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13/11/2009

FOIRAGE VACCINAL: LA CONSEQUENCE INELUCTABLE DES CHOIX POLITIQUES ET INDUSTRIELS DE ROSELYNE BACHELOT

Foirage vaccinal : la conséquence inéluctable des choix politiques et industriels de Roselyne Bachelot

 

 

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Il est encore trop tôt pour tirer toutes les leçons, dont certaines pourraient se révéler fort amères, de l’échec prévisible de la campagne vaccinale mise en œuvre par la ministre de la santé Roselyne Bachelot entourée de ses experts et hauts spécialistes si compétents, mais apparemment incapables de gérer une crise sanitaire d’ampleur.

 

A ce stade, quelques précisions :

 

J’ai écrit ici, sur ce blog, qu’hélas la grippe H1N1 n’était pas une « grippette », que comme toute grippe elle pouvait causer des syndrômes de détresse respiratoire aigüe ( SDRA) nécessitant la réanimation et pouvant s’avérer mortels, et ceci de manière aléatoire, touchant donc parfois des sujets en bonne santé, sans antécédent médical ( même si ce n’est pas le plus courant).

 

J’ai écrit aussi que, parce que cette grippe cible plus particulièrement les sujets jeunes, des décès de sujets jeunes en bonne santé pourraient survenir, ce qui en soi rend cette pandémie préoccupante, et nécessite de la gérer avec compétence.

 

Compétence dans les décisions, compétence dans la communication.

 

A l’évidence, nous sommes loin du compte.

Certes des décisions ont été prises, et parmi elles celle de doter le pays d’un plus grand nombre d’appareils de respiration extra-corporelle, permettant de passer en réanimation le cap aigü de quelques jours pendant lequel les patients atteints de SDRA ne peuvent littéralement plus respirer, leurs poumons étant noyés de virus. Cette mesure, et cette technique très récente, apparemment très efficace, semblent expliquer le moindre taux de mortalité de ces SDRAs, usuellement considérés comme mortels une fois sur deux alors que le taux de survie ici attendrait, selon le Dr Pierre Carli du Samu de Paris, les 80% ( chiffre superposable à ce que j’ai lu dans les premières études néo-zélandaises et américaines).

 

 

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Et dans le cadre de ces SDRAs, je comprends l’inquiétude des confrères travaillant dans des services d’urgence et de réanimation, l’insistance de certains d’entre eux à inciter les professionnels de santé, le public, à se faire vacciner. Car leur crainte, jamais clairement avouée me semble t’il, c’est que le système de santé, bien délabré par les attaques répétées des cost-cutters libéraux, ne puisse faire face à un afflux de SDRAs en services de réanimation, en clair, qu’ils soient submergés.

 

Mais à ce stade, toutes les questions que se pose depuis Avril 2009 une majorité de médecins généralistes du pays restent sans réponse.

 

Parce que la ministre est incapable d’argumenter sur les choix politiques, les choix de santé publique, les choix industriels qu’elle a imposés.

 

Les Français le constatent : une vaccination de masse a été mise en place dans des gymnases, hors des cabinets médicaux, dans des conditions précaires amenant certains préfets, en toute incohérence, à réquisitionner des généralistes pour aller meubler des locaux déserts, au moment où leurs patients malades ont le plus besoin d’eux, dans leurs cabinets.

 

Pourquoi la vaccination n’a-t-elle pas été confiée aux médecins traitants, qui chaque année vaccinent des patients contre le tétanos, la grippe saisonnière, d’autres pathologies ?

 

Pourquoi un schéma quasi-militaire a-t-il été mis en place avec gymnases, réquisitions, convocations par courrier en fonction de critères définis par l’Assurance-Maladie, qui n’est pas à même de définir les patients réellement à risque ?

 

Pourquoi le pouvoir donne t'il l'impression d'avoir privilégié un plan de continuité de l'activité économique plutôt qu'un plan de protection des populations?

 

Les journalistes butent sur ces questions, ne trouvent pas réponse ou feignent de ne pas la trouver. Celle-ci tient en deux phrases, deux affirmations que j’ai maintes fois répétées, depuis « PATIENTS SI VOUS SAVIEZ », ed. Points Seuil, en 2002. Non qu’il soit glorieux ou plaisant de jouer le rôle de Cassandre, j’ai assez écrit que le seul rôle d’une vigie sur le pont du Titanic est d’angoisser avant les autres, quand la capitainerie est sourde à l’évidence et aux alertes.

 

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Première constatation, évidente :

 

Les experts scentifiques et le pouvoir politique, dans ce pays, gouvernement et parlement compris ( à de rarissimes exceptions) n’ont aucune idée de ce que sont les médecins généralistes, et ne leur témoignent qu’un profond mépris.

 

Imaginer un seul instant que les généralistes seraient à même de prendre une part active dans un plan pandémie jusque dans sa conception, imaginer un seul instant qu’en ce début de 21ème siècle la population de leurs patients leur voue encore une confiance que les politiques ont depuis longtemps perdue, est inconcevable pour ces imbéciles.

 

Oh certes ici et là on entendra répéter à l’envie que « le généraliste est indispensable, etc, etc... » mais l’idée qu’il pourrait être autre chose qu’un exécutant zélé ne leur traverse pas l’esprit. D’ailleurs, et on le voit avec les réquisitions de non volontaires, un état pré-fasciste n’a pas besoin de professionnels de santé consciencieux et responsables, mais d’exécutants aux ordres…

 

Seconde constatation :

 

L’échec du plan vaccinal français est directement lié aux choix politiques et industriels imposés par la ministre. Dans un pays où l’absence d’indépendance de nombreux experts vis-à-vis des firmes pharmaceutiques a été dénoncée à l’envi sans que rien ne change, il suffit d’une crise sanitaire pour précipiter l’inéluctable…

 

Quel autre pays a fait de tels choix, franchement ?

 

Quel autre pays a préféré à une vaccination ciblée avec des vaccins ne comportant pas d’additifs ( adjuvants ou conservateurs) litigieux, une vaccination de masse hors du circuit de soin habituel, au prétexte, je cite le cabinet de la ministre, que celle-ci «  s'est appuyée sur le fait que les laboratoires lui ont dit qu'ils livreraient les vaccins en boîte multidose »( Le Généraliste, 11 Septembre 2009).

Mesure-t’on dans les médias la débilité de la démarche ?

 

On argumentera que les laboratoires étaient pressés par le temps, que pour fabriquer un nombre de doses vaccinales nécessaire en peu de temps, il fallait recourir à des expédients, à savoir diminuer la dose d’antigène vaccinal, délicat et lent à préparer, et forcer la dose des adjuvants afin d’obtenir quand même une réponse immunitaire correcte. Tant qu’à faire, on utilisait aussi un adjuvant, le squalène, sur lequel pesaient quelques doutes quant à la survenue plus fréquente d’effets secondaires locaux immédiats, ou neurologiques retardés, et on injectait à chaque vaccination une dose d’adjuvant jamais utilisée jusqu’alors dans un vaccin.

 

Deuxième idée de génie, on conditionnait les vaccins par doses de 10 injections dans le même flacon, pour produire plus...  et gagner plus. Ce qui impliquait donc d’ajouter un conservateur antibactérien dans ces flacons pour éviter des infections lors des ponctions répétées dans le flacon… Et comme par hasard, le conservateur utilisé, à base de mercure, le thimerosal, avait été retiré du commerce depuis une dizaine d’années car son inocuité n’était pas certaine.

 

Comme l’écrivait le Professeur Claude Béraud sur son blog fin 2008 au sujet des controverses vaccinales :

 

 

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« Les conséquences de ces controverses sont graves car elles induisent dans une partie de la population deux conséquences. En premier lieu, le rejet de toutes les vaccinations . En second lieu, la mise en œuvre de thérapeutiques inutiles et non sans risque (10000 enfants dont l’autisme est attribué ou serait aggravé par le thimerosal sont aux USA traités, chaque année, par des chélateurs destinés à éliminer l’ethyl mercure). [31]

Pour éviter ces errements, il serait raisonnable d’éviter que dans la composition des vaccins entrent des substances qui peuvent être considérées par la population comme dangereuses même si ces risques n’ont pas été démontrés par des études cliniques, biologiques et épidémiologiques. »

 

 

http://www.claudeberaud.fr/?51-que-penser-des-controverse...

 

 

Ca semble évident, mais apparemment ni pour la ministre, ni pour ses experts proches acquis au discours des firmes… J’ai ainsi lu récemment l’un d’entre eux, à qui on demandait pourquoi, si les femmes enceintes étaient « à risque », et donc à vacciner en priorité, le vaccin sans adjuvant n’était pas disponible rapidement en quantité suffisante, expliquer que la vaccination était un acte individuel, et qu’après tout on n’obligeait personne à se vacciner ! Mais ces gens-là se regardent-ils dans la glace le matin ?

 

A partir du moment où ces choix catastrophiques d’incompétence et d’amateurisme étaient faits, le reste suivait : il apparaissait légitime de court-circuiter les généralistes parfois réticents à suivre les grandes transhumances vaccinales imposées par les experts ( au hasard, le vaccin contre le papillomavirus censé protéger les jeunes filles pubères…) et à mettre en place une vaccination de masse sur un mode militaire, dix par dix.

 

Manque de chance, le réel se rappelle aujourd’hui aux experts et à la ministre. Totalement rétifs à leurs explications foireuses, les Français se retournent vers le galeux, le cul-terreux généraliste, et celui-ci, en l’état actuel des connaissances, ne peut que faire part de ses doutes, quand bien même il n’est pas de principe opposé à la vaccination. Car contrairement à ce qu’affirment les textes orwelliens pondus par le ministère, les vaccins proposés, à ce stade, n’ont pas tous le même rapport bénéfice-risques :

« Seuls les vaccins dotés d'une autorisation de mise sur le marché (AMM) seront utilisés pour vacciner la population. Aussi, chacun doit considérer que tous les vaccins offrent le même niveau d'efficacité et de sécurité. Aussi, il n'est pas prévu d'offrir le choix du vaccin aux personnes qui viendront se faire vacciner.

En revanche, dans des cas très particuliers, comme celui des femmes enceintes ou celui de certaines allergies en particulier, le professionnel de santé qui effectuera la vaccination pourra être amené à choisir un vaccin plutôt qu'un autre. »

 

http://www.sante-sports.gouv.fr/IMG//pdf/Lancement_de_la_campagne_vaccinale_contre_la_grippe_A_H1N1_dans_les_centres_de_vaccination.pdf

 

 


 

Est-ce à dire que les généralistes chercheraient aujourd’hui à « récupérer » la vaccination anti-H1N1 pour toucher le jackpot au cabinet médical ?

 

C’est un peu ce qu’on entend dans les insinuations pas toujours aimables de Danièle Messager, le 12 Novembre 2009, sur France Inter, cette radio dont le directeur actuel vira en son temps Martin Winckler de l’antenne après une petite controverse avec les Entreprises du Médicament dont celles-ci ne se tirèrent pas trop mal… Confrontée au très libéral Michel Chassang, de la CSMF, syndicat dont la proximité idéologique avec l’UMP pendant la campagne du candidat Sarkozy donna lieu à d’intenses moments d’émotion ( cf LES FOSSOYEURS, ed Privé-Michel Lafon, 2007), Danièle Messager s’inquiète de ce que les médecins généralistes puissent demander à être payés pour la vaccination. C’est assez comique : imagine t’elle demander au LEEM pourquoi les vaccins ne sont pas gratuits ?

 

 

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A cette heure, les patients à risque, les patients obèses ou insuffisants respiratoires ou cardiaques, les femmes enceintes, devraient pouvoir après un colloque singulier avec le praticien qui les connaît le mieux et depuis longtemps, décider, éléments statistiques et médicaux en main, de se vacciner ou non avec un vaccin sans adjuvant. Au lieu de quoi, lorsqu’ils se tournent vers leur médecin traitant, celui-ci ne peut que constater son impuissance : comment conseiller un patient sur l’intérêt de la vaccination quand le professionnel de santé n’est pas en mesure de connaître le vaccin qui sera injecté, la présence éventuelle probable d’un additif, et lequel, enfin le conditionnement du vaccin en multi-doses ?

 

J’ai volontairement omis de parler ici du cas de probable syndrôme de Guillain-Barré post-vaccinal survenu chez une professionnelle de santé sur un petit échantillon de personnes vaccinées. Car avant même cet évènement qui ne rassurera pas les candidats éventuels à la vaccination, la messe était dite.

Lorsqu’on sous-estime l’intelligence et les réticences de la population, lorsqu’on se gargarise de mensonges et de communication sur les franchises, les plans cancer et j’en passe, on est fort démuni lorsqu’on constate qu’on n’a plus aucune crédibilité.

 

Lorsqu’on méprise les médecins de base, les cul-terreux de généralistes, qu’on charge leur barque quotidiennement de brimades administratives, qu’on leur enjoint des objectifs de santé publique décidés sans aucune concertation réelle avec leur problématique et leurs connaissances de terrain, on est fort démuni lorsqu’on constate qu’un passé de visiteuse médicale ne suffit pas à définir une politique de santé publique.

 

 

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PS : Un de mes confrères et amis, le docteur Georges Delamare, grand klongiste devant l’Eternel, réagissait ce matin à un article du Figaro sur le plan vaccinal :

« Toutes les erreurs en la matière ont été commises, et le foirage de cette vaccination restera dans les annales comme l'exemple même de ce qu'il ne fallait pas faire. Bachelot est la seule responsable, elle n'a pas voulu écouter les gens de terrain, a négocié des vaccins à des tarifs démentiels, on apprend qu'en Suisse pour des commandes beaucoup moins importantes, que les prix étaient de 30% moins élevés qu'en France. Elle a tenté une gestion étatique comme avec sa loi HPST, et a démontré l'impuissance du gouvernement et du système face au bon sens commun et malgré la propagande inusitée du ministère des sports! »

 

Le modérateur du quotidien de l’inénarrable Serge Dassault a préféré surseoir : « Votre message et/ou contenu a été modéré. Nous ne publions aucun message ou contenu à caractère diffamatoire ou discriminatoire. »

 

Sans la liberté de blâmer, il n’est point, etc….

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