La une des lecteursTous les blogsles top listes
Envoyer ce blog à un amiAvertir le modérateur

27.12.2007

Parce que vous le valez bien

500a3444c7c96c986eade130e0d1cd8e.gif

C’est à vous que je m’adresse. Oui, vous. Quand le rédacteur en chef m’a expliqué le concept de ce numéro spécial, j’ai tout de suite pensé à vous. Vous qui êtes passés entre les gouttes depuis maintenant plus de six mois. Vous qui espérez  probablement continuer à vous faire oublier encore quelque temps. Vous qui espérez qu’on finisse par s’habituer à la situation. Situation « dégueulasse » comme le dit Fadela Amara de l’instrumentalisation de l’immigration en France, mais pas « insupportable » au point de démissionner. Parce que pour Fadela Amara, vous l’aurez compris, dégueuler n’est pas insupportable. Doivent avoir des stocks de Primpéran® au Ministère, je ne vois pas d’autre explication. Revenons à vous, n’espérez pas que je vais vous lâcher et partir sur une tangente à propos de tel ou tel membre du gouvernement ( excusez-moi, un renvoi, ça va passer…). Vous, oui, vous qui nous avez mis dans cette situation dégueulasse ET insupportable.

 

2fb92d9807677d3798b2c32956612042.jpg

Je me demande d’ailleurs comment vous avez échappé à vos responsabilités si longtemps. Lorsque Georges Walker Bush a été réélu, il n’a pas fallu vingt-quatre heures pour que les Américains qui n’avaient pas voté pour lui mettent en ligne sur Internet le site « Sorry Everybody » sur lequel des milliers de leurs concitoyens s’affichaient en photo avec un petit texte adressé au reste du monde, s’excusant à l’avance des dégâts qu’allait continuer à causer l’homme au QI d’huître qui siège à la Maison Blanche.

8bdea5aa45b4bd6d798fd1f104c208ae.jpg

 

En France, rien de tel. Je pense que nous étions tellement sonnés que pendant longtemps nous n’y avons simplement pas cru. Pas cru que vous nous aviez mis dans cette panade. Moi, je l’avoue, j’ai hésité pendant quatre mois avant d’écrire un mot sur la situation politique et morale inédite dans laquelle nous nous trouvions. Je me suis dit : « Garde-toi en dehors de tout ça. Tu es romancier, tu as des livres à écrire. Réfugie-toi derrière le paravent confortable de la fiction. Laisse passer. Tu fais partie du clan des nantis. Laisse tomber. ». Mais ce n’était pas possible. Simplement pas possible. Le matin, je me glissais dans le bain, et ma main s’immobilisait à quelques centimètres du bouton de la radio perchée sur le rebord de la baignoire. Parce que je ne suis pas Fadela Amara, moi, je n’ai pas une muqueuse gastrique en Teflon®. Et chaque jour nous amenait sa nouvelle couche. Chaque jour. A cause de vous. Vous en voulez une, juste une, là, pour bien vous faire remonter la dinde derrière les gencives ? Allez, juste une, parce que c’est Noël : « On n'est pas prêtre à moitié, on l'est dans toutes les dimensions de la vie. Croyez bien qu'on n'est pas non plus président à moitié… Je comprends les sacrifices que vous faites pour répondre à votre vocation parce que moi-même je sais ceux que j'ai faits pour réaliser la mienne ». Voilà. Faut-il vous l’emballer ? Non, désolé, je n’ai pas l’adresse de la pharmacie de garde, et de toute façon, il y a rupture de stock.

Nous n’avons rien dit. Peut-être parce que nous attendions que vous ouvriez les yeux. « Le jour où la France sarkozyste s’éveillera… », ce genre, vous voyez. Mais apparemment il va vous en falloir beaucoup, parce que là, déjà, nous, on suffoque, et vous, vous êtes toujours branchés sur Pernaut et PPDA et tout passe, Guy Môquet, Poutine, Khadafi, y’a rien qui coince. Tout fait ventre. Allez, bonne année 2008, bonnes franchises sur les soins. Vous avez raison, va. Il était temps de responsabiliser les cancéreux et les dialysés.

Christian Lehmann

 

( publié dans Témoignage Chrétien le 27 Décembre 2007) 

25.12.2007

Being dead

 

5a4f7d9accb407475270c7351598cd0c.jpg

 

Des dunes à perte de vue. Dunes balayées par le vent et les embruns, sur une pointe rocheuse éloignée de tout. Bientôt un groupement immobilier va ériger là un projet pharaonique, sorte de marina retranchée pour millionnaires paranoïaques. Alors Joseph et Celice, tous deux professeurs en zoologie à l'université locale, décident ce matin-là d'aller faire un tour, comme ça, sur le lieu où ils se sont aimés la première fois. Celice acquiesce à cette proposition pour faire plaisir à son mari, qui l'agace un peu comme dans tous les vieux couples. Joseph, lui, est ému: il cherche à partager avec sa femme la ridicule et irrésistible envie de faire l'amour qui l'a saisi au réveil. Ce pourrait être un vaudeville, ce sera un drame, et bien plus encore. Un drame, parce que Joseph et Celice, sur cette plage déserte en semaine, vont croiser la mort, sous les traits d'un agresseur violent et schizophrène. Et une fois qu'ils seront morts, alors seulement le livre pourra commencer. "Being dead", titre autrement plus évocateur que le titre français, est le livre le plus réussi d'un prodige anglais de 55 ans, Jim Crace.

A priori, quelle gageure que de commencer un roman avec deux cadavres étendus sur une plage... Et pourtant tout au long de son roman, Crace réussira ce tour de force de ramener Joseph et Celice à la vie, et de nous faire apprivoiser la mort, notre mort. Tandis que le sang coagule dans les plaies, que les yeux se couvrent d'un film vitreux, que les petits insectes des sables découvrent un festin inespéré, Crace ramène le magnétoscope en arrière, et retrace la dernière journée du couple, ces petits riens qui sont nos vies, et que nous accomplirons tous un jour pour la dernière fois sans le savoir. Tandis que la peau se tend sous le soleil, que les piles du portable de Celice, à demi-enfoui dans le sable, s'épuisent à sonner, l'auteur déroule lentement le fil de l'enquête qui se met en place, d'abord au sein de l'université, puis auprès de la fille du couple, pour tenter de savoir où ont disparu les deux zoologistes que personne ne pourrait imaginer, à leur âge avancé et compte-tenu de leur respectabilité, avoir choisi l'école buissonnière pour une sieste crapuleuse sur le sable.

Roman tendre, apaisant et élégiaque, "L'étreinte du poisson", magnifiquement traduit malgré l'incongruité de son titre français, est un chef-d'oeuvre comme même un lecteur émérite n'en croise que rarement, un livre de vie, qui nous réconcilie avec notre propre mortalité.

 

 

PS: Being Dead est publié en édition de poche en Février 2008, toujours chez Rivages. Ce fut pour moi l'un des plus grands chocs littéraires de ces dix dernières années.

17.12.2007

Trahir plus pour gagner plus

cb5f12b8ac746f3ab6cddc8aa5216ca5.jpg

 

Selon la célèbre formule de Michel Audiard :« Les cons, ça ose tout. C'est même à ça qu'on les reconnaît ».

 


Nul risque donc pour Hervé Morin de passer inaperçu. Chef du Nouveau Centre, l’homme qui a trahi François Bayrou est sur tous les fronts. Et pour oser, il ose.

 

83210cb73b6cbbb1deac9e467478df20.jpg

 

C’est à lui qu’incombe la lourde tâche, nous explique le Figaro, d’éviter le lent déclin du rayonnement de la patrie des droits de l’homme à l’étranger : « Contrat en principe «imperdable» perdu au Maroc dans les avions de combat, recul de la France passée au quatrième rang mondial des exportateurs d’armement au profit de la Russie, «pressing» d’Israël qui pourrait à son tour dépasser les Français… La part relative de la France dans les ventes de matériels militaires tend à se dégrader dans le monde, alors que le marché est pourtant globalement en expansion. En 2006, les ventes d’armes ont atteint 65 milliards de dollars contre 55 milliards pendant des années. »

 

Et oui, triste constat, la France risque de se faire doubler au palmarès des marchands de mort. Mais Hervé « Pour trente deniers t’as plus rien » Morin veille.

 

Mieux encore, le Ministre étudie les possibilités d’aider encore et toujours plus au développement de ces petits entreprises innovantes et écologiques : « Les pays clients ne se contentent plus d’acheter des armes, ils s’offrent un package qui comporte des «off-set» ou compensations industrielles (implantation d’usines, transfert de technologie...) ou financières. Hervé Morin lance à cet égard l’idée de la création d’un fonds de soutien aux volets connexes des contrats d’armement. L’industrie d’armement, rappelle-t-il, a un effet d’entraînement dans de nombreux domaines civils. Et la relance des exportations est non seulement indispensable pour aider en 2009 à passer une «marche budgétaire» de 3 milliards d’euros mais encore à alimenter la recherche et développement, à faire tourner les usines en France et à maintenir l’emploi. »

 

Allez, sèche tes larmes, Serge Dassault, c’est pas demain la veille qu’on verra un Dassaulthon sur France 2 à Noël. Et c’est à Hervé Morin que tu le dois.

e1fa55590088b8c15093e2d2085a2eb2.jpg

 

Cet homme est partout, et sur tous les fronts il ose. Ainsi, pour récupérer un financement de l’Etat alors que son parti, le Nouveau Centre, ne répond pas aux critères nécessaires, Morin contourne la loi en s’alliant à un parti polynésien afin de bénéficier d’une disposition dérogatoire, qui va lui voir empocher chaque année 950.000 euros.

Soucieux des deniers publics, le ministre Morin, après avoir ravi à Philippe Douste-Blazy, tenant du titre, la casaque du félon politique de l'année, devra mettre les bouchées doubles et aider à la pacification de nombreuses régions du globe pour permettre à la République de rentrer dans ses frais.

Nul doute qu'il y mettra toute la puissance de son talent.

 

cb50f986ff9e86ba837ec7a85bc8d26f.jpg

 

15.12.2007

Un caillou dans la chaussure barbichue

 

737019fde8b1d1cc27bf41d270bb7f9c.gif

 

Quotidienne 2004-2006

Pierre Marcelle, ed. Fayard, 575 pages, 22 euros

 

Chaque jour, pendant des années, Pierre Marcelle a gratifié les lecteurs de Libération de sa chronique quotidienne. Ses billets d’humeur  sont regroupés pour la troisième et dernière fois dans un gros volume : « Quotidienne 2004-2006 », publié chez Fayard. Dernière fois, dis-je, parce que la nouvelle gouvernance de Libération a mis fin à cet espace de liberté, et que Pierre Marcelle est aujourd’hui retranché dans une chronique hebdomadaire que la rédaction ampute parfois. C’est que l’homme, l’écrivain, ne fait rien pour plaire, en tout cas rien pour plaire aux puissants. Pas de journalisme de connivence ici, pas de renvois d’ascenseur, pas même le minimum minimorum, la soumission décomplexée à la dictature du marché et les exhortations, largement partagées de Bernard Kouchner à BHL en passant par Laurent Joffrin, à ouvrir les yeux, dépasser les clivages, et reconstruire une vraie gauche de centre-droit. En lieu et place de ces habituels travers de la presse dominante, un homme seul, bien seul, qui creuse son sillon, décrypte le monde, traque le mensonge et la bêtise. Pour aggraver encore son cas, Marcelle use d’une langue chantournée, cisèle ses phrases, et on le voit, à plusieurs reprises, plus désolé d’une faute de français, d’un mésusage, que du coup de dague qu’il vient d’enfoncer ni vu ni connu dans le flanc de l’adversaire. Chaque tribune retranscrite ici ( la recension n’est pas exhaustive) est suivie d’un texte inédit dans lequel Marcelle commente et met en perspective, avec le recul, sa « quotidienne ». Dans un monde orwellien où beaucoup, et pour cause, ont tout intérêt à effacer leurs traces, le chroniqueur anachronique de Libération persiste et signe. On notera, en fin d’ouvrage, le gros chapitre consacré à la crise de Libération, vue de l’intérieur. Pierre Marcelle y livre les clefs des combats de chefferie interne, qui verront l’actionnaire majoritaire repousser l’arrivée d’Edwy Plenel, et le projet d’un journal de combat, pour un quotidien plus consensuel. Aux dernières nouvelles, Pierre Marcelle était toujours à Libé, comme un caillou dans une chaussure. Ou une plume dans la plaie.

 

33b252e6c665990c94c7ced085f2a4c0.jpg

14.12.2007

Dol

 

2e07ce424f956cf1c8bc0a655490a445.gif

 

Très loin de « La face karchée de Sarkozy », best-seller acide mené à la hache par Philippe Cohen et Riss, « Dol », de Philippe Squarzoni, explore la politique de ces cinq dernières années en substituant à la caricature une approche complexe, où la colère froide, l’analyse politique, le lyrisme, sont servis par un dessin de grande qualité, qui ne s’interdit pas de détourner les codes de la culture populaire, de faire intervenir au détour d’une case Charlie Chaplin ou les héros de l’Ouest Américain. Déconstruction lumineuse des méfaits du néo-libéralisme financier, décryptage des mensonges démagogiques de l’ère Chirac, cette bande dessinée grave, drôle, digne, met en scène un Président Chirac élu face à Jean-Marie Le Pen, et qui va en profiter pour déconstruire un peu plus les acquis de la Résistance, un Jean-Pierre Raffarin qui cache bien son jeu antisocial, et un Nicolas Sarkozy météorique Ministre de l’Intérieur alignant mensonges et approximations pour se hisser au sommet du pouvoir. Publié initialement en Octobre 2006, « Dol » est réédité avec une post-face inédite de seize pages retraçant la conquête de l’Elysée par son actuel locataire. Seize pages d’analyse politique dense, où tout est dit, d’ « une campagne réduite à une primaire entre deux candidats agréés par la classe dirigeante ». Un ouvrage remarquable, d’une acuité sans commune mesure avec les petits pensums et autre règlements de compte entre prétendants qui envahissant actuellement les étals des libraires.

 

304 pages, 30 euros, éditions Les Requins Marteaux 

 

(publié le 13/12/2007 dans Témoignage Chrétien) 

10.12.2007

La décence selon Rama Yade


« Je ne partage pas l’indignation automatique de ceux qui refusent tout dialogue avec la Lybie. Mais je ne peux pas dire non plus que je suis heureuse de cette visite. Parce qu’elle coincide avec la Journée mondiale des droits de l’homme. Le choix de cette date est un symbole fort, je dirais même scandaleusement fort. Il y a tellement de jours dans une année, pourquoi avoir choisi justement celui-ci ? »

 

6df02a0fc2a7573d6847c9412c516890.jpg

 

« La France est une puissance, elle n’a pas à s’excuser de signer des contrats. C’est la secrétaire d’Etat aux Affaires étrangères qui vous le dit. Mais la secrétaire des Droits de l’homme est obligée de vous dire que cela doit se faire dans la décence »

 

4d70ee6cd7d469f526ab61838ef9d39d.jpg

 Rama Yade, interviewée dans Le Parisien, 10/12/2007

 

Décence: nom féminin, du latin "decentia", "decens", de "decere", convenir. XIIIe siècle,


  1. Bienséance en ce qui concerne les lieux, les temps et les  personnes
    Il n’est pas de la décence de faire telle chose.
    Rappeler quelqu’un à la décence.
    Ce malhonnête homme a l’esprit de garder au moins une certaine décence, Une certaine honnêteté extérieure.
  2. (En particulier) Bienséance en ce qui concerne les bonnes moeurs
    Avoir un maintien plein de décence.
    Mettre de la décence dans ses expressions.
    Cette femme est toujours vêtue avec beaucoup de décence.
  3. (En sarkolangue) Aptitude à signer des contrats militaires juteux 364 jours par an, en évitant le 10 décembre pour permettre à la Secrétaire d’Etat aux Affaires étrangères et aux droits de l’homme de poser elle aussi en Dior dans Paris-Match, bordel, c’est pas toujours les mêmes…

 

03.12.2007

AVANDIA® : 83.000 accidents cardiaques aux USA, une agence du médicament en coma dépassé, un plan orchestré pour intimider un expert récalcitrant, des médecins sous influence du marketing…bienvenue dans le monde de BIG PHARMA


 

63b60f9304df174f7bce710209590c95.jpg

C’est le dernier épisode en date, lamentable, dans la saga sans fin de la compromission des agences du médicament avec les firmes pharmaceutiques(*).

 

En 2002, trois ans après les USA, la rosiglitazone est commercialisée en France sous le nom Avandia ® par la firme GSK, pour le traitement du diabète. Dès sa mise sur le marché, les revues pharmacologiques indépendantes notent l’absence préoccupante d’évaluation sur l’efficacité à long terme du médicament.(**)


 

En effet, si les études cliniques ont montré sous traitement une diminution de l’hyperglycémie et de l’hémoglobine glycosylée, données biologiques qui permettent de suivre l’évolution d’un diabète, il n’existe lors de la commercialisation aucune donnée sur la réduction éventuelle des complications du diabète et de la mortalité globale, et ceci alors que le médicament présente des effets indésirables nombreux. Ces incertitudes devraient inciter à la prudence, à la mise en route d’études de pharmacovigilance rigoureuses pour suivre les patients mis sous Avandia, et ce uniquement lorsque des thérapeutiques plus anciennes et mieux évaluées se révèlent inefficaces.

7441d6fe1f691b3681c15f328ca8de26.jpg

 

C’est compter sans la pression marketing habituelle, qui martèle aux médecins qu’une nouvelle révolution dans le traitement du diabète a eu lieu, comme, quelques années auparavant, cela avait été le cas pour le Vioxx, anti-inflammatoire « magique » retiré du commerce en catastrophe au bout de quelques années. Les mêmes causes produisant les mêmes effets, une commission sénatoriale américaine vient de mettre à jour un constat accablant : de nombreuses études concordantes pointent une augmentation du risque d’accident cardiaque sous rosiglitazone. On estime à 83.000 le nombre de crises cardiaques supplémentaires depuis l’homologation du médicament.(***)

Mais il y a pire : la commission sénatoriale a mis à jour les nombreuses tentatives d’intimidation de la firme à l’encontre d’un expert, le Dr John Buse, qui dès 1999 avait attiré l’attention lors de conférences publiques sur les risques cardio-vasculaires du médicament.

b88dae17460eab7672b99f5057162e6f.jpg

 

Pressions financières, menaces de poursuites judiciaires, intimidations, « un plan orchestré » pour faire taire le Dr Buse a été conçu et mis en œuvre avec l’accord du PDG de la firme GSK, le Dr Jean-Pierre Garnier, amenant le Sénat à mettre en cause la « culture de direction » de cette firme.

 

aad6ff27687835581b4b0526bec0762e.jpg

 

Et de son côté, l’Agence américaine du médicament… a elle aussi fait pression sur deux de ses propres experts dont les inquiétudes rejoignaient celles du Dr Buse, au point de pousser l’un d’entre eux à démissionner.

Il sera très instructif, dans les mois qui viennent, de suivre sur ce dossier le comportement des agences françaises du médicament, promptes à délivrer l’autorisation de mise sur le marché de médicaments n'ayant pas encore fait la preuve de leur efficacité clinique à long terme. Comme il sera instructif d’entendre ceux, parmi les responsables syndicaux des médecins, qui, affaire après affaire, martèlent que « Les médecins savent quand même distinguer l’information médicale de la pression marketing ». Après l’affaire Vioxx, après l’affaire Avandia, combien d’autres, avant qu’un plus grand nombre de médecins adopte une attitude responsable vis-à-vis de la communication commerciale des firmes pharmaceutiques ?

 

52cd3466930b20c055c704705e23aa52.jpeg

 

(*) Un médicament de la firme GSK aurait provoqué des dizaines de milliers de crises cardiaques : excellent article de Elena Pasca, sur le site du Formindep, collectif pour une formation médicale indépendante au service des seuls professionnels de santé et des patients 

http://formindep.org/spip.php?article146

 

239afcef73061b5471604594b78d5cd2.gif

 

 (**) Pour en savoir plus sur les glitazones et leur rapport bénéfices/risques négatif, sur le site de La Revue Prescrire :

http://www.prescrire.org/aLaUne/dossierDiabeteGlitazones....  

http://www.prescrire.org/aLaUne/dossierDiabeteRosiglitazo...

 

a15abda5d8273a220b38832ffc34b750.jpg

 

 

(***) Ne cherchez pas à extrapoler à la France. Ce type d’étude n’existe pas en France. On n’a jamais estimé ou dénombré le nombre de morts cardio-vasculaires liées au Vioxx® en France. Et le nuage de Tchernobyl s’est arrêté à la frontière. Circulez, il n’y a rien à voir.

 

 

a4b255fcce788d7490c4ac157ad02f14.jpg

 

Ci-dessous, pour ceux qui voudraient aller plus loin, un court extrait de mon livre récent « Les Fossoyeurs, notre santé les intéresse… » aux éditions Privé-Michel Lafon.

ea1fbc95fe67a7d35497c1a99b353678.jpg

 

Dans un ouvrage récent basé sur un long entretien, « Le grand méchant loup pharmaceutique », cherchant à présenter systématiquement les agences du médicament sous un jour favorable en minimisant certains de leurs travers comme l’indépendance toute relative de certains experts vis-à-vis des firmes, Philippe Urfalino, sociologue, peu avare de qualificatifs désobligeants vis-à-vis des donneurs d’alerte qui dénoncent les travers des firmes, répond d’une manière très surprenante à l’interpellation de son intervieweur :

« Question : Les « relations » peuvent aussi prendre la forme de la collusion d’intérêts… On pense par exemple aux 20000 euros par médecin et par an que les firmes pharmaceutiques consacrent à la communication sur leurs produits.

 

Philippe Urfalino : C’est vrai, l’industrie pharmaceutique est le mécène du milieu médical… »

 

ef5ec1ea3a7b4a25456364f872b1b6cb.jpg

J’ai cherché dans le Petit Robert la définition de mécène : « protecteur généreux des arts et des sciences ».

Cette définition d’une surprenante clémence contraste avec les qualificatifs employés pour les donneurs d’alerte, ces médecins, ces scientifiques, qui pointent depuis des années, en France et à l’étranger, les errances du secteur pharmaceutique : « je suis frappé par une certaine tendance à la diabolisation, qui confine ça et là au retour de la théorie du complot…( la revue Prescrire) plaide l’existence du camp des firmes et du profit d’un côté et du camp des malades de l’autre… ce que je voudrais mettre en cause ici, c’est une mauvaise information, des amalgames et une grille de lecture fautive…les visiteurs médicaux sont parmi les rares interlocuteurs qui se soucient des besoins du médecin ».

Cette défense de la visite médicale n’est pas neuve, comme n’est pas neuve la mise en cause des donneurs d’alerte.

 

ad519be48172fab1fba495532fdd58b9.jpg

Comme je l’ai écrit dans « Patients si vous saviez », la Revue Prescrire, revue française indépendante d’information sur le médicament, est dans le collimateur des firmes depuis de nombreuses années. Membre d’un réseau international de revues thérapeutiques indépendantes, elle constitue pour le médecin soucieux d’une information scientifique débarrassée de l’argumentation marketing et économique, un outil majeur, voire indispensable. Mais sa critique argumentée des techniques de communication des firmes met mal à l’aise ceux des médecins qui continuent à voir dans ces dernières un simple « mécène ».

 

495d41a599714e24312e211dc5a114d1.jpg

A les en croire, l’implication de Big Pharma ( selon le vocable adopté par John Le Carré après son magistral roman « La constance du jardinier ») dans l’information du corps médical ne pose pas problème.

 

C’est la thèse défendue par la Confédération des Syndicats Médicaux Français, dans « Qu’est-ce que la CSMF ? », un petit ouvrage très informatif publié aux éditions l’Archipel :

 

7924b57009b5da8e1a402c98bea89821.jpg

 

« Question : Les laboratoires et leurs campagnes de marketing auprès du corps médical et des malades ne risquent-ils pas d’exercer une influence abusive dans le domaine des prescriptions médicamenteuses ?

Michel Chassang : Toute dérive peut être dangereuse. Elle doit être dénoncée et combattue. Pour la visite médicale, il convient de veiller à améliorer le qualitatif et donc son contenu… Pour autant, il ne faut pas exagérer l’ « intoxication » supposée des médecins en matière de visite médicale, constamment mise en avant par le lobby anti-industrie pharmaceutique. Les médecins savent quand même distinguer l’information médicale de la pression « marketing »… »

 

120a3633d910851f1040edb79a4b4837.jpg

 

 

Est-ce si sûr ?

 

PS : Conformément à la législation(****) , j’affirme n’avoir aucun lien financier avec les firmes pharmaceutiques citées. Nous verrons si tous les médecins interrogés font de même…

(****) La loi sur la transparence de l’information médicale enfin en vigueur !, article de Philippe Foucras sur le site du Formindep

http://www.formindep.org/spip.php?article118

 

 

db170b35954255f16a1edba14d0990a4.gif

 

 

 

01.12.2007

"L'avenir de la haine raciste..."

65bd66d11f16954a69a3f65aa2d05924.jpg

« L’avenir de la haine raciste est dans le camp des gens qui se sont réjouis de la défaite électorale de Jean-Marie Le Pen en mai 2002, et non dans le camp des fidèles de Vichy ».

 

  

 

Bien avant son interview à Haaretz qui fit scandale en 2005, Alain Finkielkraut développait une stupéfiante tolérance pour l’extrême-droite  quand les antiracistes de gauche étaient vilipendés et taxés, au mieux, d’imbécillité xénophobe.

 

3c38dbb7d99205da1394d2b7b59d8883.jpg

 

Dans son dernier livre en date, "La position du penseur couché" sous-titré "Petites philosophies du sarkozysme", (editions Libertalia, 7 euros) Sébastien Fontenelle(*)  décrypte ce double discours. C'est court, dense, drôle, effrayant.
fb368215c29d53e2f884c3d44e141d2f.jpg

 

Soyons clair: le négationnisme est une plaie et une maladie mentale. On peut être de gauche, antiraciste, altermondialiste, et affirmer cela, contrairement à ce que laisse entendre Alan Finkielraut. Et à partir de là, on peut pointer que ceux qui comptent les juifs dans les émissions de France Culture ont, comme c'est étrange, un mode de pensée aussi rance que ceux qui comptent les blacks dans une équipe de foot. Que ces gens ricanent ensemble n'est pas, au final, étonnant.

 

 

 

(*) http://vivelefeu.20minutes-blogs.fr

 

 


 

Toutes les notes

 
Toute l'info avec 20minutes.fr, l'actualité en temps réel Toute l'info avec 20minutes.fr : l'actualité en temps réel | tout le sport : analyses, résultats et matchs en direct
high-tech | arts & stars : toute l'actu people | l'actu en images | La une des lecteurs : votre blog fait l'actu