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10/12/2009

VACCIN ET GRIPPE H1N1: ROSELYNE BACHELOT MENT.

Je ne peux pas affirmer que Roselyne Bachelot ment comme elle respire, car je ne l’ai jamais entendu respirer.

Mais Roselyne Bachelot ment.

 

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Je dois admettre qu’elle le fait, grâce à l’aide de médias complaisants, avec une habileté rare. Car à ce stade, sans même évoquer François Vatel ( va voir sur Wikipedia, petit internaute curieux), nombre de Grrrrrands Sssssssssssserviteurs de l’Etttttttttat se seraient fait seppuku depuis longtemps plutôt que de poursuivre plus avant vers le chaos final.

 

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Mais Roselyne, elle a du tempérament. Roselyne, quand elle s’aperçoit qu’elle n’a plus de plaquettes de frein et qu’elle perd de l’huile par barils entiers, elle accélère…

Ainsi donc je reproduis ici ce désopilant échange médiatique…

Sa tournée auto-promotionnelle l’amenant dans les locaux de France-Inter du fidèle Philippe Val, Roselyne se vit interrogée sur le limogeage du directeur départemental des affaires sanitaires et sociales de Paris. Lequel du jour au lendemain, après une grosse colère du Président de la République, se retrouvait « dans un bureau sans ligne téléphonique attribuée », selon le Quotidien du Médecin.

Sa réponse fut, à l’accoutumé, sublime :

« C’est l’adaptation d’un profil professionnel à un poste, c’est de la gestion des ressources humaines… Il y a eu un certain nombre de dysfonctionnements àParis… Nous nous sommes rendus compte, avec Brice Hortefeux ( NDLR : émue, peu habituée aux lumières des studios, Roselyne a omis de préciser… elle ne fait pas référence à n’importe quel Brice Hortefeux, mais au poète ministériel, à l’humaniste chantourné de la françitude qui laissa à son successeur Eric Besson son bureau, et un délicat parfum de fleurs coupées qui sentaient bon l’été 42…) à 14 heures, que les plages de vaccination n’avaient pas été assurées, en particulier après 17 heures… le dimanche. Tout cela a entraîne le fait que Philippe Coste serait appelé à d’autres fonctions dans le ministère. Il y a des fonctions opérationnelles… des fonctions stratégiques qui sont visiblement plus adaptées aux qualités d’un grand serviteur de l’Etat. Philippe Coste a toute mon estime : on est adapté ou pas adapté à un poste, c’est tout ».

« On est adapté à un poste ou pas adapté à un poste, c’est tout ». Le silence qui suit une déclaration de Roselyne Bachelot, c’est encore du Roselyne Bachelot…

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Même candeur, même exigence de vérité quand les journalistes, lors d’un de ses points de presse quotidiens, osent lui signaler que dans le Calvados, ENFIN, les médecins généralistes ont obtenu du préfet ( à quand la mutation de ce courageux ?) la possibilité de se munir de doses de vaccin pour vacciner à domicile leurs patients à risque intransportables…Elle a assuré qu’il n’y avait « aucune exclusion des médecins libéraux » qui participaient à la campagne « en fonction de leur disponibilité ». Elle a indiqué que l'information selon laquelle des médecins libéraux pourraient vacciner dans le Calvados était « erronée » mais qu'on étudiait comment ils pourraient « participer aux équipes mobile »". Oui, vous savez, ses fameuses « équipes mobile de maraude » qui bientôt, très bientôt, quand la vague épidémique sera passée, sillonneront le territoire par… dizaines pour aller au plus près des malades intransportables et des SDF, dont on mesure chaque jour à quel point l’UMP et son gouvernement se soucient, et qui, cette fois-ci, ont servi de prétexte à Roselyne Bachelot pour expliquer pourquoi elle ne pouvait décemment délivrer des vaccins monodose sans adjuvants aux généralistes…

Pendant ce temps, l’épidémie marque le pas, le pic semble atteint la semaine dernière, et nous nous retrouvons en ce 10 décembre 2009( mais ce n’est pas fini) avec 126 morts sur 60 millions de Français, soit un taux de léthalité très en-dessous des prévisions délirantes des experts ( rappelez-vous le Professeur Flahault et son désormais célèbre : « la grippe H1N1 sera cent fois plus meutrière que la grippe saisonnière ». Rappelez-vous que la grippe saisonnière fait chaque année en France, au bas mot 600 morts – c’est le chiffre que l’INVS sort opportunément ces jours-ci, quand l’ensemble des publications jusqu’ici indiquait entre 3000 et 5000 morts par an…).

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Nous nous retrouvons avec une campagne délirante en vaccinodrome, ne respectant ni les droits des patients ni l’éthique médicale ( voir le post d’hier et les compte-rendus faits par les internes réquisitionnés, dont certains ont l’honnêteté et le courage de reconnaître leur absence de formation en médecine générale et en vaccinologie, ainsi que le caractère autoritaire des procédures fascisantes qu’on leur impose -pas plus de 4 minutes par personne-…)….

http://enattendanth5n1.20minutes-blogs.fr/archive/2009/12...

Campagne tardive, disproportionnée, mûe par une stratégie de la terreur, pour tenter de vacciner un maximum de Français, n’importe comment, afin de prétendre avoir sauvé le pays de la menace à laquelle on a grandement contribué.


Car, et je reprends ici l’argumentation de Rony Brauman telle qu’elle est très clairement rappelée sur le blog de Jean-Claude Grange, médecin généraliste lui aussi :

http://docteurdu16.blogspot.com/2009/12/lethique-de-madam...

« Alors que Rony Brauman, ancien Président de Médecins Sans Frontières, lui faisait remarquer qu'elle n'arriverait pas à vacciner tout le monde, que les choix qu'elle avait faits n'étaient pas les bons, et qu'il fallait donc d'abord vacciner les personnes à risques, et que, malheureusement, il y aurait des morts, qu'il y avait une part de loterie, Madame Bachelot a dit ceci (et répété) : "Ceci n'est pas mon éthique. Ceci n'est pas mon éthique."

Ainsi les choix stratégiques de Madame Bachelot ont-ils été dictés par son éthique !

Là, on tombe de haut.

L'éthique de Madame Bachelot ! L'éthique d'une femme politique !

Pourquoi n'a-t-elle pas interrogé le Comité Consultatif National d'Ethique ? C'était le moment !

Rony Brauman a raison : elle n'arrivera pas à vacciner toute la population, elle n'arrivera pas à vacciner la population en raison de ses choix stratégiques, elle n'arrivera pas à vacciner les personnes les plus fragiles, les SDF, les malades qui ne peuvent se déplacer (ses équipes mobiles arriveront quand l'épidémie sera terminée), elle n'arrivera pas à couvrir la cible. Eh bien, cela, jamais elle ne le reconnaîtra. Pas parce qu'elle est inintelligente mais parce qu'elle est une femme politique et qu'une femme politique ne peut reconnaître qu'elle va droit dans le mur et qu'elle entraîne la population tout entière avec elle. Au nom de son éthique !

L'éthique de Madame Bachelot est une morale de bonimentrice.

Prenons un exemple simple : le département des Yvelines (et il n'est pas inintéressant de voir que certains préfets osent dire que l'objectif de couverture vaccinale complète ne pourra être atteint dans leur département, vont-ils être virés ?). La population est de 1,3 million d'habitants, il y a 19 centres pour adultes, 10 centres pour enfants, il faudrait donc, à raison de deux vacations par centre, chaque centre étant ouvert sept jours sur sept, que 47 patients par heure soient vaccinés dans les dits centres durant quatre mois.

Est-ce bien raisonnable ? »

Je signale un autre article du même blog : « Ce soir j’ai eu honte », où Jean-Claude Grange commente la soirée spéciale grippe donnée sur France 2 par Michel Cymes, avec ministre et Grrrrrands Prrrrrofesseurs à la manœuvre…

http://docteurdu16.blogspot.com/2009/12/ce-soir-jai-eu-ho...

Bon. Ca fait beaucoup, hein ? Ca a un côté désespérant, non. Surtout si on y ajoute, lorsqu’on réfléchit à tous ceux que le plan vaccinal a laissés de côté, cette information venue de l’analyse des dossiers de décès H1N1 à New-York, publiée dans les Archives of Pathology and Laboratory Medecine. Sur 34 décès, nous apprend le Quotidien du Médecin, « une co-morbidité existe chez pratiquement tout le monde, c’est-à-dire dans 91% des cas. Avec la préexistence de maladies cardiaques (10 cas) ou cardio-respiratoires (6 cas), d’asthme (6 cas) et le plus souvent sous la forme de polypathologies ». En français de tous les jours, cela signifie que le virus tue dans 91% des cas des sujets atteints d’autres maladies, pas des sujets sains, ce que corroborent les statistiques française. Ce qui signifie qu’une stratégie de vaccination de masse, du moment qu’elle gêne et ralentit la vaccination ciblée des personnes à risque, comme le crie Rony Brauman, comme le répètent les médecins généralistes depuis des semaines, est d’un criminelle stupidité. Terminons sur ce que j’ai déjà écrit ici mais que je n’ai vu repris dans aucun média : «  On observe que 72% des adultes et des adolescents décédés étaient obèses ; une constatation qui rejoint celle des rapports récents, associant l’obésité à un risque accru de décès en cas de grippe A ( H1N1)v »

Les obèses ne sont pas les seuls à faire les frais du plan pandémie délirant ( rappelons que les services informatiques de la CNAM ne peuvent en aucun cas dépister les obèses pour leur adresser un bon de vaccination… seuls les médecins traitants l’auraient pu….). Voici ce que m’envoie une représentante de l’ARSLA :

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« Le ministère de la santé, dans ses grandes manœuvres pour sauver la France du terrible virus de la grippe, aurait-il oublié les plus fragiles d’entre nous ?

Depuis des mois madame Roselyne Bachelot nous assure haut et fort que, face à la catastrophe, la cataclysmique pandémie de grippe A, elle s’occupe de mettre sur pied un plan de vaccination digne d’une campagne de guerre. Quand on prend en charge une telle organisation, il semble logique de penser à protéger   prioritairement  les personnes souffrant de maladies respiratoires. C’est ce qui a été fait, me direz-vous, grâce aux fameux bons de vaccination envoyer dans un premier temps à ces personnes. Sauf que…

Sauf qu’il ne suffit pas de recevoir son bon, encore faut-il pouvoir aller se rendre dans les centres de vaccinations. Certains malades, qui pour respirer doivent recevoir de l’oxygène d’une machine, ne peuvent se déplacer. Des femmes enceintes, ayant une grossesse difficile, ont  reçu comme consigne de ne pas bouger de chez elle.

A ceux-là, jusqu’au premier décembre, 15 jours après la mise en route du Super-Plan-De-Sauvetage, il était répondu, en caricaturant à peine :

-Pas grave, puisque vous ne sortez pas de chez vous vous n’attraperez pas le virus de la grippe.

-Oui, mais je vois quand même des gens : mes proches, des soignants…

-Z’on qu’à aller se faire vacciner !

- Et si je veux recevoir des amis qui ne veulent pas, ou n’on pas encore eu le temps de se faire vacciner ?

-Fermez-leur votre porte !!

…Eh oui, c’est ce qu’on appelle la stratégie du cocooning.

Ce n’est pas moi qui l’invente, c’est le terme officiel, ainsi que je l’apprends dans l’émission de France 5, le 30 novembre,  Le magazine de la santé où est invité un représentant de  l'ARSLA Depuis des mois, cette association interpelle le gouvernement : rien n’a été prévu pour  les malades qui, à cause justement de lourdes pathologies, ne peuvent se déplacer dans les centres de vaccination. Mais ceci ne semble guère inquiéter  le ministère de la santé. A la suite d’interventions pressantes de Emmanuel HIRSCH, président de l’ARSLA, la réponse officielle apportée à la requête de l’association a été transmise le 24 novembre :« En ce qui concerne les patients atteints de Sclérose Latérale Amyotrophique, leur vaccination contre le virus H1N1v nous préoccupe de même que celle de l'ensemble des populations fragiles. Pour les personnes atteintes de SLA et ne pouvant se rendre dans un centre de vaccination, il n'y a actuellement pas de moyens logistiques permettant de les vacciner. Par contre, il est possible de recourir à une stratégie de "cocooning" en immunisant ceux qui sont en contact avec eux. Il s'agit du personnel soignant à domicile dont il faut exiger qu'il soit vacciné ou qu'il porte en permanence un masque dit chirurgical et de l'entourage familial qui peut se procurer un bon de vaccination auprès de la caisse primaire d'assurance maladie. En attendant que la possibilité de vaccination individuelle à domicile soit ouverte, il est raisonnable de limiter les visites à ces patients. »

Le lendemain,  1er décembre 2009, Roselyne Bachelot  est présente dans Une émission spéciale grippe A sur france 5, présentée par Marina Carrère d’Encausse et Michel Cymes, les même que dans Le magazine de la santé . Un reportage illustre le problème avec le cas d’un malade atteint de SLA, qui ne peut se déplacer de chez lui pour aller dans un centre de vaccination ; puis donne la parole au  professeur Meininger, de l’ARSLA qui dénonce l’organisation du plan de vaccination: « les malades les plus à risques et les populations vulnérables  n’ont jamais été pris en compte dans ce plan. Ce sont eux pourtant qui sont le plus à risque pour, ne pas simplement faire une grippe, mais pour les complications de la grippe et les risques de décès. C’était ceux-là qui en priorité  qui devaient faire l’objet d’une réflexion. Elle ne l’a pas été. »

Sur le plateau de France 5 , retranscription du débat  qui suit ce reportage :

Marina Carrère d’Encausse : La réponse de Madame la ministre ?

Roselyne Bachelot : Nous sommes en train de mettre en place des équipes mobiles qui se rendront chez ses personnes pour se faire vacciner. Tout ça va venir dans quelques jours, et je pense que ce malade se rend peut-être dans son service hospitalier, et il aurait pu être vacciné dans son service hospitalier étant donné la gravité de sa pathologie, il n’y a aucun problème. Il y a des malades graves qui sont vaccinés dans leur hôpital.

Michel Cymes : On se demande quand-même Mme Bachelot pourquoi il faut attendre début décembre pour qu’il y ait des services mobiles qui vont chez les patients, alors qu’on savait

Roselyne Bachelot : La vaccination a commencé il y a 15 jours, attendez, on a pas commencé cette vaccination il y a 3 ou 4 mois.

Michel Cymes : On aurait pu se dire que ces gens qui sont particulièrement sensibles auraient pu bénéficier des premières vaccinations, comme les prioritaires

Roselyne Bachelot : C’est une logistique effectivement très compliquée, Michel Cymes, c’est vrai, c’est une logistique compliquée. Elle aurait été encore  beaucoup plus compliquée avec la médecine de ville . Entre nous, on ne serait pas en train de vacciner maintenant avec la médecine de ville. La logistique est extrêmement complexe, et mettre en place une logistique avec  55.000 généralistes,  22.000 pharmaciens et  pédiatres,  avec des flacons en multi-doses, je vous laisse imaginer la complication.

Ai-je l’esprit mal tourné ? … Mais on ne m’enlèvera pas de l’idée qu’avant que les médias ne portent le problème à la connaissance du public , on  avait relayé cette question des  « équipes mobiles » au rang des détails secondaires .

Pourquoi ? Trop compliqué nous dit Mme Bachelot…pas plus qu’un plan de réquisition  des médecins dans des gymnases ! Et cela fait 3 mois qu’on le prépare, ce plan !

…Et si il ne s’agissait que d’un problème de stratégie de communication : les « équipes mobiles », ou même la simple vaccination des patients par leur médecin généraliste, ça ne fait pas de belles images à montrer dans les journaux TV, cela ne rentre pas dans le « cadre » d’une opération commando d’envergure qui impressionne les foules…moralité, c’est pas très intéressant.

Serait-ce révélateur de la stratégie du gouvernement français : une stratégie de com’ plus qu’une stratégie de santé publique ?

Et dans les autres pays européens, comment cela se passe-t-il ?

Laure Chatenet »

Vous en avez assez pour aujourd’hui ? Oui, je comprends. Moi aussi. Je vous laisse souffler jusqu’à la semaine prochaine.

Où nous parlerons de la mise à disposition gratuite par la ministre de ses stocks de Tamiflu en voie d’être périmés… au moment où deux chercheurs médecins généralistes anglais ( putain, mais quand ces cons de généralistes arrêteront-ils de faire chier !!!!) publient dans le British Medical Journal une étude qui fait grand bruit et révèle que le Tamiflu n’est pas indiqué dans les formes bénignes de la maladie et ne devrait pas être utilisé largement dès que le diagnostic de grippe sans complication est posé… contrairement aux directives notées DGS-Urgent, que l’inénarrable Didier Houssin envoie à tous les médecins de France et de Navarre ( et du Calvados ?) ce jour… décidément, qu’il s’agisse de vaccins ou d’anti-viraux, quand il s’agit de fourguer les stocks, les pontes de la santé publique en France assurent….

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