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23/11/2007

"La poussière qui tombe sur la pile de dossiers..."

 

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Vous ne trouvez pas que ça va finir par se voir, que l’Empereur est nu comme un ver ?

Tenez, l’autre jour, chez les marins-pêcheurs, vous l’avez tous suivie, cette altercation sur le salaire du Président, débutée sur le mode agressif d’une rixe de bar, et clôturée dans un bégaiement pitoyable.
Mais une fois passée la sidération de subir, une fois encore, un énième déplacement médiatique du Sarko-Show ( ce matin au Guilvinec, avant une tournée triomphale aux Etats-Unis au côté d’un criminel de guerre au QI d’huître), vous êtes vous arrêtés un instant sur la sortie de crise proposée par l’Hyper-Président ?
Les marins-pêcheurs protestent contre la hausse du gasoil. Que fait l’homme qui avait promis d’aller chercher trois points de croissance ? Il propose «  la mise en œuvre immédiate d’une exonération totale des cotisations salariales » sur une durée de six mois reconductible.

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Quelle générosité ! Quelle ingéniosité ! Piquer 42 millions d’euros dans les caisses de la Sécurité Sociale, lorsqu’on a pleuré le déficit chronique de celle-ci pour mettre en œuvre une franchise sur les soins que paieront en premier lieu les malades et les handicapés, c’est un véritable trait de génie. A quelques détails prêts… La mesure ne baissera le coût du litre de gasoil que de 0,04 euros. La CNAV, qui sait que l’Etat ne compense que très partiellement les milliards d’exonérations qu’il offre aux entreprises,  rappelle l’évidence, à savoir que « les cotisations sociales ne doivent pas servir de variable d’ajustement au règlement des conflits sociaux ». Et, cerise sur le gâteau, la Commission Européenne vient de déclarer ces aides incompatibles avec le principe de la « concurrence libre et non faussée » que s’est ingénié à défendre Sarkozy dans son nouveau traité européen malgré le rejet de 55% du peuple français.

Qu’en conclure ? Après la déduction des intérêts d’emprunt rétroactive censurée par le Conseil Constitutionnel, après la gaffe sur la décôte des cheminots, avancée par le Président et infirmée par le Ministère du Travail le lendemain, on peut se demander si, au-delà de la com, le vibrion présidentiel maîtrise les dossiers sur lesquels il intervient lors de ses déplacements incessants.

En septembre, sillonnant l’Alsace pied au plancher, Nicolas Sarkozy avait répondu aux questions des journalistes, comme à son habitude, par une question teintée d’égocentrisme : « Qu’est-ce qu’on attend de moi ? Que je reste à l’Elysée sur ma chaise à attendre le chaland toute la semaine avec la poussière qui tombe sur la pile de dossiers ? »

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Qui dira au Président que les dossiers, pour ne pas prendre la poussière,  peuvent aussi être ouverts, qu’ils peuvent aussi être lus ? Que travailler plus pour gagner plus, ça commence par acquérir le niveau ?

 

(publié dans Témoignage Chrétien le 22 Novembre 2007) 

16/11/2007

« C'était un vendeur d'assurances…donc, pour lui, tout est bon » : Xavier Bertrand et les syndicats

 

 

 

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C’est un des puissants barons de Nicolas Sarkozy.

Passé à l’ «ennemi » en Décembre 2006 après avoir longtemps œuvré, dans le clan des juppéistes, à tenter d’éviter que les syndicats médicaux proches de l’UMP fassent allégeance à celui que détestait la chiraquie.

L’échec de cette manœuvre tacticienne étant patent, Xavier Bertrand rejoignit ( provoquant la colère et la surprise de Jacques Chirac) le candidat à la présidentielle.

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Dans Le Monde, Rémi Barroux et Christophe Jakubyszyn notent : La force de Xavier Bertrand, qui fait de lui un vrai politique, c'est de ne pas s'attacher. Séguin, Juppé, Chirac, Raffarin, Sarkozy : il a pris appui sur chacun, l'un après l'autre. Sans ciller, il confirme : « Je ne suis pas proche de Juppé, je ne suis proche de personne. Certes, Juppé est la première personne qui m'a fait confiance et je m'en souviens. Raffarin aussi, je lui suis reconnaissant. Je suis fidèle par la reconnaissance. »

Non content de rejoindre le clan Sarkozy, Xavier Bertrand, à la différence de ralliés sans envergure ( au hasard, Philippe Douste-Blazy), occupe d’emblée une place de choix dans l’organigramme, en devenant porte-parole du candidat.


 

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« Ce n’est pas trop dur de dire comme porte-parole l’inverse de ce  que vous disiez comme ministre? » lui demandait Eric Favereau ( Libération).

A quoi Xavier Bertrand, qui longtemps et à juste titre combattit l’idée de franchises sur les soins avant de les défendre une fois passé dans le camp sarkozyste, répondait : « Ce n’est pas le cas. Car je ne suis pas du genre à changer de position, Je revendique la cohérence ».

Et effectivement, Xavier Bertrand est un homme intelligent et cohérent. Sa manière de gérer les relations syndicales ne varie pas, depuis des années. A l’heure où, Ministre du Travail, des Relations Sociales et de la Solidarité, il négocie avec les syndicats… en refusant apparemment d’envoyer à Sud-Rail la lettre de « proposition de méthode » concoctée avec Nicolas Sarkozy, il est intéressant de se souvenir de la manière dont, en tant que Ministre de la Santé, il tissa des liens très serrés avec… ceux des syndicats médicaux qui lui agréaient.

 

PETIT RAPPEL DES FAITS, EN VIDEO EDUCATIVE:

http://www.dailymotion.com/relevance/search/bertrand+%C3%...

 

ET DANS LE TEXTE:

(adapté de Les Fossoyeurs, ed Privé-Michel Lafon) 

En Juin 2006, les médecins votent aux élections professionnelles, et ce vote a valeur de test sur leur adhésion à la réforme Douste-Blazy-Bertrand. Les syndicats signataires proches de l’UMP ( CSMF et SML) sont minoritaires chez les généralistes, qui votent à près de 60% pour les opposants à la convention.

Par un tour de passe-passe, Xavier Bertrand va alors confier au sénateur Vasselle le dépôt d’un amendement adopté en catimini au Sénat pour ôter tout pouvoir de nuisance aux syndicats que le pouvoir a décidé de considérer « non représentatifs » malgré leur succès électoral(*).

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Ce déni démocratique contre lequel s’élèveront les députés et sénateurs de l’opposition (**) constitue le seul moyen pour Xavier Bertrand de sauvegarder l’axe UMP-CSMF bien mis à mal dans les urnes, car contrairement aux prévisions, MG France, Espace Généraliste et FMF se sont rejoint pour créer, au-delà de leurs divergences, une intersyndicale majoritaire qui, devant le refus de reconnaissance de sa représentativité issue des urnes, use d’un artifice juridique pour s’opposer aux avenants signés par la CSMF… même lorsque ceux-ci s’accompagnent de revalorisations financières pour les médecins.

« Les syndicats doivent être reconnus représentatifs parce qu’ils ont été élus, pas parce que le ministre l’a décidé ! » martèle le président de MG France. Bombardés de mails et de lettres par des généralistes furieux de voir le ministre de la santé s’asseoir ainsi sur le vote de 29.000 médecins pour continuer à privilégier la CSMF et le SML, les sénateurs réutilisent la bonne vieille technique du copier-coller pour renvoyer les généralistes à leur néant, paraphrasant Philippe Bas, ancien secrétaire général de l’Elysée, ubuesque ministre de la Sécurité Sociale, qui déclare qu’il n’est pas question de donner à des syndicats qu’il a décidé de considérer non-représentatifs « un pouvoir de nuisance qui ne s’accompagne pas d’un pouvoir constructif ».

Michel Chassang, président de la CSMF, botte en touche en assurant n’avoir rien demandé : « Je n’approuve ni ne désapprouve. Je constate simplement que le Parlement a décidé d’exprimer clairement l’esprit du législateur en corrigeant son erreur initiale. Mais c’est le problème de la représentation nationale, pas le mien ».

 

Son prédécesseur à la tête de la CSMF, le Dr Claude Maffioli, candidat UMP malheureux aux législatives de 2002 ( Investi par l’UMP, il se verra éliminé au premier tour par Catherine Vautrin, dissidente… tragiques aléas de la démocratie…), nommé à la HAS et président de l’Union Nationale des Professions Libérales, s’émeut de l’avis du Conseil économique sensible aux arguments des opposants : l’UNAPL « refuse de faire de l’élection un critère principal, voire unique, de mesure de la représentativité. »

 

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Selon l’UNAPL, ce serait « une prime donnée à ceux qui n’ont pas de programme et qui ne sont que simplement contestataires ». Ah… délices de la démocratie… Entre l’UMP d’un côté et les représentants de la CSMF de l’autre, les opposants redécouvrent la stéréo.

L’intersyndicale majoritaire saisira le Conseil Constitutionnel, et l’opposition parlementaire fera de même, en vain. Mais la manœuvre laisse quand même de grosses traces de pneu dans la purée du petit, au moment où le gouvernement prône le dialogue social devant les syndicats de salariés ( lesquels demandent eux aussi, tout simplement, que la représentativité soit liée aux résultats électoraux).

Quelque temps plus tard, et dans le but louable de fluidifier les relations sociales, les présidents des syndicats signataires désavoués par la majorité des généralistes seront décorés de la Légion d’Honneur en Janvier 2007.

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Le titre de cette chronique est une citation de François Chérèque

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( qui n’est tout de même pas Emiliano Zapata)

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dans Le Monde, 16/10/2007.

 

 

 

*  Le Docteur Jean Leonetti, député-maire UMP d’Antibes et auteur de la loi sur le droit des malades et la fin de vie, donnera l’explication de cette manœuvre : « Le gouvernement a choisi la voie sénatoriale pour faire voter son texte, car chez les députés, à quelques mois des élections législatives,  cet amendement ne serait jamais passé ».

 

 

** Le Sénateur Jean-Pierre Godefroy, représentant du groupe socialiste, fustigera cette manœuvre indigne : « Cela revient finalement à annuler autoritairement les résultats d’une élection contrôlée par l’Etat…Si votre conception du dialogue social, c’est  de choisir vos interlocuteurs en évacuant tous ceux qui ne sont pas d’accord avec vous, ce n’est plus du dialogue social, c’est se regarder dans le miroir !.. Et pourquoi ne pas changer demain le résultat de toutes les élections dans le pays en disant que tel corps électoral n’est pas représentatif ? Dans un texte comme celui-ci, oser un tel morceau de bravoure, c’est se moquer de l’opinion publique. »

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12/11/2007

Le Ministère de la Santé ruisselle du sang des malades

 

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C'est un discours insane, obscène, celui de la "responsabilisation" des malades. Discours régurgité à l'envi sur les ondes, resservi régulièrement par l'UMP comme une évidence, depuis que Nicolas Sarkozy, le 27 Juin 2006 à la tribune de la Convention Santé de son parti, avait expliqué:

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« Je suis également partisan de l’introduction dans des conditions équitables… équitables, j’ose le mot aussi … d’une franchise sur la consommation de soins… alors je vais vous dire un mot là-dessus :  parce que promettre des dépenses de santé toujours plus grandes sans poser la question du financement ça n’aurait aucun sens : nous parlons d’assurance maladie… Y a-t-il une seule assurance sans franchise ? Non. La question de la franchise c’est pour moi une question incontournable. Elle pourrait être forfaitaire et acquittée chaque trimestre car c’est la seule façon de res-pon-sa-bi-li-ser les patients. Je m’explique:  si les dépenses d’assurance-maladie diminuent et donc le déficit diminue, on pourra alors, à la suite du débat au parlement, baisser le montant de la franchise. Si les dépenses augmentent, et donc le déficit augmente, on pourrait alors augmenter le montant de la franchise. »

Responsabiliser les malades, c’est tout ce qu’a trouvé l’UMP pour se déresponsabiliser, pour se déculpabiliser. Car que fait ce parti, sinon enterrer le gaullisme, enterrer le programme du Conseil National de la Résistance, qui mettait un œuvre « un plan complet de sécurité sociale, visant à assurer à tous les citoyens des moyens d’existence, dans tous les cas où ils sont incapables de se le procurer par le travail, avec gestion appartenant aux représentants des intéressés et de l’État… »

Face à ce souvenir, la réalité du moment, la tentation de tout céder au néolibéralisme, à un capitalisme financier sans autre finalité que sa perpétuation et son extension à l’ensemble des activités humaines, parce que c’est ainsi, que nous serions arrivés à la fin de l’Histoire, et qu’il n’y aurait, pour rappeler encore l’argument-massue de Margaret Thatcher : « no other alternative ».

Schizophrénie, donc, hésitations paradoxales entre deux choix mutuellement exclusifs, dont l’un, le maintien d’une assurance-maladie solidaire, apparait certainement aux gouvernants comme le plus difficile, mais aussi le plus noble, et l’autre, la privatisation, comme le plus « profitable » ( une responsabilité en moins pour le gouvernement et la représentation parlementaire), mais aussi le plus inavouable aux assurés-électeurs. D’où la nécessité de charger la barque des malades, d’affirmer encore et encore qu’il ne s’agit pas de pénaliser des patients mais de sanctionner des consommateurs de soins irresponsables.

L’action de zap d’Act-Up devant le Ministère de la Santé samedi 10 Novembre le rappelle à ceux qui l’auraient oublié. La mise en place des franchises sur les soins est une décision politique, l’accomplissement d’une lubie présidentielle sans aucune cohérence économique ou sanitaire. Elle aura des conséquences sur la capacité des plus malades, des plus faibles, d’accéder aux soins. Loin de tribunes plus policées, les militants d’Act-Up rappellent symboliquement  que cette décision politique est entachée du sang des malades.

  

 

 

Samedi 10 novembre 2007, une vingtaine de militantEs de l’association de malades du sida Act Up-Paris ont zappé le ministère de la Santé. Ils protestent contre l’instauration des franchises médicales prévues par le Projet de loi de financement de la Sécurité Sociale 2008, dont la discussion débutera le lundi 12 novembre au Sénat.


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Aux cris de : « franchises médicales, Bachelot coupable » et « malades précaires, malades en colère », les militants d’Act Up-Paris ont maculé de sang l’entrée du ministère avant d’être interpellés par la police. Les passants du quartier se sont intéressés au thème de l’action, une personne a déclaré : « c’est dommage qu’ils soient si peu nombreux, on devrait tous se mobiliser contre ça ». Tous les militants ont été emmenés sans ménagement dans les commissariats des environs où ils sont retenus depuis plusieurs heures.

Par cette action les malades entendaient exprimer leur colère quant aux mensonges proférés par Roselyne Bachelot-Narquin en séance à l’assemblée nationale vendredi 26 et samedi 27 octobre.

La ministre de la santé a prétendu, vendredi, au cours du débat parlementaire, qu’elle n’avait jamais déclaré : « Qui ne peut pas payer 4 euros par mois ? ».
Roselyne Bachelot-Narquin a par ailleurs affirmé que les victimes ou malades de guerre seraient « bien entendu » exonéréEs des franchises médicales. Ce qui est parfaitement faux.

Les franchises pénaliseront les plus malades et les plus précaires d’entre-elles/eux notamment les 25% de personnes séropositives qui ne disposent que d’une Allocation Adulte Handicapé, 622 euros par mois pour vivre et se soigner. L’entêtement de la ministre sur l’impact de cette mesure injuste pour les malades est intolérable. La morgue et le cynisme exprimés par la prétendue « ministre de la santé » dans son refus d’entendre les revendications légitimes des malades et son rejet de l’ensemble des amendements déposés pour limiter l’impact délétère des franchises médicales est indécent.

Roselyne Bachelot-Narquin a menti aux députéEs. Roselyne Bachelot-Narquin et Nicolas Sarkozy mentent aux FrançaisES. Incapable de justifier la mesure devant l’Assemblée nationale, se perdant à plusieurs reprises dans les dispositions du texte, Roselyne Bachelot-Narquin montre à quel point cette mesure portée par l’Elysée est indéfendable. Dans ces conditions, nous exigeons que la prétendue « ministre de la santé » ait au moins la décence de se taire.

Nous exigeons aussi l’honnêteté nécessaire aux débats. Alors même que le gouvernement annonce une grande réflexion sur la participation individuelle aux dépenses de santé qui doit déboucher sur un nouveau texte législatif au printemps, nous en appelons à la sagesse des sénateurs/trices pour rejeter cette mesure injuste, dangereuse et inefficace.

Dans la perspective des prochaines élections municipales, nous dénoncerons publiquement les députéEs-maires et sénateurs-maires qui auront apporté leur soutien à cette mesure et demanderons à leurs électeurs/rices de les sanctionner. Nous appelons toutes celles et tous ceux qui refusent l’instauration de cet impôt sur la maladie à faire de même.

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Act Up-Paris exige :
  

que Roselyne Bachelot-Narquin cesse de mentir aux malades et aux parlementaires
  

l’abandon pur et simple des franchises prévues au projet de loi de financement de la sécurité sociale 2008
  

la libération des militants interpellés et la garantie qu’aucune poursuite ne sera engagée contre des malades qui ne font qu’exprimer leur colère légitime.

Act Up-Paris demande aux sénateurs/trices qu’ils rejettent cette disposition injuste et malhonnête.

 



07/11/2007

Séduire et insulter: Sarkozy en Tony Montana

C'était hier, comme tous les jours.

Le Sarko-show sur les routes de France, avant une tournée de gala aux USA.

Et cette vidéo, après d'autres.

 

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Le Président Sarkozy, entouré de ses gardes du corps baraqués, se prenant le bec comme à la récré avec un syndicaliste, sur le mode "T'ar ta gueule à la récré". Le tout se concluant par un bégaiement de comptoir, comme si d'un coup les accus s'étaient vidés d'avoir été trop chargés, en un instant effrayant où l'on voit la mécanique se défaire, et apparaître un homme hagard, en bout de course, en roue libre.

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Cette posture de la fausse proximité, qui dérape du tutoiement à l’affrontement, est une marque de fabrique de la communication sarkozyste. Ce n’est pas la première fois, ce ne sera pas la dernière, et à chaque fois cela finit par se retourner contre lui.

 

Dans Libération en Juin 2006, Nanni Moretti parlait de Berlusconi, et de la manière dont l'Italie pouvait se reconstruire après avoir écarté cet affairiste gominé.

Voici ce que j’en écrivais à l’époque :

Etrangement, dans le propos de Moretti, je crois voir comme un écho de la société française.

Pour moi, Nicolas Sarkozy est le fils caché de Margaret Thatcher et de Berlusconi.

Thatcher, qui avant l'Alzheimer, avant même de se faire l'ambassadrice de Philip Morris pour aller inciter les petits jeunes des pays de l'Est à fumer, avait en une phrase résumé sa conception du monde: "Toute personne qui prend les transports en commun après trente ans est un raté."

Berlusconi, dont Nanni Moretti explicite ainsi les rouages:

"Berlusconi résumait la politique à deux attitudes antagoniques, binaires et primaires : séduire ou insulter. Ceux qu'il ne pouvait pas séduire, il les insultait...............Il faut toujours rappeler la gravité de ses actes et de ses mots, c'est une fonction première de la langue : ce qu'on dit veut vraiment dire quelque chose, ce qu'on fait a des conséquences. Y compris chez Berlusconi. Car ce qui m'a toujours le plus inquiété et scandalisé, c'est la manière dont beaucoup de gens, en Italie, se sont habitués à ses mots, à ses actes, même s'ils étaient parfois en désaccord avec lui. Comme si les mots et les actes de Berlusconi n'avaient pas de sens ni d'effets. Il avait réussi à transformer l'Italie en un pays virtuel, théorique, artificiel, et c'était lui qui en tirait les feux."

Vous voyez où je veux en venir? Remplacez Berlusconi par Sarkozy, Italie par France, et relisez la phrase.

Séduire ou insulter.

Relire les déclarations de Sarkozy à l'aune de cet éclairage. Les siennes, celles de ses proches.

Ce côté clanique, "t'es avec moi ou contre moi", cette volonté affichée d'aller au contact des opposants. Comme lorsque Sarkozy vient répondre à Kassovitz sur son blog ( blog que Kassovitz fermera très peu de temps plus tard). Comme lorsque ses affidés, rencontrant des opposants sur les plateaux télé ou radio, glissent à l'oreille hors-antenne, en apparté: "mais vous ne l'avez jamais rencontré?... " en une invitation subliminale, tant eux sont persuadés, comme leur chef, que le charisme seul fera oublier, face à face, la nature des propos et du projet politique).

Séduire ou insulter.

Et ce programme ne fonctionne pas, bien entendu, dès qu'il ne s'agit plus de conquérir des voix mais d'agir en politique. Les émeutes de Novembre 2005 sont aussi, en partie, nées de cela. De cette posture.

 

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Sarkozy a un temps cherché à jouer la complicité avec les "jeunes de banlieue", se caricaturant en Tony Montana du 9-3 lors de certaines de ses sorties dans les cités. Le tutoiement, la proximité forcée, le côté: "viens me parler en face si t'es un homme". Faire semblant d'être, lui aussi, au contact du réel. De parler comme les "vraies gens", manière de bien se désolidariser des autres politiciens, "pas cap" de descendre sur la dalle. Faire semblant que le comportement communautaire, le comportement de clan, est acceptable en cité comme en politique ( évidemment, quand on a grandi en politique dans le 9-2 de Charles Pasqua, ça aide...). Et puis, s'étant avancé sur ce terrain de la séduction, la brusque rupture de ton "Karcher", "racaille", etc... ; et en face, la réaction de violence d'autant plus forte que la phase de séduction a pu un temps laisser croire à une proximité.

Séduire ou insulter. Tony Montana, je vous dis...

05/11/2007

« Déserts médicaux » : la politique du bouc-émissaire

« Il existe pour chaque problème complexe une solution simple, directe… et fausse », écrivait l’humoriste américain H.L.Mencken.

 

En ces temps de sarkozysme à courte vue, la maxime peut servir. Ainsi de la récente « victoire » des internes concernant la liberté d’installation.

 

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Une majorité d’ex ou futurs patients se dira qu’encore une fois, le corps médical exagère, imaginant avoir à faire à la réaction corporatiste de jeunes nantis ingrats qui, leurs études une fois payées par la collectivité, rêvent de se délocaliser en masse sur la Côte d’Azur pour y faire tourner la planche à billets, plutôt que d’aller secourir les déshérités et les malades au fin fond des Ardennes.

 

La réalité est plus complexe, et la proposition initiale de Roselyne Bachelot dans le Projet de Loi de Financement de la Sécurité Sociale de refuser le conventionnement des médecins s’ils ne s’installent pas dans des zones déficitaires, est l’aboutissement logique d’une politique désastreuse menée en dépit du bon sens depuis plus de vingt ans.

 

Chacun aura fait la constatation d’une diminution du nombre de médecins et d’infirmiers, du délai grandissant pour obtenir une consultation, même dans les zones apparemment encore bien pourvues en personnel soignant. Le numerus clausus, limitant le nombre d’étudiants réussissant à passer l’écueil de la première année de médecine, a été instauré et aggravé pour des raisons purement économiques : chaque médecin installé étant alors considéré comme une bactérie ou un virus dont la seule apparition dans un bassin de population antérieurement sain suffisait à générer des dépenses de santé supplémentaires pour assurer sa survie. Il fallait agir sur l’offre, pour diminuer la demande. Portée à son comble, cette mesure obtient aujourd’hui le résultat escompté : les générations du baby-boom, diplômées vers 1968, arrivent en fin de carrière…75.000 médecins vont prendre leur retraite dans les dix ans à venir et  seuls 30.000 nouveaux arrivants seront disponibles pour les remplacer... alors même que l’allongement de la durée de vie de la population augmente le recours au médecin.

 

De prétendues « mesures incitatives » à l’installation en milieu rural, dont la Ministre est censée aujourd’hui constater l’échec, n’ont en fait jamais même été mises en place. Et la politique coercitive envisagée était surtout une manière, une fois encore, pour l’Etat, de se désengager du problème de la désertification du territoire rural, de refuser de mettre en place une vraie politique d’aménagement du territoire, qui consisterait à renforcer la présence des services publics, des services au public, pour l’ensemble de nos concitoyens, quand l’heure est au démantèlement de l’Etat et de ses prérogatives, et au basculement vers le privé.

 

« La réforme de l'Etat supposera que chacun d'entre vous accepte qu'il y ait moins de services, moins de personnels, moins d'Etat sur son territoire » claironne François Fillon mi-Octobre 2007.

 

 

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Et les jeunes médecins, seulement munis de leur stéthoscope, devraient s’installer seuls là où l’Etat ferme crèches et écoles, hôpitaux et maternités de proximité ?

 

Ou être désignés comme des boucs-émissaires, alors qu’ils demandent avant tout la création de maisons médicales afin de ne pas exercer dans des conditions d’un autre âge ? Alors qu’ils font, comme leurs aînés, le constat de la désorganisation du système de santé, de l’absence de toute réflexion sur les moyens et les missions de chacun des acteurs ?

 

La menace de déconventionnement des jeunes médecins, dans un contexte de baisse démographique programmée, avait deux buts : passer sous silence le désengagement de l’Etat, et ouvrir un peu plus le champ aux assurances privées, trop contentes de voir se rapprocher le jackpot à portée de main.

 

Christian Lehmann

 

 

Pas d’angélisme : je sais bien que certains internes, certains chefs de clinique, aujourd’hui certains syndicats médicaux que ne défrisait pas hier la « responsabilisation » financière des patients, se sont drapés dans le manteau de l’assurance-maladie solidaire pour faire avancer certaines revendications corporatistes. Certains rêvaient même encore récemment de relancer le mouvement… afin de combattre les mesures d’encadrement des dépassements tarifaires contenues dans le PLFSS…

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Mais ayant participé à nombre de manifestations ces dernières semaines, en tant qu’initiateur de l’Appel contre la franchise, je ne peux pas laisser dire que les jeunes internes, externes, kinésithérapeutes, orthophonistes,  ont « utilisé » le thème de l’assurance-maladie solidaire. Certains d’entre eux étaient présents dans les manifestations contre les franchises, au gymnase Japy le 29 Septembre, puis avec la FNATH et l’ANDEVA le 13 Octobre. Et comme ces photographies le montrent (Nicolas S. Président de la République, Guillaume S. Assureur Privé...) , nombre d’entre eux ne sont pas dupes des tentatives de l’Etat de se désengager de l’assurance-maladie solidaire. Nouveaux David Vincent, ils ont compris eux aussi que les Fossoyeurs ont débarqué. Que le cauchemar a déjà commencé.

 

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