10.04.2008
SARKOLANGUE, bientôt dans toutes les bonnes librairies
SARKOLANGUE est en fabrication chez l'imprimeur. ( Je dis ça pour Roger, des RG, qui au final est un type plutôt réglo et je ne voudrais pas qu'il aie encore des ennuis)
Dans l'attente de sa sortie le 7 Mai, j'avais décidé de faire profil bas. Manière comme une autre de me reposer de ces mois passés à décrypter la Sarkolangue, à la traquer jusqu'à la nausée et au-delà.
Un entrefilet dans Libération il y a quelques jours m'a fait sortir de ma réserve. C'était dans la page du contre-journal façonnée par les internautes. L'un ou l'une d'eux écrivait ( je cite de mémoire): "Mais que fait au gouvernement quelqu'un comme Rama Yade, capable de démentir le lendemain ce qu'elle a dit la veille?"
J'ai lu ça, je l'ai relu, et j'ai souri. Un vrai soulagement. Encore un effort, mais on y est presque.
La Sarkolangue, c'est comme "La lettre volée" d'Edgar Allan Poe. Elle est là, sous notre nez, tout le temps, au point qu'on ne la voit plus, ou qu'en n'en saisit plus les rouages. Cher Libénaute inconnu, votre interrogation me ravit.
« Le matin, ma main s’immobilisait à quelques centimètres du bouton de la radio perchée sur le rebord de la baignoire. Ce geste machinal, que j’avais répété sans même y penser des milliers de fois, se heurtait maintenant à une résistance inconsciente. Je n’aurais pas même pu dire, au début, pourquoi j’allumais la radio avec tant de réluctance. Je savais bien qu’il était élu, je savais bien que nous en avions pris pour au moins cinq ans, et qu’il fallait s’y faire… Mais pas moyen d’appuyer sur ce foutu bouton. Et lorsque parfois j’y arrivais, j’éteignais aussitôt. Et ce n’étaient pas les légitimes motifs de révolte, la situation faite aux sans-papiers, les rafles à la sortie des écoles, les enfants terrorisés tombant des fenêtres, qui provoquaient ce rejet, mais la simple accumulation des petites phrases des uns et des autres. Il me suffisait d’entendre tel ou tel membre du gouvernement sortir une sarkonnerie, tel ou tel porte-parole au profil de juvénile batracien balladurien éructer une ode à la gloire du Président, pour ressentir un profond malaise, et la conviction qu’il me fallait éteindre le poste. Pur réflexe animal de sauvegarde. »
Médecin généraliste impliqué dans le combat contre les franchises sur les soins , écrivain légitimement persuadé que les mots ont un sens, Christian Lehmann, auteur des « Fossoyeurs », de « La Folie Kennaway », « Une éducation anglaise » et « No Pasaran, le Jeu », a décidé de prendre le Président et son clan au piège de leurs propres mensonges.
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