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16/11/2007

« C'était un vendeur d'assurances…donc, pour lui, tout est bon » : Xavier Bertrand et les syndicats

 

 

 

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C’est un des puissants barons de Nicolas Sarkozy.

Passé à l’ «ennemi » en Décembre 2006 après avoir longtemps œuvré, dans le clan des juppéistes, à tenter d’éviter que les syndicats médicaux proches de l’UMP fassent allégeance à celui que détestait la chiraquie.

L’échec de cette manœuvre tacticienne étant patent, Xavier Bertrand rejoignit ( provoquant la colère et la surprise de Jacques Chirac) le candidat à la présidentielle.

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Dans Le Monde, Rémi Barroux et Christophe Jakubyszyn notent : La force de Xavier Bertrand, qui fait de lui un vrai politique, c'est de ne pas s'attacher. Séguin, Juppé, Chirac, Raffarin, Sarkozy : il a pris appui sur chacun, l'un après l'autre. Sans ciller, il confirme : « Je ne suis pas proche de Juppé, je ne suis proche de personne. Certes, Juppé est la première personne qui m'a fait confiance et je m'en souviens. Raffarin aussi, je lui suis reconnaissant. Je suis fidèle par la reconnaissance. »

Non content de rejoindre le clan Sarkozy, Xavier Bertrand, à la différence de ralliés sans envergure ( au hasard, Philippe Douste-Blazy), occupe d’emblée une place de choix dans l’organigramme, en devenant porte-parole du candidat.


 

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« Ce n’est pas trop dur de dire comme porte-parole l’inverse de ce  que vous disiez comme ministre? » lui demandait Eric Favereau ( Libération).

A quoi Xavier Bertrand, qui longtemps et à juste titre combattit l’idée de franchises sur les soins avant de les défendre une fois passé dans le camp sarkozyste, répondait : « Ce n’est pas le cas. Car je ne suis pas du genre à changer de position, Je revendique la cohérence ».

Et effectivement, Xavier Bertrand est un homme intelligent et cohérent. Sa manière de gérer les relations syndicales ne varie pas, depuis des années. A l’heure où, Ministre du Travail, des Relations Sociales et de la Solidarité, il négocie avec les syndicats… en refusant apparemment d’envoyer à Sud-Rail la lettre de « proposition de méthode » concoctée avec Nicolas Sarkozy, il est intéressant de se souvenir de la manière dont, en tant que Ministre de la Santé, il tissa des liens très serrés avec… ceux des syndicats médicaux qui lui agréaient.

 

PETIT RAPPEL DES FAITS, EN VIDEO EDUCATIVE:

http://www.dailymotion.com/relevance/search/bertrand+%C3%...

 

ET DANS LE TEXTE:

(adapté de Les Fossoyeurs, ed Privé-Michel Lafon) 

En Juin 2006, les médecins votent aux élections professionnelles, et ce vote a valeur de test sur leur adhésion à la réforme Douste-Blazy-Bertrand. Les syndicats signataires proches de l’UMP ( CSMF et SML) sont minoritaires chez les généralistes, qui votent à près de 60% pour les opposants à la convention.

Par un tour de passe-passe, Xavier Bertrand va alors confier au sénateur Vasselle le dépôt d’un amendement adopté en catimini au Sénat pour ôter tout pouvoir de nuisance aux syndicats que le pouvoir a décidé de considérer « non représentatifs » malgré leur succès électoral(*).

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Ce déni démocratique contre lequel s’élèveront les députés et sénateurs de l’opposition (**) constitue le seul moyen pour Xavier Bertrand de sauvegarder l’axe UMP-CSMF bien mis à mal dans les urnes, car contrairement aux prévisions, MG France, Espace Généraliste et FMF se sont rejoint pour créer, au-delà de leurs divergences, une intersyndicale majoritaire qui, devant le refus de reconnaissance de sa représentativité issue des urnes, use d’un artifice juridique pour s’opposer aux avenants signés par la CSMF… même lorsque ceux-ci s’accompagnent de revalorisations financières pour les médecins.

« Les syndicats doivent être reconnus représentatifs parce qu’ils ont été élus, pas parce que le ministre l’a décidé ! » martèle le président de MG France. Bombardés de mails et de lettres par des généralistes furieux de voir le ministre de la santé s’asseoir ainsi sur le vote de 29.000 médecins pour continuer à privilégier la CSMF et le SML, les sénateurs réutilisent la bonne vieille technique du copier-coller pour renvoyer les généralistes à leur néant, paraphrasant Philippe Bas, ancien secrétaire général de l’Elysée, ubuesque ministre de la Sécurité Sociale, qui déclare qu’il n’est pas question de donner à des syndicats qu’il a décidé de considérer non-représentatifs « un pouvoir de nuisance qui ne s’accompagne pas d’un pouvoir constructif ».

Michel Chassang, président de la CSMF, botte en touche en assurant n’avoir rien demandé : « Je n’approuve ni ne désapprouve. Je constate simplement que le Parlement a décidé d’exprimer clairement l’esprit du législateur en corrigeant son erreur initiale. Mais c’est le problème de la représentation nationale, pas le mien ».

 

Son prédécesseur à la tête de la CSMF, le Dr Claude Maffioli, candidat UMP malheureux aux législatives de 2002 ( Investi par l’UMP, il se verra éliminé au premier tour par Catherine Vautrin, dissidente… tragiques aléas de la démocratie…), nommé à la HAS et président de l’Union Nationale des Professions Libérales, s’émeut de l’avis du Conseil économique sensible aux arguments des opposants : l’UNAPL « refuse de faire de l’élection un critère principal, voire unique, de mesure de la représentativité. »

 

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Selon l’UNAPL, ce serait « une prime donnée à ceux qui n’ont pas de programme et qui ne sont que simplement contestataires ». Ah… délices de la démocratie… Entre l’UMP d’un côté et les représentants de la CSMF de l’autre, les opposants redécouvrent la stéréo.

L’intersyndicale majoritaire saisira le Conseil Constitutionnel, et l’opposition parlementaire fera de même, en vain. Mais la manœuvre laisse quand même de grosses traces de pneu dans la purée du petit, au moment où le gouvernement prône le dialogue social devant les syndicats de salariés ( lesquels demandent eux aussi, tout simplement, que la représentativité soit liée aux résultats électoraux).

Quelque temps plus tard, et dans le but louable de fluidifier les relations sociales, les présidents des syndicats signataires désavoués par la majorité des généralistes seront décorés de la Légion d’Honneur en Janvier 2007.

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Le titre de cette chronique est une citation de François Chérèque

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( qui n’est tout de même pas Emiliano Zapata)

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dans Le Monde, 16/10/2007.

 

 

 

*  Le Docteur Jean Leonetti, député-maire UMP d’Antibes et auteur de la loi sur le droit des malades et la fin de vie, donnera l’explication de cette manœuvre : « Le gouvernement a choisi la voie sénatoriale pour faire voter son texte, car chez les députés, à quelques mois des élections législatives,  cet amendement ne serait jamais passé ».

 

 

** Le Sénateur Jean-Pierre Godefroy, représentant du groupe socialiste, fustigera cette manœuvre indigne : « Cela revient finalement à annuler autoritairement les résultats d’une élection contrôlée par l’Etat…Si votre conception du dialogue social, c’est  de choisir vos interlocuteurs en évacuant tous ceux qui ne sont pas d’accord avec vous, ce n’est plus du dialogue social, c’est se regarder dans le miroir !.. Et pourquoi ne pas changer demain le résultat de toutes les élections dans le pays en disant que tel corps électoral n’est pas représentatif ? Dans un texte comme celui-ci, oser un tel morceau de bravoure, c’est se moquer de l’opinion publique. »

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