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16/07/2009

H1N1 à Sarkoland

H1N1 poursuit son expansion.

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Quelques précisions glanées au fil des lectures, et retranscrites ici le plus clairement possibles:

Comme je l'avais affirmé depuis plus d'un mois et demi, et de nombreux confrères généralistes avec moi, le virus circule à bas bruit dans la population bien au-delà du nombre de cas réellement pris en compte et déclarés par les autorités, dont la politique de l'autruche ( pas de prélèvement égale pas de grippe h1N1 déclarée) a fait des merveilles pour convaincre la population qu'à la différence de ces cons de Britanniques ( qui eux, savent que ce que signifie la santé publique et traitent leurs médecins généralistes en conséquence), nous n'avions pour ainsi dire pas de cas en cours. Je suis tellement terrifié par la propagation du virus outre-Manche que j'y pars en vacances.

 

La propagation du virus est importante, sa virulence est pour l'instant faible, apparemment sensiblement égale à celle d'une grippe saisonnière, avec cependant, hélas, de très rares cas d'atteinte pulmonaire directe par le virus avec détresse respiratoire pouvant entraîner le décès, parfois chez des sujets jeunes en bonne santé.

Les autorités redécouvrent la médecine générale, et annoncent fièrement qu'à partir du 23/07/09 les malades devront contacter leur généraliste. Stupéfiante découverte, Roselyne... Que crois-tu qu'ont fait nos patients depuis des semaines, une fois qu'ils ont saisi que le pipeau du "tout hospitalier" qu'on leur servait ne correspondait à aucune autre nécessité que celle de leur faire croire, encore et encore, qu'un Président incohérent et impuissant qui base sa com sur le tout-sécuritaire allait les protéger du virus avec ses petits ( tout petits) bras?...

En clair, cela signifie que nous aurons à nouveau la possibilité de prescrire du Tamiflu et de le voir délivré en pharmacie... mais pas en prévention, et seulement chez les sujets à risque... alors que la population, de déclaration contradictoire en incohérence assumée, va nous demander du Tamiflu "docteur, au cas où..." et que ne pas en prescrire va être rudement délicat dans un pays sans aucune culture de santé publique ou d'information honnête du public...

Sur le plan de la vaccination, Roselyne a fait fort, annonçant à grand renfort de com et de braiements que la vaccin serait là à l'automne, que la France en avait commandé des wagons, qu'on allait voir ce que l'on allait voir, le Petit Père des Peuples allait faire vacciner toute la population avant l'arrivée du vilain virus. Manque de pot, Roselyne, l'automne commence le 21/09 et finit le 20/12... Et le temps de fabrication, de test, est incontournable... Tu as donc encore une fois parlé avant d'avoir réflechi, comme tout Ministre sarkozyste qui se respecte et veut faire rempart de son corps aux difficultés du réel...

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Enfin, sur le plan organisationnel, comme le résume très clairement un confrère qui se prête, pour raisons syndicales, au jeu des réunions DDASS, pouvoirs publics, etc...

"Conclusion: on va se démerder, comme toujours, et sans un rond de plus..."

J'ai toujours pensé qu'une pandémie révèlerait dramatiquement les carences du système de santé en France et les conséquences de l'absence de tout investissement organisationnel cohérent sur le premier étage des soins ( infirmiers, médecins, kinésithérapeutes...) Les DDASS reconnaissent aujourd'hui, mais sans sortir un radis, que le renforcement des moyens administratifs des médecins généralistes - essentiellement par l'aide d'un secrétariat- serait rudement utile. Mais tant pis... Dans un pays où le ratio d'aide administrative est de 0.3 par médecin ( autrement dit seul un généraliste sur trois peut rémunérer une secrétaire), on va nous demander de gérer une pandémie et de rester en contact avec patients, laboratoires et hosto, avec notre bite et notre couteau...

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Mieux encore, cerise sur le gâteau, l'idée ( pas conne ) de créer dans les écoles ou les collèges désaffectés pour cause d'épidémie des centres de consultation dédiés dans lequel les médecins et les infirmiers auraient pu travailler ensemble en se relayant, a été écartée. Trop compliqué, trop cher, et surtout... surtout... la DDASS ne se voit pas y affecter les médecins du travail, les médecins conseils, les médecins des services administratifs...

J'espère au moins que nos confrères médecins-conseils auront à coeur, pendant la pandémie, de passer au crible avec zèle nos arrêts de travail forcément injustifiés. Il faut en trouver 11%, les gars, c'est votre patron, ancien de chez Axa, qui l'a dit, pour faire plaisir à Not'Président qu'il est formidable.

Comme le lèchent les deux Bouvart et Pécuchet qui se sont compromis le 14/07/2009 sur France 5 dans une hagiographie accablante que le Times, sans se tromper, a qualifié de "servile" au point de croire à un gag grolandais:

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"Tu vois, comme dit le proverbe, c'est souvent dans les difficultés que les hommes se révèlent".

 

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09/07/2009

Je sais bien qu'à l'UMP, vous prenez les Français pour des veaux...

et avec 53% de blaireaux vous n'avez pas forcément tort...

 

mais franchement.....

 

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c'est pas un peu jouer avec le feu?

07/07/2009

« DIX ANS AU CONTRÔLE MEDICAL DE LA SECU »

 

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Technicien administratif au contrôle médical depuis plus de dix ans, RORSCHACH, après avoir lu le témoignage du généraliste Julien Bezolles,

http://enattendanth5n1.20minutes-blogs.fr/archive/2009/06...

a tenu à apporter quelques lumières sur la récente campagne orchestrée de lutte contre les arrêts de travail injustifiés, et son cortège de falsifications. A sa manière, brutale, sans concession ( même devant l'Apocalypse...), il décrit des faits et des comportements que nombre d'anciens médecins-conseils, sous couvert de l'anonymat, m'ont confirmé.

 

 

Il faut sauver la Sécu. Peu importe que le message émane de ceux-là même qui sont en train de la dépecer…


 

« Premier point qu’il est important de clarifier : les médecins conseils (medcons) n’ont pas de quotas d’avis défavorables ou favorables à donner. En tout cas je n’ai jamais rien entendu de tel. Ceci pour la simple et bonne raison qu’ils sont libres de leurs avis médicaux. Ça c’est le principe auquel évidemment il serait stupide de se borner. Car s’ils sont libres sur le papier, force est de constater que la plupart concourent à alimenter ce fantasme d’une multitude de fraudeurs à la Sécu (et aux arrêts de travail en particulier).

 

Salariés d’une administration très hiérarchisée, ils sont les premiers à subir une propagande du tonnerre de Brest que l’on peut ramener à cette courte formule : il faut sauver la Sécu. Peu importe que le message émane de ceux-là même qui sont en train de la dépecer. Dans mon entourage, la plupart (médecins comme agents administratifs) ont donc intégré et fait comme leurs la plupart des diagnostics imposés par la Direction de la Caisse Nationale d’Assurance Maladie qui reste quand même notre principale donneuse d’ordre. Sus à la fraude ! Un million d’arrêts contrôlés en 2008. On fera encore mieux en 2009 !

 

Concernant donc le contrôle des indemnités journalières, la mécanique est celle-là : s’ils sont libres de leurs avis, les medcons ne le sont pas de la masse des arrêts à contrôler. Le chiffre est pondu nationalement puis ventilé selon les régions avant de l’être localement. Bref chaque échelon du service médical se retrouve donc avec une masse incompressible d’arrêts à contrôler. Et si on contrôle, si on se donne tout ce mal, c’est quand même pas pour au final tout accorder ! Sinon où irions-nous ? Et surtout à quoi servirions-nous ? Et là on touche au cœur même de la fonction du medcons : sa fonction de contrôle. Son pouvoir de sanctionner et non pas seulement en fonction de critères objectifs bien établis (comme ces fumisteries de démarche qualité veulent bien le laisser croire) mais souvent selon des critères terriblement humains. Calcul personnel (avancement, mutation) ou bien tout simplement en fonction de l’humeur du moment."

 

 

Il faut sauver la Sécu de la privatisation quitte… quitte à fonctionner exactement comme une boîte privée !


 

« Second point : la majorité des médecins conseils sont des techniciens purs et durs. Et ne sont que cela. Une masse de salariés hyper spécialisés dans le domaine étroit de leur champ professionnel mais incapables du moindre début de mise en perspective de leur travail et a fortiori d’analyse politico-sociale. En gros, à la question : quelle est la finalité de ce qu’on me demande de faire ?, à part ânonner leur leçon apprise par cœur, ils ne savent pas ou bien s’en foutent. Qu’ils creusent eux même leur propre tombe ? A savoir celle d’une Sécu fidèle à l’esprit de ces instigateurs, le Conseil National de la Résistance (CNR), peu importe au fond. La preuve en est par exemple le manque total de réaction devant la future généralisation des contrôles employeurs. Qu’en gros leur boulot leur soit piqué par des toubibs mercenaires stipendiés par des patrons ne les émeut pas plus que ça ! Car l’urgence est ailleurs : il faut sauver la Sécu de la privatisation quitte… quitte à fonctionner exactement comme une boîte privée ! Avec des reporting, des pôles de production, des audits à la pelle et… des primes d’intéressement (et oui !!). Quitte à transformer, cerise sur le gâteau, les assurés en clients. Tout est dit. »

 

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Une caste tournée principalement vers la satisfaction de ses intérêts immédiats.


 

« Les échelons du service médical ont leurs salariés divisés en deux masses distinctes, et je dirais même séparés par une paroi étanche : d’un côté les medcons bien payés avec des horaires relativement souples, d’un autre les agents administratifs sous payés et astreints à leurs huit heures pas jour. Entre les deux, c’est selon. Une possible complicité professionnelle mais souvent on observera plutôt une relative distanciation des rapports, voir un mépris dont on aura soigné les apparences. Si les agents administratifs sont enclins à participer aux « mouvements sociaux », les medcons ne débrayent jamais. Même et surtout si les mots d’ordre touchent à la sauvegarde du régime de protection sociale. Avec le temps, je les comparerais à une caste tournée principalement vers la satisfaction de ses intérêts immédiats (inclination entretenue j’imagine par leur propre hiérarchie car une telle posture obère toute possibilité d’implication dans les enjeux sociaux).

 

 

Refuser c’est aussi avoir des couilles


 

Pour en revenir à l’affaire qui a ému Julien Bezolles, elle n’a rien d’exceptionnel malheureusement. Ou bien ce qu’il y a d’exceptionnel là-dedans c’est qu’une personne étrangère à la langue de bois ou à la novlangue mette un medcons devant ses propres contradictions. Car la réponse du medcons (ou du moins ce qu’il induit), si elle apparaît gênée aux entournures, est aussi purement et simplement mensongère. L’avis défavorable ne lui est pas imposé, seul le courrier l’est. Il aurait pu émettre, au vu de l’examen clinique de l’assuré, un avis favorable à la poursuite de l’arrêt de travail. Et l’affaire aurait été close. Mais non. Il faut le gonfler ce chiffre ahurissant de 11% d’arrêts injustifiés. Alors pourquoi le medcons a agi de la sorte ? Pour bidouiller des chiffres ? Beuh non, c’est un gars honnête. Il l’a fait tout simplement parce que ses collègues le font. Parce que la pratique a été d’abord distillée puis répandue comme quelque chose de quasiment anodin. Parce que refuser c’est aussi avoir des couilles. Parce qu’il ne veut pas se faire remarquer comme « atypique » par rapport à ses collègues quand l’objet des missions des medcons est justement de déceler les atypies dans le camp d’en face et de les analyser à la loupe ! Il a agi ainsi pour éviter les sournoises prolongations (forcément injustifiées). Parce qu’il y a quand même des motifs médicaux suspects. Parce que quand même il nous faut bien quelques petits refus. Montrer qu’on sert à quelque chose. Parce que le travail, bordel, c’est la santé (même si 2 travailleurs meurent chaque jour en France d’un accident du travail) !

Enfin, il a fait un refus parce que ces malades et ces prescripteurs, il faut quand même les responsabiliser sinon comment qu’on va le reboucher le fameux trou ?

 

 

Une massification du contrôle


 

Il faut justifier le fait que maintenant on convoque les malades par téléphone, histoire de perdre moins de temps (d’où ce conseil de ne jamais mettre de numéro de téléphone ou de mail sur le formulaire d’arrêt de travail). Il faut justifier le fait que pour gagner encore plus de temps sur les délais postaux (encore un service public de feignasses !), un agent assermenté prendra la voiture de service pour aller donner en main propre au malade sa convocation. Bonjour les économies, hein ! On peut même imaginer que bientôt, en même temps qu’il prescrira le repos pour son patient, le médecin traitant lui donnera directement sa convocation au contrôle médical !

Bref il faut justifier l’abattage. Parce que c’est de ça qu’on parle. D’abattage. Une massification du contrôle qui a quand même pour première conséquence de renvoyer l’être humain derrière le dossier à l’idée d’hypothèse de plus en plus abstraite. Je traite un dossier, je valide une pathologie. Quant à la vie derrière, cette vie qui dépend peut-être du versement des indemnités journalières que je vais courageusement couper, ben tant pis. Y’a la médecine du travail pour le reclassement, la CPAM pour les prestations de secours, les restaus du cœur, merde à la fin ! Foutez-moi la paix à la fin. Je ne fais que mon travail. Je ne fais que ce qu’on me dit de faire. Responsable mais pas coupable. Surtout au sein de l’administration française qui un bel historique en la matière.

 

 

11% d’arrêts de travail injustifiés? Un mensonge. Une intoxication. Une manipulation


 

« Abattage disais-je et falsification. Falsification de statistiques dans le but de justifier les prochaines mesures forcément antisociales du gouvernement.

Récemment, une collègue a été interrogée par un auditeur. Passé les moments d’échanges formels, celui-ci lui demande son sentiment personnel sur les contrôles des arrêts de travail. Après un regard éprouvé sur les piles d’arrêts qui jonchent son bureau, la technicienne déclare :

- Très honnêtement ? C’est beaucoup de travail pour peu de résultats.

- C’est-à-dire ?

- Il y a peut-être 2% de reprises de travail notifiées avant le terme prévu sur l’arrêt.

- C’est normal, vous êtes dans la moyenne nationale, lui répond l’auditeur. C’est le chiffre que l’on retrouve dans la majorité des échelons médicaux.

2% d’arrêts pour lesquels le médecin conseil prononce une remise au travail avant la fin de l’arrêt prévu. Il est là le vrai chiffre des soi-disant arrêts de complaisance. 2%. Et encore que ce chiffre aussi demanderait à son tour d’être examiné à la loupe. Car l’examen du médecin conseil ayant forcément lieu plusieurs jours après celui du médecin libéral ou hospitalier, l’état du malade a de grandes chances d’avoir évolué. Or que je sache on ne demande pas encore aux médecins prescripteurs de posséder un don de prescience pour prescrire le nombre de jours exacts qui seront nécessaires au malade pour récupérer !

2%. Pas 11% d’arrêts de travail injustifiés.

Ce 11% là est un mensonge. Une intoxication. Une manipulation. »

 

(Walter Joseph Kovacs alias)  RORSCHACH

 

 

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03/07/2009

RORSCHACH travaille à l'Assurance Maladie

RORSCHACH travaille à l'Assurance-Maladie depuis une dizaine d'années.

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RORSCHACH est ma taupe, mon DEEP THROAT à moi.



C'est lui, en 2006, alors que je terminais "LES FOSSOYEURS" ( ed. PRIVE ) qui m'avait le premier dévoilé par quels stratagèmes l'Assurance-Maladie, sous la férule de Frédéric Van Roekeghem, (ex cadre d'AXA placé à la tête de l'Union Nationale des Caisses d'Assurance Maladie par Jacques Chirac, incidemment grrrrrrrand ami du milliardaire Claude Bébéar, ex-Président d'AXA- vous suivez? ), bidonnait les chiffres d'arrêts de travail injustifiés.

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L'aventure récemment survenue à mon camarade généraliste Julien Bezolles ( voir le post du 16 juin 2009) ne l'a pas surpris.

Je lui ai alors demandé de me raconter, de l'intérieur, comment fonctionne la Securitate Sociale, comment personnels administratifs et médecins conseils vivent la schizophrénie actuelle: "sauver la Sécurité Sociale..." à n'importe quel prix, quand les donneurs d'ordre ne cherchent qu'à la dépecer.

Son témoignage est édifiant. Je le publierai la semaine prochaine après quelques vérifications.

Bon week-end, messieurs qu'on nomme grands.

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01/07/2009

Veille médicale sur H1N1: du bon et du moins bon

Un petit mot tout d'abord: nous nous intéressons à H1N1 parce qu'une pandémie pourrait toucher notre monde "civilisé", en général protégé des tumultes. Une consoeur me rappelle très justement que la pandémie de paludisme nous en touche une sans faire bouger l'autre, et qu'on pourrait en dire autant de la faim dans le monde... Mon propos n'est pas d'établir une hiérarchie des souffrances, mais de tenir un petit carnet de notes de l'état actuel des données, dans une situation fluctuante où, à l'évidence, gouvernement et experts sont mis mal à l'aise parce que leur communication se heurte à la réalité.

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De nombreuses publications médicales ces derniers jours permettent d'affiner un peu ce que l'on sait actuellement du virus H1N1, de son potentiel de transmission et de sa virulence.

Dans le New England Journal of Medecine, plusieurs articles... L'un (The Persistent Legacy of the 1918 Influenza Virus) retrace un continuum depuis 1918 et considère que depuis lors, le virus porcin ressurgit périodiquement, en créant soit des épisodes pandémiques, soit des épisodes moins étendus, avec une tendance générale à la baisse de la léthalité au fil du temps. De mémoire, l'auteur évoque six à sept résurgences du virus, au fil de ses mutations, depuis 1918, dont deux épisodes dans les années 50 ( d'où pourrait venir la relative immunité des personnes âgées de plus de 59 ans lors de l'épisode actuel) et plus récemment en 1997 et 2003.

Il est fait référence dans l'article au fait qu'un virus a tout intérêt pour se diffuser à augmenter sa contagiosité mais à diminuer sa virulence: tuer ses hôtes ou les forcer à rester alité n'est pas une excellente stratégie, ce qu'apparemment H1N1 aurait saisi... à la différence de H5N1, hélas...

Les études de cas mexicains ( Pneumonia and Respiratory Failure from Swine-Origin Influenza A (H1N1) in Mexico, Severe Respiratory Disease Concurrent with the Circulation of H1N1 Influenza) sont intéressantes: elles confirment la relative immunité des personnes âgées de 59 ans et plus, l'incidence importante des cas dans la population de 13-40 ans ( par rapport à une grippe "usuelle"), le fait que la mortalité ait pu être dûe à une hospitalisation tardive ou à un recours trop tardif au Tamiflu ( en curatif, pas en préventif). De manière inquiétante, les auteurs notent que les personnes qui sont mortes ne sont pas mortes de surinfection bactérienne ( pneumonie à pneumocoques, etc...) car les antibiotiques étaient disponibles, mais qu'elles sont mortes par atteinte virale directe de l'épithélium respiratoire. Pour les non-médecins, la différence n'est pas évidente mais cela signifie que comme en 1918, c'est le virus lui-même, sans surinfection bactérienne, qui peut entraîner un syndrôme de détresse respiratoire aigüe en attaquant les tissus pulmonaires, et causer, parfois, la mort. Ca, AMHA, c'est la mauvaise nouvelle de la semaine. M'étant intéressé à l'épidémie de 1918 , j'avais pu constater qu'il était souvent fait référence à la violence et à la rapidité du décès d'adultes jeunes en bonne santé par atteinte respiratoire massive. Il semble que dans certains cas H1N1 soit capable d'entraîner, chez des personnes jeunes en bonne santé sans antécédent particulier, ce type d'inflammation pulmonaire. Les auteurs concluent en conseillant d'étudier la possibilité d'une protection même partielle contre H1N1 liée aux vaccinations routinières annuelles contre la grippe, car leur cohorte était trop faible, et les patients atteints, en général, ne faisaient pas partie des groupes vaccinés...

 

Enfin un article du MMWR - Morbidity and Mortality Weekly Report, du CDC, tout un programme...- , (Novel Influenza A (H1N1) Virus Infections Among Health-Care Personnel), recense les infections chez les personnels de santé, apparemment rares, et inexistantes si les procédures de protection sont intégralement suivies ( respirateurs, lunettes de protection, gants...). Il signale le fait que les personnels de santé en ville sont probablement plus exposés qu'à l'hôpital, car en contact avec la population "tout-venant" sans tri préalable, et sans accès à l'ensemble du matériel de protection.

 

Au stade actuel, que sait-on ( ou que croit-on savoir?) ?

Qu'une grande partie des personnes âgées de 59 ans et plus possède une immunité au moins partielle contre H1N1. Que les mesures de protection, vaccin en particulier, dervont donc plutôt être affectés aux populations plus jeunes.

Qu'il est probablement moins dangereux de contracter H1N1 aujourd'hui, à un moment où le virus, ne s'étant pas adapté à la population humaine, garde une mortalité très faible. ( En 1918, le second passage du virus avait été plus mortel que le premier).

Que le virus circule probablement dans la population à bas bruit sans être détecté, avec de nombreux cas si modérés qu'ils ne sont pas répertoriés et que les personnes atteintes ne soupçonnent même pas être infectées.

Que malheureusement le virus est à même de déclencher parfois chez des sujets jeunes en bonne santé des lésions respiratoires importantes nécessitant une hospitalisation et une ventilation assistée. Qu'il sera intéressant, plus tard,  d'entendre nos élites et nos experts libéraux expliquer pourquoi pendant toutes ces années on a fermé des lits de réanimation pour fonctionner à flux tendu et ne pas dépenser nos sous inutilement.

 

 
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