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10/02/2008

La traîtrise n'attend pas le nombre des années

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"J’inclinerais, pour ma part, à penser qu’on naît traître, et c’est d’ailleurs un problème que nous ne sachions soigner cette pathologie. Il y a 1200 ou 1300 jeunes qui trahissent en France chaque année, ce n’est pas parce que leurs parents s’en sont mal occupés."

 

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09/02/2008

Vilaine angine

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Dans les questions d’internat de médecine, les étudiants apprennent qu'une leucémie peut être révélée par l'apparition d'une angine ulcéro-nécrotique. Si je n'en ai jamais vu en un quart de siècle d'exercice, l'image m'est restée, tant la peur primale du médecin reste, au fil des ans, de passer à côté d'un diagnostic, de provoquer une perte de chance pour le patient. Apparemment, cette crainte déontologique n'est pas unanimement partagée, si j'en crois les unes de nombreux quotidiens en ce vendredi 25 Janvier, où s'affichaient la photographie de Jérôme Kerviel, et des titres accusateurs : « L’homme qui fait sauter la banque, l'homme qui aurait escroqué 5 milliards » à la Société Générale y est décrit comme une sorte de Hannibal Lecter de la finance, affublé de qualificatifs peu amènes: fuyant, médiocre, et j'en passe. A la radio, dans le même temps, déguisé en Marguerite Duras, l'inénarrable Daniel Bouton, directeur de la banque, s'interroge ouvertement sur les motifs du trader coupable, forcément coupable, et l’habille pour l’hiver : « cet escroc, ce fraudeur, ce terroriste, je ne sais pas… »

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Et pendant la journée, une bonne partie de la presse va embrayer, relayant les dires et accusations des pontes de l'établissement bancaire, avant que peu à peu les questions apparaissent: sur la capacité d'un homme seul à monter une opération de cette ampleur, sur la faillite de systèmes de sécurité réputés infaillibles. N'hésitant pas à surenchérir dans le comique, Daniel Bouton achète des pleines pages dans les journaux pour jurer que les « interstices » dans les systèmes de sécurité sont maintenant comblés, tandis que, lui tirant la bourre, Christian Noyer, gouverneur de la Banque de France, assène sur RTL que la Société Générale est aujourd'hui plus solide qu'hier, et bien moins que demain... Jugez de la solidité, et de la taille des interstices, à travers lesquels ont disparu 5 milliards d’euros de pertes liées à des fraudes et 2 milliards d’euros de pertes engloutis dans la crise des subprimes, soit 7 milliards d’euros au total, pendant que du côté des faibles, des pauvres, des malades, on responsabilise à tout va à coup de franchises sur les soins.

Le système bancaire a fait une vilaine angine, nous répètent en boucle tous ces savants spécialistes, s'arrêtant à l'analyse d'un symptôme sans jamais vouloir examiner l'organisme dans son entier. Tant le diagnostic le plus probable leur fait peur. Le capitalisme a dérivé si loin de ses buts premiers, abandonnant depuis longtemps le soutien à un système économique de croissance industrielle pour se perdre dans les méandres d'une spéculation financière virtuelle totalement déconnectée du réel, qu'il a mis en place les conditions de son effondrement. Ce n'est pas une vilaine angine, c'est une leucémie. Et Jérôme Kerviel n'est pas le bacille de la peste bubonique, tout au plus un germe opportuniste profitant des déficits immunitaires d'un système malade.

07/02/2008

Service minimum

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Lors de son discours de présentation du plan Alzheimer à Sofia-Antipolis le 1er février 2008, Nicolas Sarkozy a déclaré : « A ceux qui ne veulent pas des franchises, qu'ils viennent dire aux Français comment on paye les dépenses supplémentaires! », passant ainsi sous silence son plan longuement mûri de « responsabilisation » des malades, et démontrant, s’il en était besoin après sa bévue sur la prise en charge des franchises par les mutuelles complémentaires, sa piètre connaissance du dossier : rappelons qu’à l’automne dernier, en plein débat parlementaire, la Cour des Comptes, par la voix de son président Philippe Seguin, signalait qu’une taxation des stock-options pourrait rapporter 3.5 milliards de recettes supplémentaires par an pour la protection sociale. Nicolas Sarkozy et les parlementaires UMP se sont contentés d’une taxation homéopathique reportée dans quatre ans, et ont préféré aller chercher de la menue monnaie dans la poche des plus malades. La présidente de France Alzheimer, Arlette Meyrieux, s'est montrée prudente : « On ne sait pas vraiment la part (des franchises, NDLR) qui reviendra à Alzheimer », a-t-elle relevé, mettant en garde contre le risque de « culpabiliser » les personnes atteintes de la maladie.

Une nouvelle fois, Nicolas Sarkozy met en scène son impuissance, assumée, revendiquée. L’homme de la rupture, l’homme de « La France d’après » ne cesse de mouliner des bras pour faire entrer dans le crâne des Français auxquels il a tant promis, tant menti, que les réalités économiques sont incontournables, qu’il faut avoir été un peu con, en somme, pour avoir cru un instant à ses promesses. Selon un schéma bien rodé, il renvoie donc aux opposants, « ceux qui ne veulent pas des franchises », la charge de proposer une alternative. Comme si celles-ci n’existaient pas, jusque dans son propre camp ( Que je sache, Philippe Seguin ne s’est pas encore inscrit au nouveau parti anticapitaliste d’Olivier Besancenot)… Et surtout, comme s’il n’avait pas, lui, brigué depuis des années son poste, et ce pouvoir dont il semble ne plus savoir que faire aujourd’hui. Nicolas Sarkozy, pour notre malheur, illustre à merveille le principe de Peter, selon lequel les hommes s’élèvent dans une hiérarchie jusqu’à leur niveau d’incompétence, et restent alors bloqués à ce stade. Le bling-bling et les discours, les jets privés et les top models, le Président semble en avoir saisi l’usage. Pour ce qui est du pouvoir d’achat, de la protection sociale, il a depuis plusieurs mois cessé d’en chercher le mode d’emploi, se cantonnant à répéter « une série de professions de foi bien calées, imitations de la pensée, auxquelles il finit peut-être par croire », dixit Yasmina Reza. Tout juste peut-on espérer que, d’ici la fin du mandat, il apprenne à prononcer correctement « Alzheimer ». Lorsqu’on instrumentalise à ce point une maladie, c’est quand même le minimum.

 


 

 
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