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12/11/2009

ERIC RAOULT, AUX MAMELLES DU SARKOZYSME

 

Eric Raoult, aux mamelles du sarkozysme...

 

 

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Dans le cortège ininterrompu d’obscénités, d’ignominies, de bassesses et de conneries dont nous gratifie la clique au pouvoir, il faut une sacrée dose d’abnégation et de courage pour arriver encore à se distinguer, surtout quand, comme Eric Raoult, on n’a pas suffisamment, semble t’il, courbé l’échine devant le monarque pervers narcissique qui nous gouverne pour se voir attribuer un maroquin.

 

Et pourtant, l’homme qu’affolent les strings l’a fait. Mais comme le disait le regretté Lino Ventura, scripté par Michel Audiard : « Les cons, ça ose tout, et c’est même à ça qu’on les reconnaît » .

 

 

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Ainsi donc il advint que loin des Beigbeder et des Angot, Marie Ndiaye se vit attribuer le Prix Goncourt. Et que la même, interviewée par Les Inrockuptibles, révéla son peu de goût pour La France d’Après, et son illustre représentant, « Celui qui rit dans les Cimetières », aussi surnommé par les Pawnees « Celui qui glousse sur les Cadavres » :

« Je trouve cette France-là monstrueuse. Le fait que nous ayons choisi de vivre à Berlin depuis deux ans est loin d'être étranger à ça. Nous sommes partis juste après les élections, en grande partie à cause de Sarkozy, même si j'ai bien conscience que dire ça peut paraître snob. Je trouve détestable cette atmosphère de flicage, de vulgarité... Besson, Hortefeux, tous ces gens-là, je les trouve monstrueux… Je me souviens d'une phrase de Marguerite Duras, qui est au fond un peu bête, mais que j'aime même si je ne la reprendrais pas à mon compte, elle avait dit : "La droite, c'est la mort". Pour moi, ces gens-là, ils représentent une forme de mort, d'abêtissement de la réflexion, un refus d'une différence possible. Et même si Angela Merkel est une femme de droite, elle n'a rien à voir avec la droite de Sarkozy : elle a une morale que la droite française n'a plus. »

On pourra trouver le propos un peu grandiloquent, Marie Ndiaye s’excuse elle-même de citer « la phrase un peu bête » de Marguerite Duras, la Sherlock Holmes de la Vologne… mais sur le fond on ne peut qu’applaudir : flicage et vulgarité sont les mamelles du sarkozysme, pourquoi le nier ?

Et voici Eric Raoult de saisir sa plus belle plume et d’écrire au ministre de la Culture, fort ému qu’il est, le gars gros.

Il demande au touriste qui fait ministre des Artistes dans un gouvernement où il pose son plateau-repas juste entre celui d’Eric Besson et de Brice Hortefeux ( c’est dire le raffinement à l’heure de la Suze), de rappeler la jeune lauréate à son « devoir de réserve » :

« Monsieur Éric Raoult attire l'attention de M. le ministre de la culture et de la communication sur le devoir de réserve, dû aux lauréats du Prix Goncourt. En effet, ce prix qui est le prix littéraire français le plus prestigieux est regardé en France, mais aussi dans le monde, par de nombreux auteurs et amateurs de la littérature française. A ce titre, le message délivré par les lauréats se doit de respecter la cohésion nationale et l'image de notre pays. Les prises de position de Marie Ndiaye, Prix Goncourt 2009, qui explique dans une interview parue dans la presse, qu'elle trouve "cette France [de Sarkozy] monstrueuse", et d'ajouter "Besson, Hortefeux, tous ces gens-là, je les trouve monstrueux", sont inacceptables.

Ces propos d'une rare violence, sont peu respectueux voire insultants, à l'égard de ministres de la République et plus encore du Chef de l'État. Il me semble que le droit d'expression, ne peut pas devenir un droit à l'insulte ou au règlement de compte personnel. Une personnalité qui défend les couleurs littéraires de la France se  doit de faire preuve d'un certain respect à l'égard de nos institutions, plus de respecter le rôle et le symbole qu'elle représente. C'est pourquoi, il me paraît utile de rappeler à ces lauréats le nécessaire devoir de réserve, qui va dans le sens d'une plus grande exemplarité et responsabilité. Il lui demande donc de lui indiquer sa position sur ce dossier, et ce qu'il compte entreprendre en la matière ?»

Le silence qui suit une saillie d’Eric Raoult, c’est encore du Eric Raoult. Je veux dire par là qu’il est rare de se trouver confronté à un tel exemple de bêtise au front d’airain, à une illustration aussi caricaturale de ce que les Inrocks eux-mêmes avaient qualifié de « guerre à l’intelligence ».

Stupéfiant aussi de constater que c’est à Frédéric Mitterrand qu’Eric Raoult demande de prendre position, comme si, non seulement, il existait pour les lauréats de prix littéraires un quelconque assujettissement à un « devoir de réserve », mais, de plus, comme si le ministre se retrouvait, de facto, en position de rappeler à l’ordre comme un contremaître ou un garde-chiourme un artiste indépendant, au principe que celle-ci, et elle n’est pas la seule, vomit l’imposture sarkozyste.

 

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A cette pantalonnade, deux esquisses de conclusion. D’abord le refus de Frédéric Mitterrand de statuer, prouvant s’il en était besoin l’absolu manque de couilles du touriste dès lors qu’il s’agit d’offusquer ceux qui l’ont fait roitelet : l’homme qui devant les caméras glissait sous le tapis le viol d’une fille de treize ans se retrouve soudain dans l’incapacité ontologique de trancher une affaire qui… ne le regarde pas en tant que Ministre : « Les écrivains qui reçoivent le Prix Goncourt ont le droit de dire ce qu'ils veulent», a déclaré Frédéric Mitterrand. « Eric Raoult qui est un ami et un homme très estimable a le droit, en tant citoyen, voire en tant que parlementaire, de dire ce qu'il pense », a ajouté Frédéric Mitterrand. « Je n'ai pas à arbitrer entre une personne privée qui dit ce qu'elle veut dire et un parlementaire qui dit ce qu'il a sur le coeur. Ce qui me regarde en tant que citoyen, ça ne me concerne pas en tant que ministre». Tiens, c’est nouveau, il faudra en informer Roman Polanski…

Quand à l'image que la droite de Nicolas Sarkozy et Eric raoult se fait de la culture, en attendant l'attribution du Goncourt sur ordre à Steevy Boulet ou à Doc Gynéco, je rappelle cette récente notule qui il y a un peu plus d'un mois m'avait un peu interloqué avant que je ne réalise à quel point elle était emblématique de l'air du temps: "Guillaume Musso rédige la dictée que Florent Pagny lit à Luc Chatel".


Le silence qui suit... etc....

 

PS: Les professeurs de français qui le souhaitent devraient proposer à leurs élèves de décortiquer la pénible lettre d'Eric "cachez ce string" Raoult, et d'en analyser certains segments... Au hasard... "le devoir de réserve dû aux lauréats du Prix Goncourt" et " le prix littéraire le plus prestigieux est regardé en France, mais aussi dans le monde, par de nombreux auteurs et amateurs de la littérature française". Dans la France d'Après, on ne lit pas le Goncourt. On le regarde. A la télé.


 

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