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12/11/2007

Le Ministère de la Santé ruisselle du sang des malades

 

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C'est un discours insane, obscène, celui de la "responsabilisation" des malades. Discours régurgité à l'envi sur les ondes, resservi régulièrement par l'UMP comme une évidence, depuis que Nicolas Sarkozy, le 27 Juin 2006 à la tribune de la Convention Santé de son parti, avait expliqué:

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« Je suis également partisan de l’introduction dans des conditions équitables… équitables, j’ose le mot aussi … d’une franchise sur la consommation de soins… alors je vais vous dire un mot là-dessus :  parce que promettre des dépenses de santé toujours plus grandes sans poser la question du financement ça n’aurait aucun sens : nous parlons d’assurance maladie… Y a-t-il une seule assurance sans franchise ? Non. La question de la franchise c’est pour moi une question incontournable. Elle pourrait être forfaitaire et acquittée chaque trimestre car c’est la seule façon de res-pon-sa-bi-li-ser les patients. Je m’explique:  si les dépenses d’assurance-maladie diminuent et donc le déficit diminue, on pourra alors, à la suite du débat au parlement, baisser le montant de la franchise. Si les dépenses augmentent, et donc le déficit augmente, on pourrait alors augmenter le montant de la franchise. »

Responsabiliser les malades, c’est tout ce qu’a trouvé l’UMP pour se déresponsabiliser, pour se déculpabiliser. Car que fait ce parti, sinon enterrer le gaullisme, enterrer le programme du Conseil National de la Résistance, qui mettait un œuvre « un plan complet de sécurité sociale, visant à assurer à tous les citoyens des moyens d’existence, dans tous les cas où ils sont incapables de se le procurer par le travail, avec gestion appartenant aux représentants des intéressés et de l’État… »

Face à ce souvenir, la réalité du moment, la tentation de tout céder au néolibéralisme, à un capitalisme financier sans autre finalité que sa perpétuation et son extension à l’ensemble des activités humaines, parce que c’est ainsi, que nous serions arrivés à la fin de l’Histoire, et qu’il n’y aurait, pour rappeler encore l’argument-massue de Margaret Thatcher : « no other alternative ».

Schizophrénie, donc, hésitations paradoxales entre deux choix mutuellement exclusifs, dont l’un, le maintien d’une assurance-maladie solidaire, apparait certainement aux gouvernants comme le plus difficile, mais aussi le plus noble, et l’autre, la privatisation, comme le plus « profitable » ( une responsabilité en moins pour le gouvernement et la représentation parlementaire), mais aussi le plus inavouable aux assurés-électeurs. D’où la nécessité de charger la barque des malades, d’affirmer encore et encore qu’il ne s’agit pas de pénaliser des patients mais de sanctionner des consommateurs de soins irresponsables.

L’action de zap d’Act-Up devant le Ministère de la Santé samedi 10 Novembre le rappelle à ceux qui l’auraient oublié. La mise en place des franchises sur les soins est une décision politique, l’accomplissement d’une lubie présidentielle sans aucune cohérence économique ou sanitaire. Elle aura des conséquences sur la capacité des plus malades, des plus faibles, d’accéder aux soins. Loin de tribunes plus policées, les militants d’Act-Up rappellent symboliquement  que cette décision politique est entachée du sang des malades.

  

 

 

Samedi 10 novembre 2007, une vingtaine de militantEs de l’association de malades du sida Act Up-Paris ont zappé le ministère de la Santé. Ils protestent contre l’instauration des franchises médicales prévues par le Projet de loi de financement de la Sécurité Sociale 2008, dont la discussion débutera le lundi 12 novembre au Sénat.


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Aux cris de : « franchises médicales, Bachelot coupable » et « malades précaires, malades en colère », les militants d’Act Up-Paris ont maculé de sang l’entrée du ministère avant d’être interpellés par la police. Les passants du quartier se sont intéressés au thème de l’action, une personne a déclaré : « c’est dommage qu’ils soient si peu nombreux, on devrait tous se mobiliser contre ça ». Tous les militants ont été emmenés sans ménagement dans les commissariats des environs où ils sont retenus depuis plusieurs heures.

Par cette action les malades entendaient exprimer leur colère quant aux mensonges proférés par Roselyne Bachelot-Narquin en séance à l’assemblée nationale vendredi 26 et samedi 27 octobre.

La ministre de la santé a prétendu, vendredi, au cours du débat parlementaire, qu’elle n’avait jamais déclaré : « Qui ne peut pas payer 4 euros par mois ? ».
Roselyne Bachelot-Narquin a par ailleurs affirmé que les victimes ou malades de guerre seraient « bien entendu » exonéréEs des franchises médicales. Ce qui est parfaitement faux.

Les franchises pénaliseront les plus malades et les plus précaires d’entre-elles/eux notamment les 25% de personnes séropositives qui ne disposent que d’une Allocation Adulte Handicapé, 622 euros par mois pour vivre et se soigner. L’entêtement de la ministre sur l’impact de cette mesure injuste pour les malades est intolérable. La morgue et le cynisme exprimés par la prétendue « ministre de la santé » dans son refus d’entendre les revendications légitimes des malades et son rejet de l’ensemble des amendements déposés pour limiter l’impact délétère des franchises médicales est indécent.

Roselyne Bachelot-Narquin a menti aux députéEs. Roselyne Bachelot-Narquin et Nicolas Sarkozy mentent aux FrançaisES. Incapable de justifier la mesure devant l’Assemblée nationale, se perdant à plusieurs reprises dans les dispositions du texte, Roselyne Bachelot-Narquin montre à quel point cette mesure portée par l’Elysée est indéfendable. Dans ces conditions, nous exigeons que la prétendue « ministre de la santé » ait au moins la décence de se taire.

Nous exigeons aussi l’honnêteté nécessaire aux débats. Alors même que le gouvernement annonce une grande réflexion sur la participation individuelle aux dépenses de santé qui doit déboucher sur un nouveau texte législatif au printemps, nous en appelons à la sagesse des sénateurs/trices pour rejeter cette mesure injuste, dangereuse et inefficace.

Dans la perspective des prochaines élections municipales, nous dénoncerons publiquement les députéEs-maires et sénateurs-maires qui auront apporté leur soutien à cette mesure et demanderons à leurs électeurs/rices de les sanctionner. Nous appelons toutes celles et tous ceux qui refusent l’instauration de cet impôt sur la maladie à faire de même.

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Act Up-Paris exige :
  

que Roselyne Bachelot-Narquin cesse de mentir aux malades et aux parlementaires
  

l’abandon pur et simple des franchises prévues au projet de loi de financement de la sécurité sociale 2008
  

la libération des militants interpellés et la garantie qu’aucune poursuite ne sera engagée contre des malades qui ne font qu’exprimer leur colère légitime.

Act Up-Paris demande aux sénateurs/trices qu’ils rejettent cette disposition injuste et malhonnête.

 



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