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25/11/2008

La petite boutique des horreurs

 

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Les ténors du Parti Socialiste semblent, d'un côté comme de l'autre, incapables de tirer les leçons du vote pour l'élection de leur nouveau Premier Secrétaire.

Et cette incapacité, cette cécité, au-delà même des péripéties ahurissantes des derniers jours et des manoeuvres d'appareil, est symptomatique de l'impasse dans laquelle ce Parti s'est fourvoyé.

Car la leçon de cette élection, elle crève les yeux, elle est là devant nous, évidente. Il existe au sein de ce que l'on appelle encore, faute de mieux, LE Parti Socialiste, deux factions, deux factions qui n'ont plus en rien en commun. François Hollande aura eu beau tenter, pendant tout son règne, d'étouffer les dissensions, de prôner une unité chaque année plus factice, le Parti Socialiste aujourd'hui est à l'heure de la scission.

Mais parler de scission, c'est envisager que l'appareil pourrait disparaître, en tout cas être profondément modifié. Et cela, qui apparaît évident pour nombre de simples militants ou sympathisants de gauche qui se désolent de l'atonie et de l'absence d'opposition cohérente à la politique menée par le gouvernement de Nicolas Sarkozy, cela, donc, est tout bonnement insupportable pour tous ceux, pour toutes celles, et ils sont nombreux, qui s'étaient au sein de cet appareil dressé ou forgé un plan de carrière.

Combien de fois avons-nous entendu les Valls, les Peillon ( mais c'est aussi valable dans le camp d'en face) nous marteler qu'était venue l'heure de la rénovation, que le Parti devait s'adapter aux exigences du temps, se défaire des vieilles lunes? Combien de fois nous a t'on seriné que le vrai courage c'était d'en finir avec le passé et de se réconcilier avec la modernité ( au choix, l'entreprise, le marché, les stock-options...) ?

Le vrai courage, aujourd'hui, serait d'acter qu'il sera impossible à ces deux factions d'oeuvrer au sein du même appareil, utilement, pour le peuple sans une clarification. Que Ségolène Royal réussisse enfin son OPA hier ratée sur le Parti Socialiste, après lui avoir coûté la dernière élection présidentielle, ou que Martine Aubry sorte confortée par des instances nationales qui depuis le début, au-delà de divergences théoriques énormes, ne cherchent qu'à barrer la route à celle qu'ils considèrent comme incarnant une post-politique people dénuée de fond, la Première Secrétaire qui sortirait de ce scrutin entâché d'erreurs avec un score de quelques voix d'avance sur plus d'une centaine de milliers, serait condamnée, et condamnerait le Parti Socialiste, à une guerre interne picrocholine qui laisserait encore pour des années le champ libre à une droite prête à toutes les manipulations pour poursuivre son programme, un programme ultralibéral qui se pare un instant des plumes du pragmatisme étatique pour mieux renflouer la finance et faire oublier l'appétence encore récente du Président pour les subprimes et l'endettement des foyers, éclatante preuve de confiance en l'avenir et de dynamisme d'une société...

Le vrai courage, ce serait de prendre acte du vote, du fait que LE Parti Socialiste, aujourd'hui, n'existe plus en tant qu'entité mais a donné naissance, au moins, à une entité autonome, post-moderne, incarnée par Ségolène Royal, et qu'au sein même de l'autre camp, les divergences sur le sens à donner à l'action politique sont énormes.

Mais pour acter cette réalité, il faudrait penser d'abord aux idéaux, aux idées, à un projet de société, plutôt qu'à la boutique.

 

17/11/2008

Au pays des aveugles...

 

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En 2004, les Inrockuptibles avaient lancé un appel contre la "Guerre à l'Intelligence" que menait, selon eux, la droite d'alors par ses coupes sombres dans les domaines de l'éducation, des sciences et de la culture, et dénonçait un certain mépris poujadiste pour le débat intellectuel.

Je n'avais pas signé cet appel, à l'époque, parce que sa mise en mots m'avait gêné, laissant sous-entendre ( en tout cas, c'est ainsi que je l'avais lu) que l'Intelligence se décrétait, était l'apanage de signataires faisant partie de l"élite" ( un terme que j'ai en horreur) médiatique, scientifique et culturelle du pays.
Quelques années plus tard, je me demande si les Inrocks n'ont pas simplement eu quelques années d'avance, tant ce qui me frappe en y repensant, aujourd'hui, c'est la sensation d'être gouverné par "La conjuration des imbéciles", pour utiliser le titre du roman de John Kennedy Toole ( A confederacy of dunces).

L'alliance du bâgout télévangéliste et de la vulgarité parvenue, le désintérêt pour le sens des mots déchiquetés par la Sarkolangue ( capacité, je le rappelle, à démentir formellement le lendemain ce qu'on affirmait la veille, comme l'a rappelée récemment le "Destop d'estoc" de Fadelamara),  la cécité entretenue à l'égard des conséquences évidentes de la politique menée envers les plus faibles, le culot éhonté qu'il faut à un ou une Ministre pour "améliorer" son CV de diplômes jamais réellement obtenus, tout sent à plein nez la combinazione et les petits arrangements entre amis, et ne peut se concevoir sans un mépris profond pour ceux des corps intermédiaires constitués ( enseignants, magistrats, médecins) qui au-delà de leurs travers, participent encore du pacte républicain.

Paraphrasant les tics langagiers du Président, Eric Woerth, le Ministre du Budget de la non-récession que le monde entier nous envie avait ainsi déclaré dans "CHALLENGES" en Février 2008, pour faire taire la polémique au sujet des franchises sur les soins: ""Quel Français peut dire qu'il a dû renoncer à des soins pour des raisons financières ? Cela n'existe guère".

Cette manière, toujours, de se mettre en avant pour poser des questions  "Qui peut me dire qu'on ne peut pas mettre quatre euros par mois? Qui peut me dire qu'on ne peut pas se soigner?, etc..." et y répondre soi-même, en bon père de famille plein de bon sens terrassant les énergumènes forcément "ultraguachistes" qui n'avalent pas la pilule de la communication gouvernementale, fut-elle saupoudré de sucreries carlabrunesques "authentiquement de gauche"

Hélas, et c'est l'AFP qui nous l'apprend cette semaine dans un papier sur les renoncements aux soins, une fondation privée de promoition de la santé, le Commonwealth Fund, a interrogé 7500 patients souffrant de maladies chroniques dans huit pays. Le titre est explicite: Aux USA, un malade chronique sur deux repousse ses traitements pour raisons financières.

 

Et à en croire l'article: "Dans les autres pays, les malades reportant des soins du fait de leur prix se situent entre 36%, en Australie, et 7%, aux Pays-Bas. En France, ils sont 23%."

23% des Français. Un Français sur quatre, que le Ministre du Budget, atteint d'un persistant scotome*, ne voit pas. Au sujet desquels il ironise.

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* Le scotome (du grec ancien σκότος / skótos, « ténèbres, obscurité ») correspond à une tache aveugle dans le champ visuel.

07/11/2008

OBAMA: A TIME FOR CHANGE

 


 

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Les Américains élisent cette fois-ci un Président qui sait lire et écrire.

 
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