d'avis. Pas question de revenir sur l'âge de la retraite. Pas maintenant. Pas à deux mois des régionales. Il sera toujours temps de se coucher plus tard.

26.01.2010

Le lendemain matin, le Président se réveilla fort satisfait de sa prestation télévisée

Le lendemain matin, le Président se réveilla fort satisfait de sa prestation télévisée.

 

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22.01.2010

Quand breton pas content, lui toujours faire ainsi...

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L'épidémie H1N1 est officiellement terminée. Roselyne Bachelot continue d'exhorter à la vaccination, et les média relatent ces conférences de presse où la ministre, qui avant-hier aurait voulu amener des adolescents dans les services de réanimation pour mieux les terroriser, vante son action "équilibrée entre réactivité et analyse", et donne des leçons de déontologie à tout le monde, fustigeant les experts de troisième mi-temps ( quand ses erreurs ont été commentées en direct-live depuis Juillet dernier) , reconnaissant seulement à demi-mot des erreurs de communication. A l'évidence, pourtant, ce n'est pas tant la communication qui pose problème, que l'incompétence des décideurs sanitaires en France...

Le risque, bien entendu, c'est qu'aucune leçon ne soit tirée de ce fiasco aterrant. Nous verrons bien. En attendant, les médecins sont furieux, furieux de constater l'hypocrisie et les mensonges des gouvernants. ce communiqué de l'Union Régionale des Médecins Libéraux de Bretagne contraste avec la langue de bois des instances sanitaires: il appelle un chat un chat, une menteuse une menteuse.

 


Echec du plan de vaccination contre la grippe A(H1N1) : les médecins libéraux de Bretagne soutiennent les demandes de commissions d'enquête française et européenne

Les médecins bretons soutiennent les demandes de création d'une commission d'enquête parlementaire, afin que soient établies les responsabilités dans le fiasco de la campagne de vaccination contre la grippe A(H1N1). Depuis le début de mise en place du dispositif, l'Union régionale des médecins libéraux de Bretagne n'a cessé d'alerter le ministère de la Santé sur l'erreur fondamentale consistant à contourner les organisations en place. Qu'il s'agisse du réseau de soins de ville ou de l'hôpital.

Alors qu'elle proposait enfin, la semaine dernière, aux médecins de ville d'intégrer le dispositif vaccinal contre la grippe A(H1N1), Madame Roseline Bachelot leur déclarait : "J'ai besoin de vous pour conquérir les indécis. La grippe peut encore faire des victimes et il faut parer à une possible deuxième vague pandémique." L'Union régionale des médecins libéraux de Bretagne (URML-B) regrette cette trop tardive reconnaissance de la légitime compétence des médecins traitants, et tient à réaffirmer qu'elle ne donnera aucune consigne concernant la vaccination.

La santé est notre priorité. Nous continuerons donc à faire en conscience notre métier : ta médecine, et seulement la médecine. Et nous vaccinerons ceux qui en ont besoin en évaluant au cas par cas le bénéfice-risque de cette thérapeutique préventive, et en tenant compte des données scientifiques fiables recueillies auprès d'experts indépendants de tout groupe d'intérêts ou de pression.

Soutien aux demandes de commissions d'enquête

A ce sujet, l'URML-B se félicite que le Conseil de l'Europe (dont sont membres 47 pays) souhaite ouvrir dès ce mois-ci une enquête sur les possibles pressions exercées sur les Etats et les experts de l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) par les firmes pharmaceutiques intéressées par la production et la vente massives de vaccins. Selon le président de cette assemblée, le déclenchement de l'alerte à la pandémie constituerait "l'un des plus grands scandales médicaux du siècle".

De même, devant l'évidence de l'échec du dispositif mis en œuvre dans l'Hexagone depuis la mi-octobre, sous la conduite des pouvoirs publics et des institutions de santé, l'URML-B soutient résolument les demandes de création d'une commission d'enquête parlementaire française, afin que soit établie aux yeux de tous l'origine des responsabilités prises, au mépris parfois de la santé de nos concitoyens les plus vulnérables.

La négation du fonctionnement rationnel de notre système de santé, conjuguée à celle du rôle et des compétences de ses acteurs libéraux autant qu'hospitaliers, voire de certains services de l'Etat, ont conduit le gouvernement à prendre le risque insensé d'un total dérèglement de ce système, mettant en danger la vie de patients fragiles. Nombre d'entre eux, qui devaient bénéficier en priorité d'une protection contre le virus A (H1N1), ont été ignorés par un dispositif dont l'organisation tenait pour beaucoup de la grande improvisation, pour un coût qui devra être clairement établi.

1 Cf. article Santé du 11/01 sur www.gouvernement.fr


Le rôle des médecins traitants méprisé

Comment peut-on prétendre gérer une crise de santé publique en se passant d'acteurs aussi légitimes que les médecins traitants ? Pourquoi le ministère a-t-il choisi de rester aussi longtemps hermétiquement sourd aux incessantes argumentations de l'URML-B sur ce point, dans chaque réunion de travail où l'on était conviés, rejetant nos offres répétées d'effectuer des vaccinations dans nos cabinets ? C'est à dire au plus près des populations, en parfaite connaissance des patients potentiellement à risque et à la meilleure place pour remédier aux situations problématiques des personnes handicapées ou isolées.

Alors qu'au cours de la campagne 2008 contre la grippe saisonnière les médecins de ville ont assuré en trois mois 5,2 millions de vaccinations (soit 59% des personnes concernées)2, le plan pandémie A(H1N1), objet d'une débauche de communication, n'aura pas permis d'en vacciner dans le même temps davantage : 5,3 millions au 11 janvier 2010. Et, si il est généralement admis qu'au moins 40% d'une population doit être vaccinée afin de dresser une barrière efficace contre une pandémie grippale, le défi à relever est loin d'être aujourd'hui atteint : à peine 8% de Français vaccinés.

Durant ces trois mois d'errements et de propagande abusive, médecins généralistes, pédiatres et autres spécialistes ont été assaillis de questionnements de leurs patients sur la réelle dangerosité du virus, sur les risques qu'aurait présenté le vaccin, sur l'efficience d'une protection des "populations non à risques" à partir de janvier seulement, alors que l'épidémie serait, comme on le constate aujourd'hui, derrière nous. Directement mobilisés en toute première ligne, ces mêmes médecins auraient pu contribuer à éviter l'inutile engorgement de centres de vaccination de masse, souvent réduits à la paralysie et à l'inefficacité. Comme pour chaque campagne annuelle de vaccination anti grippe saisonnière, les doses de vaccin auraient pu être très naturellement acheminées par le dispositif habituel d'approvisionnement quotidien des pharmacies en médicaments, à la toute proximité des patients. Et l'on aurait ainsi assuré à tous un meilleur confort, propice à une meilleure acceptation du vaccin lui-même.

Une crise de confiance lourde de conséquences

Tandis qu'il était prétendu que les médecins de ville étaient déchargés de cette vaccination afin de mieux garantir leur présence auprès des malades atteints par le virus, et de mieux en assurer le traitement, des chefs de service d'hôpitaux publics étaient, ici même en Bretagne, sommés d'effectuer dans l'urgence la réquisition d'internes de médecine générale et internes de spécialité, eux-mêmes sommés de "préserver la continuité des soins dans les services exposés à la pandémie" (réanimations, maladies infectieuses et urgences)... "On peut s'étonner que les médecins généralistes ne soient pas davantage sollicités - élément que nous faisons remonter au ministère dans l'indifférence totale des autorités", dénonçaient dès la mi-novembre certains de ces chefs de service hospitaliers. L'URML-B ne peut que s'associer à eux pour déplorer les conséquences, alors déjà prévisibles, de cet état de fait.

Au global, l'Etat aurait investi dans l'affaire plus de 1,5 milliards d'euros : 5% du « trou de la sécu », l'équivalent du déficit annuel des hôpitaux publics. Une dépense démesurée, dont le montant non encore arrêté contribue à nourrir le manque total de confiance, désormais avéré, de nos concitoyens envers les capacités des pouvoirs publics à maîtriser pareille crise de santé. Un manque de confiance sans aucun doute lourd de conséquences pour le futur.

Mais l'heure des comptes définitifs est encore à venir...

Docteur Jacques ROUILLIER,  Docteur Hervé LE NEEL, Docteur Jean-Pierre LAGUENS

2 Chiffres CNAM / France entière - Cf. dossier de presse du ministère de la Santé du 18/09/2009

20.01.2010

H1N1: Comme un sourire de Xavier Bertrand...

 

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Jean-François Copé s’est forgé une légende, celle de rival de Nicolas Sarkozy.

Tout y fait ventre, ses spins doctors ont bien chiadé l’affaire.

Jean-François Copé serait un grand serviteur de l’Etat.
Jean-François Copé porte haut la Mémoire du Général.

Jean-François Copé est le secret espoir de tous ces bourgeois de droite effarés ( pas autant que nous) d’avoir mis à la tête du pays une brochette de pervers narcissiques plus incompétents les uns que les autres.
Jean-François Copé serait le meilleur d’entre Eux, une sorte d’Alain Juppé mâtiné de Villepin, le joker d’une UMP à la ramasse, le Jiminy Cricket d’une droite bling-bling Fouquettisée.

Une conscience de droite, un conservateur propre sur lui, garant de la France éternelle. Guaino sans les névroses, quoi. De Gaulle sans les cheveux.

 

 

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Sauf que.

Sauf que, votre Honneur, quand le Nouveau Centre réclame une commission d’enquête sur la gestion de la pandémie H1N1, Jean-François Copé n’apprécie pas.
Car même s’il n’y a pas grand-chose à attendre de l’immense majorité des députés et sénateurs ( A propos, Jean-Luc Mélenchon, matamore de comptoir, j’attends toujours ta réponse.. enfin, ma pomme et quelques dizaines de milliers d’internautes qui à ce jour ont lu la petite missive que je t’ai faite…), même s’il n’y a pas grand-chose à en attendre, disais-je, cette commission aura certainement a cœur d’étudier le fiasco auquel ont présidé Roselyne Bachelot, Brice l’Auvergnat désinhibé et Nicolas, « Celui qui glousse dans les cimetières ».

 

Cette commission se penchera sur la façon dont un gouvernement qui pioche chaque année 180 millions d’euros de franchises dans les poches des malades, qui étrangle financièrement la médecine générale, qui pousse les personnels des hôpitaux à l’abattage, aura dépensé près de 2 milliards d’euros pour réussir à vacciner 7% de sa population, en laissant dans la nature une proportion non négligeable des personnes à risque.

 

Et là, Jean-François Copé n’est pas d’accord.

Jean-François Copé rechigne.

Jean-François Copé « espère que ce n’est pas une approche inamicale ».

Parce qu’il parle comme ça, Jean-François Copé, qui nous promet pourtant depuis longtemps d’arrêter la langue de bois…

 

 

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Parce que pour Jean-François Copé, comme pour ses virils compagnons de l’UMP, la politique de la France, c’est une affaire d’amitié avant tout. De petits arrangements entre amis. Et ça a quelque chose de touchant, tu vois. Comme un sourire de Xavier Bertrand.

 

 

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18.01.2010

H1N1: "Pandémie: pourquoi les Français doutent-ils?"

« La France a le meilleur système de santé du monde, selon l’OMS ». « Le plan pandémique français est un exemple pour le monde entier ».

 

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Ces affirmations répétées par les technocrates ministériels devaient un jour ou l’autre être balayées par une crise sanitaire. C’est chose faite. Pour ceux qui pratiquent encore la médecine générale, ce petit métier voué à disparaître pour cause d’entrave au néolibéralisme financier, ce n’est pas une surprise. Ainsi dès 2007 j’avais créé un blog, « en attendant H5N1 », rassemblant données médicales parcellaires sur les risques sanitaires et commentaires désabusés sur la destruction accélérée du système solidaire français.

Mais je dois l’avouer, même pour un observateur averti, l’ampleur du fiasco H1N1 est surprenante. Ainsi les Français ont mis en doute les consignes péremptoires assénées à longueur d’antenne par ministres et experts. Par quel miracle ?

Fin Octobre, l’un d’eux livre son analyse. Antoine Flahault, directeur de l’Ecole des hautes études en santé publique, s’était hasardé mi-Août 2009 à une prévision basée sur une lecture hâtive des chiffres de décès dans deux îles de l’Océan Indien, reprise dans la quasi-totalité des média comme une vérité scientifique : la mortalité de la grippe H1N1 serait cent fois supérieure à celle de la grippe saisonnière. Dans ce contexte, on comprend l’étonnement de l’expert quand, dix semaines plus tard, la population boude les vaccinodromes. Son explication? Nous assisterions aux effets à long terme de… Mai 1968, aux caprices « d’enfants gâtés » : « Tout l’édifice patiemment construit pour le bien commun semble s’écrouler sous nos pieds : la population tourne massivement le dos et s’en va en maugréant... Peut-être, les barricades cèderont-elles ? Peut-être, la raison reviendra-t-elle ? » Cette explication sarkocompatible sur les méfaits de l’esprit de 68 en dit long sur le désarroi de nos élites, ainsi que sur leur déconnexion du réel. Et l’on a droit, comme toujours, au couplet sur les méfaits d’Internet : « une blogosphère insensée s’agite et semble mieux à même de convaincre l’opinion…souvent réfractaire aux données scientifiques… elle a des accents parfois paranoïaques, agite volontiers la théorie du complot, dénonce sans la moindre preuve les manipulations d’Etat… »

Ces affirmations n’expliquent pas comment une proportion très importante de professionnels de santé eux-mêmes font partie des vaccino-sceptiques. Ceux-ci seront désignés dans les média comme des irresponsables, voire des propagandistes sectaires, ce sera l’analyse râbachée sans nuance par Hélène Cardin sur France-Inter, qui prendra la défense d’experts épinglés pour leurs conflits d’intérêt non dévoilés avec Big Pharma, tout en raillant la piétaille généraliste, inculte et uniquement motivée par le manque à gagner que représenteraient les vaccinodromes.

A la vérité, c’est sur Internet en grande partie que la bataille d’arguments s’est livrée, médecins et infirmiers décortiquant patiemment les publications scientifiques, « vulgarisant » leur contenu parfois abscons pour leurs lecteurs, quand les médias en majorité servaient la soupe au plan pandémique. Et l’erreur majeure d’un gouvernement qui vit de l’instrumentalisation de peurs fabriquées aura été d’écarter d’autorité du plan pandémique les généralistes, troufions individualistes jugés comme incompétents. Imposer aux Français il y a cinq ans un médecin traitant, pour ensuite leur expliquer qu’ils avaient confié leur santé à un imbécile incapable de respecter la chaîne du froid, c’était ajouter un mensonge de trop à une longue série d’affirmations politiques et industrielles calamiteuses.

 

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Christian Lehmann est médecin généraliste et écrivain

 

Paru dans l'Humanité, samedi 16 janvier 2010

12.01.2010

VACCIN ET GRIPPE H1N1: C'EST MEME A CA QU'ON LES RECONNAIT

"Les cons, ça ose tout, c'est même à ça qu'on les reconnaît" Michel Audiard

 

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" Tout a été bien géré"

" Le gouvernement a pris les bonnes décisions et n'en a pas trop fait"

"L'épidémie de grippe A (H1N1) nous aura permis de développer nos capacités d'adaptation à des crises d'un type nouveau"

 

Nicolas Sarkozy, 12 Janvier 2009

 

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08.01.2010

VACCIN ET GRIPPE H1N1 : IL EST TROP TARD POUR SAUVER WILLY

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Il est trop tard pour sauver Willy.

Il est trop tard, définitivement trop tard, pour éviter à Roselyne Bachelot de payer le prix politique de son incompétence et de son autoritarisme, de ses choix industriels et organisationnels désastreux, de sa méconnaissance profonde de ce qui tisse la relation médecin-patient et de son mépris de la piétaille généraliste.

Je ne sauverai pas Willy, donc. Je n'écoulerai pas les stocks vaccinaux de la ministre, une fois l'épidémie passée.

Avant-hier encore, certains médias claironnaient l'immense succès des vaccinodromes en recopiant les communiqués triomphalistes du ministère alignant des chiffres de fréquentations gonflés par la panique artificiellement entretenue par la ministre et le calamiteux Directeur Général de la Santé. Aujourd'hui, le fiasco que j'ai dénoncé sans relâche depuis des mois( avec d'autres ) apparaît enfin à tous dans son énormité. Et Roselyne Bachelot capitule en rase campagne devant les médecins libéraux qui demandaient depuis des mois de pouvoir vacciner simplement à leur cabinet ceux de leurs patients pour qui la vaccination pouvait être utile, et qu'elle ridiculisait à chaque conférence de presse, son ironie malsaine répétée en écho par des idiots utiles comme François Chérèque ou Jean-Luc Mélenchon ( dont la forte pensée: " Devant les campagnes de santé publique, on fait d’abord la campagne on discute après, pas l’inverse..." lui sera je l'espère rappelée par ses pairs sénateurs et la presse s'il participe un jour à une commission d'enquête sur ce fiasco exemplaire)...

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Mais il n'est pas question de sauver Willy, d'écouler les stocks ministériels, à ce stade beaucoup trop tardif. La vaccination de masse a échoué, la vaccination ciblée enfin possible arrive beaucoup trop tardivement. Tant que nous y sommes, pourquoi ne pas vacciner contre la grippe espagnole, à ce stade, par "principe de précaution"? Peut-être certains patients à risque important, ou ayant des difficultés de déplacement, demanderont-ils à se faire vacciner dès maintenant sans attendre l'inclusion probable de la souche H1N1 dans le vaccin saisonnier de l'hiver prochain, dont on peut espérer que les processus de fabrication seront un peu mieux rodés que ceux du vaccin pandémique, mais cela ne changera pas grand chose au fiasco engendré par la technocratie au service d'un pouvoir politique dramatiquement incompétent et uniquement habile à créer des psychoses entretenant son délire sécuritaire.

Je reproduis ici, avec jubilation, l'article de mon ami Dominique Dupagne, en attendant la suite:

http://www.atoute.org/n/article144.html

 

Roselyne Bachelot capitule devant les médecins généralistes

Le coût de la vaccination contre la grippe A/H1N1 va être divisé par 20

 

Après une réunion tendue ce jeudi 7 janvier entre Roselyne Bachelot et les représentants des médecins libéraux, les derniers freins à une vaccination en ville par les médecins libéraux ont été levés.

Certains craignaient le pire : que les autorités sanitaires s’accrochent à leurs procédures controversées, responsables de l’échec de la vaccination dans les gymnases.

Les représentants des médecins libéraux ont tenu bon. La Ministre a capitulé et autorisé la mise en place d’un circuit de vaccination simplifié, c’est à dire inspiré de celui mis en place pour la grippe saisonnière qui donnait jusqu’ici toute satisfaction.

Les vaccins seront délivrés par les pharmaciens, professionnels de la gestion des médicaments.

Les vaccins seront réalisés par les médecins ou les infirmiers, autres professionnels qualifiés, pour leurs patients, dans un climat de confiance qui manquait cruellement dans les centres Bachelot.

La Ministre et son staff ne pouvaient pas imposer quoi que ce soit : quand la maison brûle à cause du barbecue, le propriétaire imprudent n’explique pas aux pompiers comment travailler. ( NDLR: la mise en gras est de moi, certaines phrases dont celle-ci atteignent à la perfection, c'est presque aussi bon que du Philip Roth...)

Certes, il y aura sans doute peu de candidats à une vaccination controversée, pour une épidémie évaporée. Mais le climat qui l’entoure retrouvera un peu de sérénité. Cette vaccination ne pourra pas démarrer avant une dizaine de jours, le temps d’approvisionner les pharmacies.

Le coût de la vaccination sera donc de 22 euros si elle se fait dans le cadre d’une consultation spécifique (revue des antécédents et réponse aux questions du patient, information sur les effets indésirables, choix puis prescription du vaccin le plus adapté) à 0 euros si elle a lieu pendnat une consultation de routine pour un autre motif, comme c’est souvent le cas. Une tarification de 6,60 euros a été négociée avec les syndicats pour les vaccinations multiples lors de séances spécifiques organisées par le médecin et ne nécessitant pas une consultation préalable. Ce sera sans doute une éventualité assez rare, du fait des nombreuses questions que les patients se posent sur les vaccins pandémiques. D’ailleurs, dans les gymnases, toutes les injections étaient précédées d’une consultation médicale.

Le coût moyen de la vaccination en ville qui tournera donc autour de 10 euros sera donc 20 fois inférieur à celui de la vaccination en centre qui mobilisait un nombre invraisemblable de personnels de santé pour une productivité ridicule et un coût unitaire dépassant les 200 euros (certains parlent même de 500 euros, la mission parlementaire en cours de création précisera ce montant). Pour employer un mot à la mode dans les cercles sanitaire, l’efficience était proche de zéro.

J’avais montré dans un article récent à quel point le modèle soviétique copié par la Ministre et son entourage était aussi improductif que coûteux.

Espérons que cette gabegie marquera les esprits à l’heure ou la réforme de la santé (Loi HPST), du même auteur, s’apprête à finir de ruiner l’hôpital public. Ce que nous avons vécu avec la vaccination Bachelot n’est que le modèle réduit d’une des/organisation plus globale. Une santestroïka s’impose d’urgence.

J’ai demandé à Claude Bronner, président du syndicat Union Généraliste, son sentiment sur l’issue de cette discussion : "Ma première impression est qu’il a fallu beaucoup trop longtemps pour que la réalité s’impose à notre administration politique et sanitaire. J’avais écrit dans UG Zapping 02 du 18 mai , à propos d’un préfet : “De même il se débrouillera bien avec les généralistes quand tout le reste du plan Grippe aura foiré...” On y est enfin, après avoir passé en revue toutes les erreurs à ne pas commettre, dont celle de ne pas s’appuyer sur les généralistes. Les patients vont pouvoir se faire vacciner pour la grippe H1N1 comme pour la saisonnière, à cette exception près que les médecins devront encore quelques temps faire chercher (ou chercher eux mêmes) les vaccins dans les Centres de vaccination. Vaccination au cours d’une consultation ou d’une visite, vaccination au cours de séances spécifiques, le patient choisit son médecin, le médecin choisit sa manière de travailler. Exactement comme cela aurait dû être depuis le début. Le débat scientifique sur l’intérêt de cette vaccination va s’enrichir des bilans des différentes stratégies de prises en charge et les débats vont continuer sur le prochain retour du virus et sur sa virulence. Bref, on n’a pas fini de parler de la grippe et de la vaccination et il va être intéressant de suivre l’évolution dans les mois à venir..."

 

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